L'EUROPE APRÈS BAYLEN
Cependant, au moment d'engager la lutte avec l'Espagne, Napoléon s'aperçut un peu tard, selon son habitude, qu'il avait entrepris trop de choses à la fois, et que ses démêlés avec lacour de Rome pouvaient compromettre gravement ses projets sur la nation espagnole. Le 18 avril 1808, il écrivait au prince Eugène: c Mon fils, je suis immensément occupé; c'est pour cela que je désire que les affaires de Rome soient remises au 10 mai. En attendant faites gouverner temporellement les quatre légations comme je l'ai ordonné. Il ne faut pas se mettre tout sur les bras à la fois^ > •L*objet de l'ajournement proposé par l'Empereur était la publication du décret dans lequel Napoléon déclarait révoquer i la donation de Gharlemagne^ son iUuS" ■ire prédécesseur j > en ce. qui concernait les provinces d'Urbin, Ancône, Macerata et Camerino ; mais ce contre-ordre arriva trop tard. Miollis avait non-seulement publié le décret, mais fait enlever dans le propre palais du saint-père son secrétaire d'État, Gabrielli. Entre la papauté et l'empire c'était désormais une guerre à mort. On pouvait en prévenir les éclats, en étouffer le bruit à force d'intimidation, de silence, de mystère, mais on ne pouvait plus en arrêter la marche, et elle allait se poursuivre sans trêve et sans relâche jusqu'à la chute de l'un des deux combattants.
n est facile d'imaginer quelle dut être dans un tel ^tat de choses l'impression de la Cour romaine à la nouYelle de nos revers en Espagne. Ils produisirent au Vatican l'effet d'une véritable rosée céleste. Les protestations jusque-là si timides dusaint-siége prirent