CHAPITRE PREMIER
MOET DE VOX. — QI^ATBIÈMS COALHIOU laTBX LA PEUSSS, LA ft VUll , l'aV-
OLBTSaaS, LA SciDX, COHTaft LA FRAVCK. BATAILLE D*léaA. — «AVOLiOK
A BB&Ll*. VBXSB DB LUBBCB.
^^kM^ ahais acte ne fut conçu dans un moment ^^T&é^ p\ixs opportun que ce traité de la Confé* dération du Rhin y dont les conditions devaient avoir une application bien prochaine. En effet la Prusse, qui avait toujours envié à l'Autriche le protectorat allemande s'empressa de saisir l'occasion de partager cette dépouille avec la France. Son influence était directe, sous les rapports ihilitaires, poh tiques et religieux, sur le Mecklembourg, la Saxe, le pays de Brunswick, la Hesse, et elle voulait fortifier cette alliance de Vaccession des villes anséatiques , dont la position et la richesse eussent pu balancer en sa faveur les avantages que la France venait de s'as- II. î»3
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surer dans le sud de rAllemagne^ par sa. suprématie sur la navigation du Rlun. Mais la France et la Con* fédération s'opposèrent à ces projets d*agrandissement, et déclarèrent que les villes anséatiques devaient restes indépendantes. Napoléon se repentit alors d'avoir fait encore une trop large concession à la Prusse y qui , en s'umssant tout à coup avec h Russie , pouvait devenir redoutable à la France. En conséquence il fit signifier au cabinet.de Berlin que la Saxe et la Hesse, à qui il communiqua aussi ses intentions de la manière la plus positive , ne seraient pas comprises dans la Confédération du nord.
Cependant lord Lauderdale était arrivé à Paris , chargé de continuer , de concert avec lord Yarmouth, les" négociations entamées. Dès ce moment commencèrent aussi les difficultés; bientôt lord Lauderdale resta seul plénipotentiaire. Lord Gren ville, membre du conseil , avait recueilli la succession politique de M. Pitty et s'attacha tout d'abord à démontrer i t/[. Fox j dont if était appelé par sa position à oontrôTer les opérations , que Napotéo» n'avait d'autre but que d'enliever k PAngleterre toute relati<m et foute influence sur le contineal!. La cession Ai HtK novre S la Prusse paraissait une preuve réeente de ce système. Peu i peu cette assertion , journelleinant reproduite, avait germé ^ns l'espritde Ml Fox, doot l'a santé éprouvait un afBsûblissement sensible; em conséquence, tbrd Landterdale, porteur d'instrao* tions moins conciliantes, fut envoyé pou» prendre la place de lord Yarmouth et susciter des obstacles aux progrès de la négociation. Ce ehangemenl subît de conduite fit comprendre k Nap<rféon que la paix^
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au-devant de laqueUe il s'était jeté ^ytt tant d* a^ baudoa par les propositions dont il avait chargé lord Yarmouth, rodeve«ail impossible^ malgré le traité que M. d'Oubril venait de signer à Paris. Mais Toffi^ cieuae intervention que la Russie avait manifestée pour rapprocher la Prusse et la Suède couvrait la véritable conspiration. Le voile (iit tout k coup dé« cfairé, le ao août, par l'empereur Alexandre, qui refusa de ratifier le traité du ao juillet.
La complication de la conjuration du nord s'ac-* crut encore par la présence du baron de Knobels* dorf , qui arriva le 7 septembre pour remplacer le marquis de LuoohesinL La mission du notiveau ministre, qui apportait cependant une lettre très-amicale de son souverain , ainsi que la reconnaissance expresse de la Confédération du Rhin et du protec* torat de Napoléon, cachait sous l'apparence d'un acte ostensible la duplicité du cabinet de Berlin , dont les engagemens secrets avec ceux de T^ondres , de Pétersbourg et de Stockholm, ne pouvaient plus être la matière d'un doute pour le gouvernement français. D'ailleurs les armement extraordinaires de la Prusse annonçaient suffisamment la formation d'une nouvelle coalition. Napoléon n'ignorait pas les démarches de Frédéric-Guillaume auprès des cours de Saxe et de Kesse-Cassel , afin de les soulever contre la France , démarches suivies de l'envahissement de la Saxe par les troupes prussiennes. A l'époque de ç^tte témérité. Napoléon avait fait notifier par son ministre à la cour de Berlin que l'occupation du territoire saxon , qu'il proclamait inviolable , serait pour kii UO^ déclaration de guerre. Il savait éa%si avae
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toute l'Europe que la jeune reine de Prusse parcourait à cheval, en costume militaire, les rues de sa capitale , et appelait aux armes tous ses sujets. L'exaltation romanesque qui résultait de l'exemple et des provocations d'une belle souveraine , avait sans doute sa générosité ; mais celte chevalerie galante et vaniteuse s'aventurait dans une entreprise où l'on obéis* sait h toutes les impulsions, mais non pas au véritablejintérét, à l'intérêt de la patrie prussienue. Les insultes des jeunes officiers de la garnison de Berlin , qui ne respectèrent pas même le caractère de l'ambassadeur de France y ne pouvaient rester impunies à Paris, pubqu'elles l'étaient à BerUn. En un mot, une cour insolenteoutrageait Napoléon et la France, et un gouvernement perfide les trahissait depuis le traité de Potzdam. On se souvenait cependant à Paris de l'empressement que la Prusse avait mis à procla* pier la paix avec la Convention nationale, et de la fidélité de ce cabinet à garder alors ses engagemens. On se souvenait de ces deux circonstances, et l'on compara les temps. Jamais motifs plus légitimes de vengeance ne pouvaient armer une nation généreuse.
;. Sur ces entrefaites, la question du rapprochement avec l'Angleterre ne prenait pas une tournure favorale. Dès les premiers jours du mois d'août, la santé de M. Fox, ayant subi une grande altération , ne lui avait plus permis de suivre directement les affaires du cabinet. Cimentée entre Napoléon et Fox, la paix eût donné sans doute à l'Europe une autre face. L'Europe eût échappé dès lors au despotisme des vieilles institutions sous lesquelles elle cberohe en
▼ain aujourd'hui l'équilibre que le siècle lui impose. La France, au lieu d'ctre foixëe à conquérir l'Europe, l'Angleterre, au lieu d'être contrainte à détruire la France, seraient nécessairement devenues, sous la direction de ces deux dictateurs de la civilisation , les régulatrices d'un nouveau pacte européen. Ce grand spectacle, ce grand bienfait , devaient man-* quer au régne de Mapoléop et au monde.
Tandis qu'une sourde tempête agitait le nord de FAllemagne et le cabinet des Tuileries, un cri de douleur, sorti des rivages de l'Angleterre, frappa subitement tous les amis de la paix daiis les deux États, ^qu'elle pouvait bientôt réunir : le célèbre Fox venait de mourir, à l'âge de cinquante-huit ans, le 3 de septembre. Le TY/nejterminait par ces mots si honorables la notice qu'il avait consacrée au rival 4e Pitt : « .... M. Fox fut un des hommes les plus « distingués que la nature semblait avoir préparés «pour l'ornement de ce règne. L'Angleterre doit « gémir d'être privée d'un aussi grand ministre. // « av€Uù . posé les premières pierres du temple dé la € Paix\ et si nos vœux avaient pu être exaucés, il « aurait donné à l'édifice une telle force et une « tdle solidité, que la mémoire et la tombe de cet « illustre citoyen s^ seraient reposées pour tou- « jours. »
Ce fatal événement encouragea les ennemis de la France, leur rendit un puissant auxiliaire dans le parti anglais comprimé par le ministère de Fox, et donna le signal dans toute l'Europe à cette conspiration, plutôt aristocratique que politique, qui feriQCtPUut cp¥i(re la couronne impériale de Napo-
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léon. L'immense victoire d'AuaterlitE ne (ut pour les uns qu'un échec, pour les autres qu'un crime capital, que la cause générale des anciennes dynasties élait appelée à réparer ou à punir. L'Espagne dleHEuéme, toute française déjs sous la République, sembla se repentir aussi de l'amitié qu'elle avait si hautement proclamée pour Bonaparte , et se dispo* ser à suivre le mouvement.ro7al dont la Prusse levait le drapeau.
Cependant, des le 1 1 septembre, le prinoe de Bé« névent avait adressé à M. de Rnobelsdorf une note, par laqueMé il lui demandait des explications sur les armemens de la Prusse, et l'informait que TEmpereur se voyait obligé d'imprimer à ses préparatifs un caractère public et national. Le 1 2 , i amliassadeur avait répondu à la note française qu'il faltait attribuer ces armemens à une trame des ennemis de h France et de la Prusse , dont l'intimité leur était insurmontable ; suivant la déclaration de cet envoyé, le départ de la garnison de Berlin pour les fruitières était l'effet d'un msl-entendii, et te roi de Pmsse avait £aiit feiire , à Berlin, au ministre de FVance une . Qommunication amicale k cet égard. Ije lendemain i3, le prince de Bénévent informait M. de. Km^belsdoif que, d'après sa réponse do la veiHe , et en attendant le résultat de la communication au ministre français à Berlin , ('Empereur airait prescrit de différer les mefisages qui étaient prêts à être adressés aâ Sénat, et contremandé la cnarcbe des troupes à l'intérieur. Le 19, le prince de Bénévent, par uhe ■dernière mHie, mandait à M. de Knobelsdorf que, s«r les fMmveliea reçues de Beriin , l'EmperMrr, re^
gwttant d'avoir âmèté la marche de ses réserves et difiéré le message au Sénat , devait à sa prudeitce d'oidon&er dans f intérieur le moitt^ment de aea armées. M. de Knobelsdorf répondit, le aov <{«i'îl voyait avec peine que l'Empereur se repenttt de ses engagemens , et prît des mesures de guerre dans ses Élaits; que le roi de Prusse, loin d'avoir jamaia conçu la pensée de renoncer aux rapports d'amitié qui l'unissaient à la FVance , loin d'être entré dans un concert contre elle avec ses ennemis, n'avait cherché au contraire qu'à calmer tous les ressenti* mens. Malgré le renouvellement de ces £iusses assurances de paix de la paît du cabinet prussien, l'Emperrar écrivit, le ai septembre, aux rois de Bavière et de Wurtemberg et aux princes de la Gon* fédération :
« Les armemens 4e la Prusse sont-ik le résultat « d'une coalition avec la Russie, ou seulement dès « intrigues des différens partis qui existent dans « Berlin , ou de l'irréflexion du cabinet? Ont-3s poor c bbjet de forcer la Hesse , la Saxe et les villes an*- « séatiqoes, k contracter les tiens que ces deux der- « nières puissances paraissent ne pas vouloir former? « La Prusse voudrait-elie 000s obliger ncrnsHoiémes « à nous départir de la' déclaration que nous avons « faite , que les villes anséatiqoes ne pourroott entrer « dans aucune confédération particulière, déela* «ration fondée mr l'intérêt du cùnunerce de k « France et du midi de l' Allemagne , et jur ce qube « t Angleterre nous a fait connaitre que tout chan^ « gement dane ia situation présente des villes 'Un- « 9éeMqaBs tseMU un obstmde de pims à ia foisc
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« générale?.... Toutefois les anoemens de la Prusse € ont amené le cas prévu par Fun des articles du la « juillet, et nous croyons utile que tous les soinre- « raios qui composent la Confédération du Rhin « arment pour défendre ses intérêts.... Au lieude deux « cent mille hommes que la France est obligée de « fournir, elle en fournira troiscent mille... Le suc- « ces, nous osons le croire, répondra à la justice de « la cause commune, si toutefois, contre nos désirs « et même nos espérances , la Prusse nous met dans c la nécessité de repousser la force par la force.... » 0n apprit alors que le prince de Wurtzbourg, frère de l'empereur d'Autriche, avait positivement accédé à la Ck>nfédération du Rhin, et allait en faire partie. Dans la nuit du a4 ^u a5 , Napdléon et l'Impératrice étaient en route pour Mayence.
Le style de M. de Knobelsdorf changea bientôt. Peu de jours après le départ de l'Empereur , il adressa de Metz au prince de Bénévent une lettre du Toi à l'Empereur, accompagnée d'une note où il ëtait dit :
c Le soussigné a reçu l'ordre de déclarer que le « roi attend <)e l'équité de l'Empereur : i ^ que ff toutes les troupes françaises sans exception repas* c sent incessamment le Rhin, et) commençant leur « marche du jour même où le roi se promet la ré* <r ponse de l'Empereur, et eu la poursuivant sans « s'arrêter;... a* qu'il ne sera plus mis de la part dda c France aucun obstacle quelconque à la formation de -« la ligue du nord, qui embrassera, sans aucune ex- « ception, tous les Etats non nommés dans l'acte fonc damental de la Confédération du Rhin. Le soussigné
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« est chargé d'insister avec instance snr une réponse tf prompte qui, dans tous les cas, arrive au quartier* « général du roi le huitième octobre.., d
<K Maréchal, dit l'Empereur au prince de Neuchà* «K tel, ou nous donne un rendez-vous d'honneur « pour le 8 : jamais un Français n'y a manqué ! c Mais, comme on dit qu'il y a une belle reine qui < veut être témoin des combats, soyons courtois, et «marchons sans nous coucher pour la Saxe. » En effet, la reine de Prusse était à l'armée , portant l'uniforme de son régiment de dragons. « Il semble, « disait le premier bulletin de Napoléon , voir Ar^ « mide, dans son égarement, mettant le feu à son «c propre palais, v
Ainsi le roi de Prusse, entraîné par des conseils aussi aveugles que perfides, et tout à coup emporté hors du cercle de sa position européenne, osait, SOUS' de vains prétextes de plaintes, imposer avec arrogance au vainqueur d'Ansterlitz des conditions' déstKMiôrahtes pour ses armées et pour. lui! Le cafbinet prussien n'ignorait pas la raison de la prolongation du .séjour de qudques troupcis françaises en Allemagne. Il savait ique ces troupes devaient i^venlr en France aussitôt que l'Autri- .che auvait* réglé définitivement avec la Russie, en vertu du traité de Presbourg, la remise des Bouches du Cattaro : or, cette clause était si loin d'être remplie que, les 20 et 3o septembre, les générant Marmont et ]>auriston chassaient de Castel-Novo^ei des défilés de Bielbrich un corps de tàA mi41e Russes^ accru de dix mille Monténégrins; et que Pamiral russe
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êe remettre Cstiaro aox Fintiji
On a peineà comeenÂr encprece tte é tn mgeawdhce du cabinet prussien, qui Bwmt emroyé M. de Knobeledorf àPmsairecdes lettres de cr^nœ, quand il devait, trois semaines mprès ^ dédtfer la guerre. Une telle démarche n'appartient qu'à un goo^ernement dont la force assure l'inqiunké ; la Prusee ne povmit attendre ce résultat de sa bante impnidence , quoi» que rintérét de Napoléon ne lut pas d'en appder aux armes quand lord Landerdale se trouvait encore à Paris en négociation pour la pais générale. L'sltimatum de k Prusse dowm le signal de iai retraite à ce plénipotentiaire; d demanda et obtint ees pusse* ports dans les prsmîe» jours d'octobre. Fox avait emporté dans la tombe foute l'espéranoe de la paia du monde» La Prusse euivait dans sa politique l'exemple de la Russie, qui Teaastde signer uu trâîié avec la France pour couvrir ees derniers prépannti&y >et qui le rompit par nu -simple déaateu de ooa représentant. Dans son afression ^ c'était l'Amlrichè que cette «euse Prusse imitait iFrédéric^SmUanme aniait entubi la Saxe , aomoie François il la fiamra , mna déclaration de iguene. Il fallait donc nipoodre aussi à la Prusse par une jBsalre bataîHe d'AuelerbtKi^ et là ftiisse ne comptait pas pour se defiondre sur l'armée de cette puissance du noid dont ^ke avait la téuoérité d'embrasser la querelle. Si Frédéric^Guillaume j au Ueu de se faire l'instrument aveugle d'une cause aussi étrangère à la sienne , eut pris la sésolu- Ueu d'aœédèr a la<;ooCéd6mlMMi du lUiiu^qui n'd-
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îak nat bmrriire que contre la Riasie, il sauTaitson honneur et son indépendance; et la RcKsie, battue et graciée à Austeiiitz, n*auniît pu reparaître comme dominatrice dans les affaires de FEnrope. Peut-être encore, pour obtenir ce grand résultat, Napoléon , au moment du traité de Presbourg, eut-il du songer à l'érection d'un royaume de Pologne, et n'user de générosité ni envers Alexandre , ni envers son ar* mée« La Pologne formait alors la tête de pont de fat Prusse confédérée avec la Fran» , de la Prusse deve* Bue ce grand État intermédiaire qne la politique de«> mandfe en vain depuis le règne de Catherine II.
li'Empereur arrive le 28 à Mayence, passe le Rhin le 1"^ octobre, s'arrête cbez le prince primat à Aschaffenbourg « et le soir à Wurtsboui^ , chez le nottv«iu grand duc, son allié depuis peu de jours; de Wurtafaourg il perte son quartier^énéral à Bamberg, et, met son armée en mouvement. Elle «t divisée en eopt corps , commandés par les tnaréchaux fieraidette, Lannea, Davoast, Ney, Soalt, Augereanet Lefebvre. Le grand-duc de Berg commande la réserve de la cavalerie; un huitième corps, aux ordres du uapéclial Mnrtter, se rassemble mr les lîrootières de la Weskphj^e. lie centre de Tarmée œ compose de la réserve du grand-duc de Berg , des corps de Bema- <feci)e et Datouat^ aiaei que de la gande impériale ; il débouche par Bamberg sur ILrenach. Le Â, il parait devant Sanlbourg et ouvre la campagne par une Hgère canonnade qui lui donne le passage tle fat Saale; ensuite il se dirige vers Sdileist et Géra. La droîHe comprend les corps .de Soult et de Ney , et une division de Bavarois: elle se réunit à Bayreuth , (xmr
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marcher le 9 sur Hoff : la gauche, ferniée desoorps de Laimes el d'Augerean, a'avançasnr Sdiweîiifurth, Gobourg , Graffenthai et Saalfeld.
L'empereur a quitté Bamberg , et d'Ebecsdorf il ^'est p>rté sur Schleist Le 9, à son arrivée, dix mille Prussiens sont diassës de ce poste par le prince de Ponte-G>rvo; le même jour, Soult s'empare de Hoff et des magasins : le 10, Lannes dtfait 1«« Prussiens à fiaalfeld. Le jeune prince Louis de Prusse, frappé à mort dans uu combat année un maréchal-des-logis du 9* de hussards, devient la première victime de cette guerre, dont il avait été à Berlin un des champions les plus ardeus* .
L'armée prussienne , composée de l'élite de la population militaire et des troupes saxonnes, compte deux cent trente mille hommes. Elle a transporté .dans la Saxe le théâtre des hostiUtés, et se croit tellement certaine du triomphe, qu'elle a laissé à découvert Berlin et Dresde. Ainsi, dès son entrée en campagne, l'armée prussienne est débordée à sa gauche. Elle occupe Eisenach, Grotha, Erfortfa et -Weimar. L'armée française entre le 1 1 à Saalfeld et a Géra, d'où elle marche bientôt sur Nauemboui^ et léria, petiêe viUe de la Thuringe , qui va obtenir la •célëbrité de Marengo , d'Austerlitz , etc.* La position des deux armées présentait une singularité tout-à^ &it nouvelle dans les annales militaires ;les Prussiens tournaient le dos au Rhin , et les Français bordaient la Saale et tournaient le dos k l'Elbe; ce renversement étrange décidait à lui seul la question. I^^es ennemis ont pour eux les souvenirs et ce qui reste des aokbts du grand Frédéric; Napoléon a pour lui
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sa gloire présente et l'armée qiti a vaiacu à Austerlitz.
Â<u moment où les deux partis se trouvent en pré. sence , Napoléon reçoit , sous la date du 5 octobre , la proclamation hostile du prince de la Paix. Ce favori inepte et arrogant /qui ne doit qu^à la protection de l'Empereur le pouvoir dont il jouit, que la faveur publique de Napoléon soutient seule contre la violente inimitié de l'héritier du trône et la haine légitime de lanation , don Godoy, qui a acheté cette fiaveur toute-puissante sur la cour et le peuple espagnol par une servilité dont Napoléon seul possède le secret, a voulu, au jour des périls appelés par la quatrième coalition sur la tête de son protecteur , se mettre à l'abri d'une ruine que les nombreux âgens de l'Angleterre lui présentent comme inévitable et prochaine; il a voulu se ménager des droits à la bienveillance de ceux qui consommeront sa perle. Cependant, troublé aussi par une sorte d'incertitude, il n'ose pas hautement nommer l'ennemi qu'il servait depuis six ans; il se contente de pit>voquer d'une manière ambiguë la nation espagnole à se*lever pour la défense commune. Cette proclamation, oîi le prince de la Paix demande des chevaux et des cavaliers à l'Andalousie et à l'Estramadure , est un de ces documens trop ridicules pour trouver place dans l'histoire d'une si grande époque. Napoléon feint de ne pas se reconnaître dans cette proclamation, exige quinze mille hommes de l'Espagne, et ordonne froidement la bataille du 14 ;mais avant de la livrer, fidèle encore au système de prévenance qu'il a adopté dès le principe, il écrit au roi de Prusse.
«Si j'étaî$ à ison début dans la carrière militaire, oc si je pouvais craindre les hasards des combats, le a langage que je tiens à Votre Majesté aérait tont-à- « fait déplacé : mais Votre Majesté sera Taincue; et, « sans Tomhre d'un prétexte, elle aura eomprocnis le « repos de ses jours etTexistenoe de ses sujets. »
Cette lettre resta sans réponse.
Dès le la, les deux généraux opposés avaient presque toutes leurs troupes sous la main et précea à agir ; le 1 3 , sans aucune raison pour le contraindre à cette résolution 7 le roi de Prusse divise son armée en deux parties: l'une, composée de soÊxaale-dix mille hommes environ, marche sur Auerstaedt, à six ou sept lieues du théâtre oà l'autre partie de sea forces doit combattre. Napoléon, au contraire, ne Caut que réunir ses masses; ta même nuit du i3 , pendant que ses ennemis soimneillent dans leur camp, dispei^és sur un espace de trente^cinq heues , et aans soupçonner l'action du lendemain, il adiève toutes les dîspositiana d'une victoire assurée. Dès k veille, il. occupe avec un corps de sa garde et une fiarte ar» tillerie le Landgrafenberg, position dominante dont U a reconnu d'abord l'importance , et qui devait 9[Voir sur l'affaire dléna la même influence que le Santon d'Austerlitz surla bataiHe des trois Empereurs. Touâ ses ordres sont expédiés, tous ses maréchaux à leur poste. A quatre heures du matin, il parut devant plusieurs lignes et leur dit : « Soldats, « l'armée prussienne est coupée comme celle deMack « l'était à Ulm, il y a aujouixl'hui un an. Cette armée « ne combat plus que pour se faire jour, et regagner « ses communications. Le corps qui se laisseraitpor-
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« cec M déshonorerait^ Ke ledonter pas cette célèbre «cavalerie: opposes-* lai des catrés fermés et la a baiottoeCte. » Cette hairangue porte au plus havt degré l'enlhouaîasiifee des soldats , qui répondent par le cri iwJîlaire : « en avant l e» avant I » A six henres^ l'Empereur, qui n'aurait vouki attaquer que deux hesures pàm tard, yoar attendre sa grosse cavalerie et d« corps d'infiMBderie testés em arrière f donne ce** pendant le signal tant désiré. De premiers succès sur plnsûmcs points noua présagent déjà L'heureuse: ia* sue de la journée; vers une hçure Tactioii devient générafe. Soua les yeux de L'Empereor^ qui plane sur lea ennemis comme aur son armée, et if^oit exécnler avec la mémos préeisianqn'à Auateilila les plans qn'il a conçus avec le mâme génie, Augerean, Soult, Laiines , fontpavtoiit ployer les Prussiens,, mdgré la pkm vive résistanoe» Ûim partie de noire cavalerie n'avait p» rejomdre cnceraf ettearrive avec densdea divisions dti maiéchaL Hê^. El cette nocxveUe , Kapo» léon £ttt avancer toutes le& troupes quLétaknt en ré* sevve sur lapremièseUgne ; ellea marchent etiorcenft n reculer tout ce qui leur est opfMisé. Alors la cava-» lene> ayant à sa tête le grand-duc de Berg , se pré« dpite anr les Prusoîetts , dont la relvaite d'abord opé* réB avec calme et saBg«*froid ne présente bientôt phis qu'un affreux» désordre. En vainTinfanflerie se forme en carrés, cmtre les villages, de Gross et de KJein-^ Romstedty pour résister à nos dragons et à iioscui* raasiers; cinq de ces carrés sont enfoncés et culbutés sans pouvcèr se rallier. D'un autre côté la cavalerie prussienne n'a point supporté le cfaoc des hataillona dui nmvécàal Soule^ et s'est repliée sur la route de
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Weimar à Naùembourg. En ce moment se montre le corps du général Ruchel^ composé de vingt*six bataillons et de vingt escadrons; en moins d'une heure, mais après une lutte terrible, il disparait tout entier sous les attaques simultanées que Napoléon dirige contre ce renfort si impatiemment attendu par le prince deHohenlobe. Enfin , grâce aux efforts inouïs des soldats et à Thabileté des généraux, il n'y a plus d'armée devant nous. Maître du champ de bataille» et ne voulant laisser aucun relâche aux vaincus. Napoléon fait poursuivre avec une ardeur infatigable les débris de leurs colonnes , qui éprouvent de nouveaux désastres dans une sanglante et difficile re* traite, ou plutôt dans une fuite désordonnée.
Pendant que Napoléon triomphait ainsi de l'armée prussienne qu'il croyait avoir eue tout entière en &oe de lui, le maréchal Davoust soutenait seul, à Auerstaedt, le choc d'une masse presque supérieure du triple à la faible armée que lui formaient les divi* sions Morand , Gudin et Priant. Malgré l'attaque imminente qui le menaçait, Davoust ne fut point secouru par Bemadotte , à qui il avait proposé le commandement des deux corps, en lui communiquant les ordres du prince de Neuchatel de marcher de concert Bernadotte continua tranquillement son mouvement sur Dornburg, s'autorisant des pre* mières instructions de TEmpereur, qui alors ne pouvait savoir le péril où le maréchal Davoust allait se trouver engagé avec des forces inégales* Le bulletin garda le silence sur cette étrange conduite; peutêtre aurait-il parlé si Davoust , abandonné à luimême par une défection inconcevable, eut succombé
SOUS lescoupfi de l'ennemi; mais le droit de faire grâce est anssi une prérogative du Tainqueur, et d'antres destinées attendaient Bemadotfe. Davoust^ qui, dans cette affaire , l'un des plus beaux trophées de l'armée française , avait montré les talens et le ca« ractère d'un habile capitaine , fut récompensé par le nom SAuerslaedt, Ce nom, désormais immortel dans les fastes militaires , est celui que les Prussiens donnèr»!it à la bataille , apparemment parce que le roi y fut vaincu en personne avec les vieux généraux de Frédéric II. Mais en France, léna, où commandait l'Empereur, s'attachera toujours à la double victoire remportée par Napoléon et par son lieutenant.
Les Prussiens perdirent les deux champs de bataille, environ cinquante mille hommes tués ou pris , trois cents bouches à feu, soixante drapeaux, et tous leurs magasins. Parmi les prisonniers figurent six mille Saxons et trois cents offiders. Napoléon , arrivé le i5 à Weimar, se fait présenter ces officiers , auxquels il dit qu'en prenant les armes il a eu pour but d'empêcher que la nation saxonne ne fut incorporée dans la monarchie prussienne. Il leur accorde, ainsi qu'aux soldats, le retour libre dans leur pa trie. Ces officiers s'engagent tous par écrit à ne jamais porteries armes contre la France et ses alliés. Ils retournent en Saxe , chargés d'une proclamation par laquelle Napoléon se déclare le protecteur de la nation saxonne. L'Empereur Napoléon se souvint ici de laprise de Faenza , où le général Bonaparte renvoya également les prisonniers romains , et en fit d'utiles amis à la république. Sa présence à Weimar avait II. i[\
cavalerie. L'infortunée reine de Prusse subit à son tour le sort de la guerre qu'elle a allumée. Fuyant de ville en ville, eUe se trouve à Stettin le 19, le no à Custrin *f aucun lieu ne peut lui offrir une bospitaliAé assurée. Napoléon y précédé k Dessau par le nai^hal Lanhes , a fixé mi^quaitier-général àaos cette résidenoe. Là^, enfin^ le omquis de LuociiesiM atteint lîe vaincpieur et ofafientd'êtvc' admis à liû re* metferé.une lettre duroL. Le grandwiaréchal «est chargé de coiiférer avec: ce npnîstre. De Dcssaki^Na* poléon se rend à Wurtemberg,! ou ièretiiMrTO son tidoteûsmt d" Auerstaedt; Le Vmémejour/ lé roi de Hollande entre à Gottingue avec Favant-igfarde de l'armée dh .Nord^ et la place d'Andam cède aux attaques du général Bedier. J4e quartîer-géhénrf impérial 'est. marqué' à Potzdam pour le !i;5. Le ' %é^^ les maréckaiix Lannes, Lefébvre et Bessières- s'j établisseiit' avec la gairde. Napoléon . songe d'àbbrd à visiter ie tombeau du graniA JPrédéric, comme Alexandre visita celui d'Achille,* H pBit;l'épée du béros du xviri^ siècle^ la ceinture dégénérai qu'il portait à la guerre'de Sept-rAnSy.-et'SQn cordon de l'AiglerNoire. « J'àîfM mieux cela.que vingt Knilbons, s'écrie Napoc léon. Je les .àiieerrai ^ux Invalides : les vieux sol- «• dats de. la gueïre de Hanovre accoeilleroot avecun a.respecfc cdigieux Kmt ce qui/appartient à l'un des « premiers ..capitaines dont Fhistoire conservera «c ie. souvenir. » L'affiront de A.osbach était bien vengéh .;•...*•.•
Au moment où Napoléon arrivait à Potzdam , la fameuse forteresse de Spandan, qui^ ayant une brave garnison y des approvisionnemens et des ouvrages
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bien armés y pouvait se donner l'honneur d'une bçUe et longue défense , capitulait entre les mains du maréchal Lannes; la place n'était investie que de la veiUe par le général Bertrand : cm y trouva quiiti« mille chevaux tout équipés , qui servirent. à montar quatre mille dragoiB à pied. Le maréchal Davoust , par une marque publique -de ia safxsfactinn de lËnpereur, d:»tient l'honneur d^ntrer le premier dans la capitale de Frédéric. Cinq cents pièces de canon et une immense quantité d'armes et de vnmitions tombent au pouvoir des Français. Le maréchal Ney bloque la grande place de guerre tie la IVasse, Magdefoovif;, qoi renferme une armée. Le marédial Soult a passé l'Elbe et pousse l'ennemi devant lui; le prince de Ponte-Oorvo est à Brandebourg; le mare* chai Afortier, à Fulde. Après un beau combat de cavalerie À Zehdenick , le grand-duc de Berg force k VigneBfdorf les gendarmes du roi à mettre bas les armes. Le même jour, ay octobre , Napoléon, précédé de sa garde à cbevd, et mardiant entre les chssseureet les grenadiers avec son brillant cortège , reçoit à Bwlin, sous l'arc de triomphe élevé pour Frédéric II, les hommages du corps municipal, et va descendre ou vieux palais , où la princesse héréditaire de Hesse^^asael, près d'accoucher, se trouvait, par l'effet des circonstances, dans un état de dénnement absolu. L'Empereur ne la vit point; mais il chargea le gnand-écuyer de là rassurer s«ir sa position, et de lui remettre une somme d'argent, en y ajoutant la promesse d'un traitement pour le temps qu'elle voudrait rester au palais. La Fortune, qui comblait Napoléon de tant de faveurs, que Ton
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pouTait dire qu'elle était passée à son service , lui o£Fiit d^s cette, journée même Toccasion de se reposer des émotions d'une telle gloire, par un des plus beaux aetes de clémence qui ait jamais honoré le caractère d'un souverain victorieux.
Le prince de Hatzfeld, gouverneur civil de Beriin , et connu pour l'un des plus ardens provocateurs de la guerre, s'était empressé de présenter à l'Empereur tous les fonctionnaires civils et militaires de la capitale : « Ne tous présentes pas. devant moi , lui dit « l'Empereur, je n'ai pas besoin de vos services; allez « vous retirer dans vos terres. » Peu de momens après, le prince fut arrêté. Une lettre, par laquelle il instruisait le roi des mouvemens de l'armée française, avait été interceptée et remise à l'Empereur. Le crime de trahison était suffisamment prouvé; une commission militaire allait juger le coupable, quand la princesse de Hatzfeld vint se jeter aux g^ioux de Napoléon , et protester que son mari était incapable d'une telle perfidie : « Vous connaissez son écriture , « dit Napoléon en lui présentant la lettre du prince, « jugez-le vous-même, Madame. » La princesse lut la lettre et tomba évanouie. L'état de grossesse avancée où elle était ajoutait encore au malheur comme à Tintérét de sa situation, qui avait vivement ému l'Empereur. Des secours furent prodigués à la princesse qui revint à elle. « Tenez, Madame, lui dit a Napoléon, cette lettre est la seule preuve que j'aie « contre votre mari : jetez-la au feu. y> Ainsi fut sîauvé le prince de Hatzfeld.
Dans sa propre capitale, rien de plus naturel sans doute que. Napoléon eût pardonné à un Français
cdnvâiiicu de félonie ; il a montré pendant tout lé cours de son règne ^ depuis l'avènement au consulat jusqu'en 1 8x4 et i8i5^une sorte d'indifférence généreuse à l'égard des conspirateurs et dès traîtres , même aux dépens de la raison d'État et du salut peut-êtref de la France : mais , devenu par la victoire seule l'arbitre des destinées d'un pays où la conduite du monarque et de sa cour, où le parjure tout récent du général Blûcher , devaient porter l'irritation du vainqueur au plus haut degré, Napoléon, triomphant de sa juste colère^ surtout lorsque l'exemple d'une légitime sévérité sur un grand fonctionnaire de la tnonarchie prussienne pouvait être au moins d'une politique nécessaire, fit une action sublime qui devait fournir à l'histoire une de ses plus belles pages , et à la peinture une de ses plus nobles productions. Les grands caractères ont de grands secrets qu'eux seuls sont capables de révéler.
Napoléon , maître de la capitale et conquérant du royaume du grand Frédéric , dont il était l'admirateur passionné , ne négligea pas de dater du camp impérial de Potzdam une de ces proclamations, un de ces comptes rendus de la victoire, qui récompensaient ses armées de leurs triomphes et les eiiflam-* maient pour de nouveaux exploits.
« Soldats!
a Vous avez justifié mon attente et répondu di* «r gnement à la confiance du peuple français. Vous ff avez supporté les privations et les fatigues avec au^^ (c tant de courage que vous avez montré d'intrépidité
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« et de sang'froid au miltea des^ cottibate. Vous êtes « les dignes défenseurs de ma couronne et de la gloire « du graiïd peuple : tant que vous seres animés de (( cet esprit , rien ne pourra vous résister. La caVa* tt lerie a rivalisé avec l'infanterie et l'artillerie. Je ne c< sais désormais à quelle arme je dois donner la pré- « férence. Vous êtes tous de bons soldats. Voici les « résultats de nos travaux :
tt Une des premières puissances de l'Europe , q^ tf osa naguère nous prc^Kiser une bonteuse cj^itula* « tion , est anéantie. Les forets, les défilés de la Fran- « conie , la Saale f r£lbe> que nos pères n'eussent pas « traversés en sept ans, nous les àvoos traversés «a « sept jours» et livré- dans l'inte^aUe quatre combats « et une grande bataille. Nous avons précédé, à « Potzdam , à Berlin , la renommée de nos victoires. « Nous avons fait soixante mille prisonniers , pris u soixanteK^inq drapeaux, parmi lesquels ceux des c gardes du roi de IVusse ; six Cents pièces de oaoon , oc trois forteresses, plus de vingt g^éraux : cepen* « dant près de la moitié def vous regrette de n'avoir «c pas encore tiré un coup de fusil. Toutes les pro- <( vinces de la monarclue prussienne jusqu'À l'Odér c< sont en notre pouvoir.
« Soldats , les Russes se vantent de v^ûr à nùos ; « nous marcherons à leur rencontre ; nous leur é{)ar- « gnerons la moitié du chemin .'Ils retrouveront Aus- « terlitz au milieu de la Prusse. Une nation qui a ce aussitôt oublié la générosité dont nous avoûs usé (C envers elle api^ cette bataille où son empereur , « sa cour, les débris de son armée , n'ont du leur sa- « lut qu'à la capitulation que nous leur aVons ac-
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« cordée y est une nation qui ne saurait hitter contre n nous.
« Cependant , tandis que nous marchons au-devant «des Russes 9 de nouvelles armées , formées dans « Ifntérieur de l'empire, viennent pk*endre notre ce place peur gardernos conquêtes. Mon peuple tout cr entier s'est levé , indigné de la honteuse capitula* i( tion que les ministres prussiens, dans leur délire» «r nous ont proposée. Nos routes etnos villes firontières <c sont remplies de conscrits qui bradent de marcher 1 sur Vos traces. Vous ne serons plus désormais les « jouets d'une paix traîtresse y et nous ne poserons tt plus les armes que nous n'ayons obligé ies Anglais , (c ces éternels ennemis de notre nation y à renoncer « aii projet de troubler le continent , et à la tyrannie « des mers.
ce Soldats , je ne puis mieux exprimer les sentiment ce que j'ai pour vous , qu'en vous disant que je vous « porte dans mon cœur l'amour qiie vous me mon- « trez fous les jours. »
Non content de ces témoignages et de ces remer* ciemens à tous ces braves en général , Napoléon y le lendemain de son entrée à Berlin , accorde dans une revue des récompenses de toute espèce au corps d'armée du mai*échal Dàvôust, et kfur donne en quelque sorte une préférence de ^ire même surle& soldats qui ont combattu sous ses yeux. Voilà oom«^ ment it était jaloux de ses lieuténans !
Chacune des journées decetteétonnante campagne est marquée par un ou plusieurs succès. Le iS octobre , le grand-duc de Berg fait capituler au combat
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pour se retrandMT. Le 6 el le 7 voient la terrible action livrée dans les murs et hors des mtirs. Souit force rennemi par b porte de MuUien ^ Bemadolte par celle de la Trave; et, entre les deux, le grasd* duc de BfTg pousse sa fougueuse cavalaie. Les Prussiens se défendent pied à pied dans les roes, sur les places, dans les .ouvrages, -dans Jes niaisons. Tout est ^scdadé^ enftmoé, détruit. Faligoés^fe carnage , ks vainqueurs se réunissent an centre de la viUé. Cette première journée don»e aux Français la ville de Lu* beck, quatre mille prisonniers, soixante pièoes de canon. Celle du 7 mit entre leurs mains , ï Ratkau, le général Biocfaer et le duc d'Oels qui capitulèrent , cinq cent dix-huit officiers, onze généraux, soixante drapeaux, quatre mflle chevaux, plus de vingt mille. hommes, l'artillerie entière, en un mot tout ce qui avait > échappé à la journée dléna et d'Auerstaedt.
Le lendemain de la prise de Lubeck, la grande place forte de la Prusse, Magdebourg, bombardée par le maréchal Ney, se rend. On j trouve vingt g^ néranx, seize mille hommes, les débris de crat soixante^dix bataillons , huit c^ats bouches à feu, d'immenses magasins. Les habitans , dès le principe opposés à cette giierre anti-nationale et efifrayés da bombardement oommencé par le maréchal, avaent contraint la garnison de renoncer à une défense qui tie sauvait plus Thonneur de la patrie et compromettait leurs intérêts domestiques. La nouvelle de la capitulation de Magdebourg, apportée en toute hâte à Berlin par le baron de Satnt*Aignan, aide-de-camp du prince de Neuchâtel , empêche l'Empereur de si-
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giier la paix^ né;gociée entre le maréchal Duroc et le marquis de Lucchesini. Une heure plus tard, cette paix était conclue. L'Empereur frappe la Prusse et ses alliés d'une contribution de cent soixante millions.