Jean de Mulier : Hittoire de la Confédération, t. XVII
cette préoccupation même le faisait naturellement pencher du côté des fédéralistes selon la vieille maxime qui dit qu'il faut diviser pour régner. Il vit les députés suisses, s'étudia à leur plaire, leur fit un accueil dont l'affabilité les impressionna d'autant plus favorablement qu'ils arrivaient troublés et intimidés par les malheurs qui avaient frappé leur patrie, enfin il les entretint pendant plusieurs heures des changements à apporter dans leurs institutions. Dans cette allocution, durant laquelle il les étonna par la connaissance qu'il avait de leurs affaires, par l'abondance et l'impétuosité de ses idées, et plus encore par sa facilité à pénétrer et à réfuter celles des autres, il s'attacha surtout à leur démontrer que la géographie, l'histoire et les mœurs de leur pays leur imposaient impérieusement « la diversité des gouvernements. » Chaque canton devait avoir sa constitution particulière et se gouverner à son gré ; quant au gouvernement central, les récentes discordes en avaient démontré l'impossibilité; il fallait le réduire au minimum, sinon l'annuler tout à fait^
Tel fut le sens des modifications qu'il introduisit dans la constitution helvétique avec le concours de ces patriciens auxquels il avait prodigué tant d'injures, tant qu'il avait eu à se plaindre de leur docilité. Il leur fit comprendre que la résistance était inutile, que s'ils voulaient lui faire les concessions nécessaires, il ne demandait pas mieux que de partager avec eux, et la plupart d'entre eux acceptèrent la transaction qu'il leur proposait. Ils lui cédèrent les privilèges surannés