Otto à Hawkesbury, 25 juillet
458 HISTOIRE DE NAPOLÉON r*.
dington avait une telle crainte de compromettre la paix, que lord Hawkesbury apporta dans sa réponse une modération exagérée, de nature à faire naître des espérances qu'il ne pouvait pas satisfaire. Otto lui avait communiqué comme pièce à l'appui» un numéro de V Ambigu, rempli d*injures contre Bonaparte; il reconnut qu'elles étaient punissables; mais, fit-il remarquer avec raison, le gouvernement anglais étail lui-même sans cesse en butte à de pareilles attaques, et bien que leurs auteurs fussent placés sous son autorité immédiate il n'y accordait aucune attention. Au leste il consulterait Yattormy général sur ce qu'il y avait à faire à cet égard. Quant aux émigrés, il rappelait que lorsque Jacques II s'était réfugié en France, le cabinet anglais n'avait jamais fait aucune démarche pour demander son expulsion ^ Cependant il promit à Otto de faire passer en Angleterre les réfugiés de l'Ile de Guernesey, et lui fit entrevoir la possibilité que Georges et les principaux chefs chouans fussent embarqués pour le Canada, sans toutefois prendre à cet égard d'engagement formel.
Mais il connaissait bien mal son adversaire, s'il s'imaginait l'apaiser par des ménagements et des demi-concessions. Otto, poussé par le Premier Consul, répliqua, le 17 août, par une note beaucoup plus accentuée que tout ce qu'il avait signifié jusque-là au cabinet anglais. Cette pièce' avait moins le ton d'une