L'EUROPE APRÈS BAYLEN
bler. A suivre votre exemple bientôt U faudra armer jusqu'aux femmes! Dans un tel état de choses, la guerre deviendra désirable pour amener un dénoûment. Un mal vif mais court vaut mieux qu'une souffrance prolongée ^ >
Telle fut en résumé, selon le compte rendu que Champagny adressa au général Andréossy après en avoir soigneusement retranché les violences de langage, cette sortie incohérente et inconvenante. Elle laissait de côté toutes les difGcultés réelles de la situation des deux pays, elle éludait toute discussion sérieuse de la part de Mettemich, elle était pleine d'aveux compromettants, d'allégations fausses ou blessantes, mais elle avait au plus haut point le caractère qu'elle voulait avoir, c'est à-dire celui d'une menace publique. Le trait le plus étonnant de cette longue diatribe était sans contredit le reproche d'ingratitude adressé à l'empereur d'Autriche 1 Napoléon y ajouta pour conclusion la demande que l'Autriche contremandat ses armements et qu'elle reconnût Joseph comme roi d'Espagne. Dans l'impossibilité de relever immédiatement le défi, le cabinet de Vienne temporisa et répondit par de vagues promesses, mais il ne suspendit pas un instant ses préparatifs, en sorte que Jlapoléon ne réussit que très -imparfaitement dans sa tentative d'intimidation.
L'Empereur ne fut pas plus heureux auprès d'une autre cour qu'il avait réduite à la dernière humiliation etqu'ilavait jusque-là toujours subjuguée pirla crainte. Le saint-siège, d'ordinaire si hostile aux insurrections
]. Champagny à Andréossy, 16 août \^.
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les plus légitimes, lut peut-être plus sensible qu'aucune tutre cour européenne aux succès de rinsurredioa d'Espagne. U est vrai de dire qu'il avait à lui seul ploi de griefs contre Napoléon que tous les autres cabineti réunis. A la suite de l'inutile mission du cardinal il Bayanne, l'Empereur s'était emparé des proyinces di pape en les déguisant sous les noms étranges de d^ partements du Metouro, du Musane, da Tnmto^ désignation choisie à dessein pour dérouter les souveniii et sous laquelle personne ne s'avisait de voir les ÉWi romains. Il avait ensuite pris possession à petit hmii de la ville de Rome elle-même (2 février 1808). Le général Hiollis avait mis la main sur tous les servkei publics ; il gouvernait la ville étemelle comme mie simple préfecture. Le pape avait protesté contre cette occupation de sa capitale ; maïs, bien que cette protestation fût d'une douceur tout évangéliqae. Napoléon y avait répondu en débarrassant le pape des coir seillers pervers qui l'égaraient. U fit enlever deRooM par ses gendarmes et reconduire à la frontière tots les cardinaux qui n'étaient pas nés sujets romains. D incorpora dans ses troupes les soldats de l'armée df pape en leur faisant promettre < qu'ils ne seraient piof à l'avenir commandés par des prêtres S» honneorqi» ces malheureux devaient payer cher. Toutes ces violences furent couronnées par l'occupation du Quirinsl» et Pie YII se vit non-seulement dépouillé de toutes lai prérogatives de la souveraineté, mais gardé à vuo comme un prisonnier dans sa propre demaurOi (7 avril 1808.)