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l'armée active, ne montaient pas à trois cent mille hommeSy tout compris.
L'archiduc Jean devait attaquer le prince Eugène avec cinquante mille hommes en s'appuyant sur une insurrection toute prête à éclater dans le Tyrol ; l'archiduc Ferdinand devait menacer la Pologne Saxonne avec quarante mille hommes; l'archiduc Charles, enfin, avait sous ses ordres l'armée principale, et occupait la Bohême occidentale avec cent quatre-vingt mille hommes à portée de se jeter sur la Bavière. Deux autres détachements de dix à quinze mille hommes observaient l'un la Dalmatie, l'autre le Tyrol. Quant aux milices dont le nombre dépassait cent cinquante mille hommes, on les tenait en réserve aux environs de Vienne et en Hongrie comme une ressource désespérée.
Malgré rinfériorité de ses forces, le cabinet de Vienne avait sur nous un réel avantage s'il savait agir à temps : ses troupes étaient concentrées et les nôtres dans un fâcheux état de dispersion. Si Ton suppose Bonaparte au lieu et place de l'archiduc Charles, la partie n'eût pas été douteuse un instant ; en quelques marches il eût été au milieu de nos corps d'armée épars et les eût battus l'un après l'autre. Hais l'archiduc méthodique et timoré par nature, quoique général habile, éprouvait en outre pour le génie de son adversaire une admiration presque superstitieuse qui paralysait en partie ses facultés, et la lenteur autrichienne n'était pas propre à lui communiquer l'élan qui lui manquait.
Tout le monde sentait pourtant à Vienne la nécessité d'une prompte déterminaltou «\ Y^xi ^^\\^>N*
mettre i profit l'occasion qu'on avait cherchée.* partisans de la guerre, StadioD,(>entz,Poiiodi y redoublaient d'etTorts pour en Gnir avec les nières hésitations de la cour. Voulait-on attendre qte Napoléon eût terminé ses préparatifs, lui dooDer ie temps d'écraser l'Espagne, laisser l'eathousiasneiillemand se refroidir et se décourager? Que parlait-oi des menaces de la Russie? Ce n'était 1\ qu'an t^ épouvantdil. Personne n'ignorait qu'Aleiaodre ftlil seul dans tout l'empire à conseiller la pati, etift l'alliance Irançaise y Otait eiècrëe. Si l'on ne suibsait pas ce moment unique, il ne restait qu'une daK à faire : c'était de désarmer et de se soumettre,W on alliit y être contraint par plus d'une ofcessitt- En dépit des nouveaux subaides qu'elle renail ii recevoir de l'Angleterre, TAutriche était ruiaâe fu cet immense armement; la victoire pouvait seule rttablir ses finances épuisées, et si l'on devait Un vaincu, mieux valait succomber avec honneur «■ les coups de l'ennemi de l'Europe que sous lei^ih d'une honteuse banqueroute après une défaiUiKt plus honteuse encore.
11 est certain que, d'après les déclarations HtCw du ministre des finances, le comte O'DonDett, les M' sources de l'Autriche ne pouvaient plus suffire à f» tretien de l'armée et qu'il • fallait l'envoyer lîw ailleurs ou se laisser dévorer par elle. • Celte nto* site, moins pressante en France, commençait toatiM> à s'y faire vivement sentir depuis que nos «■" n'étaient plus nourries parla Prusse. Napoléon m* tenu par calcul de popularité k maintenir ses biuIfiB à un chilfre invariable, indi^pendant du courais
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événements comme une sorte de fait providentiel placé an-dessus des influences terrestres. Tous les ans, ou pour mieux dire toutes les fois qu'ils avaient à annoncer quelque entreprise de nature à efiDrayer le public, ses ministres venaient déclarer avec ostentation au Corps législatif < que les impôts ne seraient pas augmentés. • Les contributions de guerre, les conflscations, les saisies de marchandises anglaises, les aliénations de biens domaniaux dans les pays conquiSy de biens nationaux en France, avaient, en effet, permis de tenir tant bien que mal cette promesse et de présenter des budgets à peu près en équilibre, grâce aux ressources cachées qui en couvraient après coup les déOcits. Mais cette source longtemps inépui- . sable allait tarir sans un nouveau coup de cette baguette magique qui était l'épée de Napoléon. Nonseulement les dépenses avaient considérablement augmenté malgré les prétentions que le budget affichait à Timmuabilité, mais les recettes qui étaient censées suivre une progression ascendante avaient diminué dans des proportions encore plus fortes. Le produit des douanes atteint par le blocus continental avait subi une décroissance de plus de vingt-cinq millions; le produit éventuel des aliénations de biens nationaux avait été réduit par suite du malaise général à une somme très -inférieure aux prévisions. Une douzaine de millions avaient été dissipés dans une lutte insensée contre la baisse des fonds publics, pour empêcher le cinq pour cent de tomber au dessous de 80. MoUxen évalue à un milliard la somme que cette fan: taisie financière eût pu coûter à l'Ëtat si Napoléon n'avait ét4 forcé d'y renoncer. Ces découverts, joints
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à quelques autres mécomptes moins importants, P'Ortaient à une cinquantaine de millions le dëGcitde l'année 1808, et cependant, soit en Prusse, soit en Espagne, nos troupes s'étaient presque constanuDCot nourries aux dépens de l'ennemi.
Ce déficit, avec celui des exercices antérieurs nonBquidês, s'élevait à près de cent millions, ce qui n'empêchait pas les ministres de maintenir imperturbable ment leur budget au chiffre idéal de 730 miUions Or, d'après révaluation de Mollien, les dépenses danûnistère de la guerre en 1808 montaient à elles seules 1 ?50 millions * . Le trésor de Tarmée était toQJoon ricfiillîble panacée qui devait tout réparer; luiseofi au fcni, pouvait couvrir efficacement les a\^Dcesde k c:t 3^5e de service, car les ventes de biens don»xnxi f : riâoQaux. si:r lesquelles on afiTectait eocure ut .VïTTCfr. i^recaient elles-mêmes une ressoortt ji^c-L,'^ ix.:«î i irjuêreurs sérieux. Son capital mon- Uit i i:^'r:ii tK aillions, mais près des deuïti«r? ftf .- Il 5Cii::re, iemJers termes des contributioasi 'A- a -rrr >;:? *a ?r.î5se, ne devaient être exigibte .ut .:ui> e ,Vu-^ij» lEcées 1809, 1810, 1811. Napc- :■• V r^a '. RTîC S! "rrcT^îr comme l'Autriche dans ,-r .-. .. >î-- 01 ^^hi^û i rimpossibilité matérielle • :•*:- l-î:..- ■: r-.nniinjàî innée qu'il venait d'orjJij5*r Z* i:-r« .ar. . «* ieax puissances se voyaient iej.1 HZ 5 . z:.:v,^ï^uji.a»e 2»rale de désarmer. II rt* suite diî Li :-f s. ji riifrrv sVtiil pas encore déclaré* de :Yt, :r ;*»•-: Lr^ rz'^Iie était conunencëe virtuel-
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Cette situation, sans antre issue qu'un recours aux armeSy ôte tout intérêt aux derniers p ourparlers qui s'échangent entre les cours de Vienne et de Paris. La diplomatie n*est plus entre elles qu'une sorte de procédure convenue dans laquelle la forme ne sert plus qu*à déguiser le fond et à imprimer une marche régulière à un dénoûment prévu. Mettemich avait annoncé à Ghampagny dès le 2 mars que les* mesures prises par Napoléon avaient contraint le cabinet de Vienne à mettre ses armées sur le pied de guerre, et le ministre français lui avait répondu par d'aigres récriminations qui auraient laissé peu d'espoir de rapprochement lors même que les griefs eussent été moins sérieux et les passions moins envenimées ^ ^
A partir de ce moment les deux gouvernements n'avaient plus songé qu'à achever leurs dispositions militaires. Masséna reçut Tordre de porter son quartier général de Strasbourg à Ulm ; Davout dut s'avahcer de Wûrtzbourg sur Ratisbonne ; Lannes dut concentrer son corps d'armée à Augsbourg. Napoléon, qui se rappelait les difficultés que lui avait créées le Danube dans la campagne de 1805, achemina vers ce fleuve un corps de 1500 marins destinés à lui ménager un passage rapide sur les deux rives. Le major général Berthier fut envoyé à Strasbourg avec Tordre de presser par tous les moyens Torganisation et la marche des troupes en retard. Il devait centraliser Tarmée à Ratisbonne; mais, ajoutait Napoléon : « Donauwerth et la ligne du Lech est la position à