‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 2)Chapitre 65 sur 107 · Lettre du 15 mars · texte numérisé non relu

Lettre du 15 mars

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qu’il s’était étudié à témoigner au Pape et au clergé italien, sauf à se dédommager dans l’intimité par les expressions les plus méprisantes des marques de respect qu’il leur prodiguait en public. Avec ses familiers, celui qu’il nommait * le très-saint père» n'était plus que « le vieux renard1 » et les « vénérables prélats » étaient traités sans façon de prétraitiez ou de radoteurs imbéciles . Ges ménagements calculés n’avaient d’ailleurs duré qu’autant que l’intérêt qui les avait inspirés. A son retour à Paris, après la campagne d’Italie, trouvant l’esprit philosophique beaucoup plus puissant qu’il ne s’y était attendu, il avait aussitôt abandonné ses clients de la veille pour flatter l’opinion dominante. Dans une circonstance solennelle, en présence du Directoire et de tous les corps de l’État assemblés, on l’avait entendu ranger la religion avec le royalisme et la féodalité parmi les préjugés que le peuple français avait à vaincre 3. En Égypte, le philosophe devient musulman. Il ne lui suffit pas de recommander à ses soldats « d’avoir pour les ^tuphtis et les Imans les égards qu’ils avaient eus en Italie pour les rabbins et les évêques4, » il s’adresse aux populations arabes : « Nous aussi , leur dit-il, nous sommes de vrais musulmans . N'est-ce pas nous qui avons détruit le pape , qui disait qu'il fallait faire la guerre aux musulmans5 ? » Il se vante auprès d’elles d'avoir renversé la croix ; il encourage Menou à embrasser l’islamisme.

Voilà ce que venait de dire et de faire celui

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