Napoléon à Talleyrand, 15 décembre
2. A la date du 5 octobre. Voir Torcno, Hittoire de la rétolutiàn d'Espagne, V vol.
CAMPAGNE DE PULTUSK. â9
reose de se fiaire pardonner cette faible velléité par renvoi du contingent de quinze mille hommes ; elle ne soupçonna pas que ce gage de docilité, loin d'apaiser son impérieux allié, n'était que le prélude des sacrifices qu'il allait bientét lui imposer.
Toujours empressé à seconder TefTort des armes par celui de la diplomatie,, lorsque l'heure de négoder était passée^ Napoléon avait vu ses offres repoussées par l'Autriche. Cette puissance avait été trop cruellement blessée pour être accessible à de tardives avances. Faute de pouvoir la gagner, il fallut la tenir en respect : l'armée du vice-roi se concentra dans le Irioul, sous les ordres de Hasséna, se liant au corps de Marmont qui occupait la Dalmatie. Ces troupes formaient un total de soixante-quinze mille hommes tout prêts à s'avancer dans la vallée du Danube ; elles •QiBsaient provisoirement pour neutraliser rAutridie. Notre diplomatie avait été plus heureuse auprès de la Porte. Telle est la force des intérêts et des situations que, malgré le souvenir de la rupture violente et déloyale qui nous avait donné l'Egypte, un rapprochement inespéré venait de s'opérer entre la France et la Turquie. Napoléon, qui sentait tout le prix d'une diversion faite à notre profit contre les Russes, s'était attaché à séduire et à encourager le sultan Sélim; il faii avait rappelé les liens séculaires qui unissaient les denx pays, leur communauté d'intérêts, la marche non interrompue des invasions russes vers Constantinople. Avant même que la Porte eût rompu avec la Russie, il prenait dans tous ses manifestes l'engage* ment solennel de maintenir l'intégrité de l'empire ottoman. Dès le mois de juin 1806, au moment où il
EISTOmE DE MAPOLÉO
négociait avec M. d'OubrU un traité de paix entre b - France et la Russie, il pressait Sélïm de se déclarer -. contre Alexandre en remplaçant de sa propre autorili' ■-. les hospodars de Valachie et de Moldavie que le Sultan ne pouvait nommer que de concert avec le ciar'. ^ Pour accélérer ce dénouement, il accrédita auprès da - Divan un agent habile, actif et dévoué, le génënl a Sébastiani, dont la mission pouvait se résumerd'BS ' mot, entraîner la Turquie à la guerre. -
Les haines, les rivalités, tes divisions de toutgeim ir qui eiistaient depuis si longtemps entre la Porte cl b < Russie rendaient à Sébastiani cette tâche d'autol ^^ plus facile, que Sélimétait un caractère faible eto^ ,j dule, très-bien intentionné, mais très -incapable di i suivre un système arrêté. Sébastiani employa UMt , à tour à son égard les promesses et les intimidi' 5lions; il sut le menacer à propos de notre arnié«ll 5 Dalmatie qui se trouvait en contact immédiat arec fi Monténégro, l'Albanie et les populations les plus re> '^ muantes de l'empire turc. Sous l'induence de ces sol- licitattons, Sélim chassa les deux hospodars le 30 soM -^ 1806. Gest alors qu'on apprît à Gonstantinojile que I* — czar avait relusé de ratiGer le traité de paix signél ^ Paris par d'Oubril. Sébastian! devint beaucoup ^ w pressant; il somma nettement le sultan de cluUr ^ entre l'inimitié de la France et celle de la Rusdi'^ Sélim. intimidé, interdit aux vaisseaux russes 1' du Bosphore, puis, bîentdt plus troublé encore p menices des représentants de l'Angleterre t