‹ Histoire de Napoléon IIIChapitre 9 sur 35 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Convention de Septembre. — Spoliation du Danemark. — Bismarck a Biarritz. — Premiers Symptômes de la Maladie de Napoléon III.

On apprit vaguement, à la fin de septembre 1864, que lecabinet de Turin et celui des Tuileries venaient de conclure^ le 15, une Convention. Quel en était le but? Les interprétations se partagèrent, 'même quand le texte fut connu. « Les hautesparties contractantes ont résolu de faire une Convention »^ disaient les premières lignes ; ce préambule était discret et peu compromettant. Par l'article premier, Victor-Emmanuel s'engageait à ne pas attaquer le territoire actuel du Saint- Père et à empêcher, même par la force, toute attaque extérieure. Par l'article deuxième, la France s'engageait à retirer ses troupes de Rome dans un délai de deux ans. Par un protocole additionnel , Victor-Emmanuel s'engageait à transporter sa capitale de Turin à Florence avant six mois.

On s'étonna que le Saint-Père n'eût pas été consulté et. que la Convention du 15 septembre ne fût parvenue à sa connaissance que par le bruit public. Cette circonstance donna de l'inquiétude aux catholiques. Leurs alarmes furent amplement justifiées par les commentaires du Parlement piémontais, qui déclara que l'Italie s'interdisait seulement daller à. Rome par la force, et non d'y aller « par les moyens moraux ». La translation de la capitale à Florence fut votée moyennant, cette explication, le 19 novembre, par 317 voix contre 70. Le

marquis Pepoli, un des signataires de la Convention, disait ■de même publiquement à Milan : «Le traité du 15 septembre ne porte aucune atteinte au programme national de l'Italie : il brise seulement le dernier anneau qui unissait la France à nos ennemis. »

Le gouvernement français, il faut lui rendre cette justice, entendait les choses, pour cette fois, autrement que le Cabinet piémontais ; il le montra depuis. Mais il commit la faute d"exécuter la Convention, en ce qui le concernait, quand même l'Italie faisait connaître à tous, officiellement, que pour sa part elle n'entendait point l'exécuter. Ou plutôt, Napoléon III eut un autre tort plus grave, ainsi que le démontra avec une entraînante éloquence Ms"" Dupanloup, dans une brochure qui a été peut-être la plus lue de toutes les brochures du xix^ siècle : ce fut de signer un traité quelconque avec Victor-Emmanuel. Comment compter sur la parole du violateur du traité de Zurich, de l'homme de Gaëte et de Castelfidardo ?

M. Thiers, au Corps législatif, pulvérisa toute cette politique insensée dont il montra les conséquences terribles et peut-être prochaines, plus terribles et plus prochaines que ni lui ni personne ne l'eût pu croire. Nous ne pouvons malheureusement qu'abréger ce chef-d'œuvre d'intuition, ■mais il en faut donner quelques passages, à la honte de Napoléon III qui dut enfin comprendre ses erreurs, et qui y persévéra.

.T'ai été contraire à la .i;uerr.3 d'Italie, parce que j'étais convaincu que cette guerre amènerait immédiatement une tentative d'unifica- .tion qui, dans ma pensée, n'était pas du tout désirable pour la France, et à peine désirable pour l'Italie. Parlons d'abord de l'intérêt français.

Les yeux fixés sur ce grand livre de l'histoire^ où l'on apprend tout ce qui intéresse la sûreté et la grandeur des étals, je cherche l'exemple d'une puissance s'appliquant à élever à sa frontière, à ses portes, une puissance presque égale à la sienne, et avec laquelle il faudra, tôt ou tard, ou lutter ou compter. Eh bien, cet exemple, je le cherche et ne le trouve pas ; je trouve même partout, dans d'histoire, des exemples contraires...

Lorsque la Russie, au commencement du dix- huitième siècle, veut devenir grande puissance européenne, qui est-ce qui s'y oppose ? 8a voisine la plus proche, la 8uède. Vous connaissez tous la lutte héroïque de Pierre-le-Grand contre Charles XII... Vous savez aussi quels efforts l'Angleterre (aidée de notre Richelieu), a faits pour rompre l'annexion du Portugal à l'Espagne, et ceux, plus récents, quelle a faits contre nous pour nous empêcher de conserver les PaysiBas...

Ainsi les exemples abondent et surabondent. On me dira, il est vrai, que c'est là de la vieille politique. Je le sais ; mais, permettezmoi de vous le dire, je souris quand j'entends, à propos de ces sujets, parler de vieille et de nouvelle politique. La politique, du moins la politique étrangère, c'est éternellement la vigilance, la prudence, les yeux fixés sur l'éternelle divergence des passions et des -intérêts...

On dira que l'Italie va être pour nous une puissance utile, -dévouée. Je n'en crois rien. Aujourd'hui que l'Italie a besoin de nous, qu'elle ne peut exister sans nous, oh oui ! elle nous sera fidèle ; mais sa fidélité aura tout juste la durée de sa faiblesse. Quand elle sera forte, elle voudra être indépendante, et elle aura raison. Il serait inique de vouloir créer une puissance pour qu'elle fut éternellement votre dépendante. Cela ne se pourrait pas... D'ailleurs, l'histoire future de l'Italie est écrite dans l'histoire de la maison de Savoie qui, à toutes les époques, entre la France et l'Autriche, a usé de la politique la plus rafTinée, et qui s'est toujours décidée suivant l'intérêt du jour. Quand il s'agira de questions maritimes, l'Italie tiendra le balancier politique entre la France et l'Angleterre; et comme les ports de Trieste, de Naples, de Gênes, jalouseront non pas Liverpool, mais Marseille, le parti qu'elle prendra est presque indiqué d'avance.

Mais ce sont là des vues d'avenir ; parlons du présent. Eh bien ! pour tous les esprits politiques éclairés, je crois qu'il est démontré aujourd'hui que l'unité italienne fausse toute notre politique. Quelle est la situation de. l'Europe, pour ceux qui l^étudient avec soin et clairvoyance ? Certes personne ne veut la guerre , tout le monde heureusement veut la paix. Ce n'est pas qu'il n'y ait sur l'horizon plus d'un nuage ; ce n'est pas qu'il ne puisse, dans un temps plus -ou moins prochain, s'élever plus d'un danger. Je vais vous en indiquer trois.

Il y en a un qui peut et qui doit inquiéter l'Europe : c'est l'ambition de la Prusse. L'exemple de Victor-Emmanuel a de quoi tenter ; et il est évident aujourd'hui que cet exemple a frappé la Prusse. Du reste, elle n'en avait pas besoin, car les idées que cet exemple a suscitées chez elle sont déjà anciennes. Et, pour moi, l'un des griefs les plus grands contre l'unité italienne, c'est qu'elle est desti-

née à être la mère de l'unité allemande. Et le jour où la Prusse réunirait dans ses mains quarante millions d'Allemands, et qu'au port de Dantzig, qu'elle a déjà, au port de Kiel, qu'elle va créer, elle joindrait ceux de Hambourg et de Brème, ce jour-là, très vraisemblablement, appuyée sur l'Angleterre, elle nous feiaxt courir les plus grands dangers que la France ait courus dans son histoire^ Il y a un autre danger, d'une nature toute différente, dont le caractère singulier est quelquefois de paraître alarmant comme s'il allait éclater, et puis peu à peu de s'évanouir, de sortir des esprits» comme s'il n'existait plus. Ce danger, c'est celui que l'on appelle la question d'Orient. Heureusement, aujourd'hui, il est bien loin de nous. Mais j'ai remarqué depuis bien des années que l'Europe avait eu un tort : c'était quelquefois d'y trop croire, et quelquefois de n'y pas croire assez. Eh bien ! Messieurs, ce danger, s'il venait à reparaître, serait justement alarmant : car il ferait couler des torrents de sang, et pour la France il serait bien à craindre que son issue ne fût malheureuse, car il changerait l'équilibre des puissances de l'Europe, et il le changerait au profit des puissances du Nord...

S'attaquant ensuite à la pensée génératrice de la Convention en question, l'orateur disait :

On s'est proposé le problème que voici : faire quelque chose qui close la guerre d'Italie et ses conséquences, mais de manière qu'audelà des Alpes, aux yeux des Italiens, on paraisse avoir donné Rome> et qu'en deçà des Alpes, aux yeux des catholiques français, on paraisse ne l'avoir pas donnée, voilà le problème !

... "Vous dites : o Mais non, nous n'avons pas donné Rome, et si les Italiens refusent de comprendre, nous avons sauvegardé l'avenir, nous nous sommes réservé notre liberté d'action. » Est-ce bien sérieusement que vous dites cela ? Est-ce que si, après le départ de nos troupes, une révolution se produit à Rome, est-ce que vous y retournerez? Ah ! expliquez-moi ce mystère. Comment! vous quittez Rome pour respecter le droit de non-intervention ; et vous y retourneriez au mépris du droit de non-intervention ? Ah ! de grâce, expliquez-moi ce mystère. Et ce n'est pas tout : aujourd'hui, pour garder Rome, il ne faudrait qu'y rester ; et plus tard il vous faudrait, pour y rentrer, un second siège de Rome. Quoi ! est-ce que, pour réserverl'avenir, vous ferez la guerre à l'Italie 'i* Non, Messieurs, non, non ! Ne nous dites pas qu'après avoir quitté Rome volontairement aujourd'hui, vous y retournerez plus tard par la force.

Vous avez dit, dans une autre enceinte, que vous ne renonciez pas à une réconciliation entre Rome et l'Italie ; entre l'Italie qui veut Rome, qui la veut absolument, qui vous le dit dans tous les langages, et le Pape, qui pourrait abandonner une province, mais qui

ne peut pas rendre Rome sans descendre du trône pontifical, sans livrer un intérêt capital, celui du ^gouvernement temporel, qu'il a prêté serment, en montant sur le trône, de toujours maintenir. Et vous nous proposez, comme une chose possible dans l'avenir, une réconciliation entre Rome et l'Italie! entre l'Italie qui veut Rome, et le Pape qui ne peut pas l'abandonner ! Ah ! Monsieur le Ministre, vous nous traitez sans ménagements, souvent...

Une pareille logique ne pouvait être réfutée. M. Rouher eut le bon sens de ne pas essayer une réponse directe ; il se rabattit sur la personne politique de M. Thiers, et lui reprocha d avoir commis des fautes, étant ministre. M. Thiers protesta contre cette échappatoire et, revenant à la charge :

... Vous alléguez, dit-il, le principe des nationalités; est ce un principe vrai, digne d'être invoqué par un gouvernement non révolutionnaire? Voyez, en effet, où nous conduirait ce principe puéril de réunir politiquement tous ceux qui parlent une même langue. Que n'aurions-nous pas à réclamer, nous Français, et que ne viendraiton pas nous demander ? Tout le monde ne parle pas français chez nous, et vous savez aussi que, hors de France, il y a des gens qui parlent français.

Quand on prétend que les petits Etats n'importent pas, je dis que l'on n'a aucune notion de l'histoire du monde, et qu'on ignore, en particulier, la carte de l'Europe. Les petits états sont d'une nécessité indispensable : quand ils auront disparu, il n'y aura plus que de grands états, qui se heurteront à chaque instant; vous aurez des guerres continuelles ; les grands états subsisteront seuls; l'un d'eux finira par dévorer les autres, et vous en arriverez à la monarchie universelle, ce qui est tout simplement l'asservissement de tous les peuples. Mais je laisse là cette digression, et je rentre dans mon sujet.

Les Romains ont le droit de changer leur gouvernement, de le modifier, de l'améliorer, je reconnais cela; mais ils n'ont pas le droit de changer de maître arbitrairement, parce qu'ils doivent quelque chose à l'Europe. En présence du droit des Romains, il y a le droit de l'Europe ; il y a le droit de la chrétienté, qui a fait de Rome sa capitale, qui a assuré aux Romains l'indépendance et des charges militaires et financières presque nulles ; il y a enfin le droit de la France. Comment! la Frnnce a versé son sang pour les Italiens, elle a sacrifié cinquante mille hommes, elle a perdu cinq cents millions; et elle n'aura pas le droit de dire aux Romains qu'elle a affranchis : Vous exigez de moi que je m'expose à une coalition religieuse, que j'éloigne à jamais de moi les catholiques, que je bouleverse, en un mot, toute ma politique? Non! je ne le ferai pas. Quoi! la France

n'aurait pas le droit de tenir ce langage ? Ah ! si vous ne le tenez pas nettement, résolument, vous désertez les droits les plus sacrés de la patrie.

Quant à Pie IX, il ne dit que cette simple parole : « Je plains la France ! » Il ne voulut rien savoir des indemnités financières que la convention de septembre avait prétendu lui ménager comme compensation des spoliations qu'elle confirmait et rendait définitives.

Une autre occasion de mésintelligence entre Rome et les Tuileries fut la publication par Pie IX, le 8 décembre 1864, de l'encyclique Quanta cura , et celle d'un résumé ou Syllabus des principales erreurs modernes. Ces enseignements n'étaient point une innovation. Ils sont en quelque sorte l'œuvre collective de la Papauté depuis plus d'un siècle, depuis le Concile de Pistoie, le Fébronianisme et le Joséphisme ; ils se bornent à affirmer la surbordination de l'homme à Dieu et l'indépendance de l'Eglise, «"dans son domaine spirituel, vis-à-vis de la société civile. Napoléon III, qui n'était point théologien et n'avait nulle prétention de l'être, se départit de sa docilité habituelle sur ces questions. Excité par le prince Napoléon, qui ne voulait de religion d'aucune sorte, par M. Dupin, M. Bonjean et autres légistes gallicans, qui avaient pour idéal la subordination de l'Eglise et considéraient les évêques comme de simples fonctionnaires, il défendit, le 1" janvier 1865, la publication de l'encyclique et du SyllabuF. Il fit même poursuivre et condamner comme d'abus l'archevêque de Besançon et l'évêque de Moulins, pour avoir lu l'encyclique du haut de la chaire. On eût pu croire, au zèle qu'il y mit, que c'était de ce côté là que son trône était menacé.

Mais déjà aux points noirs qu'il ne réussissait pas à dissiper en Italie, d'autres qui se formaient dans le Nord, venaient s'ajouter, et tous ensemble, en grossissant et se réunissant, allaient envelopper la France et emporter l'Empire. C'était bien mal à propos que, pris d'un accès de vaine gloire, Napoléon III se félicitait, dans un discours du trône,

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que son drapeau flottait ou avait flotté sur les plus célèbres capitales du monde : Constantinople, Athènes, Milan, Pékin, Rome, Mexico ; les yeux clairvoyants ne tardèrent pas à démêler à l'horizon les nuages qui s'avançaient comme l'ombre avant-courière d'orages prochains et formidables.

Le roi de Danemark, Frédéric VII, était un grand buveur. Au commencement de novembre 18G3, un petit bouton lui poussa sur le nez. Il le gratta, le mal s'envenima, un érysipèle se produisit, et à l'âge de cinquante-cinq ans, le 15 du même mois, Frédéric Vil mourait à Glticksbourg, sans héritier direct, au moins pour les duchés de Lauenbourg et de Holstein. L'héritier légitime de ces derniers était le duc d'Augustenbourg, prince aimable, populaire, mais sansarméo pour faire valoir ses droits. D'autre part, les grandes puissances avaient garanti à Frédéric VII, par un traité signé à Londres en 1852, l'intégrité de son héritage pour le nouveau roi de Danemarck, Christian IX.

Vers le même temps, le 5 novembre 1863, à louverture dela session législative, Napoléon III s'exprima ainsi :

Les traités de 1815 ont cesse d'exister; la force des choses les a renversés ou tend à les renverser presque partout.

... Quoi donc de plus légitime et de plus sensé que de convier l'Europe à un congrès où les amours-propres et les résistances disparaîtraient devant un arbitrage suprême ?

La base de l'équilibre politique en Europe se trouvait, par ces paroles, mise en question.

« — C'est trop fort ! s'écria Alexandre de Russie en lisant ce discours,

« — C'est un impertinent ! » déclara la reine Victoria.

L'Empereur d'Autriche tourna ses yeux du côté de la Vénétie et craignit de payer les frais de l'arbitrage. Seul le Roi de Prusse se réjouit, sans trop le faire paraître, d'une menace qui jetait dans ses bras l'Autriche tremblante; il entrevit la possibilité de saisir pour son propre compte les duchés danois contestés.

Il ne se trompait pas : Napoléon III, contre l'opinion de ses <*.onseillers officiels et celle de la majorité du pays, continuait 4 tout sacrifier à la perspective encore nuageuse et lointaine de compléter l'unité italienne.

La Diète de la Confédération germanique, qui avait l'Empereur d'Autriche pour président et le Roi de Prusse pour vice-président, se saisit de la question et malgré le traité de 1852, pourtant si formel, envoya une armée de •Saxons et de Hanovriens occuper en son nom le Holstein et le Lauenbourg. Le roi Maximilien de Bavière, le plus puisisant des petits princes allemands, s'était mis à la tête de ce •qu'on appelait « la troisième Allemagne » ; il s'efforçait de faire contre-poids aux deux grands potentats de la Confédération ; mais sa sagacité politique était des plus bornées ; c'était lui, avec le roi de Saxe, qui avait soulevé l'injuste querelle.

Tout d'un coup, le 14 janvier 1864, la Prusse et l'Autriche signifièrent à leurs confédérés qu'elles se chargeaient, à elles deux, de l'exécution. Ce n'était rien n?oins qu'un coup d'Etat qui évinçait la Diète du bénéfice de ses propres décisions, sous couleur de les mieux remplir. La surprise et l'indignation furent grandes dans les petits états; elles allèrent si loin que l'Autriche n'osa faire passer par la Saxe ni par la Bavière les troupes qu'elle envoyait en Danemark. Elle dut empnmter pour cela le territoire prussien, et l'on put se demander un instant si l'armée fédérale qui occupait le Holstein n'allait pas s'opposer par la force à l'entrée des Austro-Prussiens. Il n'en fut rien ; elle céda la place, et les deux complices non seulement occupèrent le Holstein, mais s'emparèrent par la violence du Sleswig, essentiellement danois. Le prétexte de cette nouvelle usurpation fut la résistance du Danemark. Ce petit royaume, en effet, ne recula point devant une lutte absolument disproportionnée. Les Danois résistèrent bravement, durant cinq jours, dans les lignes du Danewirke, puis dans les fortifications de Duppel (février et avril 1864), mais les Prussiens s'étant emparés de

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