‹ Histoire de Napoléon (volume 3)Chapitre 24 sur 31 · DB ITA^POL^ON · texte numérisé non relu

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mois. Le message que TËmpei'eur adressa au Sénat relativement à ces nouvelles dignités commence ainsi : « Les duchés de Bénëvent et de Ponte-Corvo « étaient un sujet de litige entre le roi de Naples « et la cour de Rome. Nous avons jugé convenable a de mettre un terme à ces difficultés en érigeant cr ces duchés en fiefs immédiats de notre empire.... * C'était tout à la fois juger en conquérant et mal placer ses bienfaits.

La réunion à l'empire français et la dotation de tant de grands et de petits États en feveur des frères ou des généraux de Napoléon^dontrAngleterre se plaignait hautement , n'étaient cependant que de bien faibles représailles aux usurpations colossales qui , depuis l'expédition d'Egypte y avaient porté dans l'Inde la puissance de la Grande-Bretagne k 4o millions de sujets , subjugués et contenus par une armée de aoo^ooo hommes. Sans doute ce qui était juste pour l'Inde ne pouvait l'être pour l'Europe. Mais la guerre d'Europe ne se réveillait jamais que soldée par le cabinet de Saint-James. C'était donc à l'Angleterre que le droit des armes enlevait des provinces et des alliés : et d'ailleurs si l'équilibre de l'Europe devenait en péril par les agrégations au trône de France de ces vassalités royales , depuis long-temps cet équilibre était anéanti par cet immense empire que l'Angleterre avait élevé sur les ruines des empires du Mysore, des Birmansetdes Mahrattes. C'était l'or de l'Asie quisoldait, en Europe, la Suède, la Prusse, la Russie, l'Autriche , pour attaquer la France. En repoussant les injustes agressions de ces États, et restée maîtresse des champs de bataille eu*

ropéens ^ la FrSiBce victorieuse y ancieniie alliée de Tippoo et de Kolkar , vengeait noblement, autant qu'il en était èti elle , les injures de la dominatrice des mers, et cherobait k balalk:er sur le conttnmit ce despotisme maritime que Napoléod me pouvait combattre ailleurs%

Cependant un grand évèiieili€«it venait d'appeler TattentioB de l'Europe; le a3 janvier, Pitt avait cessé de vivre , et Fox lui succédait au ministère. Le premier avait été frappé par la mort après le plus brillant triomphe de Napoléon , dont il était l'implacable ^meiiii. Agé seulem^it de quaraftte-sept ans» Pitt en avait passé vingt-trois à la tête des affaires dé son pays. Héritier de la pkce , d'une pwrtie dea talena et de toute l'antipathie de lord Chatam , son pète, pour la France, il poussa 6e sentiment à l'etcès ef lui sacrifia rhonneur et les intérêts de sa patrie/ PlttétaM l'inventeur de ce BMHsbiavélisme^ toui' à téor destiné àeotciter et k combattre la révi^tio» fpaa^fldae. C'est lui qui tran^orma la diplomatie bttWnniqite €(tt agence de complots , qui aliBoenla la terreur , souleva la Vendée , kt ehoaa«Maerie^ arma le bras dés conspiraiem*»; qui changea etl sieaires les Drake, les Wickam , lea Spenew Sm*th , les Wjmlham* Lafoftune avait mwX servi la haine aveugle de ée Éiinistre pour la France ; toutes ses enrtrq>rises si dispendieuses tournèrent à sa confusion , sans abattre cette opîniâtretéquiétaitlé grand mobile deson caractère. En 93 ) la levée du siège de Dunkerque par le duc d'York et la reprise de Toulon ; en 1 795 « la paix de Bâle entre la Prusse et la république f celle de Hollande ,. la catastrophe dé Quiberon , la pata d'Eepa^

gne ; en 1796 , la dé£siite et la mort de Charette dans la Vendée, lapaixdekSaFdaigne, le manifeste de l'Espagne contre l'Angleterre , la paix de Naples, la soumission de la Corse; en 1797 , la paix de Campo- Formio; en 1798, l'évacuation de Saint-Domingue par les Anglais , la possession du Piémont par U France ; en 1 799, la république parthénopéenne , lia capitulation d'Alkmaar par le duc d'York, la défec'» tioD des Russes à la coalition avec l'Autriche ; en 1800, la bataille d'Héliopolis: en 1801, le traité de LunévilLe, celui de Saînt-Udephonse , les préliminaires de la paix avec la France } en 1 80a , la paix d'Amiens; en i8o5, le traité de Presbourg et le détronemeat des Boujrbons de Naples : tels étaient les trophées politiques et militaires du ministre Pitt C'était lui aussi qui, au mépris de la foi jurée, avait rompu le traité d'Amiens, et qui venait encore de coaliser la Rnssie, la Suède et l'Autriche , contre Na^ poléon. Malheureusement Pitt ne mourut pas tout entier. Fox , qui avait puissamment élevé la voix dans le parlement pour blâmer la rupture du traité d'Amiens; Fox dont l'opinion, à son retour de France^ avait été l'objet d'une sorte d'enquête ; Fox , nommé le successeur de Pitt ,. son antagoniste , devait faire présager à Napoléon un changement total de système dans le cabinet de Saintniames, et b prochaine reprise d'une négociation qui terminerait enfin la désastreuse rivalité des deux gouvernemens. Fox avait connu personnellement le premier Consul à Paris; il fut alors accueilli die Bonaparte comme le premier orateur et le plus grand homme d'État de l'Angleterre. Les importantes questions qui divisaient de-

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puis tant d'années l'un et Tautre pays avaient été traitées entre le Consul et lui dans de longs entretiens confidentiels. Le noble caractère de Fox , qui j dès Forigine , défendit contre la politique de Pitt la cause de la liberté française , avait aussi , dès cette époque, été saisi de la haute pensée d'asseoir sur l'identité des principes qui allaient régir l'Angleterre et la France, les bases d'une paix généreuse et durable. En voyant Fox rappelé au ministère si peu de temps après la session du parlement, où il avait hautement dénoncé avec son parti l'iniquité de l'infraction au traité d'Amiens et le méfait de sa rupture, Napoléon dut naturellement espérer de renouer avec l'Angleterre des relations pacifiques. I^e ministre Fox s'empressa d'aller au devant de cette espérance. Le 20 février, il écrivit au prince de Bénévènt qu'un Français était venu lui offrir d'assassiner l'Empereur : sa

lettre se terminait ainsi : « No&lois ne nous

«c permettent pas de le détenir long-temps ; mais il « ne partira qu'après que vous aurez eu le temps de a vous mettre en garde contre ses attentats.... A son « premier abord , je lui fis l'honneur de le croire esct pion. » Le prince de Bénévènt répondit le 5 mars à M. Fox , en lui rapportant les propres paroles de l'Empereur : « Je me réjouis du nouveau caractère ff que, par cette démarche, la guerre a déjà pris, et < qui est le présage de ce que l'on peut attendre d'un a cabinet dont je me plais à apprécier les principes , ff d'après ceux de M. Fox, un des hommes les plus «f faits pour sentir en toutes choses ce qui est beau, « ce qui est vraiment grand. » Ainsi la démarche de M. Fox avait obtenu tout le succès qu'il en devait at-

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tendre. Une correspondance active commença entre les deux ministres, elle arrêta les bases d'après lesquelles une négociation pouvait être entamée. Mais Napoléon ne se borna pas à témoigner à M. Fox, par l'intermédiaire de son ministre, une simple et honorable réciprocité de sentimens et de procédés, il s'empara de la question , et pour abréger toutes les lenteurs , il fit venir à Paris lord Yarmouth , l'un des plus grands seigneurs de T Angleterre, alors prisonnier à Verdun. Par une détermination que ses lettres au prince régent laissaient entrevoir, Napoléon chargea lord Yarmouth d'aller à Londres proposer au ministère ce que nous avions refusé pour le traité d'Amiens : la conservation de Tile de Malte et du Cap de Bonne-Espérance. Cette précipitation manquait de prudence; elle trahissait trop vivement le besoin de la paix que Napoléon demandait plutôt qu'il ne l'offrait. En effet ce début, tout en remplissant le vœu de M. Fox, fixa particulièrement l'attention du conseil britannique , dont les principes tendaient moins à un arrangement. Cependant, le i5 juin, M. Fox annonça au prince de Bénévent le départ pour Paris du plénipotentiaire que Napoléon semblait avoir choisi. Lord Yarmouth continua avec le général Clarke, quireprësentait la France, la négociation si heureusement commencée entre les ministres des deux cabinets. Les conférences se suivirent avec la plus grande activité , et leur résultat favorable parut encore plus assuré par le traité que M. d'Oubril signa pour la Russie , également avec le général Clarke, le tio juillet.

La France avait fiait ce traité de si bonne foi que,

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le sa juillet, le ministre de la marine prescrivit, par une circulaire , d'accuâllir désormais les vaisseaux russes en amis, aux termes de Tarticle a; l'article 3 obligeait les Russes, en Tcrtu de Tart. 4 ^^ traité de Presbourg , à remettre aux Français les Bouches du Cattaro et la Dalmatie, et, immédiatement après cette remise, la France, par l'article 7, devait, dans un délai de trois mois , rappeler toutes ses troupes ; l'article 9 rendait un nouveau témoignage de la sincérité des désirs exprimés par Napoléon à Fégard de la paix avec la Grande-Bretagne. Cet article portait que Tempereur Napoléon verrait avec plaisir l'empereur Alexandre employer ses bons offices pour fadlif er le retour de la paix maritime. Au milieu de ces négociations , Napoléon avait conclu , le 11 juillet, le célèbre traité de la Confédération du Rhin, qui enlevait à l'empereur d'Autriche son antique prérogative, et François vit passer dans les mains de ses vainqueurs , comme une conséquence du traité de Presbourg, la Confédération germanique. A la léte de cette Confédération on comptait les rois de Bavière et de Wurtemberg, les grand&Klucs de Bade, de Berg, de Darmstadt; compris dans le même ordre de choses , le prince primat déclara sa séparation à perpétuité du corps germanique , sous le protectorat de l'empereur des Français. Cette union , que l'ambition de la Russie doit regarder comme une guen?e tt-rrible, était une union armée;elle fixait les coBtingens réciproques à deux cent mille hommes pour la France, trente mille pour la Bavière, douze mille pour le Wurtemberg, huit mille pour le pays de Bade : et en tout deux cent soixante-trois mille

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hommes. Ce traité , notifié à la diète de Ratisbonne , eut pour effet immédiat la renonciation expresse de l'empereur Fi*ançois II au titre et à la dignité d'empereur électif d'Allemagne. Le prince se résigna à s'intituler empereur héréditaire d'Autriche, sous le nom de François 1^\ Ainsi finit l'empire germanique, établi par Charlemagne depuis mille ans, et à qui la diplomatie des siècles passés avait donné le nom si étrange de Saint-Empire romain.

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