‹ Histoire de Napoléon IerChapitre 103 sur 112 · Allocution du 11 décembre · texte numérisé non relu

Allocution du 11 décembre

RUPTURE DU TRAITÉ D'aMIENS. ^81

dts suzerainetés et des seigneuries; ils lui donnèrent en outre la haute main dans les affaires du gouvernement central trop faible pour lui rien refuser désormais; en revanche il leur laissa l'influence dans les cantons. C'était, sauf ces restrictions, un retour pur et simple à l'ancienne constitution de la confédération suisse. Le Valais, coupé en deux par notre route militaire du Simplon, ne fut pas réuni à la France; on voulut qu'il fût un témoignage permanent de notre respect pour les principes, et on Téleva à la dignité de république indépendante! On s'attendait généralement en Europe à ce que Bonaparte se ferait au dernier moment décerner la présidence de la confédération ; li n'en fut rien. Il désigna lui-même pour cet honneur le citoyen Louis d'Affry qui avait été au service de la France avant le 10 août. Ce nouvel hommage rendu à l'indépendance de la Suisse, devait fermer la bouche à tous ceux qui persistaient à la déclarer compromise. On doit cependant ajouter que le 21 lévrier 1803, au moment ou d'Affry entrait en fonctions, le grand juge Régnier reçut l'ordre de lui payer une somme de 31000 francs. «Cette somme, écrivait Bonaparte, sera prise sur les fonds secrets de la police^. » Le même jour il écrivait à d'Affry lui-même : « J'ai donné ordre qu'on vous comptât les sommes que vous avez réclamées. J'ai également ordonné que la pension de 1000 francs dont vous jouissiez, vous fût restituée. Je saisirai toutes les occasions de vous être agréable* » De telles lettres disent tout sur l'indépendance de la nouvelle confédération. Au reste, avec les délégués

1. Bonaparte au citoyen Régnier, 21 février 1803. Correspondance* n. 41

eux-mêmes, Bonaparte fut cf une complète franchise : il leur déclara nettemçnt qtf il voulait rester le maître de leur pays, parce que ceîa convenait k sa politique. «Il est reconnu par l'Europe, leur dit-îl, queTItaKe, la Hollande et la Suisse sont à la disposition de la France*.» Il s'iavançait beaucoup en attribuant de telles dispositions à l'Europe. Dans sa dernière entrevue il conclut comme totrjoiïrs en montrant pour dernière raison la pointe de ison épée : c Je ne souffrirai jamais en Suisse f autre influence que la mienne, dût-il m'en coûter cent mille hommes / * ^^ L'évsduation était bien modeste en vérité; c'était près de deux millions d'hommes que devait nous coûter cette glorieuse médiation f

Le Parlement anglais s'était ouvert le 16 novembre I80â, avant que tous ces actes ne fussent consommés, mais alors que le sens en était déjà trés-cïair, la Suisse étant couverte de nos troupes et Bonaparte ayant déclaré qu'il ne souffrirait pas que l'Angleterre se mêlât de cette affaire. Addington ne pouvait se résoudre encore à renoncer à l'espoir de conserver la paix, mais il se voyait malgré lui entraîné à la guerre, et le discours de la couronne trahissait clairement cette préoccupation. Le roi déclarait sans détour que malgré ses dispositions toutes pacifiques, « il ne pouvait rester indifférent à la politique des États dont les intérêts avaient toujours été en rapport avec ceux de l'Angleterre, et c'est pourquoi il devait s'occuper de tous les changements qui s'opéraient dans leurs conditions et

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