‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 308 sur 310 · ASPERN-ESSLING · texte numérisé non relu

ASPERN-ESSLING

L'empereur fit faire des préparatifs de passage sor ces deux points; mais les deux batailloDs qu'il envoya prendre possession de la Scbwarze-Lake, ayant été eolerés par les Autrichiens, il s'en tint, de ce cOté, à de simples démonstrations et concentra tous ses moyens d'action sur la Lobau. Cette tle a aoe largeur d'une lieue, une circonférence d'environ trois lieues, ce qui permettait d'y établir une armée à l'abri du canon ennemi. L'archiduc avait négligé de l'occuper; on put donc s'en emparer facilement et établir en toute sécurité un pont sur le bras qui la séparait de nous et qui était de. beaucoup le plus long. Quant au bras qui la séparait de la rive gauche ofi se trouvait l'ennemi, comme il n'avait qu'environ cinquante-cinq toises de largeur, il était aisé de le franchir rapide ment au moyen d'un pont volact, et la difSculté se trouvait réduite à celle que présente le passage d'une rivière ordinaire. Ij'obstacle était encore diminué par ce fait, que la Lobau forme autour du point où nous devions jeter le second pont, un demi-cercle rentrant qui permettait à notre artillerie de le rendre inaccessible à l'eDuemi. Au moyen de ce grand pont placé à l'abri de toute attaque, de cette tle qui pouvait servir à ses troupes de station et de place d'armes, dii petit pont qui pouvait être jeté en deux on trois heures. Napoléon se croyait assuré de faire déboucher son armée sur la rive gauche avant que l'archiduc, dont il ignorait la position, précise, pAt s'y opposer avec succès.

On venait, en effet, de lui annoncer qu'un corps d'armée autrichien avait fait une tentative de passage àUnz, pour tomber sur nos derrières, ce qui semblait

indiquer que l'archiduc Charles av^ait tenté un mou- ▼ement rétrograde pour nous tourner, ce qui prouvait tout au moins qu'il avait divisé ses forces. L'empereur résolut de précipiter le passage, en dépit d une crue menaçante du Danube, dont les eaux, gross es par la fonte des ntiges dans les Alpes, ébranlaieit surtout le pont principal établi sur des bateaux trèssolides, mais avec des amarres insuflisantes. Dans ! après-midi du 20 mai, le pont volant fut établi en tn?ts heures tt le corps de Masséna pr.t position sur h rtrif ncche. Au delà d'un petit bois où nos troupes ma^ziliz': riei à terre , s'élevaient à droite et à gancire iiui ;:*.:> viîlaces, Aspem et Essling, qui devaicDî jitic::: ri ;;-::$ oîrir qu'un monc au de ruines. Le? il • s; : Ts :.: jif :. >!::::?? et Legrand s'y retranchèrer.: iu«s\i 1^=:-: -:f pir: e de la garde. Unis par de

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journée» avec environ soixante-dix mille hommes et trois cents pièces de canon, formant une ligne concentrique autour des villages d^Aspern, d'Essling. et d*Enzersdorf, dans lesquels nos troupes s'étaient retranchées ^ On ne peut pas évaluer à moins de quarante mille hommes les forces qui se trouvaient déjà réunies de notre côté dans cette première journée*. Cette grande infériorité numérique nous réduisait forcément à la défensive, mais les deux positions d'Aspem et d'Essling avaient été rapidement transformées en véritables citadelles et il n'était pas facile d'en chasser de pareils soldats commandés par des chefs tels que Lannes et Masséna. Masséna s'était enfermé dans Aspern;il y reçut le premier choc de l'armée autrichienne. Assailli presque simultanément par les deux corps de Hiller et de Bellegarde, il soutient l'attaque avec vigueur, et son feu bien dirigé, fait subir

1. Deux de ses corps d'armée étaient, l'un près de Linz sous Rollowrath, Tautre devant Vienne sous l'archiduc Louis. En outre sa réserve était restée à Breitenlée.

2. Je suis ici en contradiction avec toutes les relations françaises qui portent ce chiffre de vingt-cinq à trente mille. Il y avait de notre côté, en infanterie, les quatre divisions Boudet, Molitor, Legrand, Carra Saint-Cjr II faudrait expliquer par quel mystère impénétraUe ces divisions, composées les unes de trois, les autres de deux brigades, c'est-à-«l'.'e formant les unes six régiments , les autres quatre, pouvaieo' ^ «rouver réduites à cinq mille hommes en moyenne, lorsqu'on a constaté qu'au début de la campagne le régiment comprenait trois mille hommes préterUs sous les armes. Ces quatre divisions comprenaient seize régiments en totalité, c'est-i-dire 30 à 32000 hommes au minimum, en admettant une réduction de mille hommes par régiment. Le même calcul doit être appliqué & la cavalerie, qui comptait quatre divisions formant de huit à dix mille cavaliers. Les deux divisions Lasalle et Marulaz comptaient à elles seules dis régiments de cavalerie qui, composés primitivement de mille hommei présents sous les armes, devaient en avoir encore sept à huit cents au minimum.

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