Bonaparte à Carnet, Vk juillet
vaillait si évidemment à la recoDstitution d'une monarchie, il en réunissait avec tant de soin tous les éléments anciens ou nouveaux que le comte de Provence, qui ne brillait pourtant pas parla candeur, eut la naïveté de croire que c'était pour les Bourbons, et lui écrivit deux lettres bien connues, pour lui redemander son trône. Il ne tarda pas à savoir à quoi s'en tenir au sujet des intentions de l'ancien pensionnaire du roi, à Técole de Brienne.
Vers ce temps-là, parut une brochure anonyme qui avait pour but d'avertir et de stimuler l'opinion trop lente à encourager les desseins dont on eût voulu la rendre complice. Elle attira d'autant plus l'attention, que depuis le 18 brumaire il n'y avait plus de presse politique. Elle n'avait donc pu paraître sans une faveur spéciale qui équivalait à l'aveu du gouvernement. On sut bientôt, en effet, qu'elle était non-seuement propagée, mais dictée par lui. Elle sortait du Ministère de l'intérieur, et avait pour auteur M. de Fontanes, qui l'avait écrite à l'instigation de Lucien. Celuici ne l'avait publiée qu'après l'avoir soumise au Premier Consul. Il l'avait fait adresser sous enveloppe à tous les fonctionnaires publics*. C'était un parallèle entre César ^ Cromwell et Bonaparte^ dont la valeur comme lieu commun historique était des plus médiocres et qui empruntait toute son importance aux vues qu'il annonçait pour l'avenir. Cette assimilation, Bonaparte l'avait repoussée solennellement, il y avait quelques mois è peine, dans la fameuse séance des Anciens, à Saint-Gloud, comme une calomnie inventée par la