‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 189 sur 310 · IV · texte numérisé non relu

IV

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^ • .. :^': -e nos institutions militaires, car elle

.js sensible à mesure que l'empire s'éten-

:îi allait avant peu en éprouver les pre-

. ^ r'.i. Dès. ses débuts, iJonaparte avait changé

^ :e larmée en substituant les n*'ves de gloire,

... ::i, de ricUesse aux mobiles patriotiques. Ce

•v-i^ieiii était loin dVlre indillèrenl, mais sescon-

^ ..tr-oos ne pouvaient ])as étru immédiates , et ces

...r^rs conquérantes avaient pu paraître d'abord

- ::>:acer avec avantage l'ancien élan révolution-

. ..r-e- Après son élévation au pouvoir suprême il était

. '.'lus loin; il s'était allaclié à séparer l'armée de

.; iKition , à la soustraire aiix intîuences civiles, à

... créer des ressources indépendantes, un trésor

<iocial, des dotations opulentes qui ouvraient une

-arrière nouvelle à l'ambition des ciiei's; ils n'étaient

dus les soldats de la patrie, mais les soldats de l'effl-

v^ereur; ils étaient les inslruinents de sa fortune et

non ))lus les serviteurs du pays. 11 lit un pas de

plus lors des campai^nes d'Austerlitz et d'Iéna, en

introduisant dans nos armées jusque-là si compactes

des éléments empruntés aux pays conquis.

Ici, on peut le constater avec évidence, les fautes et les erreurs du politique mettaient en défaut le gê-

nie et la prévoyance du grand capitaine, car s'il est certain que les proportions démesurées du nouvel empire et les entreprises colossales de son chef rendaient indispensable cette adjonction d'un supplément de force militaire pour soutenir la France épuisée, il est plus certain encore qu'en admettant dans nos langs tous ces corps auxiliaires qui n'y pouvaient servir qu*à regret , on allait porter un coup funeste à h discipline, à l'ardeur et à l'unité de notre armée, yflan national , la profonde homogénéité de pensée 6t d'action qui avaient fait de notre armée un tout animé et vivant que rien ne semblait pouvoir enta- Bier, se trouvèrent affaiblis d'abord, puis peu à peu comme submergés au sein de cette masse cosmopolite qui n'avait ni notre esprit, ni nos mœurs, ni nos paslions, ni même notre langage. Les contingents ilrangers de l'armée qui s'avançait contre la Russie, vsrs la fin de l'année 1806, s'élevaient à près de cent mille hommes, Italiens, Suisses, Hollandais, Wurlembergeois. Bavarois, Hessois, Saxons, Polonais ; on J vit jusqu'à des Prussiens : « Sa Majesté, disait Napoléon dans son 42* bulletin, a ordonné de lever dans IsB États prussiens, au delà de l'Elbe, un régiment qai se réunira à Munster. » D ne tarda pas i reoon- Httre à quelles étranges conséquences ce système pouvait aboutir un jour, mais il le trouvait trop comaode pour y rien changer : « Les régiments suisses, écrivait-il à Fouché, le 20 février 1807, engagent des prisonniers prussiens, de sorte que f aurais Vextracr» émaxn politique d'avoir mes ennemis pour garder la France. » Tout extraordinaire que fût en effet ce système, il n'y persista pas moins, et par ce côté

comme par beaucoup d'autres, cette grande parodie de i'empire romain recelait dès son origine toutes les infirmités que Rome ne connut qu'à son déclin, et qu'elle ne subit qu'à regret pour retarder l'heure d'une chute inévitable. Napoléon voulut avoir dans son armée jusqu'à des Espagnols. Le 15 décembre^ il ehaigea Talleyrand de négocier avec le roi Charles IV l'envoi d'un corps auxiliaire de quinze mille hommes, et pour les dépayser plus sûrement, il leur confia U garde de Hamboui^ et des villes hanséatiques '.

Son but en cette circonstance était moins de faire entrer en ligne quelques régiments de plus que d'affaiblir et de désarmer l'Espagne, sur laquelle il commençait à nourrir des projets encore peu dèfiiis, mais peu rassurants pour l'avenir de ce pays. Depuis longtemps fatiguée d'une alliance onéreuse, abreuvée d'humiliations, ruinée par nos exigences , traitée eo pays conquis dont on cédait les provinces sans même le consulter, TEspagne avait vu dans la guerre de Prusse une occasion de prendre à l'égard de Napoléon une attitude, sinon hostile, du moins indépendante: une proclamation du prince de la Paix avait appelé aux armes les Espagnols pour soutenir la liberté de leur patrie contre un ennemi qu'il ne désignait pas*, mais à la nouvelle de la victoire d'Iéna, tout était aussitôt rentré dans le silence accoutumé, et la soumission était redevenue d'autant plus absolue que la révolte avait été plus imminente. L'Espagne fut hea-

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