De Cicrcq, Recueil des traiiés, elc, torao
voulait alors à aucun prix céder Tlle de la Trinité, elle avait mille fois le droit de réclamer le casus fœderis et de nous requérir de continuer la guerre;, il Tavait contrainte par ses menaces et ses intimidations, à abandonner aux Anglais cette rançon de nos propres colonies. Cependant le traité de Saintrlldephonse disait en propres termes que la paix « ne devait être faite que d'un commun accord; » ilajoutaitque la puissance attaquée ne pourrait faire de paix séparée q|u*à la condition < qu'il n*en résultât aucun préjudice. corUrt la puissance auxiliaire » (art. xiv).
Ce traité léonin, surpris à Tincapacité d'un ministre frivole, n'était pas seulement nul de plein droit dès l'origine, parce qu'à supposer qu'il eût été exécuté de bonne foi, il mettait les deux nations à la merci du caprice d'un gouvernement étranger, il avait été invalidé depuis par toutes les violences que le Premier Consul avait fait subir à l'Espagne, et par toutes les infractions qu'il y avait lui-même commises. Bonaparte ne l'invoqua pas moins. pour contraindre l'Espagne à déclarer la guerre à une nation avec laquelle elle avait toute sorte de bonnes raisons de vivre en paix ; mais comme il attendait peu d'efficacité d^une coopération arrachée par l'a force, il déclara être prêt à se contenter d'un subside en argent qu'il fixa lui-même à six millions par mois ou soixante-douze millions par an. On fit savoir en même temps à la cour de Madrid que, si elle refusait de se soumettre à ces conditions, Augereau allait entrer en Espagne, avec Tarmée qui campait à Bayonne. Cette cour, tremblante, partagée entre la crainte d'une invasion et le désir de se soustraire au joug, embrassait tour à tour les résolutions les plus
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opposées^ TaaULdla proposait des rabais sur la prix yéritablemeniiimBodéré auquel on mettait son ropos, tantôt elle se décidait à des mesures de vigueur, se promettait de résister, annonçait une levée de cent mille homntes pour aiaiBtenir l'indépendance nationale. A ces fluctuatiena sans dignité elle ajouta des torts de condaite qoi donnaient prise contre elle, laissa enlever deux de noa vaisseaux sous le canon d'AIgésiras, montra une mauvaise volonté, d'ailleurs assez naturelle, à nos escadres qui relâchaient dans ses ports. Notre ambassadeur Beurnonville regut ordre d'exiger nr-le-champ q;ue le gouverneur d'Algésiras fût puni, et la levée de cent mille hommes contremandée, sans quoi notre armée allait aussitôt entrer en Espagne, et c'en était fait de la monarchie espagnole.* 11 faut, disait Bonaparte en^ forme de conclusion, que j arrive à Tune de ces- troi» choses : ou que TEspagne déclare la guerre à TAngleterre; ou qu'elle paye la subside; ou que nous lui fassions la guerre» car cela ne peut durer \ » Avec un ministre UQ peu plus fier que le prince de la Paix, ce derniev résultat eût été rendu inévitable par de pareils procédés; mais le Premier Consul savait à n'en pas douter que la peur qu'il inspirait au favori l'emportait de beaucoup sur ses timides velléités de révolte ; et la consentement de la cour d'Espagne au traité de sui>sides se faisant encore attendre malgré ces menaces, il résolut de la frapper d'épouvante par une de ces terribles surprises dont il avait seul le secret. Le secrétaire d'ambassade Hermann fut envoyé à Beurnonville avec une lettre du Premier Consul pour