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rassaillir avant qu'il n'ait attant son but. Cette nécessité n'échappe point à la sagacité du général en chef, et donne lieu au mouvemait de nuit qui le précipite, à marches forcées, lui et les siais, sur Rivoli. Joubert avait reçu Tordre de tenir le plateau jusqu'au dernier instant ; mais , menacé de tous côtés et pressé de front par douze mille Autrichiens, Joubert était en retraite, quand il reçut un nouvel ordre impératif du général en chef de reprendre le plateau de Rivoli , où fort heureuse* ment l'ennemi n'avait pas encore eu le temps d'arriver. Bonaparte y arrive lui-même , à toute course , après minuit ; il précède son armée de quelques heures. Il profite d'un beau clair de lune pour observer les forces de son adversaire , et juge , sur les feux de bivac, qu'il a devant lui plus de quarante nulle hommes ; c'est deux contre un ; mais nous avons soixante bouches à feu et de la cavalerie. Il a compté cinq camps et quatre colonnes d'attaque , dont une , celle dç Lusignan , la plus éloignée , paraît destinée à cerner par derrière le plateau de Rivoli. Une autre colonne , qu'il importe surtout d'empêcher de prendi'e part à l'action, est celle de la cavalerie et de l'artillerie; elle marche sous les ordres de Quasdanowitch , avec quatorze bataillons et tous les bagages de l'armée. Elle attendait le jour, ou plutôt le mouvement d'Alvinzi , pour faire
sa jonction. Sur la rive gauche de l'Adige, Wukassowich commande la troisième colonne. Alyinzi , qui ne voit devant lui que la division Joubert , est loin de croire quie ce général doit Tattaquer cette nuit même.
Tel est cependant Tordre que reçoit Joubert. Il reprend l'offensive , et à quatre heures du matin il occupe la chapelle Saint-Marc , qu'il a dû évacuer la veille. La grande bataille est livrée; Joubert poursuit son succès , et refoule sur les hauteurs la quatrième colonne. La troisième s'ébranle, et parait sur les sommités de gauche du plateau ; elle est repoussée par l'artillerie française; mais une de nos brigades se trouve tout à coup débordée et rompue. Heureusement la division Masséna vient d'arriver au village de Rivoli , où elle se repose de sa marche nocturne. Bonaparte court la chercher, et en une demi-heure la troisième colonne autrichienne a subi le sort de la quatrième. La seconde , disposée par Alvinzi pour l'attaque de la gauche du plateau , s'avance dans l'espoir de rétablir le combat. Quasdanowitch , à la tête de la cavalerie et de l'artillerie, voyant Joubert engagé avec sa division , en avant de la position de Saint- Marc, juge le moment favorable pour s'en emparer; la victoire échappe aux Français s'il parvient à se déployer. Il ordonne à trois bataillons d'esca-
lader les hauteurs où cette chapelle esl assise ; deux autres les soutiennent pour favoriser le passage de Tartillerie et de la cavalerie. A cet aspect , Joubert détache en toute hâte trois bataillons, qui préviennent Fennemi, et le rejettent, avec une perte considérable , dans le fond de la vallée. Le plateau est défendu vigoureusement par quinze pièces d'artillerie , et les charges audacieuses et brillantes des colonels Leclerc et Lasalle achèvent la déroute de l'armée d'Alvinzî; elle est culbutée dans les ravins. L'éruption d'un caisson, causée par un de nos obus , accrut encore le désordre de cette armée. Sept mille hommes tombent en notre pouvoii*, ainsi que douze pièces de canon qui avaient pu déboucher sur le mouvement de Quasdanowitch. Tout le reste de sa colonne, ainsi que celle de Wukassowich , qui n'ont pas trouvé passage , furent témoins de la déroute d'Alvinzi , sans pouvoir lui porter secours. Cependant, suivant les ordres d'Alvinzi, Lusignan, avec sa colonne intacte, paraît sur les derrières de l'armée victorieuse. On ne peut définir le transport qui poussa soudain cette armée , prise à revers et subitement , à s'écrier : a Ceux-ci sont encore à nous! » Et en effet, contre toutes les chances de la position, et celles de la guerre, la colonne de Lusignan, canonnée pai* une batterie de la réserve , fut abordée vail-
lamment par la division Masséna , détruite et prise presque tout entière. Rivoli doit s'ennoblir un jour du nom de Masséna. Bonaparte resta constamment au milieu de l'action pendant les douze heures qu'elle dura ; il eut plusieurs chevaux blessés , et courut de grands dangers.
Cependant Provera , avec ses vingt mille hommes, croyait arriver à Mantoue, battre les huit mille hommes de Kilmaine , et échapper à Bonaparte , qu'il savait occupé à Rivoli ; mais l'œil de l'aigle ne le perdait pas de vue. A deux heures, pendant la bataille, Bonaparte apprend par une dépêche d'Augereau que Provera a jeté un pont à Anghiari ; cet avis si important inspire au général en chef une résolution de génie; il charge Masséna, Murât et Joubert, de suivre Alvinzi; pour lui , il prend quatre demi-brigades. On compte treize lieues de Rivoli à Mantoue, et Provera a vingt-quatre heures d'avance. Bonaparte force sa marche, et parvient a Roverbella, pendant que son adversaire parait devant Saint- Georges , qu'il croit facilement surprendre et enlever. Le fugitif Provera est au moment de faire perdre à Bonaparte le fruit de la victoire de Rivoli par sa jonction avec Wurmser, qui alors aurait quarante mille hommes sous ses ordres : il sait que Saint- Georges , ce faubourg de Mantoue , ne peut avoir
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Bonaparte a préru cette disposition , et dans la nuit il a placé les brigades de Rivoli sous les ordres du général Victor, entre Saint-Georges et la Favorite, pour empêcher la réunion de Wurmser et de Provera. Wurmser est repoussé par Serrurier, et Provera par Victor. Cejul à cette bataille que la 57«
reçut le nom de la Terrible. Rien ne lui résiste:
elle enfonce la ligne autrichienne. Wurmser est rejeté dans Mantoue , et le corps entier de Provera dépose les armes : lui-même il est prisonnier pour la seconde fois depuis la campagne , et remet son épée au général MioUis , dont la bravoure a préparé la victoire de la Favorite ; enfin la division Augereau enlève à la Molinella l'arrière-garde de Provera : il ne reste de son armée que deux mille hommes au delà de TAdige. Le combat de la Favorite coûte à rAutriche six mille prisonniers , des canons et des drapeaux.
Le général en chef apprit le même jour les succès remportés la veille par Joubert , et se reposta sui* TAdige. Alvinzi avait laissé cinq mille prisonniers en notre pouvoir • Poursuivi jusqu'à Trente, il éprouva des pertes journalières , et dut abandon* aer aux généraux français toutes ses positions. Joubert reprit celle du Lavisio ; Augereau occupa Trévise, et Masséna , maKre de Bassano , plaça ses avant-postes sur la Piave. L'ennemi fut forcé de
qu'une faible gamisoii , et n'est défendu que par un fossé. Le brave Miollis, qui commande dans Saint - Georges avec quinze cents hommes, est loin de crain(h*e une attaque du coté de l'Adige , où se trouTC Augereau ; il ne se garde que du côté de Mantoue. Provera se fait éclairer par des hussards qui ont les mêmes manteaux que les hussards de Berchini. Déjà ils touchent k la barrière; mais le coup d œil , l'intelligence d'un sergent de garde sauyeut Miollis et sa garnison. Il examine ces hussards, et remarque que leurs manteaux sont neufs , tandis que ceux de Berchini ont fait la guerre et sont vieux. Un grand général n'eût pas fait cette importante observation, qui appartient au tact du soldat. Alors ce sergent , dont le nom malheureusement échappe k l'histoire , aidé d'un tambour, donne l'alarme dans la place, et pousse la barrière. A midi , l'armée de Provera entoure Saint-Georges ; mais Miollis , avec ses quinze cents hommes , se défend toute la journée , et donne le temps au général en chef, qui compte sur cette noble résistance, d'arriver à son secours. Cependant Provera a pu communiquer par une barque avec Wurmser, et concerter la jonction du lendemain. En effet , le 1 6 janvier, à la pointe du jour, Wurmser sort de Mantoue , et prend position ; il attaque Saint- Antoine, et Provera la Favorite. Mais
Bonaparte a préru cette disposition , et dans la nuit il a placé les brigades de Rivoli sous les ordres du général Victor, entre Saint-Georges et la Favorite, pour empêcher la réunion de Wurmser et de Provera. Wurmser est repoussé par Serrurier, et Provera par Victor. Cejul à cette bataille que la 57« reçut le nom de la Terrible. Rien ne lui résiste: elle enfonce la ligne autrichienne. Wurmser est rejeté dans Mantoue , et le corps entier de Provera dépose les armes : lui-même il est prisonnier pour la seconde fois depuis la campagne , et remet son épée au général MioUis , dont la bravoure a préparé la victoire de la Favorite ; enfin la division Augereau enlève à la Molinella l'arrière-garde de Provera : il ne reste de son armée que deux mille hommes au delà de TAdige. Le combat de la Favorite coûte à l'Autriche six mille prisonniers , des canons et des drapeaux.
Le général en chef apprit le même jour les succès remportés la veille par Joubert , et se reposta sui* TAdige. Alvinzi avait laissé cinq mille prisonniers en notre pouvoir • Poursuivi jusqu'à Trente, il éprouva des pertes journalières , et dut abandon* aer aux généraux français toutes ses positions. Joubert reprit celle du Lavisio ; Augereau occupa Trévise , et Masséna , maître de Bassano , plaça ses avant-postes sur la Piave. L'ennemi fut forcé de
repasser cette rivière. Joubert s'établit à Trente et dans le Tyrol italien. Vingt jours du mois de janvier 1797 ravirent à l'Autriche trente-cinq mille hommes, dont vingt-cinq mille prisonniers, plus soixante pièces de canon , et vingt-quatre drapeaux que le commandant des guides , Bessières , porta à Paris. La destruction de l'armée d'Alvinzi livrait Mantoue à elle-même. Serrurier avait serré son blocus ; depuis quelques mois la place n'avait pu être ravitaillée. Les immenses magasins qu'elle contenait étaient épuisés ; la garnison avait mangé tous ses chevaux; les hôpitaux renfermaient dix mille malades ; les soldats étaient à la demi-ration. Bonaparte instruisit Wurmser des résultats de ces huit jours de bataille qui avaient rejeté en Allemagne les débris de la grande armée autrichienne. Il somma le vieux maréchal de se rendre. Wurmser répondit fièrement qu'il avait des vivres pour un an. Mais , peu de jours après , il envoya son premier aide de camp au général Serrurier à Roverbella. Bonaparte, qui aimait déjk à faire ses affaires lui-même, se rendit à la conférence; et, sans se découvrir, ni prendre aucune part à la discussion , il se mit à écrire des réponses en marge des propositions de Wurmser. Après ce travail , il dit k l'aide de camp : « Si Wurmser avait seulement « pour dix-huit ou vingt jours de vivres , et qu'il
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« parlât de se rendre , il ne mériterait aucune ca- « pitulation honorable. Mais je respecte l'âge, la « bravoure et les malheurs du maréchal. Voici les « conditions que je lui accorde , s'il ouvre ses « portes demain ; s'il tarde quinze jours , un mois , « deux mois , il aura encore les mêmes conditions : « il peut attendre jusqu'k son dernier morceau de « pain. Je pars à l'instant pour passer le Pô , et je « marche sur Rome. Vous connaissez mes intense tions ; allez les dire à votre général. » Frappé de cette générosité , et pénétré de reconnaissance pour les conditions honorables que Bonaparte venait d'accorder, l'aide de camp convint qu'il n'y avait plus de vivres à Mantoue que pour trois jours , et partit. Wurmser , vivement touché des procédés du général français , lui fit offrir de passer le Pô à Mantoue ; mais Bonaparte refusa de profiter sitôt de la position malheureuse de son ennemi.
Le 2 février 1797, Wurmser remit au général Serrurier la ville de Mantoue et sa garnison de treize mille hommes ; il y avait sept mille malades dans les hôpitaux. Indépendamment de l'artillerie de siège dont l'abandon avait précédé la victoire de Castiglione , on trouva dans la place trois cent cinquante pièces. La magnanimité de Bonaparte fut complète : il voulut épargner au vieux maréchal le