Mémoires du général Bapp
NAPOLÉOlf A VIENNE. 349
G6tte supercherie déloyale était peu digne de généraux si intrépides et déjà si illustres. Peu de jours après d'ailleurs, les Russes prouvèrent très-spirituellement à Murât lui-même qu*ils étaient nos maîtres en ce genre. Ce maréchal, impatient de regagner les bonnes grâces de Napoléon, ne s'était pas plutôt emparé du pont, qu'il s'était lancé à toute vitesse sur la route de Vienne qui conduit en Bohême en coupant à Hollabrùnn celle qui va de Krems en Moravie. Il avait l'espoir de prévenir, au point de jonction des deux routes, l'armée russe, qui se trouverait ainsi prise entre le corps de Bernadette que Napoléon devait faire passer sur la rive gauche, au moyen de la flottille, et le corps de Hurat soutenu par celui de Lannes. Après la disparition de Mortier, Kutuzoff, croyant les ponts de Vienne détruits, s'était quelque peu attardé à Krems pour se remettre de ses fatigues, en sorte que, malgré toute l'avance qu'il avait sur Murât, celui-ci arriva avec son avant-garJe presque en même temps que les Russes à Hollabrùnn» le point d'intersection des deux routes. Encouragé par le succès de sa ruse au pont de Vienne et voulant donner aux troupes de Lannes le temps de rejoindre, il allègue de nouveau la conclusion d'un armistice avec l'Autriche aux généraux Nostitz et Bagration qui se trouvent chargés de défendre Hollabrùnn. L'Autrichien Nostitz est dupé et se retire en nous laissant passer; mais lesubtil é'èvede Souwaroff, averti par son lieutenant Bagration, feint^ non-seulement d'être au courant de la négociation, mais d'être chargé lui-même de la «rntinner en ce qui concerne le corps russe. 11 dépêche à Murât le général Winzerg<>rode qui l'amuse avec de
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^ HISTOIJIB DE NAPOLÉON i".
uMii parole» fit «e pré-^ente au nom de l'empepcur Tmndre. «urat, pris dans son propre piège, envoie lurjer A Sclxenbrunn pour consulter Napoléon , conditions du prétendu armistice. Pendant iettkP&t kutuzotT se dérobe sur la Moravie, ne laissant devant nous qu'un rideau de troupes, sous le fiOiiiiDaDdeMent de Ba^ration, qui a Tordre de tenir iusffu'* la dernière extrémité. Le lendemain, Hurat, éétromné par Napoléon, attaque avec près de qualité niU^ hommes ce faible détachement que tout le monàe considérait comme sacrifié. Bagration, envel0iij«e de tous côtés, reçoit impassiblement le choc ^ iMSses qui le débordent; près de la moitié de ses tiAtais se font massacrer avec le stoïcisme particulier gc A>ldat russe, pour assurer la retraite de Kutuzoff. 4^ soir venu, Bagration forme une colonne avec ce ^ lui reste, il s'ouvre un passage et va rejoindre ;,''4rmée russe. Ce fait d'armes éclatant fut le prélude ki$ l'illustration que ce général devait acquérir, plus Ittrd, à nos dépens (16 novembre) ^
Napoléon était au palais de Schœnbrunn depuis le U novembre. Il s'y occupait activement à rectifier la position de son armée, à lui assurer les approvisionnements dont elle avait plus d'une fois manqué dans ces marches rapides, au cœur d'un hiver précoce, enfin à régler l'administration du pays conquis, ce qui consistait principalement à prélever des à compte sur une contribution de cent millions, qu'il se hâta de frapper sur l'Autriche. Tranquille sur la situation des corps d'armée qui poursuivaient en Moravie l'armée très-