épt^che de M. d'Haaterive à ioMph, v6 iaBfi«r JS
chaloupes canonnières, portant de trois à quatre cents canons, deux cent cinquante bateaux plats, plusieurs centaines de bAHments dé transport. Telle était l'effirojable réquisition qu'on osait faire peser sur un pays ami cpii, tirant sa subsistance de sa marine et dé ses colonies, a^alt m tarir en même temps toutes lés- scmrces de sa richesse. En retour Ta république ftvnçaise foi garantissait rtntégrité de son territoire, et là ratftuHbnde sef colonies (art. v). Le Premier Consul ^flgageaiC ainsi S résoudre le singulier problème qui consfstïit i restituer h, partie en gardant le tout !
La république flelvélique, devenue notre sujette depm's Tacte de médiation , exigeait beaucoup plus de nr^nagements que h Rollànde. La Suisse, par sa situation géographique, et par Fénergie de ses habitants, potrratt à un moment donné devenir un grave danger pour irous ; elle n'offrait d'ailleurs que peu de ressources matérielles, et les exactions qui avaient fourni les fbnds de l'expédition d'Egypte l'avaient pour longtemps rufnée. Qn ne pouvait donc songer à lui arracber de l'argent, on lui demanda des hommes. Elle s'engagea par une capitulation signée à Fribourg, le 27 septemrbre 1803^ à nous fournir une armée de seize mUe hommes» plus un dépôt de quatre mille hommes destfné à Falimenter. Ces troupes durent être entretenues à nos frais. On traité d'alliance offensive et défensive, signé le même jour, stipula que dans le cas (fane attaque dirigée contre le territoire français, les cantons nous fourniraient huit mille hçmmes de plus, ce qui porta fe nombre total du contingent suisse à Hngt-huif milte hommes. C'était mettre près du vingtième de lapo|mlation mâle à la merci des hasards de
la guerre, et cela pour la défense du pouvoir qui avait ôté à la Suisse son existence nationale I
Restaient à rançonner l'Espagne et le Portugal. Le Portugal était, fort heureusement pour luiy placé un peu loin de notre portée, pas assez toutefois pour être complètement à l'abri de nos exigences. Entraîné bon gré ou mal gré dans Torbite de l'Angleterre^ ce petit État s'était trouvé autrefois en état de guerre avec nous, mais sans pouvoir nous faire par lui-même ni bien ni mal; tout son tort était de s'être livré à nos ennemis, contre lesquels il lui était impossible de se défendre. Il avait expié ce tort; et nous lui avions imposé une paix des plus onéreuses, grAce au secours que nous avait fourni TEspagne. 11 ne nous avait donné depuis lors aucun sujet de plainte. Quant à l'Espagne, elle avait depuis longtemps mille raisons d'être mécontente et irritée contre nous. Les ingérences du Premier Consul dans les affaires intérieures de ce pays, son attitude ouvertement menaçante, à l'époque de la coopération espagnole contre le Portugal, son manque de foi cynique au sujet de ce royaume d'Étrurie en échange duquel il avait reçu la Louisiane, et dont il n'avait pas cessé un instant de rester le mattre absolu, ses procédés insultants envers un roi faible d'esprit, mais plein de bonté, d'attachement et d'admiration pour lui, enfîn le sacrifice qu'à Tépoque du traité d'Amiens il avait imposé à l'Espagne par l'abandon de l'île de la Trinité, abandon contraire à tous nos engagements, et par- dessus tout cela les rancunes d'un favori vaniteux et léger, mais nullement pervers, qu'il s'était plu tantôt à caresser, tantôt à humilier sans mesure, tous griefs accumulés avaient jeté beaucoup de froideur
dans nos relations avec le gouvernement espagnol. CoQune la Hollande, comme Naples, comme la Suisse, comme Gènes, comme le Portugal et TÉtrurie, l'Espagne épuisée eût été heureuse de rester neutre dans la querelle qui venait de s'engager; mais pour maintenir une telle position une chose lui manquait, la seule qui fût alors efficace, la force ! Le Premier Consul avait d'ailleurs contre elle une arme terrible dont il n'était pas homme à se dessaisir : c'était le traité de Saint-Ildephonse.
Ce traité conclu en 1796, entre le roi d'Espagne et la république française, avait lié les deux États par une alliance à perpétuité^ aux termes de laquelle ils s'engageaient à se soutenir l'un l'autre en cas de guerre» par des forces de terre et de mer dont la quotité môme était prévue et flxée. Pour mettre la puissance requise en demeure de s'exéculer, une simple demande devait sulTire, « sans qu'il fût nécessaire d'entrer dans aucune discussion relative à la question si la guerre était offensive ou défensive » (art. viii)*. Une telle convention était un monument de l'imbécillité du monarque elde l'imprévoyance du ministre, car elle avait pour effet inraillible de mettre la puissance faible à la discrétion ds la puissance la plus forte.
Pour juger du genre d'interprétation que Bonaparte donnait à ce traité, il n'est pas besoin de se demander ce qu'il aurait répondu si le roi d'Espagne avait eu la fantaisie d'invoquer ses secours pour une guerre quelconque, il suffit de se rappeler sa conduite à l'époque de la conclusion du traité d'Amiens. L'Espagne ne