I. Napoléon à Eugène, 16 aoilt
•2. A Marie-Loui^e, régente iJ'Étrurio, lô sepicmbre.
ques jours seulement après avoir rassuré sa bonne sœur la régente d'Étrurie, le 25 septembre 1807, il écrivait à Duroc : « // fml ôter cetu difformité de la presqu'île d'Jialiel » Mais comment faire cette savante » opération, lui le créateur de cette difformité, sans i blesser gravement l'Espagne qu*il voulait encore mé- I nager? Le moyen est bien simple, on l'indemnisera I avec le Portugal dont remploi est ainsi trouvé d*a- I Tance. Et il charge Duroc de proposer à Izquîerdo, i Iliomme d'affaires de la cour d'Espagne, de «r distraire -I du Portugal une partie pour la reine d'Étrurie, une I antre pour le prince de la Paix.... Je désire, ajoute- B t-îl, qu'Izquierdo m'ocre quelque projet là-dessus^. » g II y avait en Italie une autre difformité qui était I encore plus choquante pour les yeux susceptibles de j Napoléon, c'étaient les États romains. Ces provinces, g ainsi qu'il l'écrivait à Eugène, le 5 août, gênaient ses g communications avec son royaume de Naples. C'était f là de beaucoup le principal grief de Napoléon contre . le pape; mais à défaut de celui-là qu'il lui était diffi- I die d'avouer, il en avait de plus d'un genre à faire , faloir, car il n*était jamais à court de récriminations contre ceux qu'il avait résolu de perdre. Combien les temps étaient changés depuis les beaux jours du sacre et du concordat I Entre le saint-siége et Napoléon, il ne s'échangeait plus désormais que des paroles injurieuses et menaçantes de la part de l'un.
1. Napoléon à Duroc, 25 septembre. Oa a presque inTariablement attribué à Izquierdo rinitiaiive du traité de Fontainebleau. Cette supposition est un vrai non sens pour quiconque a une idée du caractère et de la politique de Napoléon ; mais elle devient insoutenable en présence de cette citation.
doucereusement enveniméea de la part de l'auln, justes conséquences de ce pacte hypocrite où, sonsh masque de la religion, il n'y avait eu en jeu que da convoitises d'ambition. Aux déceptions qu'il ani éprouvées au sujet des légations, aux trompfrât, aux usurpations de tout genre dont il avait eoi« plaindre de la part de Napoléon, à l'occupation fincône et de Civila-Vecchia, à la saisie des revenus pontificaux, à la confiscation des duchés de BénéTeotll de Ponte-Corvo, Pie VII avait répondu en se sénat ^ de ses armes spirituelles ; il avait refusé d'étendre th *■ Vénétie le concordat italien, refusé d'annuler lepfmier mariage de Jérôme, refusé d'entrer darafil- -^ liance française et de confirmer certaines nomint- *> tions d'évêques. Il s'était vengé comme se vengeDtl» ifaibles en se retranchant dans la résistance passiti •" mais sans sortir de son dioit traditionnel de poolifc li Napoléon n'en était que plus exaspéré contre hAl car il senLiit toute son impuissance à le forcer dd>l cette position. Aussi jugea-t-il à propos de joindre If la sommation qu'il lui adressa une demande daasli- , quelle il pensait avoir pour lui l'appui de l'opiniflB. 1 Il chargea Talleyrand de demander à la cour de Rua* ' que le nombre des cardinaux français dans lesO»* aeils où se traitaient les alTaires de l'Eglise fùl rftt*mais proportionnel à celui des cardinaux roDÙK Talleyrand ajoutera , disait Napoléon , • qu'il 8* i temps de finir toutes les petites querelles qu'où Pt cesse de me susciter; que je suis fort irrita et indigirf des menaces qu'on me fait de m'excommunJer, de W déclarer déchu du trône; qu'il ne lui reste pIu! in'* me mettre dans un monastère el à me faire fouel"^
comme Louis le Débonnaire; que si on veut en finir on
ait à envoyer de pleins pouvoirs au cardinal-légat qui
' est à Paris, que si Ton ne veut pas on cesse toute
^. correspondance et des menaces qtMe je méprise. •
^ (28 juillet.)
^ "Gomme Talleyrand avait l'habitude connue d'adou- ^ cir beaucoup dans la forme ces réquisitoires diploma- " tiques que son ministère l'obligeait à transmettre aux ^ souverains étrangers, Napoléon enjoignit au prince '^ logène de communiquer au pape une lettre censée ^ confidentielle, dans laquelle Tempereur épanchait dans le cœur de son fils adoptif tous ses ressentiments \ contre la cour romaine. Cette lettre, encore plus vio- ** ^ lente que la précédente, était destinée à effrayer ceur 'qu'on ne pouvait convaincre. Napoléon avait tout obtenu par l'épouvante de ces vieillards qui dirigeaient lef conseils de TÉglise; il les avait vus en mainte occasion si faibles et si misérables qu'il se croyait asmré de les soumettre définitivement par la crainte. Il ne connaissait pas la ténacité du prêtre : < Mon ^ fils, disaitril dans cette longue diatribe qui semblait ^' comme entrecoupée par la colère, j'ai vu dans la let- ^' Ire de sa sainteté, que certainement elle ne m'a pas ^ * écrite, qu'elle me menace. Croit -elle donc que les ^ ^ droits du trône sont |moins sacrés aux yeux de Dieu ^ que ceux de la tiare? Il y avait des rois avant qu'il y ^^ «ftt des papes. Ils veulent, disent-ils, publier le mal ^ que je fais à la religion. Us insetisés! ils ne savent pas * qu'il n*y a pas un coin du monde où je n'ai fait encoi-e ^ ]»faa de bien à la religion que le pape n'y fait de mail... ^ Le pape qui se porterait à une telle démence cesse- ^ r%it d'être pape k mes yeux. Je ne le considérerais
i,^ î:sto:ke de kapoléon i".
-:^f r^T.n^t . /. : ".'-A-.... Si cela était ainsi, je sépa- ^ ^ ^^ -^.>i ...-:-:* de toute communication avec
. .-^. . "j '^%i ç<lic€,... La cour de Rome
^ V . -: ;-...:- ie: ui5 deux ans.... Que veut faire • V.: .::r.:r.:Ar.: A la chrétienté? Mettre mes . : ' .: li-rir. r.:'ex::z:munier? Pense-t-il que les ---> :.:..:.ercr.î ct-s a^air.s ce mes soldats? et ffrf .-'î'-.; nv.T .7,-,c iiV mfs peuples pour ni' égorger f T.'r.nio dxîrinf. des papes furibonds l'ont prê- .-. V: rrenù-il pour Louis le Débonnaire!... Le ■ rv /.::::t-: est irc^p puissant: les prêtres ne sont pas •:> T«:ur irouvtrner. Qu'ils imitent saint Pierre. . .ir Va;:!. Ks ajôtres.... Certes, je commence ànm- V ■ if ::ute- 1-s folies <[ue me fait endurer la courde < i-.ie, et peut-être le temps n'est-il pas éloigné, si on veut continuer à troubler mes États, où je ne reconnaîtrai le pape que comme éviquc de /^ome.... Je reunirai les Églises gallicane, itilienne, allemande, polonaise dans un concdc pour faire mes affaires ww .'Ope et mettre mes peu ides à rabri des prétentions des pri- :res de Rome.,,. »
A la suite de ce flot d'invectives insultantes, de ces récriminations si singulières dans la bouche de rhomme qui avait relevé de sa propre main tontes les prétentions dont il se plaignait, venait TultiiDatum que Napoléon voulait signifier à la cour romaine. Il reproduisait sa demande relative au nombre des cardinaux qui devait être proportionnel à la population, il exigeait que le concordat italien fût étendu à A'enise, enfin, il sommait le pape de pourvoir aui nominations d'évôqnes, en laissant entrevoir nette- . ment un scliisme comme la conséquence inévitîW*^
d'ane plus longue résistance à ces injonctions ^ Cet ultimatum ne s'adressait toutefois qu'au sou?erain 8(Nurltuel; il y en avait un autre à l'adresse du prince temporel, que Napoléon avait déjà plus d'une fois fait connattre à la cour romaine et qu'il renouvelait en termes non moins péremptoires, c'était l'invitation de s'unir étroitement à la France et de chasser ses ennemis du territoire pontifical. Au fond tous ces emportements n'étaient qu'une tactique. Avec Rome, eomme avec le Portugal » il avait exagéré les plaintes et grossi la liste des exigences afin qu'un seul refus lui permit d'agir à sa guise. Il ne cherchait pas des sttisbctions, mais un prétexte pour saisir les États da pape. Les menaces de Napoléon produisirent sur le saint-siége l'effet de terreur qu'il en attendait : le pape s'empressa de nommer le cardinal Litta son négociateur à Paris. Hais l'empereur» qui était décidé k l'avance à trouver ce choix mauvais, répondit à cette démarche en faisant notifier à la cour de Rome qa'il ne traiterait qu'avec le cardinal de Bayanne, et en lui annonçant qu'une plus longue hésitation allait Il forcer à réunir au royaume d'Italie les trois pro- Ttaioes d'Ancône, d'Urbin et de Gamerino*. C'était tapement celles que peu de temps auparavant il éipeignait à Eugène comme indispensables à ses communications avec Naples. Sa conviction à cet <gtfd s'était, parait-il, encore fortifiée. La nomination du cardinal de Bayanne, que le pape se hflta de hd accorder dans les termes les plus affectueux ' afin