SECONDE PRISE DE VIENNE
rétablir. Il DQotivait, d'ailleurs, très-justement, la mesure» non sur ses griefs personnels, mais sur les abus qui ont résulté de tout temps de la confusion des deux pouvoirs spirituel et temporel. Mais sa folle infatuation se faisait jour dans le premier considérant^ où il introduisait « Charlemagnet son auguste prédécesseur, empereur des Français, > et invoquait contre les souverains pontifes les termes de la donation car* lovingienne. Cette exhumation gothique, qu'il croyait propre à augmenter l'effet, le diminua, en montrant dans quelles régions arriérées se complaisait son imagination. On ne pouvait, d'ailleurs, le croire sincère dans le jugement historique qu'il portait sur « les évéques de Rome, » car leur histoire lui était suffisamment connue, alors qu'il restaurait leur pouvoir. Le souvenir de leurs iniquités ne l'avait nullement embarrassé lorsqu'il espérait profiter de leurs services. Il ne les renversait que parce que Pie YII ne s'était pas montré assez complaisant, et si le pouvoir qu'il leur dtait devait accroître le sien, cette révolution légitime, dont il se faisait l'instrument, n'était plus qu'un fléau au lieu d'être un bienfait.
Le dispositif du décret contenait une particularité caractéristique. Il décidait que les revenus du pape seraient augmentés d'une rente annuelle de deux millions (art. 5). Cet appât, qu'on pouvait retirer à volonté, était destiné, dans la pensée de Napoléon, à maintenir la papauté dans le devoir par la crainte de perdre une si riche dotation. Voilà au juste quelle idée le nouveau Charlemagne avait de l'institution qu'il avait relevée et du pontife par qui il avait voulu être sacré. En cela, il se trompait grossièrement, mais on
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n'en doit pits moins tenir compte, dans an cert^ne mesure, de l'appréciation d'un esprit si prompt à fi' nétrer les faiblesses des hommes. Il est incoolestaUl qu'il jugeait les prélats de la cour romaine, et te p^ lui-même, capables d'accepter un pareil mardrft « Vous avez vu par mes décrets, 6crivait-il peo aprii h Murât, que j'ai fait beaucoup de bien au papt; niB c'est à condition qu'il se tiendra tranquille. ■ On «Ht par ces paroles que ses rapports multipliés avec II cour de Ttome ne lui avaient pas inspiré besacoop d'estime pour ceui qui la dirigeaient.
Pendant que ces nouveaux incidents occup*ieBl l'attention publique, Napoléon avait tout prffvi pour en finir avec l'armée de l'archiduc Charles, dOBt il n'était plus séparé que par le Danube. Le passage** fleuves en présence de l'ennemi a toujours été conadéré comme une des opérations les plus dlflicllesdf la guerre; celui du Danube, fleuve d'une largeur eiceptionnelle, eût été impraticable sous le feu d'oK armée si forte, sans les circonstances topograpliiqiK* qui, aux environs de Vienne, en diminuent considérablement le danger. Resserré, rapide et profond J8>> qu'aux approcbes de cette capitale, le Danube, fois arrivé là, s'étend et se ralentit, embrassant son cours une multitude d'Iles qui divisent ses de sorte que le courant présente, au lieu d'un de unique, une série de bras assez étroits, qu'i relativement facile de traverser. Deux de ces lies |Mraissaient surtout favorablesà un passage : celle d<h Schwarze-Lake , située en avant de Vienne et en face de Nusdorf, et celle de Lobau , située à environ une lieue eV ieta\e «i\. arrière.