Lettre communiquée par Mme la cojatesse do CoorraU
PROCiS ET PJiaSCRlPTION DI MOREAU» 199
rt qnidoitTaffermir les hommes appelés à subir de •emblables épreaves en leur montrant que d'autres ont su les si^erter avant eux dans des temps encore plus diCBciles et avec des mérites supérieurs.
Sur le point de s'embarquer pour T Amérique le gé- DéralMorean dut s'arrêter à Cadix pour les couches de sa femme qui avait voulu l'accompagner malgré un état de grossesse très-avancée. Fouché se liâta de réclamer auprès du gouvernement espagnol pour presser le départ et au besoin l'expulsion du proscrit. « Il y a quatre ans, écrivit Horeau, qu'à pareil jour je gagnai la bataille de Hohenlinden. Cet événement, assez glorieux pour mon pays, a procuré à mes concitoyens un repos dont ils étaient privés depuis longtemps ; moi seul n'ai pu encore l'obtenir. Me le refuserait-on à l'extrémité de l'Europe, à cinq cents lieues de ma patrie*? »
A quelque temps de là, le magistrat Lecourbe, celui ([ui avait osé soutenir jusqu'au bout l'innocence de Moreau, s' étant présenté aune audience des Tuileries avec les membres de la Cour de Paris, Bonaparte s'avança vivement vers lui et l'interpellant avec violence : « Comment, lui dit-il, avez-vous osé souiller mon palais de votre présence? Sortez, juge prévaricateur, sortez*! »
Le 26 juin, Georges fut exécuté avec onze de ses compagnons. Bonaparte avait fait grâce au marquis de Rivière, aux Polignac et à cinq autres des condamnés sur les supplications de leur famille et de la