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10 HISTOIRE DB VAPOtÉON X^.
exploitions après les avoir bmniliés? etquedles haines implacables ne devaient -elles pas laisser chez ces sou^erainsy ces hommes d'État si craellement blessés? Le pnnee de ffachiavel eût peut-fttreété aussi impitoyable envers eux, mais après en avoir fiait des ennemis, il ne les eût pas laissé vivre. Il fallait ou Timiter jusqu'au bout ou ne pas se faire son plagiaire. >Oai, cette -politique économisait Targent de la France, mais à quel prix? au prix de son honneur, au prii de son renom de courtoisie et de générostié, au prix de sa popularité parmi les nations, au prix du prestige que lui a:vaient valu dans le monde les principes nobles, humains, désintsnessée de sa révolution. La prodigalité la phis effrénée eût été moins ruineuse et moins funeste qu'une pareiHe économie. lie lfont(«ur dénonçait chaque jnatin < l'infenial génie» de rAngleterre et les moyens honteux qu'elle employait pour nous créer des ennemis en Europe. Honteuft ou non, elle avait à cet égard un système qui différait beaucoup du nôtre. Notre politique consis*tait à extorquer aux gouvernements étrangers le plus d'argent que nous pouvions; la sienne consistait à leur en offrir et à leur en donner. On peut len bliraer ou r^n absoudre, mais il était impossible qu'à la longue les peuples ne fussent pas feappés de la différence de ces deux procédés, et dans on sens cpii ne devait pas nous être f ivorable.
CHAPrTRE ir.
LA MÊDIATIOU RUSSE. — POLEMIQUE CONTRE L'aN- GLETERBE. — RtÉaROAlf ISATION DE L'UÏSTITUT.
La pvépôndéfsmê «itraondinaîf e que ^'uTùgmi]^ France dèfmis^ quelques années avait causé beaucoup d'alarmes aux puisaaxiees; notre prise d'âmes contre rAngiéterpe Vsiir d€fniia cks' grands avantage» coa* tre nou^ Bboapsrte parut sentir la néceadité de las ménager; il pouMa d'abord les égards jusqu'ài la flatterie, surtout envira 1« Prosse et la Rusaie. Haia ses dénioirstrattem n'avaient aa fond qu'un but^ c*ëtai t de tes eiitratner dans une ligue contre l'Angleterre, car Vidée fixe' au setviw de laqvielle il devait dépenser tant de tréeora et tant de sang, l'absurde et stérile idée fixe de frapper ITAng^et^re en lui fermant le continent^ e'est^àHlîre en Tarmant tout entier contre nous, s'éftait df^jà envparée de son esprit jusqu'à en troubler la lucidité. Audébut, connaissant la jeunesse, l'inexpérience et la tanité d* Alexandre, son ambition de jouer un grand rôle, et préoccupé de la nécessité de gagner du temps pour sauver notre marine, il n'avait pas hésité à lui proposer l'arbitrage du démêlé entre la France et l'Angleterre, dans l'espoir de le
gagner si rAnglctenre n'acceptait pas, de le jouer comme à Ratisbonne si elle consentait. Ce qui autorise cette conjecture, c'est qu'il offrait des conditions qu'il avait toujours repoussées jusque-là et dont il n'a pas voulu entendre parler plus tard. Il admettait *à peu près tous les points stipulés dans l'ultimatum de lord Whitworth, la cession de Lampédouse à l'Angleterre , l'évacuation de la Suisse et de la Hollande, l'indemnité pour le roi de Piémont, mais il avait grand soin d'y ajouter une clause dont il savait que l'Angleterre ne voulait à aucun prix, la cessation immédiate des hostilités ^ Cette puissance qui ne s'était décidée à faire la guerre qu'après de longues hésitations mais qui voulait maintenant la faire décisive, n'avait garde d'accepter un arbitrage sans appel et dans lequel elle avait tant de raisons de craindre un piège, mais elle se déclara prête à accepter une médiation , pourvu que la négociation port&t « sur tous les différends qui avaient donné lieu à la guerre entre la France et l'Angleterre. >
Alexandre désirait sincèrement maintenir la paix de l'Europe; son ambition de souverain n'excluait pas des passions généreuses et élevées, qui lui donnaient souvent les apparences du don quichottisme; il avait toutefois assez de finesse pour deviner le calcul qui avait inspiré la démarche du PremierConsul.il voyait bien en outre qu'en lui déférant ce suprême arbitrage, on semblait le considérer lui-même comme n'ayant aucun intérêt dans la question, et comme étranger aux querelles de l'Europe. Bonaparte s'était