‹ Histoire de Napoléon (volume 4)Chapitre 1 sur 30 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

( 9 et 10 Novembre 1799. )

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j. £ général Bonaparte fut Tivement frappé ■^de l'excès d'enthousiasme qui , à son débarquement, transporta la population de Fréjus. Cette exaltation portait un autre caractère que celte qu'avait produite la gloire du héros d'Italie; car la

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mit en route pourJ%ri|tlâVec Berthier, son chef d'état-major. B^r^étitët ;, .il ne fit que continuer un triompJaç*4^VisvÇi^0s jusqu'à la capitale. Des réceptions* extraô/vIin^î/)ÈÀJ^ ,des honneurs souverains Tattendaient a.Ai4v4^*^^ignon, à Valence, à Vienne, et surtout à^yti'tî. Des fêtes furent improvisées sur son passage par les villes et par les campagnes , et présidées par les autorités. Pendant ce voyage, l'une des plus belles époques de sa vie, il ne put doutera chaque pas qu'il n'était accueilli comme libérateur par la France : elle y mettait tant d'abandon , qu'il dut la croire dans la confidence de l'avenir. Il comprit , il accepta ces présages de succès , et arriva le i6 à Paris , non-seulement pleinement justifié à ses propres yeux d'avoir quitté le commandement de l'Egypte, mais bien convaincu qu'il n'avait fait qu'obéir à la volonté nationale. Le Directoire seul , instruit par la renommée , ou témoin lui-même de l'enthousiasme qu'excitait la présence de Bonaparte, se laissait tellement aveugler par sa confiance dans ce que l'on appelle en politique Vétat de possession , qu'il ne prit aucun ombrage des manifestations de l'opinion publique, et se disposa aussi à fêter son déserteur d'Egypte.

Après la mort de Joubert et le retour à Paris de Moreau qui venait de s'illustrer en se mettant à la tête de notre armée, engagée dans une action terrible avec les Russes , Sieyes et ses amis avaient reporté leurs vues sur ce général. Mais , à la nouvelle du débarquement de Bonaparte,.Moreau dit aux directeurs : a Vous n'avez plus besoin de moi ;• voilà l'homme « qu'il vous faut pour un mou{»ement ; adressez- vous

» à lui. » Ces paroles de Moreau donnent la mesure des combinaisons étroites du Directoire, qui croyait ressaisir le crédit et la force en faisant opérer un mouvement ; elles prouvent aussi que Moreau ne pénétrait pas mieux que les gouvernans d'alors les conséquences inévitables de cette apparition si imprévue de Bonaparte. Enfoncé dans la routine révolutionnaire , le Directoire ne savait pas ce que tout le monde sentait à Paris , ce que l'on répétait dans les salons et dans les lieux publics, qu'un parti nouveau se présentait pour dominer tous les autres : c'était le parti de l'armée , qui , n'ayant paru sur le théâtre politique qu'au i8 fructidor, allait profiter de l'ascendant qu'on lui avait donné en implorant ses dangereux secours contre une portion des Conseils et du gouvernement. Le vainqueur de Toulon, de vendémiaire, d'Italie et d'Egypte, représentait ce parti, le seul redoutable désormais; et certes, le hardi violateur des règlemens sanitaires n'avait pas brisé toutes les lois militaires et civiles pour venir offrir son appui au Directoire.

Bonaparte jugeait bien de l'effet du bulletin d'Aboukir sur les habitans de la capitale. Son arrivée fut annoncée dans tous les spectacles comme une prospérité publique. Cette circonstance seule l'engageait. Il vit que Paris était dans son secret et dans ses espérances. En effet , il fiit accueilli par une conspiration générale , et entouré tout à coup d'amitiés ou d'intérêts qu'il ne pouvait prévoir. Le lendemain, 17 octobre, il se rendit au Luxembourg, où il exposa en séance particulière la situation de l'Egypte; il déclara aux directeurs , qu'instruit des malheurs

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