Moniteur du 23 février
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< '>r IV' sj^^anit des juges ^ En mëoie temps, on ^niv^: ï^ )ocsnîl appel au moyen dont on s'était servi .<i«,.u>a-* aaow auparavant pour exciter les esprits x'^Tf'îf * .UJi^leterre , et Ton provoquait au sein de \^-N^ et Je tous les corps constitués un immense ^«Kv^^itt^nt d'adresses contre l'illustre accusé- qu*il ^ ;)^^^it de flétrir. L'arrestation de Moreau, le sou- >vti'r de ses grandes actions, une si cruelle récomif^$e de tant de gloire et de pureté avaient éveillé <^ci $a faveur l'intérêt de tous les cœurs généreux et w^uie des indifférents qui n'avaient pas le moindre .<oupçon des noires trames dont il était victime. Il fallait étouffer ces importunes réclamations de la pitié sous le cri d'une colère aveugle et brut île; il fallait gagner l'opinion publique comme on suborne un faux témoin; or l'on ne pouvait la gagner qu'en la trompant. Les corps de l'État , où se trouvaient tant d'hommes qui eussent applaudi avec transport à Télévation de Moreau , s'empressèrent d'accourir aux Tuileries étiler une indignation de commande. Le président du tribunat se permit seul de parler d'une dénonciation lu où tout le monde parlait d'un crime : « Ouoil s'écria Bonaparte; Moreau est dt^à coupable aux yeux des corps de l'État, et vous ne le regardez pas mémo comme un accusé^! » Le Moniteur retrancha de la harangue du tribunat tout ce qui avait déplu au Premier Consul. Tous les chefs de l'armée vinrent ensuite successivement payer leur tribut d'in suites contre le glorieux capitaine qui les avait tant
1. « C'éuil, dit M. Thiers, une faute dont le princier était hono* rallf\ » ' 2. Miol de Mvlilo : Mémoires.
de fois conduits à la victoire. Sans attendre qu'aucun éclaircissement eût confirmé l'accusation , ils lui pro« diguaient les noms de trattre et de brigand^ et semblaient mettre dans l'outrage une sorte d'émulation, soit qu'ils y vissent le meilleur moyen de s'assurer les faveurs du maître, soit que la noble attitude de Moreau fût depuis longtemps à leurs yeux une critique indirecte de leur propre abaissement. Hurat donna des premiers le signal , et, pendant plusieurs mois, k Moniteur fut rempli d'adresses injurieuses et menaçantes, auxquelles, selon le procédé déjà consacréy se joignirent bientôt les mandements de Tépiscopat. < Vengeance I vengeance ! vengeance ! voilà notre cri de ralliement ! « s'écriait dans une de ces adresses le général Baraguey d'Hilliers * ; la plupart de ces harangues pouvaient se résumer dans ces quelques mots. Cependant un petit nombre de généraux osèrent laisser voir timidement leur intérêt en faveur de Tacrusé, parmi eux étaient Dessolles et les rares survivants de cette armée du Rhin, qui avait péri presque tout entière à Saint-Domingue. La 26* division mili* Uire, en garnison à Mayence, exprima son étonnement < de ce qu'un homme, qui avait servi l'État et qni naguère était cher aux armées, eût pu s'associer à ces brigands. Cette idée fait peine *, » ajoutaient ces braves gens.
Pour compléter l'effet produit par ces excitations, on publia avec ostentation des bruits qui étaient censés avoir été répandus par les conjurés au sujet de l'assassinat prochain de Popaçurte, dans le but d'y