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434 niSTOlHE DE NAPOLtiOR I*.
dans la Péninsule et dans les autres pays sonmis i Tiolre dominatioD : • Le duc de l'Infantado et le grands d'Espagne, écrivait-il à Cretet, le 19 noTeiBbre, possèdent à eux seuls la moitié du royiooie de Napies; évaluer leurs propriétés dans ce royaost à SOO millions n'est pas trop. Us ont en outre ta possessions en Belgique, en Piémont, en lUlie, ijw mon intention est de séquestrer. Ce tiVst là jv'im première idée'. • Cette glorieuse idée avait étt précédée, le 12 novembre, d'un décret de proscription qui déclarait traîtres et ennemis de la France, condamnait à élre traduits devant une comniission Bili* taire et pa»is par les armes dix grand.<) d'EspagM ■choisis parmi les plus opulenls et dont les biens devaient être confisqués. Ce décret de proscriplioD W intitulé di'crel d'anmislie, selon l'ingénieuse nofiCBclature que Napoléon appliquait h tous ses kIis- L'empereur promettait par d'autres disposition! btf grâce pleine et entière à tous les autres Espagoali qui feraient leur soumission dans le délai d'unnail & partir de notre entrée à Madrid. On se flattait qoc grâce à cette dernière clause le penpie espagnol iv^ rait un acte de clémence dans cette mesure erwBi et spoliatrice qui n'était qu'un odieux abus de 1* lie* toire.
En même temps les bulletins impériaux ûévtniM la calomnie et l'insulte sur les troupes espagadkl comme sur la nation elle-même' : < Les st^dabdi
L Nipoléon i Crelel, I9noT.
}. On ne lail ptiurquoi cei bulJelins n'ool pu èU rafindnitl |C les ijditi ura de ta Correipondanee de Kapolion, - -- ■ peill \i:% Uie \euT «emblcrait-il une inUrité n
l'insurrection n'étaient que de ridicules fanfarons» dignes compatriotes de Don Quichotte. Ignorance crasse, folle présomption, cruauté contre le faible^ souplesse et lâcheté avec le fort, voilà le spectacle qu'on avait sous les yeux. Les moines et Vinquisition avaient abruti cette nation!... Les troupes espagnoles ne pouvaient comme les Arabes tenir que derrière des maisons ; les moines étaient ignares et crapuleux ; les paysans au niveau des Fellahs d'Egypte; les grands dégénérés, sans énergie et sans influence. » Le général la Romana n*était désigné dans ces bulletins que sous le nom du traitre la Romana. L'évéque de Santander qui avait publié contre nous un écrit plein de dignité et d'éloquence, était représenté comme « un homme furibond et fanatique^ animé de r esprit du démon^ fnarchant toujours avec un coutelas au côté\ » Tel était le tableau général que Napoléon traçait du peuple qu'il avait tant de peine à soumettre, et par une contradiction significative il s'efforçait dans ces mêmes bulletins de transformer en une victoire signalée son insignifiante échauffourée de Gamonal ; il envoyait à grand fracas au Corps législatif les douze drapeaux ramassés sur le champ de bataille; il triomphait en OD mot comme si l'Espagne eût été conquise du même coup.
Ces forfanteries peu habiles étaient à l'adresse de l'Angleterre, à qui Napoléon espérait en imposer assez pour qu'elle se résignât à laisser les Espagnols en dehors de la négociation. Mais la rupture hautaine et éclatante qui mit fin aux pourparlers vint bientôt lui
1. Voir le Moniteur des 16, 19, 21, 26, 27 nov., 2, 4 dés. 1808.
HISTOIRE DE KAPOLÉON 1",
prouver rinulilité de ces ruses, et il n'en resta qoek souvenir de ses outrageantes invectives contre un peuple qui ne pardonne pas les injures.
Le corps de Blaite, une fois dispersé, sinon détnâ, Napoléon rappela à lui les corps de Lefebvre el * Victor devenus inutiles en Biscaye, et se retooi» aussitôt contre l'armée encore intacte de Castaflot et de Palafoi. Elle Était restée immobile en préiedoi du corps de Moncey, de Cintruenigo k Capmn sur les deux rives de l'Ebre; puis bientôt, surlti représentations de Castanos qui comprenait le dugB de cette position, elle s'était concentrée aui eofirons de Tudela. L'empereur voulait une action npide et décisive. Il donna au maréchal Lano» h commandement du corps de Moncey qu'il portl l trente-cinq mille hommes, nombre peu inrérieorl celui des Espagnols qui n'en comptaient guère flp dfe quarante mille. Pressé d'obtenir un résultat complet, il avait chargé le maréchal Ney d'opérer COBin Castafios la manœuvre que Soult avait dirigée coDtR Blake, mais en lui faisant Taire un détour beaiicoop plus long encore afm d'en cacher le but, «i sua toi donner des forces suffisantes, Ney était en effet eovoyé sur les derrières de l'armée de Castanos ponrh couper, avec douze mille tiommes seulement. Il denV s'avancer de fiurgos par Aranda et Ostna jusfA Soria, point situé à environ vingt lieues en «nW* de l'armée espagnole, puis arrivé là, se porter aoil sur Agreda, soit sur Calatayud pour donner le CMf de grâce aux troupes que Lannes aurait mises en déroute à Tudela.
Ceplan fetùt sa.nsdout« très-spécieux ; mais si,<
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il était très-possible, Castafios se décidait à battre en .retraite avant d'avoir été attaqué, Ney se trouverait seul avec ses douze mille hommes pour faire face à une armée qui en comptait au moins quarante mille et que tous les rapports portaient à soixante ; il se trouverait isolé sans secours dans un pays soulevé et à une grande distance de sa base d'opération. La manœuvre qui lui était commandée était donc des plus aventurées, et les perplexités qu'on lui a reproché d'avoir ressenties en cette circonstance font autant d'honneur à son coup d'œil militaire qu'à son patriotisme.
Tout étant ainsi préparé, le 23 novembre, au petit jour, Lannes marcha sur Tudela où avaient pris position les Aragonais, commandés par Palafox. La ligne espagnole appuyait sa droite à TEbre; elle s'étendait à gauche jusque vers Gascante où campaient les Valendens et les Andalous sous les ordres de Gastanos. Ce développement exagéré de près de quatre lieues, et qui laissait le centre presque dégarni au profit des deux ailes, indiquait clairement la tendance naturelle des Aragonais à couvrir leur capitale Saragosse, et celle des Andalous à se rabattre vers le sud. Lannes leur fit promptement expier ces fautes. Il profita d'abord de l'éloignement du corps principal de Gastafios pour tourner toutes ses forces contre le centre et la droite espagnole. En même temps que ses colonnes d'infanterie, commandées par Maurice Mathieu» s'élancent à Tassaut des hauteurs qui dominent l'Èbre, la cavalerie de Lefebvre vient charger dans la plaine les Yalenciens du centre, et menace de les tourner. Cette attaque est soutenue avec intrépidité
EISTCIRE DE KAPOLROX J*".
r 11 ir:.;r, elle est repoussée au centre par une maai2u:-r£ uiLe ce I>on Juan 0-Xeil. Lannes lareDoox^Lfi =r: iirlrfin; sur le centre les deui divisions lirizc.rii c; M:rlct qui le font plier. Les laDcien pcL:r^ p^nèirenî aussitùt dans la brèche qu'elles ce: :::▼-•::::; e; kur apparition jetant répouFactc jATzi: rt< :rx?ur-^s peu expérimentées, elles s'enfjieol «r rl^lcz lir rouie à travers les bois d"o!iviers qui cou-
C ç'IJl:; le cioxent où les Aragonais, virement pressés TOT iîiuricv MdthieUy commençaient à cecer in terraiD c- c\5;e de /tDre. A la vue de cette panique qui laisse "c,!:^ flin:s ^ découvert, ils reculen; i leur lourcî se z:-:v,£-: en reiraite sur la route de Sara^ossc ponrscivLs icT .1 cj.Mlerie de Leiebvre-IiesDoeîtes. Peniiz: -t: :-:-T.:>. le lier.enaa: de Ciîtiâos. h Pen» BTLVCTi^: -• 7»:- "-i"- -- ÙL>c^ate au secours du ^ï«::r:f ;>:..ï^:1 -t^^ ^^- *^^.i ar-êant:. Ce renfort ;.j'cr^rc5t i: i^-'-jç* ei.'e.Ie.'îtes refoule d"ai>3rd U £ -sec -H-i^^'rr -ue iui oppose Lannes. L essuie i^-v- r:r nr.--? ie vigueur les cliarges de notre réj«^; ic .-aTalerie. Mais bientôt assaillie par lidlvijB,Ttr Lizrar.ge qui \ient se réunir à n^s troupes, U i*sion de la Pefii est entourée à son tjur, rejette «r Borja prie-méle avec les dlbris du centre: ele «ctralse, dans sa fuite, les autres divisions de Castaûos, et opère dans la direction de Calatavud sa retraite que vient protéger la nuit.
Les Espagnols avaient perdu, à Tudela, envirofi quatre mille hommes en tués ou blessés, et presque toute leur artillerie. Xey était resté immobile à Sorli OÙ U aUend\l\rài^m^\W^tm^e espagnole qui se re*
HâPOLËON en ESPAGNE. 439
tirait par Calatayud. Il y était arrivé le 22 novembre à midi. Eq se metlaDt en routa le Jour même, il aurait pu se trouver le lendemain 23 à Agreda comme le lui prescrivait un ordre du quartier général. Mais cet ordre, peu précis, assez mai conçu et daté du 21 no- Tembre, quatre heures du soir, à Burgos, indiquait la bataille comme devant se donner le 22 à Calahorra. Ney ne put le recevoir au plus tôt que vers cinq ou six heures du soir dans la journée du 22 ; il dut supposer qu'il était beaucoup trop tard alors pour songer i faire une vingtaine de lieues afin de prendre part à une bataille déjà terminée à l'heure où il se mettrait en marche. Il conservait d'ailleurs toute son anxiété au sujet des mouvements possibles de l'armée espagnole, et vu cette incertitude il jugea plus prudeDt d'attendre les événements dans les positions qu'il avait choisies. Cette inaction lui a été reprochée avec amertume par Napoléon lui-même; elle n'était pas, & coup sûr, d'un cœur trop timide! Des historiens y ont vu un trait de' jalousie contre Lapnes, sans songer qu'une telle jalousie l'aurait plutôt porté à agir avec témérité et présomption. Si Key avait paru à Cascante vers la un de la journée, il aurait au moins partagé avec Laones l'honneur de la victoire, car, en pareil cas, c'est celui qui frappe le coup de théâtre qui produit reFTet principal.
La bataille de Tudela complétait le premier acte de la soumission présumée de l'Espagne. Des quatre années qui avaient voulu nous fermer les avenues de la Péninsule, il ne restait plus à gauche qu'une huitaine de mille hommes qui gagnaient péniblement la ville de Léon sous les ordres de la Romana, le &ufi,cftxr
seur de Blake; au centre, une faible réserve du o de BelvÉder qui se préparait à nous disputer le p» sage du Guadarrama; à droite eolin, les débris de l'armée d'Andalousie et de Valence qui se dérobaiat de Calatayud sur Sigiienza vinement poursuivis pir Maurice Mathieu, puis par Ney. Quant aux AragooaiS, ils étaient allés s'enfermer dans Saragosse. L'am* anglaise n'était pas encore parvenue à opérer sa wacentration. Le corps principal amené de Lisbonnepv le général Moore était arrivé le 13 novembre à Sil>manque; mais Ih les mauvaises nouvelles remues de l'armée de Slake lui avaient Tait sentir la nécessilédt réunir ses corps épars avant de s'avancer sur 11 Castille-Vieille. Il lui fallut attendre d'abord sa can' lerie et son artillerie qu'il avait acheminées p«r lu routes plus faciles de la vallée du Tage, d'AlmilB à Talavera, pour se porter ensuite au-devant de fOi lieutenant Baird. Parti très-tard de la Corogne, »■ lui-ci n'avait pas encore atteint Aslorga.
Cet état de choses permettait à Napoléon des'aïucer tout droit sur Madrid sans avoir rien & crtiodra pour ses communications. 11 laissait en effet soriei confins des Asluries et de la Caslille-Vieille le eOtfi de Soult alors sur le point de rallier celui de JnMi qui venait d'entrer en Espagne , devant Sar^gosnll corps de Lannes, aux Pyrénées celui de Mortier M marche sur Burgos. Enfin il couvrait sa gauche aw le corps de Ney appelé h Guadalajarra, sa droite >*« la cavalerie de Bessières qui inondait la plaine jus)}»'* Ségovie, et il montrait sur tous les points aux Ëtçf gnols des forces quadruples des leurs. Parti d'Afiôà le 28 novem\i7«, U éuit le 30 au pied d
rama avec sa garde, sa réserve , et le corps de Victor.
Don Benito San Juan, chargé de garder les gorges de Somo-Sîerra avec les restes de Tannée d'Estrémadure, avait posté à Sepulveda une avant-garde de trois mille hommes qui s'était dispersée dès la première apparition de nos troupes. Lui-même se tenait à Somo-Sierra avec huit à neuf mille soldats et seize pièces de canon qui balayaient la chaussée. Il avait distribué assez habilement ses troupes en corps de tirailleurs à droite et à gauche de la route; mais eu égard au nombre des assaillants ses dispositions n'en étaient pas moins fort insuffisantes, puisqu'on n'avait pas même pris les précautions nécessaires pour empêcher notre cavalerie de charger. Après avoir reconnu les positions de Tennemi, Napoléon lança, sur le flanc des Espagnols, quelques régiments d'infanterie qui débusquèrent leurs tirailleurs. Lorsque cette infanterie eut non sans peine dégagé à droite et à gauche les abords immédiats de la chaussée, au lieu de livrer à la batterie du centre un assaut qui eût pu être long et meurtrier, il résolut de la faire enlever par sa cavalerie. Le général Montbrun, à qui fut confiée cette manœuvre hardie, l'exécuta avec un irrésistible élan : il chargea au galop à la tête des chevau-légers polonais, reçut en chemin une décharge qui lui renversa une trentaine de cavaliers; mais en quelques instants il était sur la batterie et sabrait les artilleurs sur leurs pièces. Les Espagnols se dispersèrent aussitôt sur les pentes du Guadarrama en dirigeant leur retraite vers Ségovie.
Madrid était à découvert. La junte centrale, qui se trouvait encore à Aranjuez, quitta précipitamment cette
dont elle poofiit db-
abettas par tant de ivuis
détenninës i déteaèt
atreoiitë. Os anient
fMBés denat la ÂE î& v5Ie. ecv^ks pfindiiales mes pvdes
Di avaient omfié kanfvces i Thomas de ]lorIa,raaée CaSx, qui passait pefor aa eS- * DBCnft et eipêrîaeaté. On earftla en fetoeUiia h^mmeff vaSces: on Icnr distriboa des annesct 3i:LZ£;icc5. Ces soêces d'exaltation patriotiques iB«&£ TiA vgrgttsexpent pas exemples, jnsqn'aa boot, ées T»ù!cc!s vTi: accompaçtient si sonvimt les gnsta coicC'jcs ?Cwùir«!§. On tTait trooTé da sable an Ba de rcoir« dins quelqnes-ones des cartooches distri- Lé KÂior. marquis de Péralès, accoaé, sus preave, de les aroir fait fabriqnery Ait saisi i Bissaa^ par le peuple.
Le i ôfcesbre. dès le matin, Tarmée française prit positloa socs les murs de la rille, et Xapolêoa h t sommer «Toorrir ses portes. Cette propositic» a^ait éle rvj^ftêe avec dMain, il coaunença anssîtdt ses prf* paratîis à attaque. La difiBcallê n*était pas pour loi di s^exparer de Madrid , car , avec les fiiibles uk^cbi d»: ils disposaient» les babitants de cette ville étaîeiA absoloment incapables de lui opposer one défense sérieuse, et notre artillerie seule suffisait pour les rt* daire; mais il voulait éviter Todieux de la desl^l^ tiOQ d'une si grande capitale. 11 s'agissait donc de les
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amener à se rendre en employant tour à tour la menace et la persuasion, en leur montrant surtout l'inutilité de la résistance. Le 3 décembre, Sénarmont ouvrit le feu avec trente pièces d'artillerie contre le Retiro, position dominante d'où l'on est mattre de la ville, et dont les Espagnols n'avaient pas su comprendre toute l'importance. En même temps leur attention était attirée d'un autre côté par plusieurs autres attaques secondaires dirigées contre les portes d'Alcala, des Récollets, d'Atocha, de Fuencarral. Ces attaques furent soutenues avec une remarquable intrépidité par les bourgeois de Madrid, mais le Retire où notre artillerie avait ouvert une large brèche ne tarda pas à être enlevé par la division Villatte; plusieurs de ces portes tombèrent alors au pouvoir de nos troupes, et leurs défenseurs durent se replier derrière les barricades qui fermaient l'accès des rues.
La population voulait continuer le combat, mais ses chefs plus capables de comprendre l'inutilité d'une plus longue résistance, étaient découragés; ils répondirent à une nouvelle sommation de Napoléon en demandant un armistice qui laisserait aux esprits le temps de se calmer. Le général Horla et Don Bernardo Yriarte vinrent au quartier général pour obtenir de lui de meilleures conditions. Il les accabla de reproches, et flétrit surtout en termes sanglants la conduite de Morla après l'aflaire de Baylen : « Comment osez-vous demander une capitulation, s'écriat-il, vous qui avez violé celle de Baylen? violer les traités militaires, c'est renoncer i toute civilisation; c'est se mettre sur la même ligne que les Bédouins du
HISTOIRE DE NArOLÉOfl V.
di^sert M • Le général Morla aurait pu lui demander ce que les traités militaires, qui n'intéressaient, apffe tout, qu'une armée, pouvaient avoir de plus ioTiolable que les traites diplomatiques qui intéressaiMl toute une nation tt qu'il se faisait un jeu de fûalff aux pieds ; il aurait pu lui demander si ce culte élroil, fondé exC'U'ivement sur la foi militaire, avait tosjoursèté respecté par celui qui s'en dé:larait Vaptirt- Mais profondément troublé devant ces éclats de coUrv d'un homme dont sa vie dépendait et qu'il savùtapable de tout, il garda le silence. Napoléon nccordii la junte un délai de quelques heures pour se reoàt Le lenilemain matin, à six heures, il signa, avec li três-iégères modificalions, le projet de capitulalioQ^ lui apporlèrent les mêmes envoyés, et son armée prit possession de Madrid.
Ses troupes n'eurent pas plulAt soumis la rilkll désarmé les jiabitants, qu'il se hâta de montrer Flitime qu'il faisait lui-même de ces traités mililàM dont il invoquait si haut la sainteté. S'autorisaotdt quelques actes isolés de mutinerie, impossibles k prtvenir dans une grande capitale et surtout au inîlhi de pareilles agitations, il écrivit & Belliard oonori gouverneur de Madrid • de faire ôter de partotUk capitulation qui, n'ayant pas été tenue par les hiU' tant^, était nulk '. * Il fit signifier aux ofliciers et gt* néraux et-pagnois qu'ils étaient prisonniers de goern; contrairement aux t'jrmes de la capitulation qui sU'^ lait (art. X) ■ que les généraux qui voudraient n
I. Siiiéine bulleiin de l'armËe d'Esp i. Nipiikoa i BeUiard, S décamb.
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dans la capitale conserveraient leurs honneurs, et que ceux qui ne voudraient pas y rester en sortiraient librement. > Les troupes espagnoles avaient heureusèment quitté Madrid dans la nuit qui précéda la capi* tulation. 11 abolit le conseil deCastille, il flétrit publiquement ses membres du nom de lâches et de traîtres, les fit emprisonner en violation de l'article VI par lequel il s'était engagé c à maintenir les lois, les coutumes, les tribunaux dans leur forme actuelle, jusqu'à Torganisation définitive du royaume; » enfin il frappa d'une détention perpétuelle le prince de Gastelfranco, le marquis de Santa-Cruz, le comte d*Âltamira au mépris des clauses les plus formelles de la capitulation, sous prétexte qu'ils étaient compris dans le fameux décret (Tamnistie. Mais ceux qui n'y avaient pas été compris n^étaient pas mieux à l'abri de sa vengeance. Il fit condamner à mort le marquis de Saint- Simon, grand d'Espagne, «ous prétexte qu'il était émigré français; il consentit, toutefois, à lui faire grâce de la vie en présence de la réprobation universelle que souleva cette iniquité dans son propre camp. Il se contenta de le faire déporter en France avec une foule d'autres Espagnols influents dont le seul crime était d'être restés fidèles à la cause de leur pays.
N'ayant plus rien à ménager avec les classes privilégiées dont il n'était pas parvenu à gagner la complicité en dépit des avances qu'il leur avait d'abord prodiguées, il inaugura enfin le programme de la régénération espagnole par une série de décrets^ dictato* riaux : l'un abolissait les droits féodaux; l'autre, le
l. En date du 4 décembre 1808.
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*: 1. 5=s .Tï-". :.: :"$ r;;:. iTiuis le re-pse d« I-îs Iir. i" : Ti: :-fri- irtâ-rie to<:ic le-,ir iailùtsce.
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dans une complète solitude. Cette indifférence haineuse et persistante dénotait une population intraitable. Madrid était décidément un séjour malsain, et toujours très-attentif au soin de sa sûreté personnelle l'empereur préféra le voisinage de son camp au contact d'une capitale qui renfermait tant de fanatiques.
Joseph avait suivi son frère à la remorque dans les bagages de l'armée. Bien qu'il fût profondément humilié du rôle effacé qu'on lui faisait jouer, il avait accompagné Napoléon à Chamartin ; mais là , leurs dissentiments prirent un tel caractère d'aigreur qu'il dut aller s'établir au Pardo. Joseph se considérait toujours comme le roi d'Espagne, et, à ce titre, il prétendait, non sans quelque apparence de raison, avoir voix au chapitre sur la conduite à suivre pour faire rentrer ses sujets dans le devoir, donner son avis sur des mesures dont il devait porter la responsabilité. Napoléon, au contraire, ne reconnaissait plus d'autres droits que ceux de la conquête; il dépendait de lui de les garder ou de les transmettre de nouveau ; il disait même publiquement dans ses manifestes c que si les Espagnols ne répondaient pas à sa can* fiance^ il ne lui resterait qu'à placer son frère sur un autre trône. Il mettrait alors la couronne d*Espagne sur sa tète, et saurait la faire respecter des méchants^ car Dieu lui avait donné la force et la volonté de surmonter tous les obstacles * . »
Sous cette question personnelle, dont Joseph eût pu faire bon marché, se cachaient des dissidences d'une