Voir à ce sujet la note du premier volume, page
2. Les étrangers ont été plus justes. Robert Wilson qui a pour ainsi dire écrit sous la dictée de l’armée anglaise d’Égypte a rendu un magnifique hommage à la noblesse et à l’élévation de caractère de Kléber : History of the british expédition to Erjypt. 1803-
226 fflSTOIRE DE NAPOLÉON 1er.
bîe d'en contester les données générales non plus que la conclusion. L’évacuation immédiate était le meilleur parti qu’on pût tirer alors d’une erreur qui n’avait duré que trop longtemps et ne pouvait porter que des fruits de plus en plus amers. Cette vérité ne faisait doute pour personne dans l’armée» si ce n’est pour trois officiers généraux Desaix, Menou et Davout. L’opinion seule de Desaix avait un grand poids, mais au point de vue exclusivement militaire. Desaix tout dévoué à Bonaparte, exalté par lui au delà de toute mesure au détriment des réputations qui lui portaient ombrage, était un général excellent, mais un esprit de portée médiocre. Il avait peu ou point d’opinion politique ; il ne demandait qu’à se renfermer dans sa spécialité, qu’il envisageait indépendamment des influences qui réagissent sur elle, la relèvent et l’ennoblissent. Il s’était habitué à considérer sa profession, abstraction faite des devoirs civiques auxquels elle se rattache, selon la tendance nouvelle de l’armée. Il n’avait pas de haute ambition et n’eût jamais disputé le premier rang à personne. C’était en un mot l’homme du métier, dans son type il est vrai le plus élevé; et c’est ce que Bonaparte aimait tant en lui, car il a donné l’exacte mesure de Desaix en disant qu’il aurait fait de lui le premier de ses maréchaux. Desaix croyait donc à la possibilité de résister encore, mais ce qu’il ne savait pas voir avec l’étendue d’esprit qui faisait la supériorité de Kléber, c’était l’inutilité de cette résistance et son terme inévitable.
Bonaparte qui a accusé si sévèrement la loyauté de Kléber, reçut avec un transport de colère le rapport relatif à l’évacuation et lui répondit par les plus gra-