‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 2)Chapitre 56 sur 107 · LIGUE DES NEUTRES · texte numérisé non relu

LIGUE DES NEUTRES

tion de réunir le Piémont à la France, mais connaissant le zèle de Paul pour la cause des rois légitimes, il était allé jusqu’à faire écrire à M. de Saint-Marsan « que par amitié pour la Russie il était disposé à faire quelque chose pour le roi de Sardaigne1. » Mais dès le jour même où il apprend la mort de Paul, tout change, et Bonaparte lance un décret qui réalise de fait l’annexion du Piémont en lui donnant, à titre provisoire il est vrai, l’administration d’un département français (12 avril 1801). Toutefois, comme on tenait à ne pas montrer trop clairement le motif d’un si subit changement de conduite, le décret fut anti'daté de dix jours. Et si Kalitschef, l’ambassadeur russe, s’avisait de se plaindre, on lui répondrait, disait Bonaparte « que le Premier Consul avait été indigné du manque d’égards que lui avait montré le roi de Sardaigne — qu’il avait perdu patience — que du reste rien n’était perdu ni décidé. » Et si Lucchesini protestait au nom de la Prusse, on lui répondrait que « le gouvernement français n’avait pas à discuter les affaires d’Italie avec le roi de Prusse 2. »

En même temps Duroc partait pour Saint-Pétersnourg, chargé d’une mission de confiance. Il y arriva pour assister à la conclusion de la paix entre l’Angleterre et la Russie.

Telle fut la lin de la ligue des Neutres et de l’alliance franco-russe.

]. Bonaparte à Talleyi'and, 18 mars 18QJ* 2. Bonaparte à Talleyrand, 13 avril.

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