Tbihaudcau
RÉORGAIIISATIOH DE L'iNSTITUT. 79
contre les oontcrits réfractaires^ La mort fiit procoacée contre tout déserteur coupable d'avoir emporté ses armes. Les autres châtiments étaient le Loulet, les travaux publics et l'amende dans tous les cas.
Cependant la gigantesque entreprise, qui servait de mobile ou de prétexte k la plupart de ces mesures, avançait avec plus de lenteur qu'on ne l'avait supposé. Un premier mouvement de concentration encore partiel de la flottille à Boulogne s'était accompli a?ec succès, grâce aux batteries qui garnissaient nos côtes ; les bateaux plats, n'exigeant que des eaux fort peu profondes, avaient pu exécuter leur évolution sans difGculté, en côtoyant le rivage hors de la portée du canon anglais. Cependant cette marche si facile et les petits engagements auxquels elle avait donné lieu avec quelques bfttiments ennemis, avaient révélé, (ians l'organisation de la flottille, une foule dlnconvéûients, dont les hommes spéciaux eux-mêmes ne s'étaient pas douté jnsqae-Ià, et qui étaient de nature à faire redouter ceux que révélerait plus tard une traversée en pleine mer; malheureusement on ne pourrait avoir une idée de ces derniers que lorsqu'il ne se- Tait plus temps d'y remédier. Il fallut modifier l'arrimage, changer non-seulement le calibre des pièces, mais leurs affûts et leur disposition sur les bâtiments, écarter une partie des bateaux plats, déclarés invalides avant d'avoir servi, pour s'en procurer d'autres. Le Premier Consul, qui avait employé plus de la moitié du mois de novembre à tout voir de ses yeux à Boulo«
JVor.tffur du 2S oorembre 1803.
gne et à tout régler par lui-mémey jusqu'au point de prévoir le nombre de cris que les matelots et soldats devaient pousser en son honneur, jusqu'à ordonner qu'ils crieraient « trois fois vive le Premier Consul ! » ce qui était un bon moyen d'avoir de l'enthousiasme % n'avait pas tardé à reconnaître la nécessité d*un ajournement. Il commençait à comprendre maintenant l'insufflsance de la flottille réduite & ses seules forces, il s'était décidé à lui assurer le concours de nos escadres; mais on voit par uhe lettre adressée à Ganteaume ^, et par les diverses combinaisons qu'il lui soumettait, que ses idées sur le mode selon lequel devait s'exercer ce concours, étaient encore extrêmement indécises. Il indiquait la fin de février comme le moment où pourrait se produire cette diversion de nos escadres de Toulon, de Brest et de Rocbefort en faveur de la flottille; mais la date était évidemment prématurée, et il ne pouvait pas espérer raisonnablement être prêt avant la fin du printemps pour tenter cette grande aventure. La jonction des escadres de Toulon et de Rochefort devait avoir lieu soit à Cadix, soit à Lisbonne , soit à Toulon même ; elles pourraient ensuite passer impunément devant Brest sous . les yeux de Cornwallis, obligé de serrer la cête pour bloauer ce port, puis de là se porter sur Boulogne. Mais, pour la réussite de ce plan, il fallait supposer Nelson trompé par de fausses démonstrations et voguant vers l'Egypte; il fallait, en outre, déjouer la vigilance des croisières britanniques qui observaient