Lofd SUnhopt. Vol. IV
et une indomptable volonté. L'Angleterre se sentit rassurée en le voyant ressaisir le gouvernail qu'il avait si longtemps tenu dans sa forte main. Sa politique bien connue consistait à généraliser la guerre et à nous combattre en Europe. Cette tactique était justement celle que Napoléon voulait employer contre l'Angleterre, mais en tentant l'impossible, parce qu'il ne pouvait avoir pour lui l'Europe qu'après l'avoir conquise, et parce que la France restait toujours exposée en cas de défaite, tandis que l'Angleterre était couverte par sa position fortiCée. Le retour de Pitt aux affaires équivalait donc pour tout le monde au renouvellement de la guerre continentale. Le Parlement, sur sa première demande, lui vota une somme de soixante millions de fonds extraordinaires dont l'emploi, laissé à sa discrétion , avait pour but d'encourdg(>r et de soutenir les efforts que les puissances seraient disposées à tenter en faveur de la cause commune.
En présence de cette attitude de l'Angleterre, l'intérêt de notre politique semblait nous commander une extrême réserve. Nous devions mettre autant de soin à ménager et à apaiser les puissances du continent, qu'elle déployait de zèle à les entraîner à la guerre, et malgré toutes les fautes commises, cette tâche nous était facile encore, tant nos derniers succès les avaient découragées. La crainte que leur inspirait l'empereur Napoléon était si grande que les moindres concessions de sa part eussent suffi pour les maintenir en paix. Il semble que préparant alors avec plus d'activité que jamais son entreprise si hasardeuse de la descente en Angleterre, la pliis vulgaire prévoyance lui faisait un devoir de s'assurer aupara-
Tant de la neutralité de FEurope. Hais par cne inexplicable aberration, jamais sa diplomatie n'avait été plus j»t>Yoqnante. Noos Favons laissé en froid avec la Proase, dont la bonne volonté lui avait rendu tant de services, en mpture presque onvrerte avec la Russie^ dont il eât été facile dans le principe de se faire une alliée, enûn en rapports très-tendus avec TAutriche» çni était pour nous une ennemie naturelle, mais une ennemie impuissante tant qu'elle resterait isolée. Loin de rien faire.pour améliorer cette situation, il l'aggravait chaque jour par l'insupportable arrogance de ses procédés. Nous avons vu par quelle irréparable blessure il avait répondu à la très-légitime protestation de la Russie contre l'enlèvementdu duc d'Enghien sur le territoire germanique. Depuis lors la Russie avait notifié cette protestation à la Diète de Ratisbonne, mais l'Allemagne intimidée n'osa pas la soutenir; l'Autriche seule Tappuya faiblement, en se déclarant toutefois prête à se contenter d'une simple promesse d'explication. Que Napoléon consentît à déclarer que sa conduite avait été dictée par des motifs secrets qu'il ne pouvait encore dévoiler, et elle se tenait pour satisfaite.
Il repoussa avec haut-^ur cette ouverture, et la Diète qui était fort loin d*étre en état de songer à la guerre^ se contenta d'un moyen terme que lui offrit l'électeur de Bade. Ce prince, tremblant de voir ses États devenir le champ de bataille d'une nouvelle guerre européenne, se déclara « satisfait des éclaircissements qui lui avaient été fournis >, ce qui permit d'écarter définitivement la note russe; mais le différend fat éloigné, non pacifié ; il en resta dans tous les cœurs
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r «lc ;js fait peur calmer le resrisàe; elle renonça toutefois à in- ^^^ ,jè ;i ^îble Diète de Ratîsbofnney que c^f i^ole réduisait à subir cette humir.<} l 'xpnta ce noureau mécompte qu*à ce- ^ ^, iff rj2t le véritable auteur. La cour de Russie ^,.. ,i: --capituler dans une note adressée, le 21 . .î\,. i»r M. d'Oubril à M. de Talleyraud, tous ses ^ «a> fr.;?fs contre la France. Ces griefs, elle ne les ^.c ujsals abandonnés, bien qu'elle etii consenti v^* xc temps à les laisser dormir, et elle les relerait ^•vnxrd'hui en demandant qu'on lui donnât satisfac- :-.>« ?ur tons les points, c'est-à-dire qu'on é^-acuât le oyaume de Naples, qu'on fournit au roi de Sardaîgne Line indemnité cent fois promise et toujours éludée, ^u'un règlement définitif intervînt dans les affaires italiennes, enfin qu'on prît rengagement d'évacuer le nord de TAllemagne et de respecter la neutralité germanit[ue. Il est tristement curieux de rapprocher de ces demandes, fort légitimes assurément, la réponse que M. de Talleyrand est réduit à leur opposer * ; rien ne fait mieux mesurer le chemin que nous avions parcouru depuis quelques années. Il récrimine au sujet de la protection accordée par le cabinet de Saint-Pétersbourg à Vernègues et à d'Entraigues naturalisés sujets russes et dont les noms ne pouvaient rappeler ici que des infractions commises par nous contre le droit des gens ; il lui reproche le deuil que