‹ Histoire de Napoléon IIIChapitre 3 sur 35 · MAC-MAHON · texte numérisé non relu

MAC-MAHON

conspirateurs, ses amis de jeunesse, l'autorisation de s'aboucher avec Kossuth et de soulever la Hongrie contre François- Joseph ; il s'était mis en communication fréquente et personnelle avec ce chef révolutionnaire ; mais l'entrée en scène de la légion hongroise lui répugnait, car cette alliance le rejetait lui-même parmi les déclassés et le faisait sortir du concert des souverains où il avait eu tant de peine à s'introduire. Enfin la rapidité et l'étendue des soulèvements fomentés dans toute l'Italie par les intrigues et l'argent du Piémont lui donnaient de l'inquiétude. Son cousin, le prince Napoléon, détaché de la grande armée on ne sait pourquoi, avec le cinquième corps, guerroyait sur la rive droite du Pô, où il n'y avait pas d'ennemis, mais guerroyait contre le Pape, dont il chassait les légats de Bologne, de Ferrare, de Ravenne. Le voisinage de ce puissant renfort encourageait la Révolution dans le Centre et le Sud de la péninsule ; tous les trônes y étaient par terre, ou menacés d'écroulement prochain. Evidemment Napoléon III n'en regrettait aucun ; il les enveloppait tous dans une haine aussi vieille que lui, une haine de famille en même temps que de carbonaro ; mais sa politique indécise, tortueuse, lui faisait souhaiter qu'on allât moins vite et il savait mauvais gré à son cousin d'avoir si ouvertement laissé apercevoir sa main dans le soulèvement des Légations.

Le caractère de son adversaire le servit encore dans cette conjoncture. Toujours impétueux et inconsistant, François- Joseph a gâté par sa faiblesse toutes les vertus qui le rendent cher à ses peuples ; on dirait qu'il est né sous une mauvaise étoile. La Fortune avait d'abord versé sur lui quelijues faveurs ; mais prêtées et non données, elle les lui a reprises durement et avec usure. Amoindri dans sa puissance, presque toujours séparé de l'impératrice Elisabeth, femme fantasque comme tous les membres de la famille royale de Bavière ; malheureux dans son frère Maximilien, envers lequel il ne fut pas sans reproches ; plus malheureux \'daiïs un fils indigne, dont la fin tragique reste un énigme,

François-Joseph est cependant un monarque de noble caractère, bon, laborieux, pieux, instruit, plein de généreuses intentions ; il est resté personnellement populaire malgré ses infortunes. Mais la réunion de tant de qualités lui a peu servi, à cause de l'absence d'une seule : la persévérance. Autant il avait manqué de persévérance dans ses efforts pour empêcher la guerre, autant il en manqua pour la mener à bonne fin. Il ne vit pas que l'Allemagne se levait tout entière derrière lui, que la Prusse allait être forcée, bon gré malgré, de venir à son secours, que l'Angleterre lui était favorable, que la prolongation de la lutte ramenait les chances de son côté ; il ferma l'oreille aux représentations de son entourage et au frémissement de ses troupes, nombreuses encore et nullement démoralisées. Il répétera la même faute dans sept ans, après Sadowa.

Napoléon III avait son quartier général à Valeggio, lorsqu'arriva un courrier de Vérone, où se trouvait François- Joseph. En réponse au message apporté par ce courrier, le général Fleury partait pour cette ville le soir même et était reçu en parlementaire par l'empereur d'Autriche, qui demandait au vainqueur une entrevue personnelle.

Cette entrevue fut accordée, malgré l'avis de plusieurs généraux français, malgré surtout l'opposition intéressée de Victor-Emmanuel et de Cavour.

Elle eut lieu le 12 juillet à Villafranca, dans une petite maison basse et de modeste apparence. Elle fut moins longue qu'on ne l'avait prévu. Au bout d'une heure environ, les deux empereurs sortirent, et, après avoir causé à l'écart pendant quelques instants encore, ils se serrèrent la main et se séparèrent avec toutes les apparences d'une entente complète et d'un accord définitif.

Napoléon n'ignorait point la grosse nouvelle de la mobilisation des contingents fédéraux allemands ; mais ce dont le roi de Prusse avait négligé de l'informer, et qu'il apprit par François-Joseph, c'est que la Prusse, qui naturellement prenait la tête du mouvement, au lieu de conduire les forces

fédérales au secours du vaincu de Solférino, se proposait de les acheminer sur le Rhin. On ne pouvait donc s'abuser sur les véritables intentions du cabinet de Berlin; on comprit qu'il fallait déjouer, en se hâtant de terminer la guerre, les plans d'un ennemi qui se proposait beaucoup plus d'écraser un des deux belligérants que de secourir l'autre.

François-Joseph, au sortir de l'entrevue, avait le visage altéré, les yeux rouges.

Les officiers de l'état-major impérial français, après quelques saluts échangés avec les officiers autrichiens, remontèrent à cheval et suivirent Napoléon III. qui ne reprit la route de Valeggio qu'après avoir accompagné François-Joseph jusqu'aux dernières maisons de Villafranca.

A la sortie de Villafranca, l'Empereur dit :

« La paix est faite. Je l'aurais désirée plus productive, mais quand j'ai demandé la Vénétie, il a fondu en larmes et m'a dit : « Prenez ce que vous avez déjà, mais ne me demandez « pas autre chose ; mon honneur, plus que mon intérêt, me « commande de résister. » Quant à moi, j'ai consenti : j'avais affaire à un galant homme. »

Les conditions des préliminaires de Villafranca étaient : l'établissement d'une confédération italienne, sous la présidence honoraire du Pape et la présidence effective du roi de Sardaigne ; cession de la Lombardie à l'Empereur Napoléon, qui la transmettrait au Roi de Sardaigne ; la Vénétie devait faire partie de la confédération italienne, en restant sous la couronne d'Autriche ; les deux souverains feraient tous leurs efforts, excepté par les armes, pour que les ducs de Toscane et de Modène (parents de l'empereur d'Autriche), rentrassent dans leurs Etats, en donnant une amnistie générale et une Constitution ; (la duchesse de Parme était sacrifiée) ; les deux souverains demanderaient au Saint-Père d'introduire dans ses Etats les réformes indispensables, et de séparer administrativeraent les Légations du reste du Domaine de l'Eglise ; enfin, une amnistie pleine et entière serait accordée, de part

et d'autre, aux personnes compromises dans les derniers événements.

Le 3 juillet, une proclamation de Napoléon III, en français et en Italien, annonça la paix et les bases sur lesquelles elle était établie. On y lisait :

Le but principal de la guerre est rempli... L'Italie, maîtresse désormais de son sort, n'aura plus qu'à s'accuser elle-même si elle ne marche pas progressivement dans la voie de la liberté.

Vous, soldats, vous allez retourner prochainement en F'iance. La patrie reconnaissante vous accueillera avec joie.

A Montebello, Palestro, Turbigo, Magenta, Melegnano, Solférino, vous avez, en deux mois, affranchi le Piémont, la Lombardie, et ne vous êtes arrêtés que parce que le but de cette guerre n'était pas de prendre des proportions qui ne correspondraient plus aux intérêts de la France.

Partez donc, fiers de vos succès, fiers des résultats obtenus, fiers surtout d'être les fils privilégiés de cette France qui sera toujours la grande nation, et qui aura toujours un cœur pour s'emparer des nobles causes, et des hommes comme vous pour les défendre !

Presque aussitôt après, des plénipotentiaires furent désignés, par l'Autriche et par la France, pour rédiger un traité définitif. Leur réunion fut fixée dans une ville neutre, à Zurich.

Victor-Emmanuel enjoignit à Garibaldi de licencier ses volontaires. Ils protestèrent mais obéirent. La déconvenue de la légion hongroise en formation ne fut pas moindre. Napoléon III envoya à Kossuth un exprès muni d'une lettre autographe, avec mission de la lire à l'ancien dictateur et de la rapporter, Kossuth fut atterré. Il prit sa tête entre ses deux mains et demeura longtemps immobile ; puis il s'écria d'une voix brisée : « Cet homme s'est joué de nous ; il a déshonoré mes cheveux blancs ! »

Kossuth et Garibaldi ne furent pas les seuls à crier à la trahison. L'ingratitude éclata sans ménagement dans plusieurs villes italiennes. A Milan, à Turin, les portraits de Napoléon III furent arrachés par la foule qui leur substitua ceux de Mazzini et d'Orsini. L'Empereur, informé, donna au général de Béville, son aide de camp, l'ordre d'envoyer la

brigade de Bailliencourt à Turin, afin de protéger son passage à son retour.

Surpris par l'armistice comme par une bombe, Cavour avait perdu toute contenance et tout respect diplomatique. Victor- Emmanuel était revenu du quartier général de Valeggio, le visage soucieux. Après avoir mis bas son habit, et s'être assis dans une attitude soldatesque, il dit à une des quatre personnes présentes de lire tout haut un papier qu'il tira de sa poche. C'étaient les préliminaires de Villafranca. Cavour n'en pouvait croire ses oreilles. Il entra dans une colère telle que le Roi sortit, laissant à La Marmora le soin de le calmer*. Cavour courut chez l'Empereur qui lui répondit à peine et le congédia. Il revint chez le Roi; il criait que le but de la guerre n'était pas atteint, que c'était une défaillance, une trahison. Le Roi se montra dur, mais profondément habile ; il lui dit très haut, de façon à être bien entendu de l'entourage : « La paix s'est faite sans moi ; je ne suis pas le plus fort : laissez-moi tranquille ! » Cavour tomba alors chez le prince Napoléon et là, comme on l'écoutait avec sympathie, quoique, aussi, avec résignation, il se laissa aller à une telle intempérance d'inutiles reproches que le prince dut lui répondre : « Modérez-vous : n'oubliez pas que vous parlez au gendre de votre Roi. » Alors il envoya au Roi sa démission de ministre. Le plus souple, le plus italien, nous l'avons dit, ce fut le Roi lui-même. S'il s'indignait comme les autres, c'était à huis-clos ; il sut cacher sa déconvenue sous ses grands airs habituels de soudard étranger à la politique ; il poussa la dissimulation jusqu'à imiter envers son ministre l'ingratitude de son peuple de Turin envers Napoléon. Dans une audience qu'il donna au général de Béville, aux généraux Suau et de Bailliencourt, il joua une comédie parfaite, que ce -dernier nous a soigneusement conservée.

Messieurs, dit-il, je ne suis pas content... Je ne suis qu'un soldat, moi, je n'aime pas les avocats. Je tiens peu à un royaume, je n'aime

* Charles de Mazade, Etude sur Cavour.

que les batailles. J'avais bâti des châteaux en Espagne, je comptai^ faire la guerre pendant deux ans, on ne me la laisse faire que deux mois; j'espéraisi faire le tour du monde avec les soldats français. J'aurais voulu avoir quelques côtes cassées, à la condition de pouvoir continuer à combattre... Je n'aime pas les avocats! Ce Cavour; comblé par moi, arrive de Brescia pour me remettre sa démission. Je l'ai fort mal reçu. Il fait mieux, il va tenir des propos dans ua café pour augmenter sa popularité... C'est égal, qu'il prenne garde a lui, j'aurai l'œil sur lui ! '

— Il a passé hier dans la nuit, interrompit le général de Béville; le gouverneur de Milan fut le complimenter au chemin de fer et le trouva profondément endormi.

— Il n'était donc pas malade ? dit le Roi.

— Que "Votre Majesté ne m'a-t-elle envoyé une dépêche ? reprit lé général de Béville ; je l'aurais coffré. '

— Il ne perdra rien pour attendre, ajouta Victor-Emmanuel, je lui ménage quelque chose.

— Sire, hasarda naïvement le général de Bailliencourt, il faut à tout prix clouer la bouche aux avocats et enrayer la révolution.

— Vous avez bien raison, général, conclut le Roi en fin diplomate qu'il était, quoiqu'il pensât exactement tout le contraire.

Peut-être, au fond, ce qui l'aidait plus que toute autre chose à faire gaiment le sacrifice d'une partie de ses ambi^ tiens, c'est que, connaissant bien le maître du moment, il gardait une invincible confiance de tout reprendre bientôt. Effectivement, raconte encore le général que nous venons, de citer, ceux qui approchèrent alors Napoléon III crurent démêler dans cette physionomie toujours si maîtresse d'elle»même une pensée secrète qui peut se traduire ainsi : « Non, je n'ai pas rempli ma promesse : non, l'Italie n'est pas libre' jusqu'à l'Adriatique ! mais ceux qui m'ont arrêté au milieu de mes victoires pourront s'en repentir un jour ! »

Cette hypothèse s'accorde admirablement avec la réflexion aussi profonde que pittoresque, énoncée un jour par un autre observateur, lord Palmerston : « L'empereur des Français n'abandonne jamais complètement ses idées ; il en a la cervelle hantée comme une garenne ; un lapin sort de son trou ; s'il entend du bruit, s'il flaire un danger, il se terre ; mais le calme revenu, on le voit reparaître et se mettre en campagne. »

L'Empereur quitta Turin le 10 juillet pour rentrer en France. 11 prit la route du Mont-Cenis et se rendit directement à Màcon, sans passer par Lyon. On ne put s'empêcher d'observer combien le retour était moins bruyant que le départ. A Turin et sur toute la route jusqu'à la frontière i) n'y avait aucun drapeau aux maisons ; les seuls cris de vive l'Empereur! étaient poussés par les soldats de l'escorte. « L'herbe de l'oubli croit plus vite dans les cœurs que sur les. tombeaux », dit un proverbe qui mériterait d'être italien.

Aux grands corps de l'Etat qui le félicitaient de son retour (29 juillet), il expliqua sans forfanterie, mais non sans laisser entrevoir ses arrière-pensées pour l'avenir, les sérieuses raisons qui l'avaient engagé à conclure une paix si prompte ; la nécessité d'accepter la lutte sur le Rhin comme sur l'Adige, si l'on eût poursuivi la guerre, et la honte de se fortifier franchement et partout du concours de la Révolution.

Si je me suis arrêté, continua-t-il, ce n'est donc pas par lassitude ni épuisement, ni par abandon de la noble cause que je voulais servir, c'est parce que, dans mon cœur, quelque chose parlait plus haut encore : l'intérêt de la France.

Croyez-vous qu'il ne m'en ait pas coûté de retrancher ouvertement, devant l'Europe, de mon programme, le territoire qui s'étend du Mincie à l'Adriatique ? Croyez-vous qu'il ne m'en ait pas coûté de voir dans les cœurs honnêtes de nobles illusions se détruire, de patriotiques espérances s'évanouir?

Pour servir l'indépendance italienne, j'ai fait la guerre contre le gré de l'Europe ; dès que les destinées de mon pay^ ont pu être en péril, j'ai fait la paix.

Il terminait en remarquant que « l'idée d'une nationalité italienne était désormais admise par ceux qui la combattaient le plus, » Et de cela il se félicitait. Rarement vit-on si naivè et si aveugle imprévoyance.

Le 14 août, dans un banquet splendide qui réunit aux Tuileries les chefs de l'armée victorieuse. Il prononça un autre discours remarquable par sa modestie mais encore aussi, comme le précédent, par les illusions qu'il décelait : Messieurs,

La joie que j'éprouve en me retrouvant avec la plupart des chefs. de l'armée d'Italie serait complète, s'il ne s'y mêlait le regret de la

séparation. Bientôt les éléments d'une force si redoutable, si bien organisée, vont se dissoudre.

Comme souverain, comme général en chef, je vous remercie encore ■de votre confiance. Il était flatteur pour moi, qui n'avais pas commandé d'armée, de trouver une telle obéissance de la part de ceux qui avaient une grande expérience de la guerre. Si le succès a couronné nos efforts, je suis heureux d'en reporter la meilleure part à •ces généraux habiles et dévoués qui m'ont rendu le commandement facile, parce que, animés du feu sacré, ils ont sans cesse donné i'exemple du devoir et du mépris de la mort.

Une pariie de nos soldats va retourner dans ses foyers ; vousmêmes, vous allez reprendre les occupations de la paix ; n'oubliez pas néanmoins ce que nous avons fait ensemble. Que le souvenir des •obstacles surmontés, des périls évités, des imperfections signalées, revienne souvent à votre mémoire ; car pour tout homme de guerre, le souvenir est la science même.

En commémoration de la campagne d'Italie, je ferai distribuer une médaille à tous ceux qui y ont pris part ; et je veux que vous soyez aujourd'hui les premiers à la porter. Qu'elle me rappelle parfois à votre pensée ; et qu'en lisant les noms glorieux qui y sont tracés, •chacun se dise : Si la France a tant fait pour un peuple ami, que ne ferait-elle pas pour son indépendance!

Je porte un toast à l'armée !

On le voit, il ne parlait guères que pour mémoire des « imperfections signalées ». C'étaient des expériences perdues pour lui. Mais elles ne le furent pas pour tout le monde ; la Prusse les étudia avec un soin prodigieux. L'état-major prussien publia une relation de la campagne, où l'on put lire ces lignes menaçantes :

Ce qui nous fit suivre avec tant d'attention les événements militaires au-delà des Alpes, c'était, en partie, notre vif intérêt pour le «ort d'un Etat confédéré, et la politique n'attendait que le moment le plus efficace pour le secourir; en partie aussi le désir, certainement bien justifiable, d'observer la tactique et l'action guerrière d'une nation armée qu'il nous semblait réservé de rencontrer un jour sur le champ de bataille, à l'instar de nos pères... Nous avons été réduits à observer de loin; la courte durée de la campagne si inopinément terminée, a bientôt déjoué pour nous la perspective d'une participation à la guerre.

C'est dans cette campagne si brillante que le commencement ^e la décadence militaire de la France apparut au grand jour.

La mobilisation du début est compliquée, enchevêtrée, lente au point de mettre tout en péril si l'on avait eu affaire à un adversaire bien préparé et hardi. Le service des approvisionnements est défectueux ; l'armée n'est jamais éclairée sérieusement, on va de surprise en surprise, on gagne des batailles, mais ce sont les soldats qui les gagnent, non les chefs. Selon 'l'expression du général Trochu, toutes nos victoires frisent la défaite. Après le combat il n'y a pas de poursuite et les victoires ne sont certaines que le lendemain. Bref, le commandement est presque constamment plus heureux que prudent.

Et néanmoins, comme les Te Deum de victoires ne cessèrent pas de retentir sous les voûtes de nos cathédrales pendant ces deux mois de juin et de juillet 1859, on finit par croire, en France, que la guerre n'est pas une science, mais ie prix d'une improvisation ; l'école africaine s'imagina qu'on peut battre les armées régulières de l'Europe comme on bat les tribus arabes qui n'ont point d'artillerie et qui avertissent •de leur approche par leurs cris.

Il est des prières que Dieu n'exauce que dans sa colère ; et il est des victoires désastreuses, pires que des défaites. Telle fut celle de Solférino. Elle a engendré Castelfidardo et logiquement, de l'une et de l'autre, devait naître Sedan.

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