Annual Reyister : State papcrs
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poléoD. Bernadotte était sur la frontière du Holstein avec son armée : « Il faut ou que le DanemariL déclare la guerre à l'Angleterre, ou que je déelare k guerre au Danemark, lui écrivait Napoléon , le S août 1807; vous êtes destiné, dans ce dernier cas, à vous emparer de tout le continent danois. » Et cet avertissement se changeait, le 17 août, en un ordre formel de marchera Le malheureux régent, menacé de perdre la moitié de ses États, avait depuis lattr temps résolu, ou tout au moins promis de céder, car, dès le 31 juillet. Napoléon se plaignait, dauf une lettre à Talleyrand, de la non exécution des promesses du Danemark; mais ce prince savait àqadle dure tyrannie il allait se soumettre, il craignait aiac raison les représailles de l'Angleterre, il cherdiiit à gagner du temps, à traîner les choses en longueur.
Malheureusement pour cet intrépide petit peuple danois, sacrifié à des querelles auxquelles il voulait rester étranger, sa situation ne comportait aucm moyen terme, et du moment où Tun des belligéranU violait sa neutralité, l'autre était fatalement amené I la méconnaître à son tour. La marine danoise, lé* duite à ses seules forces, ne portait aucun ombragea l'Angleterre, mais du moment où elle allait s'sgoïkr aux moyens immenses dont disposait déjà NapoUes, surtout depuis que le continent tout entier faiiiiK cause commune avec lui, elle devenait une arme dangereuse. Elle se composait alors de vingt vaisseaoi de ligne, de seize frégates, de neuf bricks et d*ao
J. iNapoléou à Bcrthier, 17 août 1807.
bre coDsidérable de [chaloupes canonnières, iés par d'excellents marins, ces bâtiments eusété pour les flottes de Napoléon un renfort dont lissance eût certainement pu à un moment donné
pencher la balance en sa faveur. Voilà les cirtances qu'on ne doit pas perdre de vue lorsqu'on juger avec équité les violences de l'intervention lise à Copenhague. Le ministère anglais prévint léon, il fit bombarder Copenhague après avoir t au Danemark de le défendre y de lui garantir (tats et ses colonies, de mettre à sa disposition 18 les moyens de défense navale, militaire et pédre^ > Prévoyant selon l'expression d'un de ses aux < les méfaits que la France se proposait de iiettre au moyen de la marine danoise % » il in-
inutilement pour qu'on lui remit en dépôt la
qu'il promettait de rendre comme il rendit celle >rtugal. Il eut aux yeux de l'Europe tout l'odieux Me exécution qui produisit un long retentisse- .; mais ce que l'Europe ignorait alors et ce qu'on depuis, c'est que la flotte danoise, au moment la fit enlever, était à la veille de passer dans les B de Napoléon à qui le régent 4[u Danemark avait fait des promesses de soumission.
: événement eut pour eflet presque immédiat de re à néant l'ofl^re dérisoire de médiation qu'Adre s'était engagé à faire à l'Angleterre. Le ca-
anglais y avait déjà répondu en demandant, par ^mise de lord Leveson Gower, communication
rUish declar. sept. 25.
roclamation de l'amiral Gambier, 16 août, ann. Eetj.
des articles secrets du traité de Tilsit. Cette demande, qui allait tout droit au point vif de la question, montra à Alexandre qu'il avait été pénétré; elle le força à se démasquer tout à lait par une déclaration de guerre qui plaça enfin les choses sous leur vérita- Me jour. La vérité était que depuis Tilsit Alexandre n éuil plus que le serviteur d^isé de la politique frinctis^. et TAng lelerre devait préférer une hostilité Ottxy^r^e lUX trahisons d^une amitié feinte. Par orite r«u>«;:T^ ^ trouvaient réalisés les engagements qa'A- V\»ii« avait contractés dans son entrevue avec Ni* jkf^vi; celait maintenant à Tempêreur des Fraocvs ji^ Miir ceux qu'il avait contractés envers Alexandre. Ma» Napoléon n'avait pas plutôt quitté le cxtf ^^ s'était repenti de lui avoir fait la part si belle. OMvme dans toutes ses transactions diplomatiques, il HMTchait à reprendre ce qu'il avait donné. La Turquie avait contre toute attente accepté son oflre de médiation, ce qui avait tout d'abord écarté Téventatlité prévue à Tilsit d'une guerre suivie du partage de l'empire ottoman. Cette acceptation, qui était on acte fort habile de la part de la Porte, mettait Napoléon en demeure d'exiger, selon la promesse formdle qui accompagnait l'offre de médiation, l'évacuatioB préliminaire des Principautés par les troupes ruseai; mais conmie il s'était engagé verbalement ^ters Alexandre à ne pas insister sur cette évacuation, il se trouvait pris entre deux promesses contradictoires et sa mauvaise foi était à découvert. A cette situatioD embarrassante pour un homme qui faisait si grand étalage de sa loyauté, étaient venues se joindre les outrances de Sébastian!, qui faisait ressortir arec
force tout ce qu'il y avait d*impolitique à laisser la Turquie tomber sous la domination russe. Pour tous ces motifs, Napoléon en était aux regrets de s'être avancé si loin avec Alexandre, et, sans oser revenir sur des promesses encore trop récentes pour être niées, il cherchait à en éluder l'exécution.
n avait envoyé Savary à Saint-Pétersbourg en le chargeant d'amuser le czar avec de belles promesses, et de détourner contre la Suède l'impatience et Tavidité dont Alexandre semblait dévoré à l'égard des provinces turques. Mais la Finlande n'était plus à ses yeux qu'un présent sans valeur, et plus on voulait l'entratner de ce côté, plus il mettait d'énergie à revendiquer ce qu'on lui avait promis de l'autre. Il fiiisait valoir, non sans vérité, et sa propre fidélité à remplir ses engagements, et l'irritation croissante du vieux parti russe auquel il lui fallait apporter de grands avantages pour se faire pardonner une alliance qui était réellement très-impopulaire en Russie» témoin la froideur méprisante avec laquelle la société russe accueillait notre ambassadeur. Napoléon, sans aller jusqu'à blesser Alexandre, n'en persistait pas moins à obtenir de lui une évacuation au moins momentanée de la Valachie et de la Moldavie.
Pour influencer les résolutions du czar, Napoléon se servit de l'occupation militaire qu'il avait maintenue en Prusse. Le traité de Tilsit avait stipulé l'évacuation desËtats prussiens après l'acquittement des contributions de guerre, mais il n'avait pas fixé le montant de ces contributions. Napoléon le fixa lui-même avec une rigueur qui, vis-à-vis d'un pays épuisé et ruiné comme était alors la Prusse, n'était plus que de la
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rapacité. Le total de ces coDtributions, dont les derniers termes restaient seuls à acquitter, montait au diiffre de six cent un millions, deux cent mille firuics. Indépendamment de ces sommes énormes pour le temps, la Prusse avait fourni une large ran- (on en objets d'art et en réquisitions de toute nature ^ U profita de Timpossibilité où elle se troonit de se libérer pour lui foire nourrir ses troupes pendant p!us d'une année. La présence de ses troupe sur le territoire prussien lui servit, en outre, de menace permanente contre la Russie. Bientôt il ne craignît pas de donner à entendre clairement au citr qaïl ne lui laisserait les Principautés qu'à la condition de garder lui-même la Silésie. Telle fut rétraoge palinodie que Caulaincourt reçut Tordre d'aller faire agréer au czar. Caulaincourt avait, comme Savarj, figuré dans TafTaire du duc d'Enghien; il y avait pris, il est vrai, une part beaucoup moins directe, a]fant seulement appuyé le mouvement d'Ordener sur Etteoheim; mais ce n'en était pas moins un trait d*ironie diabolique de la part de Napoléon que d'imposer ors deux hommes au jeune czar comme pour lui rappeler le néant de ses volontés. Caulaincourt, sans contester les promesses verbales de Tilsit , devait to présenter comme de simples prévisions nulleoest obligatoires, et, quant à l'évacuation de la Silésie, il avait ordre d'affecter de ne plus y voir que l'équinlent naturel de celle des Principautés. Napoléon con*
1 . u résulte d'un rapport de Visconti que les objets d'art recueille dans rAllemagne du Nord étaient classés de la façon suivante iIViD" |t turcs, 350; — manuscrits, 282; — statues, 50; ^ bronzes, 192, eic
sentait à les abandonner à Alexandre , pourvu qu'Alexandre consentit à loi laisser ce dernier lambeau des dépouilles prussiennes.
Ces premiers nuages planant sur l'alliance russe» le désir d'entratner TAutriche à rompre avec l'Angleterre ou tout au moins à entrer dans le blocus continental, enfin, la nécessité de prévenir toute diversion ie sa part jusqu'à l'entière réalisation des nombreuses mtreprises qu'il venait de commencer en Occident^ Usaient une loi à Napoléon de donner quelque satisacUon à la cour de Vienne pour obtenir son acquiesaonent. Après avoir hésité un instant entre la coniliation et la violence, car il fut sur point de faire ommer l'Autriche avec aussi peu de ménagement [ue le Danemark, il parvint à son but en lui rendant (raimau , place forte qu'il avait gardée à la suite de 'occupation des bouches du Gattaro par les Russes, l n'avait d'ailleurs plus aucun prétexte de la lui reaser plus longtemps puisque la Russie venait de nous ivrer à la fois Corfou et les bouches du Gattaro. luelques échanges de territoires sur les bords de bonzo, réglés à l'amiable entre le royaume d'Italie t l'Autriche, achevèrent de rassurer le cabinet de 'ienne qui avait grand' peur que son projet de médiaiODy proposé à la suite de la bataille d'Eylau, ne lui lortât malheur. £n cela cette cour ne se trompait pas, t Napoléon était loin de lui avoir pardonné, mais il ni suffisait pour le moment d'obtenir l'adhésion de Antriche au blocus continental et sa neutralité «ns les affaires compliquées où il venait de s'en- •ger.
Tel était le spectacle qu'offrait l'Europe pendant les
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trois mois qui suivirent l'entrevue de Tilsit. Entre les deux colosses qui se donnaient la main par-dessus le» ruines des anciennes grandes puissances contiDenlales, il n'y avait plus aucune force capable d'oppow une résistance. Tous les États intermédiaires étaient paralysés par l'impuissance ou la terreur, et nossridats étaient partout en marclie pour aller effaça- ks derniersvestigesd'indèpenr'ance chez ceux que leur ftiblesse ou leur étoigneraent avait mis jusque-làà l'abii des orages. Le nom de corps d'oÈMmalion que Napoléon assignait invariablement aux différentes armées qu'il dirigeait contre l'Étrurie, contre les Ëlats romiiVi contre le Portugal, semblait avoir pour but d'indJin" qu'il ne jugeait pas ces Ëtats dignes d'une décIantiB de guerre; c'était une simple mesure de police^ prenait à leur égard en les occupant. Le DaDennrk seul avait prévenu une invasion imminente en se jeUt dans nos bras après la catastrophe de Copenhagot J On ne pouvait plus s'emparer de sa marine, — "* exploitait son malheur pour justitier des enl commencées longtemps avant le dénouement d«i pédition anglaise ; et la conquête même du Poi était présentée comme une simple revandie du bardemenl de la capitale danoise. Dans une pondance que le Moniteur publiait comme envo] Lisbonne, le peuple portugais était censé di lui-même à être conquis pour venger le Danei • Nous voulons faire cause commune avec le nent, disait ce compatriote de Camiiens. L'oat fait à tous les souverains dans l'atroce eipédiliOBj Copenhague justifiera notre guerre.... Nous y coo»" lidcroDS noire indépendance.... Haine à l'ADgietem'
ORIGINES LE LA GUERRE d'iISPAGNE. 155
tel est le sentiment de la génération présente*. » Les Portugais ne se doutaient guère qu'ils étaient si impatients de se sacrifier à la cause du blocus continental. I Outre ces diverses opérations, Napoléon préparait dans I le plus grand secret deux expéditions dirigées, Tune ■ contre la Sardaigne, Tautre contre la Sicile, cet in- I dispensable fleuron de la couronne de Joseph. Toutes tf deux étaient réservées au honteux avortement qui i s'attachait à ses entreprises maritimes; mais le succès S de ces projets paraissait infaillible , et une fois qu'ils g seraient réalisés quel obstacle pourrait l'arrêter dé-
I sonnais?
g Chose étrange pourtant et bien digne d'observation,
II à cflté de ces Etats inoflensifs contre lesquels Napoléon ii*avait pas un seul grief légitime et qu'il ne frappait que par ambition, il en était un, un seul, qui lui avait donné un réel sujet de plainte, après avoir été, il est Trai, poussé à bout par une longue série d'outrages et de mauvais traitements, et Napoléon, loin de l'en punir, semblait n'en avoir gardé aucun souvenir, il se montrait même plein d'égards et de prévenances pour Ini. Cet État était l'Espagne, et ce sujet de plainte était b proclamation du prince de la Paix à l'époque néna, velléité de révolte désavouée presque aussitôt ^e conçue, mais certaine quoique enveloppée dans d'obscures circonlocutions. Occupé alors d'autres projets. Napoléon avait accepté sans objection les expli- CatioDS qui lui avaient été données; il s'était contenté d'exiger, comme gage de la docilité ultérieure de l'Es- Iiegne, l'envoi du corps d'occupation de la Romans