‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 19 sur 310 · Dignon^ Uistoire dipîomatùin · texte numérisé non relu

Dignon^ Uistoire dipîomatùin

senter S. M. à tous les gouyernements. Cest lui, continuait-ily qui est le véritabk rai (FEspagne, et je pré- Tois avec peine que je serai forcé de faire la guerre i ce nouveau roi.... Que V. M. remonte sur son trône, qu'elle éloigne d'elle un homme qui s'est par degré emparé de tout le pouvoir royal, et qui conservant dans son rang les passions basses de son caractère, ne s'est jamais élevé à aucun sentiment qui pût l'attacher à la gloire, n'a existé que par ses propres vices, et sera toujours gouverné uniquement par la soif de l'or. Je dois croire qu*on aura tellement caché tous les événements à Y. M. que ma lettre lui sera pour ûnsi dire toute nouvelle, et je suis véritablement affecté de la peine que je prévois qu'elle lui fera. Mais enfln ne nut-il pas mieux qu'elle voie clairement le véritable état des aflaires de son royaume ' ? *

Qu'on les envisage au point de vue des rapports dliomme à homme, ou au point de vue de la dignité do souverain, cette note et cette lettre constituaient la plus moi telle injure qui pût être infligée à celui qu'elles prétendaient éclairer. Et quels étaient les torts de ce roi débonnaire qu'on souflletait à la fois comme homme, comme monarque et comme époux ? 11 avait été l'admirateur enthousiaste du général Bonaparte; n faisait profession d'être son ami ; il avait été notre plus Odèle allié. Mais on avait cruellement abusé de sa bonne foi. On l'avait violenté à l'époque du traité de Badajoz, dupé dans l'affaire du royaume d'Étrurie, dupé et violenté àla fois à l'époque du traité d'Amiens; et au moment de voir son pays entraîné par nous

l. Bonaparte au roi d'Espagne, 18 septembre 1803.

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dins une giitm îDjosie et mineuse il avait desserur pulea, il iergivemii. Pour en finir avec ses hésitations le Premier Censul allait loi infliger publiquement un de ces aifironts irréparables devant les(|uels lea hommes les plus grossierarecttlent d'ordinaire, comme s'ils ne se reconnaissaient pas ledroîtda Taire une blessure que rien ne peut venger ni guérir, comme s'ils senf^ent que ces outrages avilissentencore plusceluicpii lea fait que celui qui les reçoit Adressée à un être laible, sans défense, écrasé soua la poids de sea resp ponBibilités^ l'oflense prenait un caractèra bas et rè* pugnaoty. elle avait quelque chose du coup de st jlet porté dans l'obscurité à un adversaire désarmé;. 1er mais un homme, ayant le sentiment de l'honneur ou les délicatesses de cette civiJisatioa si humaine du dix-huitième siècle, n'aurait consenti >k employer ce guet-apens à la Borgia. On retrouve là tout entier comme dans toutes les situations extrêmes, le Corse- à Tesprit 8ubtil,.aux passions violentes et sauvages, qui ne recule devant aucun moyen pour arriver à son but. Lia tragédie si connue de Bayonne, que Bonaparte, ainsi qn on le voit, prépara de longue main, se présente sans doute à l'esprit sous des couleurs plus noires, mais elle a peut-être quelque chose de moins odieux que cette trahison consommée avec une cruauté si doucereuse.

Cependant le coup fut en partie manqué. Le favori ayant , malgré les menaces du Premier Consul, refusé de nouveau d'accéder à toutes les clauses du traité, résistance très-honorable pour lui, car elle pouvait le perdre et ne lui offrait aucun avantige personnel, Beurnonville se présenta hardiment chez le roi et lui

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remît «n propres watma k lettre de BoDaparte; nais ieroi^prémm q«*aHe eDaUmait dee etpreMiaos dâso* Uigeanles, refusa de rouvrir et assura i'amba«s«daiir qo'il était inutile de la lire piiiîsqtte le imnistre d'£spagne à Paris aurait reçu rordne de. sîgser Je traité. Ptst ce qui ont Keu en effet IL id'Aaaaa, ayerti qu'il bUait «a aonfliettm, eonclut joeMe fâtraege ttlUance le 19 eetobre laod en iiaîaant jrccepbir en .partie au cabioet finnçaiB lesirestnictîoos qu'avait soutanues leprînoe de la VtôBL, dont les efforts ne Innent pas tout à fiail perdus pour son pays.

Ainsi fotobtemidelSspagne Jeisnbsîdede siic iniUiens par «ois. C'est à ee ptàx, et^n qudfue sorte le couteau sur la gorgfe, que le roi crut acheter sa.neutralité éans la Donvelle goerrey car il se flatta qu?en dépit de celle coopération si mal déguisée i'Angkrterre consentirait à épargner TBspagne, ci à lui laisser ses colonies. La soumission de r£spagne entrateait forcément celle do Portugal jusque-là récalcitraot. La premi^ de ces puissances dut même s'engager par un article du traité (art. 7) à contraindre son faible voisin k signer également un traité de subsides : n'étaitnie pas le sublime de l'art que d'employer ropprimé à soutenir et à propager l'oppvession? Cette conventjou fut consoDtJe par le Portugal le 10 décembre de la même année; elle est remarquaisle par la iaçon dentelle fut mofiTée. Cet fitot, ne nous ayant donné aucun sujet de plainte qu'on pM exploiter contre lui avec quelque -vraisCTtiblanee, était censé convertir en on subside pécuniaire de seii^ millions les obligations irésultaot de son premier traité de paix avec la république françaîse, signé le 29 eeptembre 1801. Or ces obligations

n'étaient autres que rengagement de fermer ses ports aux Anglais « jusqu'à la paix entre la France et l'Angleterre, » c'est-à-dire pendant toute la durée de la guerre, alors sur le point de finir. Cette guerre avait pris fin, la paix d'Amiens avait été conclue, l'obligation relative à la fermeture des ports était par conséquent éteinte. Le Portugal ne dut pas moins payer seize millions de subside pour se dispenser d'exécuter de nouveau cette disposition frappée de caducité, et pour coQserver une neutralité dont il ne pouvait plus sauver que les apparences.

Grâce à ces secours, si singulièrement obtenus, aux ressources produites par les offrandes soi-disant volontaires de nos départements et de nos villes, à la vente de la Louisiane dont nous allions recevoir le prix après l'avoir acquise par un marché où noue n'avions donné que de la fausse monnaie, Bonaparte se trouva en état de faire face aux frais de la guerre sans avoir à recourir, pour le moment du moins, ni aux augmentations d*impôt ni aux emprunts, que l'Angleterre moins hardie dans sa façon de comprendre la politique était obligée de subir. Ce système financier était, il faut en convenir, ingénieusement imaginé pour nous empêcher de sentir le poids de la guerre, car il en faisait retomber tout le fardeau sur des peuples qui n'en devaient avoir ni la gloire ni les profits, et qui ne pouvaient attendre de la victoire qu'une aggravation de leurs maux ; mais inique et révoltant au point de vue du droit, il était désastreux au point de vue de notre influence en Europe. « Le Premier Consul , a-t-on écrit à ce sujets avait pris une résolution dont on ne saurait nier la justice;

c'était de faire concourir toutes les nations maritimes à notre lutte contre la Grande-Bretagne ^ » Et l'on part de là pour justiâer les odieuses exactions que je viens d'exposer. N'était-il pas, ajoutet-on, de VirUérit de ces nations que l'Angleterre fût écrasée? Ne devaient-elles pas désirer mettre un à la tyrannie des mers?

On peut essayer d'expliquer de pareilles aberrations par le long et mémorable aveuglement qui les a a produites, mais il y aurait quelque ridicule à entreprendre de les réfuter. Les peuples sur qui pesait alors la dure tyrannie déjà maltresse de la moitié du continent, songeaient, on peut le croire, fort peu à s'insurger contre la tyrannie du droit de visite ! Ils savaient faire la différence entre un procédé vexatoire qui s'exerçait sur quelques vaisseaux marchands et l'impitoyable domination qui envahissait tout chez eux depuis le gouvernement jusqu'aux propriétés privées. Ils avaient appris dès lors à discerner par quels moyens Bonaparte se proposait de faire leur bonheur malgré eux! Ils ne se consolaient pas en se disant que c'était pour leur plus grand bien et avec les meilleures intentions qu'il les dépouillait : pour détester en lui leur oppresseur, il leur sufQsait de Toir le mépris, la brutalité et le cynisme avec lesquels s'étalait au grand jour ce banditisme international. A supposer que de pareilles iniquités nous épargnassent quelques embarras pour le présent, que nous préparaient-elles pour l'avenir? Quels sentiments pouvaieot-elles faire naître chez les peuples que nous

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