‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 133 sur 310 · Napoléon à l'empereur d'Autriche, 8 novembce · texte numérisé non relu

Napoléon à l'empereur d'Autriche, 8 novembce

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une flottille improvisée qui devait permettre k ce maréchal de traverser en un instant d'une rive à l'autre» afin d'inquiéter les Russes sur leur ligne de retraite ; enfin il s'avança avec précaution sur Molk et St Pœlten avec le reste de son armée. Tout le monde s'attendait à une bataille à St. Pœlten, position trèsforte , la meilleure qu'on pût choisir pour défendre Vienne; mais les Russes se bornèrent à livrer les combats strictement nécessaires pour assurer leur retraite. Sur notre droite, à Mariazell, Davout surprit et mit en déroute une colonne ennemie qui cherchait à gagner la Styrie. A Âmstetten, le prince Bagration tint tête à Murât avec une grande fermeté, pour favoriser la marche embarrassée de KutuzofT; à St. Pœlten, l'armée russe s'arrêta de nouveau c^mme si elle voulait livrer bataille, mais elle se déroba tout à coup par une volte face et au lieu de continuer sa route sur Vienne, elle passa le Danube àKrems, en brûlant derrière elle le seul pont qui existât de Lintz à Vienne (9 novembre 1805).

Llrruption que Napoléon craignait sur son flanc de la part des archiducs pendant sa marche sur Vienne n'eut pas lieu, et Marmont puts*avancer nonseulement jusqu'à Li^oben, mais jusqu'à Graetz, sans rencontrer d'obstacles sérieux. Comme Napoléon l'avait prévu, notre brusque invasion au cœur des provinces héréditaires avait forcé l'archiduc Charles à réUrograder; mais ne voulant pas s'exposer à se trouver pris entre l'armée de Napoléon et celle de Masséna, il s'était retiré non sur la Styrie, mais sur la Hongrie, ce qui l'obligeait à faire un détour beaucoup plus long et à renoncer à toute

514 HÎSTOEHE Oï 5APCLE0N l".

dée àe Kwarir Tieae. Longtemps îmmoî Ile sur

Vhéige, bfefl ^"^ *^* °°® ^''"^^^ ^^ quatre vingt

... ?«ixaeav £DJêp*^ndamment des vingt mille qui

étaierl et tjcaés dans !e Tyrol, à oprosi r aux cin-

^^^ jaiJli hommes de Masséna, rarchjrJuc Charles

'g%2ïi F«* ^ proSter de ses avantages, soit qu'il ne

^j pi5 furBsammen t prtt, foitque le conseil Au-

v-ae î::i ^^^ '^•^^ ^^^ '^^ ^® subordonner ses opéra- *jxs i celle de l'armée de Bavière. Dans ce dernier jt iiuîe eta l inexcusable, car c'était réduire à la âê*JK«e Tarmée la plus forte et prendre l'offensive ^^.}i plus faible. Quoi qu'il en soit, rien ne pouvait j-.i w-OKvenir à Massf'na qu'une telle îna* tion de la L-^ j"un advers:iire qui avait sur lui une si grande «crt'rîoriîê- Il commença par s'emparer le 18 octobre, •e Li ra:* e de Vérone qui était occupée par les .\u- — xftens, au moyen d'une surprise nocturne que Nj: conseilla Napoléon. Après avoir ainsi consolidé jvi position sur TAdige, il attendit les événements <ii prêstnce de l'armée de l'archiduc fortement retranchée à Caldiero, aux portes même de Vérone. Le IS octobre, Masséna apprit la capitulation d'Ulm; il cv^irprit aussitôt t^ute la portée de celle victoire, et jo^eant que l'archiduc allait être forcé de commencer son n.ouvement de retraite, il n'hésita pas a l'attaquer ^ns ses formidables positions. Deux jours de suite, le 30 et le 31 octobre, Masséna l'assaillit dans son («nip avec un incroyable acharnement, sans obtenir sur lui un avantage marqué, mais en gênant ses préparatifs de retraite au point de le conlrain Ire à sa* crilier toute une brigade pour assurer sa marche. Rappelé au secours de la monarchie menacée, l'archi-

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doc rétrograda rapidement sur la Brenta, puis sur la Piave, suivi pas à pas par Masséna. Le 12 novembre, il était sur le TagM^mento, où il soutint contre nos troupes un brillant combat d'arrière-garde. C'est là qu'après quelques hésitations, il se décida à prendre le chemin de la Hongrie en se dirigeant sur Laybach et la Carniole. Dans sa retraite, il recueillît les débris de son frère Tarchiduc Jean, dont le corps d'armée chassé du Tyrol par Ney et Augereau, avait été encore beaucoup plus maltraité que le sien.

Dans le Tyrol comme en Italie, le succès avait dépassé toutes les prévisions : il était dû sans doute en partie i l'habileté, à la hardiesse, au coup-d'œil prompt et sûr de ces incomparables lieutenants, mais beaucoup plus encore à cette vaste conception qui embrassant d'un seul regard tout l'enspmble de ces opérations et leur théâtre immense, avait négligé les points secondaires et porté sur le point principal, c'est-à-dire sur le Danube, une masse irrésistible, dont l'impulsion devait entraîner tout le reste. Les stratagèmes qui couvrirent la marche de notre armée de Boulogne sur le Rhin, l'idée même de couper les soixante-dix mille hommes de Mack avec une armée de plus de deux cent mille, ont été admirés au delà de leur valeur et ne présentaient de grandes difficultés ni dans la pensée ni dans l'exécution, mais ce qu*un puissant génie militaire avait seul pu saisir avec cette force, c'était le lien qui unissait cette opération à celles de nos autres armées, et le point préds où il fallait frapper pour faire tomber d*un seul coup toutes les autres défenses de l'Autriche.

Nous avons laissé la grande armée à environ quinze

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Ueues de Tienoef en face de Krems, par où Katuzoff

* j- ma ilArvber à l'improviste en brûlant le pont venait ae »e u»

. .^ ^^fn' il son passage. Ce brusque mouvement

p" f mis anssftôt en présence de Mortier qui ce* ail' rivegaufîbe du Danube» isolé du reste de Far^ àe Avant d'avoir pu rejoindre la flottille qui devait assurer sa retraite, ce maréchal, qui pour comble de Tn«ilhenr était momentanément séparé d'une de ses iVrisioB^. relie de Dupont, se trouva tout à coup asf.^îili en tête et en queue par une grande partie de l'armée russe, dans les défilés que dominent lea rui- ^cs du cbdteau de Dùrrenstein, célèbre par la capU*^ riU" du roi Richard Cœur de Lion. Nos soldats qui «raient d'abord pris TofTensive, ne tardèrent pas i s'apercevoir qu'ils avaient affaire à plus de la r:r*lié de l'armée russe, mais sans se troubler de 5.\î énorme supériorité, ils repoussèrent héroïquement ses attaques et luttèrent toute la journée contre les troupes qui les entouraient. Le soir venu, ils résolurent de revenir sur leurs pas pour rejoindre la division Dupont; ils s'ouvrirent un passage à la baïonnette dans un nouveau combat des plus meurtriers et bientôt furent salués par les cris de joie de leurs camarades, qui avaient de leur côté attaqué en queue une des deux colonnes russes pour venir à leur secours. Mortier put alors échapper à l'armée de Kutuzoiï en repassant sur la rive droite du Danube, au moven de la flottille.

[\ ndant ce temps Murât, qui était à notre avantgarde, ne trouvant plus personne devant lui, galoppait sur la route de Vienne, entraînant toute l'armée i sa suite. C'est à lui que, dans sa mauvaise humeur, Na-

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poléoQ s'en firit de la suésaTentare qii^l pr6?oyait poor Mortier, mésaTentore dont il avait été lui-même le principal aotear, en exposant ce corps isolé sur la rivegancbe aux efforts réunis de tonte Tannée russe. D loi reprocha dans les termes les phis durs sa légèreté, BCfnétourderiey sa précipitation à enfourner F armée sur Vienne. < Vous aviez cependant reçu l'brdre, ajoutait-il, de poursuivre les Russes Tépée dans les reins. Cest one singulière manière de les poursuivre que de €en éloigner à marches forcées. Ainsi les Rosses pourront faire ce qu'ils voudront du corps du maréchal Mortier, ce qui ne serait pas arrivé si vous aviez eièeaté mes ordres^» Par le fait, Mural; avait encore pris le meilleur pari;i, car il n'y avait de ponts qu'à Lintz et à Vienne, et la flottille n'ayant pas encore descendu le fleuve jusqu'à Krems et ne comptant d'ailleurs qu'un nombre de bateaux très-rnsufflsant pour nn passage rapide, il eût été fort embarrassé de poursuivre les Russes Fépée dans les reins. Mais il fallait bien que quelqu'un fût responsable de cette faute qui n'était que la répétition de l'abandon de Dupont i Albeck, et Napoléon n'avait garde d'admettre qu'il en fût lui-même l'auteur.

Le 13 novembre au matin , Hurat parut devant Tienne. L'empereur François avait pris la résolution, honiaine mais impolitique, d'épargner à ses bons Viennois les horreurs d'un siège qui n'eût pu à la vérité durer que quelques jours, mais qui eût par là même rendu un service inestimable à la cause des coaSsés dans un moment où les instants étaient si pré-

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