Thibaudcau
CONSPIRATION 1>S OBORGES ST DS PICHB6RU. 119
an imeD, aa nom de toute sa famille éplorée, au nom de son pays qu'il a servi avec tant de gloire, qu'on tome à son jugement toute la solennité qu'exige l'accusation ; je demande qu'il soit jugé par ses juges tMirelSj et j'affirme que tout ce qu'on a dit ici n'est qu'on tissu dlnfûmes calomnies \ » C'était un juste pressentiment qui lui faisait invoquer ici les garanties protectrices des accusés. L'assemblée était émue, mais ne témoignait ni sympathie ni blâme. Treflhard, un des orateurs du gouvernement, repoussa comme une Injure le doute que contenaient implicitement les dernières paroles du tribun Moreau : «Le gouvernement y dit-il , s'est trop constamment montré scrupuleux observateur de la justice pour qu*on ait le droit de supposer qu*il veut s*en écarter^. »
Quelques jours après, cet engagement solennel fut confirmé par ces paroles du Premier Consul qu'on se pressa un peu trop de publier pour en faire ressortir toute la magnanimité : « C'est ici une procédure ordinaire , et f entends que toutes les formes soient scrupu" kusement observées '. » On s'aperçut alors qu'on avait promis plus qu'on ne pouvait tenir; car, dans de telles conditions, l'acquittement de Moreau était inévitable. Les charges qui pesaient sur lui se réduisaient à si peu de chose qu'on ne pouvait obtenir sa condamna- Bon que d'une magistrature intimidée ou vendue. Le Î5 février parut, en conséquence, un sénatus-consolte qui suspendait le jury dans le département de la Seine. Ce n'était pas assez d'avoir supposé le crime,