LE COMPLOT DE L'ESCURIAL
VOUS les contremandiez.... Les circonstances sont moins urgentes aujourd'hui. »
Ainsi au moment de s'élancer sur sa proie. Napoléon tergiversait, reculait. Que s'était-il donc passé dans son esprit ? l'explication de ce soudain revirement était tout entière dans les incidents nouveaux qui venaient de se produire à Madrid. Les perplexités morales de l'homme qui s'arrête au moment de Arapper n'y entraient absolument pour rien. Le prince des Âsturies, effrayé au dernier point des suites que pouvait avoir la colère du roi, de la tournure que prenait l'instruction criminelle, avait livré ses complices avec l'ingratitude ordinaire des hommes de ce rang, mais il avait fait en même temps des aveux qui devaient le perdre et qui le sauvèrent. En dénonçant le duc de l'Infantado et Escoiquiz, il avait raconté les entrevues de celui-ci avec l'ambassadeur de France, le projet qu'il avait formé de demander en mariage une princesse du sang impérial, enfin la demande formelle que, d'après les conseils de Beauharnais, il avait adressée à Napoléon. Épouvanté de rencontrer à l'improviste la main de l'Empereur dans des intrigues auxquelles personne ne le croyait mêlé, le prince de la Paix, qui savait par une terrible expérience ce qu'il pouvait lui en coûter de blesser l'orgueil de Napoléon, résolut sur-le-champ d'étouffer l'afTaire et de mettre hors de cause l'héritier de la couronne, afin d'ôter à l'Empereur tout prétexte d'intervenir. Hais par une fâcheuse inconséquence, en faisant amnistier le principal accusé, ii persista à faire poursuivre les complices, soit qu'il jugeât une amnistie générale impossible apT^\o\xV.\%
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bruit qu'on avait fait de la conspiration, soit qu'il tit pût se résoudre à perdre cette occasion de frapper sts ennemis jurés. Il dicta à Ferdinand deux lettres dan^ lesquelles le jeune prince implorait le pardon de ses parents; puis il les publia l'une et l'autre dans un décret royal daté du 5 Dovembre. par lequel le roi déclarait pardonner à son Qls eu égard à son repentir et aux prières de lu reine.
Quant aux autres accusés, ils devaient être traduits devant les tribunaux. Muis le marquis de Cuballero. ministre de lajustice, eut l'ordre de faire écarter 4ï ■la procédure tout ce qui était de nature à compwmettre l'ambassadeur français. Godoy avait ua tel intérêt h ménager Napoléon dans ces circonslutts critiques, il éprouvait une telle terreur à la K(Ae idée d'encourir de nouveau la colère d'un ennemi :i dangereux, (ju'on ne peut chercher ailleurs sansujvraisemblance le secret de la promptitude avec laquelle il mit tin h la procédure. Uuand on dit qu'il recula devant le déchaînement de l'opinion, on oub!;'' d'abord que ce déchaînement ne se produisit que pi"-' tard, et ensuite que le meilleur moyen de se justiiin' d'avoir commencé le procès étiiit de le poursuifrï jusqu'au bout. Au reste une dépêche d'izquierdo nm peu de jours après le coolirmer dans cette opîitioii • L'Empereur, lui avait dit M. de Champagny, esig'' avant tout que, sous aucun préteïte, il ne soit rieJ) publié dans cette afTaire de ce qui pourrait avoir un rapport quelconque, soit avec l'Empereur, soit av« son ambassadeur. — Et si Beauharnais ut trout* t^'"pable, avait insisté Izquierdo, faudra-t-il suspendn l'action de la justice du roi au scandale d« la m-