Napoléon à Berlhier, 17 août
nombre considérable de [chaloupes canonnières. Montés par d’excellents marins, ces bâtiments eussent été pour les flottes de Napoléon un renfort dont la puissance eût certainement pu à un moment donné faire pencher la balance en sa faveur. Voilà les circonstances qu’on ne doit pas perdre de vue lorsqu’on veut juger avec équité les violences de l’intervention anglaise à Copenhague. Le ministère anglais prévint Napoléon, il fit bombarder Copenhague après avoir offert au Danemark de le défendre , de lui garantir ses états et ses colonies, de mettre à sa disposition « tous les moyens de défense navale, militaire et pécuniaire1. » Prévoyant selon l’expression d’un de ses amiraux « les méfaits que la France se proposait de commettre au moyen de la marine danoise2, « il insista inutilement pour qu’on lui remît en dépôt la flotte qu’il promettait de rendre comme il rendit celle du Portugal. Il eut aux yeux de l’Europe tout l’odieux de cette exécution qui produisit un long retentissement; mais ce que l’Europe ignorait alors et ce qu’on a su depuis, c’est que la flotte danoise, au moment où il la fit enlever, était à la veille de passer dans les mains de Napoléon à qui le régent du Danemark avait déjà fait des promesses de soumission.
Cet événement eut pour effet {presque immédiat de mettre à néant l’offre dérisoire de médiation qu’Alexandre s’était engagé à faire à l’Angleterre. Le cabinet anglais y avait déjà répondu en demandant, par l’entremise de lord Leveson Gower, communication