‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 112 sur 124 · Napoléon à Champagny, 24 janvier · texte numérisé non relu

Napoléon à Champagny, 24 janvier

Napoléon aurait eu un désir sincère de la prévenir, ce qui n’était pas, il était bien tard pour revenir en arrière après les démonstrations provoquantes qui venaient de combler la mesure des griefs anciens ou récents du cabinet de Vienne. La circulaire adressée par l’Empereur aux princes de la Confédération du Rhin était une de ces menaces directes devant lesquelles une puissance ne peut plier sans perdre toute influence et tout prestige. Cette menace devait être* d’autant plus sensible à l’Autriche qu’elle était le dernier terme d’une longue série d’humiliations, et que la cour de Vienne n’avait rien fait pour se l’attirer. Elle avait, il est vrai, continué sans bruit ses armements afin de mettre, ainsi qu’elle en avait avec raison allégué le droit et la nécessité, son état militaire en rapport avec celui de tous ses voisins, mais elle n’avait pas dépassé la limite de ses privilèges de puissance indépendante; on n’avait à lui reprocher aucune démarche qui pût motiver l’éclat des manifestes de Valladolid. Napoléon lui-même était maintenant forcé de convenir avec ses confidents de la fausseté de ses accusations : « L’Autriche, écrivait-il à Eugène dès les premiers moments de son retour à Paris, ne fait pas de mouvements comme on V avait cru; il faut cependant se tenir alerte1. » « Gomme on l’avait cru, » voulait dire : comme il lui avait plu de le supposer pour avoir je prétexte de quitter l’Espagne. Mais, fondée ou non, .a provocation était lancée, il fallait la soutenir ; il fallait surtout rejeter sur l’Autriche l’apparence des premiers torts , et c’est en quoi Napoléon excellait.

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