‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 220 sur 310 · LA POLITIQUE DE TILSIT · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE DE TILSIT

la soumissicn des grandes puissances venait de mettre à sa merci. C'est de Dresde même qu'il fit adresser ses sommations à ces malheureux gouvernements sans défense désormais contre lui. Il lui tardait de les forcer de sortir de la position inoûensive où ils avaient cherché leur salut. La guerre contre l'Angleterre ou la guerre contre la France, tel est le dilemme redoutable qu'il leur fait signifier : l'une et J'autre alternative était pour eux la ruine. Dans l'imposâibilité où ils se trouvaient de résister, on peut supposer que leur premier mouvement devait être de se jeter dans les bras de Napoléon, car il n'avait qu'à étendre la main pour les détruire, tandis que l'Angleterre ne pouvait les atteindre que dans leur commerce et leurs colonies; mais l'exemple de la Hollande, de la Suisse, de GéneSy de Tltalie était là pour dire ce que Napoléon faisait de ses alliés. Cette impérieuse injonction ne leur laissait donc en réalité que le choix du suicide. Le plus important de ces États était le Danemark dont Napoléon avait résolu d'utiliser contre l'Angleterre la flotte relativement considérable, et les fortes positions maritimes. Venaient ensuite le Portugal, les États du Pape, enfin ce royaume d*Étrurie que Napoléon avait vendu,jamaislivré,à la maison d'Espagne en échange de la Louisiane, après l'avoir extorqué à la maison d*Autriche. En ce qui concerne ces trois États, ses résolutions étaient beaucoup plus arrêtées qu'à l'égard do Danemark protégé jusqu*à un certain point par son éloignement; il était déterminé à se les approprier parement et simplement, en y employant toutefois les transitions nécessaires.

Le Portugal était de tous les États européens celui

qui s'était le moins mêlé aux querelles de TEurope. 11 n'aspirait qu'à vivre en paix, à développer ses ressources commerciales, à échanger ses vins et ses denrées coloniales contre les produits manufacturés que îu: frjrrissait TAncleterre. Cependant cette pacifique t:v:uie re VivaU pas préservé des violences de Na- 7.:>rr; Ths !>:■ le premier Consul, pour forcer le ?:r::.^r i terrer ses ports aux Anglais, avait en- ."i -f . Î^Tdfc-e i lai déclarer la guerre; et le PortnfjL iTi : i: -oc -seulement se soumettre à cette eii- ^•ru»."-. rriis >?c-?r î ITspagnc la province d'OIivenft : 7:-;< :a7-r -M somme de vingt-cinq millions. Hbs -j^i i- 7:o5 i'jrjLTS is:4, lors de la reprise des ^:=^ .T< i^i': lArilttem? après la rupture du trûté : y:: -:->. t r-v if r Consul avait, par un traité en --V- : 5 ^— T : ^ nrs . rendu au Portugal, moyea- ::i7 . ":f > -rf df seize millions, la faculté de roo- ^~ ' *cs r.;-:* ver: 17". :<?ute la durée de la guerre; il i ...: <• :--•:: rr:.n: recrnnu sa neutralité. Nos rap- -o-r^? i: .jT.ii a -;: > Portugal étaient fondés sur ce '*^^ '-•' . r ,-vi:: rvmp:: scrupuleusement les onéreo- >-•< ::r : : .r?: fJ ne nous avait pas fourni un seul >,■,.-•: xf.^ y '.à:: te et se renouait sur la foi jurée, se :ro}a::: i l'ibri de toute persécution ultérieure.

C'est dans ces dispositions que vint le frapper

comme un coup de foudre la brusque sommation de

Sapdéon. Ce qu'il voulait, ce n'était pas obtenir du

jiir«^' telle ou telle concession, c'était lui prendi*

^#)tte, ses ricljesses, son territoire. On le voit, en

***? aans le premier moment, écrire à Talleyrand

* sjgnifier au Portugal d'avoir à fermer ses ports

oglais, 1 à défaut de quoi JVapoIéon lui décla-

rera la guerre et confisquera les marchandises anglaises ^ • Hais il se ravise presque aussitât, car il est trop sûr que le Portugal se hâtera de lui accorder de telles demandes quelque iniques qu'elles soient II eiige donc que non-seulement le Portugal ferme ses ports à TAngleterre, mais qu'il lui déclare la guerre; outre la confiscation des marchandises anglaises , il demande celle de toutes les propriétés appartenant à des Anglais. Ces dures conditions doivent être acceptées mis hésitation, dans le plus bref délai, et, comme il frtf oit qu'on les discutera avant de les subir, comme Il déaire même qu'on les discute afin d'avoir un prétaite pour envahir le Portugal, avant même d'avoir nçu un mot de réponse, il organise, sous le nom de Corps if observation de la Gironde^ une armée de vingtdDq mille hommes, formée avec les légions qu'il a Uasées en Bretagne et en Normandie. Ces troupes iront irendre possession de ce royaume, sous le commandement de Junot, son ancien ambassadeur en Portufal (S août 1807). En même temps, il envoie au ré* fsnt du royaume une mise en demeure dont les ^temes vagues et adoucis paraissent avoir pour but de l'endormir plutôt que de le décider. Quelque parti que ce prince adopte, son sort est déjà fixé; une seule chose est encore incertaine pour Napoléon, c'est k foçon dont il disposera du Portugal après s'en être emparé; et cette incertitude ne sera pas de longue durée.

Une circonstance allait bientôt simplifier ses idées à cet égard, c'est le désir immodéré qu'il avait conçu

K Napoléon à Talleyrand : Dresde, le 18 juillet 1807.

de reprendre à l'Espagne le royaume d*Ëtrurie. A vrai dire, cette cession de la Toscane à la maison de Bourbon n'avait jamais été que fictive et nominale de la part de Napoléon. Il n'avait jamais cessé d'y tenir garnison et d'y commander en la personne de ses généraux. Pendant la guerre contre la Prusse et la Ru^ 5;ie, il a\'ait été forcé de retirer ses troupes pour les port^'T sur d autres points, et la reine d'Étrurie, rè- $«nt^ ii«»pui$ la mort de son mari, abandonnée mos ino3i*^ns oo défense, réduite à invoquer sa qualité de TUBi$sa:>ce neutn^, avait dû laisser pénétrer le ooDinrr<'Y ancJaîs dans le port de Livourne. Napoléon Tuy-a:: c&ràe de manquer une si belle occasioB de oc*nî:sci?rT .«. iâ \vs le> marchandises anglaises elk rr^^fiiiXDf 1, c.^r.rvi Torvire au prince Eugène dedi- ^orr «TT '..ivxirre un corps de six mille honunes -vM'* > ' i^rr.rJTfr i* Arsf ;i:? et de leurs propriétés'. ^ -0-- r- i: rcv«ecur de reipêdition qu'un mois i'->s .-.^-iv .vc: ::jl: vVGsommé, et à la date du >5: -.:.' V. - Vvicvz zsnïi agi. disait-ilf qoe > ,i * >r i*i-vv -.v:r sc¥ :: :en^ts et contre reoneoii -.' -rr.i ' ". - ^^c^^^:: ,-; i\î^;re but que de cooser- *?r -.•,\;--v t sï s.i»i;- o; .vusine. Mais il ne lui disa;: i»s;s>s^ * ->^'« :^^ ::: s Vicniait celle sollicitude, efie *:ai; >raav.viip pi^is loin encore: L'occupalk» de L:*\'«n>f lui avait soudainement ouvert les yeui.D ne A«Taii décidément plus se passer de la Toscane Ette lui était nécessaire pour compiler ses possessions d'Italie; enfin, il la lui fallait absolument Et quel-

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