‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 224 sur 310 · I. Mvmiiew du 25 oct. 1S · texte numérisé non relu

I. Mvmiiew du 25 oct. 1S

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Xî^I-H 31 5AP0LÉ0II V.

të Mn& ù n ïbCL'fse. Depuis lors il avait réglé ti& Air'sS' m y^L. 1 -ftù^ rerenu à Paris, et, contre uuus Aiiîaiu . 1 X i.^3J; tiiôé^ récriminé. Craignant an iff .<tf< ^cacs X Tzian ma^xis elle n'était que trop arwdxmfe. là cc^T fTsçiUK loi avait envoyé le doc its frîK ?:Qr le fel:r::er «t Tapaiser. Napoléon anS assiKc 1: cet envoyé ar^ la plus grande bienveillance. iML^ de se plaindre, H écrivait, le 8 septembre, to ro: dTspagne en le remerciant de s'être toujours coudait en fidcU allié de li France. Il l'associait à les projets contre le Portugal, le pressait de s*nnir i nons pour forcer rActipeserre à la paix, mais de b fameuse proclamation piss un mot Cette magnanôDité était d'autant plus extraordinaire que Napoléon W^ toujours traité l'Espagne avec une impitoyable brutalité, alors qu'il n'avait aucun tort à lui reprocher- Aujourd'hui qu'il avait le droit de se plaindre en wdtant toutes les apparences de son côté, il se taisait D semblait vouloir tenir son grief en réserve, ou n'ee avoir pas gardé la mémoire. Quels desseins confiait donc ce silence? Quel intérêt avait-il à être générem! Ce qui est certain, c'est que cette clémence était ^^ invraisemblable, et qu'une attitude si nouvelle as* |^ nonçait suffisamment qu'il méditait quelque cboie^ ^ l'égard de l'Espagne. j^

Que serait ce nouveau coup de surprise si proto* L dément médité, et par quels moyens s'opéreraitrfl! L Napoléon lui-même ne le savait pas encore, car il n'était pas homme à s'enchaîner d'avance par un pta> arrêté dans une entreprise où son ambition n'admet tait aucune limite; mais ce qu'il avait irrèvocabl^ ment décidé c'est qu'il ferait quelque chose. Ce plao ,^

était-il aussi récent , aussi nouveau qu*on s*accorde généralement à le dire? Depuis longtemps déjà Napoléon traitait TEspagne comme une de ces misérables royautés dans lesquelles le souverain n'était que le préte-nom de sa propre autorité. CTétait sans aucune exagération que» dans son discours d'ouverture an Corps législatif, prononcé le 16 août 1807, il assimilait l'Espagne à la Hollande , à la Suisse, aux rojanmes d'Italie et de Naples .* ses envahissements dans ce malheureux pays avaient en effet commencé bten avant l'époque qu'on leur assigne d'ordinaire. Dès le lendemain d'Iéna, faisant allusion aux bruits qni avaient couru à l'occasion de la proclamation du prince de la Paix, il écrivait à Cambacérès : « Où airei-vous pris que l'Espagne entrait dans la coalition? TouUs les places fortes sont dans mes mains. » Il y avait là sans doute une de ces grosses forfanteries dont il savait user à l'occasion, mais elle n'était pas sans contenir une part de vérité. Napoléon avait des vaisaaux et des soldats dans plusieurs des ports de l'Espagne, il avait de nombreuses intelligences parmi les l^pentsdu gouvernement espagnol, et il entendait bien les mettre à profit à un moment donné.

Parmi les nombreuses questions que soulève l'origine de cette ténébreuse affaire d'Espagne, il en est ime que les historiens français décident presque inva- Hablement en faveur de Napoléon, c'est celle qui est Mlatlve à son prétendu droit d'intervenir dans la pé- Hinaole. Ce droit était fondé, selon eux, d'abord sur la trahison du prince de la Paix, et ensuite sur ce qu'ils appellent la nécessité de prendre un parti i l'égard de la décadence espagnole. Il suffit, pour faire justice de

ii:<i HISTOIRE DE NAPOLÉON T'.

ces assertions, de jeter un simple coup d'œil en ar- -• re SUT '.es rafports antérieurs de Napoléon avec la rv^r c'EspsfDe. Entraînée à la guerre contre l'An- ^^"/^•^ rAT un traité surpris à la faiblesse du roi, --Is^mi 'supulail du moins une parfaite réciprocité at:^- les deux États, l'Espagne n'avait trouvé que la v)-.'f3»' i^^ spoliations et des avanies sans nom dans î;« ^liance où elle avait cherché protection et sécu- * :£- Injj^ dans Tallaire du royaume d'Étruric, où •»T a* 1^ *^"^^^ ^^^^^ qu'une royauté fictive en échange -'ire magnifique colonie, violentée et spoliée à Téjo^ue du traité d'Amiens qui lui coûta Tilede laWr.:u en déj»it des clauses les plus formelles de Talliance. outragée publiquement et avec la dernière indignité en la personne de son roi lors de la condo- <;:in du traité des six millions par mois, elle s'était plus tard trouvée de nouveau lancée dans une guerre désastreuse à son corps défendant; elle y avait perdu ses colonies et son commerce: elle nous avait héroïquement sacrifié sa marine à Trafalgar. Pour récompense de tant de soumission et de dévouement, elle avait vu avec une profonde humiliation son roi traité avec le plus souverain mépris dans toutes les occasions où il avait tenté d'opposer quelque résistance ^i des exigences iniques; elle avait vu Napoléon disposer en maître de toutes les ressources du royaume; elle l'avait vu chasser, au profit de son frère Josephi la dynastie espagnole de Naples après l'avoir enlacée dans ses pièges et amenée à la révolte à force d'outrages et d'exactions. Mais ce n'était pas tout; après de si cruels sacrifices, après le sanglant holocauste de Trafalgar et à la suite des négociations de Napoléon

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avec le cabinet de Fox, on avait tout à coup appris en Espagne que, trafiquant du territoire espagnol comme de sa propre chose, cet allié parjure avait, sans consulter personne, offert successivement à TAngleterre et à la Russie une cession des lies Baléares pour indemniser un des princes qu*il avait dépouillés. Depuis longtemps la mesure était comble, et c'était après cette dernière découverte que le prince de la Paix avait jugé le moment venu de secouer le joag en profitant de l'occasion que lui offrait la guerre de Prusse. Il faut le dire bien haut, le seul tort de Manuel Godoy dans ce projet de révolte sitôt abandonné, était de ne Tavoir pas entrepris plus tôt, et surtout de n*y avoir pas persévéré à tout prix, et sll était traître envers quelqu'un, c'était envers son pays ruiné, vendu et humilié par cet étranger.

Yoilà pour le droit résultant de la prétendue trahison du prince de la Paix. Quant à celui qu'on motive sur la décadence de l'Espagne en faisant de Napoléon une sorte de providence chargée de régénérer les empires, il dénote chez les écrivains qui l'ont allégué un tel degré de superstition, qu'il faut surmonter quelque dégoût pour discuter sérieusement les faits sur lesquels ils appuient cette abjecte théorie de la régénération par la servitude. Que l'Espagne fût une monarchie en décadence depuis les temps d'Isabelle et de Charles-Quint, c'est là assurément ce qu'il ne viendra à l'esprit de personne de contester. L'immense effort que l'Espagne avait fait au seizième siècle pour dominer l'Europe, l'extension démesurée qu'elle avait donnée à ses colonisations, cause d'épuisement pour la métropole, et plus que tout cela le joug de fer de

rabsolatisme catholique personniGé dans TinquisitioD, raoéaDlissement des industrieuses populations mauresques, la multiplication inouïe des institutiODS monastiques, tels étaient les maux séculaires qui avaient prématurément arrêté l'essor d'abord si brillant de la nation espagnole. En dépit de ces tristes précédents, l'esprit philosophique, qui pénétrait po^ tout au dix-huitième siècle, avait hni par s'introdore dans la catholique Espagne. 11 j avait eu pour iastrument un roi dévot mais bien intentionné. On avtit vu le rigide Charles ni, secondé par un miniiM éclairé, M. d'Aranda, inaugurer en Espagne une èff de réformes et d'améliorations. La domination déri* cale avait été frappée au cœur en la personne des jésuites, les libertés civiles avaient été étendues. Fia* dustrie s*était relevée. Les éléments de cette heurenss renaissance n'avaient pas cessé d'exister en Espagne, mais le spectacle des effroyables convulsions qui succédèrent si vite à la glorieuse aurore de la Révolution française produisit dans ce pays, comme dans beaucoup d'autres, un temps d'arrêt et une sorte de stupeur qui fut bientôt suivie de la guerre. A c^ guerre, mêlée de succès et de revers, avait suooidé une alliance offensive et défensive beaucoup plus désastreuse pour TEspagne que des hostilités sans fin; mais c'était surtout de l'avènement de Bonaparte 0 consulat que dataient ses malheurs. Ce retour vers b décadence dont on ose faire un argument à l'appui de ses usurpations, c'est lui qui en était l'auteur principal. C'est lui qui avait par deux fois rejeté l'Espagne vers une guerre qu'elle repoussait, lui qui avait amené la ruine du commerce de l'Espagne et de ses

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colonies renaissantes, lui qui avait épuisé le trésor espagnol par ses exactions, lui qui avait, contre l'avis ie ses propres marins, donné le signal de la destruc^ Son de la marine espagnole en l'envoyant à la boucherie de Trafalgar; c'était lui, enfin, qui était le [iremier artisan des discordes qui commençaient à

ig^ter la péninsule. Si l'exécration publique s'attachait déjà visiblement au nom et à la personne de Imnael (xodoy, c'était uniquement parce qu'on le aoyait l'instrument et le serviteur docile de la polijqae française, qu'il subissait, en efifet, mais en la naodissant; et si l'imagination populaire, en quête rnnhéros^ s'était éprise avec passion du jeune prince 1m Asturies, l'héritier présomptif 4e la couronne, c'est qu'elle voyait en lui l'ennemi naturel de cette même influence.

Staient-ce donc là les titres qui appelaient Napo* léon i remplir envers l'Espagne le rôle de régénératearT Et, en supposant que le succès dût couronner ton entreprise, quels bienfaits pouvait-il donc lui ^porter? Qa'avait donc de si enviable le régime qu'il mût donné à la France? Ck)mment justifier cette étrange métamorphose du césarisme en rédempteur te peuples? Certes, l'Espagne était bien en retard au point de vue des lumières et des améliorations matérielles, mais quoique soumise au régime du bon plaiétf elle était loin de subir un despotisme aussi dégnidant que celui qui pesait sur la France. On ne juge d'ordinaire sa situation à ce moment décisif que sur kt chroniques scandaleuses de la cour et sur les statiitiqnes mensongères que Napoléon fit rédiger pour iervir de pièces justificatives à son usurpation; mais

en les admettant même comme yraies tonte la vie de ce pays n'était pas là. Il possédait des libertés provinciales et municipales très-étendues à l'abri desquelles pouvaient croître et se développer un grand nombre d'existences prospères et indépendantes. Quelques-unes de ses provinces» telles que la Navarre et les provinces basques étaient de véritables républî* ques, votant leurs impôts, et se gouvernant ellesmêmes. L'autorité du roi était peu limitée, maiseUa était douce et tolérante ; elle ne s'inclinait pas devant la loi, mais elle respectait les traditions ; et ses torts étaient surtout ceux de la faiblesse et de rincurie. U cour était frivole et corrompue comme une cour d'iacien régime, mais auprès des scandales trop fameoi de la cour impériale, la liaison même de la reine arec Godoy, qui a tant indigné les vertueux apologistes dt l'empire, pouvait passer pour un trait de mœurs patriarcales. Quelle que fut d'ailleurs la corruption des courtisans, la nation était saine et bonnéte. L'Espagnol était réputé en Europe pour son courage, sa sobriété, sa fidélité à sa parole, sa susceptibilité en matière d'honneur; il avait des croyances arriérées, mais il avait des croyances. Avec un fonds dt qualités si rares, ce peuple avait plutôt de quoi prêter aux Français, tels que Napoléon venait de les fi^oB* ner, qu'il n'avait à leur emprunter. Le seul présent bien authentique que ces singuliers missionnaires de la civilisation pussent lui apporter, c'était le fléau de la domination étrangère.

Écartons donc ces honteux sophismes qui ont trop longtemps servi d'excuse à des attentats dont on ne préviendra efficacement le retour qu'en les présen-

tant dans leur hideuse réalité. Il faut en dire autant des fables imaginées par Napoléon et répétées depuis par des apologistes complaisants, pour rejeter sur des comparses secondaires de ce triste drame la responsabilité soit de l'initiative, soit des développements ultérieurs des affaires d'Espagne. Ici, comme dans la catastrophe de Yincennes, comme dans toutes les actions de sa vie sur lesquelles il a craint de voir briller la lumière vengeresse de l'histoire^ ce prodigieux trompeur, le créateur heureux de sa propre légende, s'est efforcé d'entasser les équivoques et les contradictions, il est allé, comme nous le démontrerons, jusqu'à fabriquer de faux documents pour se soustraire aux sévérités de l'avenir, et le succès de ses falâfications historiques, encore plus étonnant peut-être que celui de ses stratagèmes politiques et militaires, est là pour prouver qu'il n'avait pas trop présumé de la crédulité humaine. Napoléon a peu écrit, et pour eaose, sur les affaires d'Espagne, mais en revanche il en a beaucoup parlé. On ne trouve guère, dans le volumineux recueil de ses dictées, qu'une note de quelques pages relative au séjour des souverains détrônés en France. Dans cette note qui figure parmi ses observations sur le mantÂScrit de Sainte-Hèîèm^ il s'efforce de prouver qu'il avait tout intérêt à faire assassiner Ferdinand YII et son frère don Carlos, dont la mort, dit-il, eût tout terminé ; il afOrme que le conseil de se débarrasser de ces deux jeunes princes loi fut donné par Talleyrand, et il se fait un mérite d'avoir repoussé ce conseil. Il n'y dit rien de l'origine même de la guerre, mais dans ses conversations qu'il sait être précieusement recueillies par des

\f,k HISTGtRE DB KAPOLÉON l^'.

f onliderits attentifs et qui sont devenues en effet la

source où les historiens ont le plus souvent puisé

leurs renseignements, il est beaucoup plus explicite-

U. il impute nettement à Talleyrand la pensée

womière de Tinvasion de l'Espagne, comme il lui a

îmTOté »îlf de Tassassioat du duc d'Enghien. Il ledit

j. ( 'Vcara i) le répète i Las Cases : « C'était Talley-

r?^T^ô. tiîsai; TmwTWir, qui avait poussé à la gueire

r^fe?*ajpe, '»i'- eut dam k public il eût eu Fart itiy

,.^. :«v r'^r-'U'^ . » Ce dernier mot est singulière*

r^i^n rti'^'^^'-ï^q^e. Onw : Talleyrand avait eu l'art

-4,. ^M«^s:c<^r Xaîoîfon à «t acte funeste au point de l'y

,<4» i-minr*r. vi er. même temps il avait pu faire cnrire

. , .v|i). c ^;:'i: > eîai: orposè, et cela sous l'œil de la

-,^K\ jr.pej-iAle? Ce n'était plus là de l'art, mais de

it kav,':"/': r.e : La$Ca>es ajoute: « Aussi était-ce par

Kftv s/r.f ,:* -\.:;;iV que Napoléon avait choisi Valençaj

>\hiT 5 placer Ferdinand. > Ce trait n'est certainement

iifes inventé. Le choix de la résidence de Vaîençay,

tii^^ç-^riêlé de Talleyrand, pour servir de prison au

]jn:\ce détrôné, a été souvent invoqué comme une

preuve de la coopération active de ce diplomate dans

les plans de Napoléon; on voit ici ce qu'on doiteo

penser. C*était un de ces tours méphistophéliques qiu

Napoléon aimait de prédilection, une inspiration do

genre de celle qui avait déterminé l'envoi de Saiarj

et de Caulaincourt auprès d'Alexandre, et si ce dKÛx

de Valençay prouve quelque chose, c'est en faveur de

Talleyrand plutôt que contre lui, il prouve qu'on loi

gardait rancune de son opposition et qu'on l'en pu-

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