GRAMD-DUC DE BERG. LA PRINCESSE PAULIVB , DUCHESSE DE GUASTALLA
MARIAGB bE LA PRtZrCSSSB STipHAlTIE AVEC LE GRAVD-Dtnc DE BADE. — ^
MB4l^Hf EU , PRIKaE OE Of EOKIHATEL. LOUIS , ROI DB HOLLANOR. BERVA*-
«SrTBtlPRIIfCE DE POBfTR^CQRVO.-^TALE^tTIIAIID, PRISOI DE BEtrÉVUTT. *^ •CORT DE PITT. ^-^ MIiriSTâRB DE FOX. — H^GOCIATlOir AVEC l'aVCLEIIERRE. COlTFBDiBATIOIf DW RRIK.
A l'époque de l'armistioe que suivit bientôt W traité de Rresbourg^ tout<e la Jaooarchie autri^ cfaiemne se trouvait occupée par les armées iimpé^ rialeâ ée France, iamais po»sessioa me fut pkis entière; jamais il n'e4t été plus vrai de dire : ia mai-i son ^Auùiche a cessé de régner. Aucune force humaine ne potivait s'élever contre une pareiUis sentence. L'empereufr de Russie fuyait rers le ^iiord avec les débris que île vainqueur lui avait iaÂssëa} générosité impoktique qui contâmuait et envenimait b lutte. Le roi de Prusse, deux fois içngagë^ €o
1 8o5 y avec la Russie contre la France , pour une guerre à outrance , avait envoyé à Brunn un ambassadeur à double face, chargé de déclarer la rupture à Napoléon s'il était battu, de le complimenter si la victoire couronnait nos armes. Les nouveaux rois de Bavière et de Wurtemberg ne devaient pas s'intéresser beaucoup au rétablissement d'un empire dont Tun était presque l'affranchi, dont l'autre était le vassal. D'ailleurs la Bavière gardait le sentiment d'une injure récente, et sa destinée se trouvait tout à coup attachée à celle de Napoléon par le mariage de la princesse royale avec son fils adoptif. Toute l'Italie allait devenir française ; l'ordre de détrôner la famille de Naples était parti de Schœnbrunn. L'Espagne ne cherchait nullement à favoriser l'Autriche. Le Portugal , soustrait à l'influence de l'Angleterre, avait assisté par une ambassade extraordinaire au couronnement de Milan et à la réunion de Gènes. Paris avait éteint les foudres du Vatican : jamais la puissance spirituelle des papes ne parut plus incertaine qu'à cette époque. Une négociation avantageuse pour la France se discutait dans le divan. Il ne restait donc actuellement en armes contre elle que * la Grande-Bretagne ; et peut-être le Danemarck voyait-il avec plaisir, appuyé qu'il était sur l'amitié de la France, la Suède, plus continentale que maritime , s'aventurer dans une querelle que la Russie terminerait au détriment de son allié. Napoléon fut , pendant le mois de décembre 1 8o5 , non l'arbitre , mais le maître du continent , et le possesseur de toute la puissance autrichienne. Le maréchal Bernadotte occupait la Bohême, qui, de même
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que la Hongrie, avait été ostensiblemeùt opposée à la guerre. Le maréchal Mortier était placé en Moravie ; le maréchal Davoust tenait Presbourg pendant le traité; le maréchal Ney gardait le Carinthie; le gé néral Marmont la Styrie; le maréchal Masséna la Carniole ; le maréchal Augereau la Souabe. Le prince Eugène allait prendre le commandement suprême de toutes les troupes stationnées dans les États de Venise, devenus italiens, et dans le royaume d'Italie. Le général Saint-Cyr marchait à grandes journées sur Naples, et avec lui le nouveau roi, le prince Joseph , à qui Napoléon avait donné l'investiture de cette infaillible conquête. Quelle voix eût osé s'élever alors en faveur de la maison d'Autriche, agressive au sein de la paix , de l'Autriche liée déjà à la grandeur de Napoléon par le traité de Lu né ville, et par la reconnaissance de son titre impérial ? Une seule voix sans doute, celle de la Grande-Bretagne, et elle se serait brisée sur les côtes de l'Europe, qui bientôt vont lui être fermées. A Paris, en i8i4> la maison d'Autriche a-t-elle défendu la cause de son gendre, qui, à Prague, s'était livré à elle, dans l'espoir qu'elle sauverait à son tour son généreux libérateur? Non assurément; cependant François, en adoptant cette conduite , n'aurait encore que faiblement acquitté la dette de Presbourg. Car à Presbourg Napoléon était seul ; il avait été attaqué , il avait vaincu; et par cette agression si subite, si violente dans ses effets, si terrible par son pacte, on l'avait réduit à la justice de la vengeance. Alors aussi, au lieu d'un lien de famille, il n'existait entre François II II. 22
33ft^ HlftXOlAS
et Napoléoa qug la gijierve d'invasion et le canoa d'A,i)$tprljt^!
Le i*** janvier ii^o6, le pont du. Jardin des^Piasles^ nommé pont d'Austerlit^ , fut ouvert au puUic^ yoilà 1^ prem^ier, ipoqpment qui consacra. la souin&« nlr d'une victoire dç; NapoLépn, mais il ne. resta pas. le $eu]| dest^xç. ài perpétuer, celle d'A|UsterUt& ^e dQnn^ bie^itôt.cei nom • à un village, qu^ l'<Qa bâtit^ aufji^Ô^ df^.U Salp^l^rière y sur le boulevart/du Judmt d$is P^âmtes« Bientôt 1^ biroQze- russe ett autriehieB) forma 1^ qolopne de la pUce Yendome, le plus beau trophée qui ait jamais, même dans les temp&aDciens^ été dédié à la gloire d'un^raivd «capitaine au sein de la capitale d une grande nation. La bataille d'Austap* litz e$f: le prem|çr fait d'^^m^s^ de Tbistoire^ depuis la^ bataiHe^d'Acti,\uu, dont e^Is^, pouvait aussi renoayet. lejr.la fortupei» si, p^r. un pencbfanti ineKpitcaJb|e et d^v^nu depuis bien fatale Napoléon n'jeut montoé^ pç^ur r^ut riche. une. faibl^^sQ>qui ne. s'e&t jamais >dé^ n|(çntie.
Aprçf. ayçir régira ^hjgenbçuAP )QsiQtérétsd'tin0<* hau^te iojiportapçe ,qMi l'y. ayai^t retenu , quelques^ joufî^p N^çléw PSrlHnPOup Munich), ouiil arriva Je.. 3ij déç!e>ïiit)i:e. La ^lOMveUeî anné^ fut inaugurée dans, cette viHe^pi^rlaprodamation diji prince» MnjLimiUpib. jQ^ph,à son, . avè^çw^^ , au. tnànQ.. Mujjich i vifci aqssi, célébrer le^maïiia^ge du.prince £ug^n^$ et :dei.la prinpeîisq ï^Qyale,, a\ec la^^plu^ brillante sQ^enfiit^^ en. préîienpe,de Napo)é<?^^ Lç m^réçbal ^ertUfeç, devenu. prjjQce sQjLiyerain dç N^ycbât^l, épou^ pçe nièee dUj rpi.^ L'Epipereur écrivit aux iSépat pQW lui fair#:
f)£ NAPOLÉ017. 33g
part du traite de Ppesbpurg^ dont ^1 ordo^pna^^la j^ublicàliôiti icpmme loi de l'empire. Il instruisit égale-, ment le Sénat du mariage. du vicç-roi q Italie, et. dés faveurs éclatantes qu'il venait d'accumuler sur ce pnnce. De Munich Napoléon se rendit à Stutti gard , ou il reçut les mêmes hommagres du roi de , Wurtemberg, et de là à Carisruhe, à la cou.r de, Bade, quun nouveau lien allait bientôt .attacher a. laTrancé. Lé 26 janvier, l'Empereur et l'Impératrice éfaierit de retour à Paris. . . r. >
Le ao , le Sénat a décrète un monument à Napoleon-ié-Grand.' . . v». s
Le 3 tevner, la Porte-Ottomane, maigre soi;i,al-., liance avec la Russie, malgré 1 influence du cabinet , britannique, reconnut Napoléon empereur des Français.
Le i5, un décret ordonne une expositiop des^ pfÀdiiits'clê l'industrie française pour le 2 5 mai,.
époque des fêtes qui auront lieu en l'honneur des triômpnes dé la grande armée. L heureuse idée d'as-
complète dans Tinstitùtion de la Légion;<i'HonnjBur, destinée à récompenser toutes les supériorités et tous^ les services; la 'même pensée avait éclaté aussi dans la fondation des prix décennaux. Quatre dispositipqç inspirées par cet esprit d'union des illustrations tp^- ^ litaifes et civiles , furent également publiées daps le,, mois de février. Le jq, un décret prescrivit la célébratîon de la fête de saint Napoléon 1 et de .celk du rétablissement du culte catholique, pour le i5 août
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de chaque année , jour de FAssomption et époque de la conclusion du Concordat. Par le titre a , l'anniversaire du couronnement et celui de la bataille d'Austerlitz seraient célébrés le premier dimanche de décembre. Le 20 février parut un autre décret, qui, en consacrant Téglise Saint-Denis à la sépulture des empereurs, ordonnait d'élever dans celte église trois chapelles aux cendres royales des trois races. Le même décret rendait au culte catholique la basilique de Sainte - Geneviève , lui conservait la destination que l'Assemblée constituante avait £ait graver sur son frontispice ; Aux grands hommes la patrie reconnaissante ; les caveaux de ce temple devaient recevoir aussi les cendres des divers dignitaires de Tempire.
Ce qui fait que Napoléon exerça jusqu'en 1812 un empire absolu sur les volontés et sur les sentimens des Français ; c'est qu'il ne négligeait aucune occasion de revêtir sa gloire personnelle des hommages dus à la patrie; mais quand les malheurs furent portés à l'excès , le découragement prit subitement toute la place que l'admiration occupait. La France, voyant que son héros n'était point invulnérable, se crut blessée à mort. Comme il ne pouvait plus la défendre au dehors, elle n'essaya point de résister chez elle aux peuples qu'elle avait vaincus avec lui. La confiance d'une nation est plus tyrantiique que la loi dé celui dont elle a embrassé la fortune; car elle veut que celle fortune dure toujours.
Le a4 février , l'Empereur apprit au spectacle Ventrée de son armée dans le royaume de £{aples«
Talma reçut ordre d'annoncer cette nouvelle après le premier acte d^Àthalie, Le Moniteur publia cette circonstance en rappliquant à la fameuse reine Caroline d'Autriche, et l'accompagna de considéra- ^ tions que le temps actuel a rendues la leçon des rois . de TEurope. « Le sceptre de plomb de cette mo- ' « derne Athalie vient d'être brisé sans retour. Le a plus beau pays de la terre aura désormais un gou- « vernement ferme , mais libéraL L'Empereur réta- « blira le royaume de Naples pour un prince fran- « çais ; mais il le rétablira fondé sur les lois et l'intérêt « des peuples , et sur le grand principe que l'existé tence du trône , l'éclat et la puissance dont sont « environnés les souverains, la perpétuité du pou- « voir et l'hérédité, sont des institutions faites pour <c le service et l'organisation des peuples... » Le i5 , le prince Joseph était à Naples. Gaëte , où commandait le prince de Hesse , avait refusé la capitulation offerte par le général Reynier. Cette forte place ne se rendit que le i8 juillet au maréchal Masséna.
Napoléon ouvrit , le 2 mars , avec la plus grande solennité, la session législative. Son discours renfermait ces traits remarquables...
ce Depuis votre dernière session , la plus grande « partie de l'Europe s'est coalisée avec l'Angleterre. « Mes armées n'ont cessé de vaincre, que lorsque je « leur ai ordonné de ne plus combattre... La maison « de Naples a perdu la couronne sans retour. La « presqu'île de l'Italie tout entière fait partie du grand <t empire. Tai garanti , comme chef suprême , les H souverains et les constitutions qui en gouvernent les « différentes parties. La Russie ne doit le retour des
3/|a HISTOIRE
a débris de son armée qu^au bienfait de la capitula- « tîon que je lui aï accordée.' Maître de renverser le a trône impérial d'Autriche, je Tai raffermi. La con- '«' duite du cabinet de Kienne sera telle que la postera rite ne me reprochera pas das^oir manqué de iipT^ifoyance, J'ai ajouté une entière confiance aux «protestations qui m'ont été faites par son souve- « "rain. Uàitleùrs les hautes destinées de ma couronne a ne dépendent pas dès seniimens et des dispositions "ce des cours étrangères. Je désire la paix avec TAn- « glèterre : de mon côté , je n'en retarderai jamais le «'moment. Je serai toujours prêt à la conclure en
ff prenant pour bases les stipulations du traité d'A-
a mietis... »,
(Cependant , malgré la paix dePresbourg, le commissaire impérial' Ghisliei*! et le général autrichien •lëràdi livraient *, lé 4 mars , aux Russes les Bouches au Cattaro. Le général fut désavoué par son souverain ; nààis il résulta dé cette étrange conduite la coritînuatYon des hostilités entre la France et la Russie , dans le midi de l'Europe. Les Français gardèi^ént lâ ville de tiraunàujùsqu'à ce que l'Autriche obiïtii rfe là' Russie la remise aux troupes françaises des Bouches du Cattaro.
^" t.é 6 mars , M. dé Hâugwitz signa à Paris le traité qui, en vériu de la convention provisoire de Vienne, én'daie'du i^ décenibre dernier,' donnait à la Prusse ïés'ÊVàts de Hanovre. Ce traité sans bôniie foi comme tous ceux de ce gouvernement, a qui les doubles hêgociatîons ne sont' pas plus étrangères qu'à l^Àutriche , ce 'traité attira d'abord sur lés ports de la ï^riisse Témbargo britannique; et, la même année,
DE WAPÔLIÉON. 343
aboutît à une guerre qui tout à coiip surprit la
^ J.hittcè et renversa la Prusse eh un moment. Cette 'ï., ôissàftce avait cependant vu de bien près là victoire
-•)*'"}Austerlitz.
'' . Lès prottiotions souveraines se continuaient au
" P^ liftfiddés Tuîlériei. L'Empereur avait écrit le 4 mâi^
''*^'l àéhàt, qu'il adoptait la princesse Siéphaniè ,
^^ ^ éce de llttipéràtHce , et qu'elle ^tait fiâhcëe au ^:^ -and-duc de Bade. Le mariage se célébra le 8 , danis [.^<^'* i^hàpelie du palais impérial.
}. ^' lie 1 5 , uii décret prononçait en faveur du prince : t3^ 8rat là cession en toute souveraineté deà duchés .^f^ eWes et de Berg.
^çfi^'^le 3o, uii rtouveaù décret réunissait au tôyaîùfmè
.tàlie les États de Tenîse , ei érigeait eti duchés les *
.^il^Wincèsde Dalmatîe, Istrie, Frioul, Cadore, Beï-
> rt '^ f^é , Côtlegliano, Trévise, Feltre, Bàssano , Vicencé ,
.^,'^^^ëùive et Rôvigô. Un autre décret conférait défini-
>i^^'ëttieiit an prince Joseph le royaume de' Naples. À
-.-^^^-te époque eûcôrè, rÊmperéur donnait lé ductie
.^^îfi^' Gn^tallâ à là princesse Pauline Bol^ghèse, là
;^y^\l^^[tttï^\xlé de Neuchâtel au maréchal Berfhier ; en-
^^ï^f^^itle pays de Màssa-Càrrara dans la principauté
^'iiij tf^Liaîcques , faisant un dkiché de Massa-Carrara , et
ci*éait tfrois autres diaiis lés duchés dé Parme et'
12 lifl^^ Plaisance*: tbus- ces duchés portaient la'qtlalifi- -^fro^^xon de grands fieft dé l'empire; lé décret de léut' ^^r,io^^^iè{jâ\on atfectait le quinzième de leur revenu aux ,'^/zf>^^^ilairés que TEitipereur devait désigner: \ji,H^^ \é' ^7 avril , lé roi de Suède , malheurèUi chéva-
oang^'^f de la toali^|i*i^^^dàre Ik' guerre au roi dè^ .ir \es A^Hugur's^én^ dé Mefct'^r b t^de flatiovre ,
344 UISTOIRS
qui lui a été cédé parle traitédePresbourg. Ce prince luarchê insensiblement à sa perte entre les deux puissans alliés dont à chaque occasion il embrasse aventureusement la querelle. Cependant , par leur intervention, des négociations se continuent entre les deux rois; mais cette déclaration de guerre sert de voile à une autre intrigue dont le dénouement devra peser dans la balance de TËurope, bien plus encore que le traité de Presbourg.
Le mois de mai vitpromulguer l'ensemble du Code de procédure civile et le décret de fondation de TUniversité impériale. Le général Lauriston prit possession delà ville de Raguse. L'^électeurarchi-cbancelier d'Allemagne nomma, avec Tagrément du Saint- ^ Siège , le cardinal Fesch pour son coadjuteur et successeur. Au milieu de ces circonstances^ un traité qui déférera la couronne de Hollande au prince Louis a été signé , le ^4 mai , entre la France et la Hol lande. Le 9 juin ce traité donna lieu à une ambassade extraordinaire des États; elle vint demander à r£mpereur , ^u nom du peuple hollandais, le prince Louis pour roi. Un message impérial , présenté au Sénat par l'archichancelier de l'empire, suivit immédiatement cette démarche , et le priiice Louis prit le titre de roi de Hollande. Le même jour Napoléon ratifia la disposition de Tarchichancelier d'Allemagne, qui adjoignait à l'électorat le cardinal Fesch.
Le 5 juin le maréchal Bernadotte et M. de Talleyraud,. grand-chambellan et ministre des relations extérieures , avaient reçu la souveraineté , l'un de la principauté de Ponte-Corvo , l'autre de celle de Bénévent, dont il portait le titre depuis plusieurs
DB NAPOLlêON. ' 345
mois. Le message que TEmpei'em* adressa au Sénat relativement à ces nouvelles dignités commence ainsi : « Les duchés de Bénévent et de Ponte-Corvo ccétaiqnt un sujet de litige entre le roi -de Naples « et la cour de Rome. Nous avons jugé -convenable a de mettre un terme à ces difficultés en érigeant « ces duchés en fiefs immédiats de notre empire.... » C'était tout à la fois juger en conquérant et mal placer ses bienfaits.
La réunion à l'empire français et la dotation de tant de grands et de petits États en faveur des frères ou des généraux de Napoléon,dontrAngleterre se plaignait hautement y n'étaient cependant que de bien faibles représailles aux usurpations colossales qui, depuis l'expédition d'Egypte, avaient porté dans rinde la puissance de la Grande-Bretagne à 4o millions de sujets, subjugués et contenus par une armée de aoo,ooo hommes. Sans doute ce qui était juste pour l'Inde ne potivait l'être pour l'Europe. Mais la guerre d'Europe ne se réveillait jamais que soldée par le cabinet de Saint-James. C'était donc à l'Angleterre que, le droit des armes enlevait des provinces et des alliés : et d'ailleurs si l'équilibre de l'Europe devenait en péril par les agrégations au trône de France de ces vassalités royales , depuis long-temps cet équilibre était anéanti par cet immense empire que l'Angletarre avait élevé sur les ruines des empires du Mysore, des Birmans et des Mahrattes. C'était l'or de l'Asie qui soldait, en Europe, la Suède, la Prusse, la Russie , TAutriche , pour attaquer la France. En repoussant les injustes agressions de ces États , et restée maîtresse des dhamps de bataille eu-
346 HTSTOIRE
ropéeni 9 la France victorieuse , ancîeime alliée de Tippoo M de K^olkar , vengeait noMement, autant qu'il eu était eti elle , les injures de la dominatrice 4es men , et cherchait k balancer sur le continent ce despotisme maritime que Napoléon ne pouvait combattre ailleurs»
Cependant un grand événement venait d'appder l'attention de TSurope; le a3 janvier, Pitt avait cessé de vivre , et Fox lui succédait au ministère. Le premier avait été frappé par la mort après le plus brillant lrioQiph« de Napoléon , dont il était Vimplaca\ik ^UAeiaî, Agé seulement de qnarânte^sept ans , Pitt en avait paasé vingt^rois à la tête des affaires de son pays. Héritier de la place, d'une partie des talenset de tau te l^antipathle de lord Ciaatfnn , son pève, pour la France , il pcms^a ce smtimeart à Vescéi^ et hri sah Cffifia rhanneuf et ka intérêts de sa patrie; Vlm était Vinventeurdaee machiavélisme ^ touv'à tcait destiiaé k etccitw eft à combattrei la révKakrtimf françi^ C'asA lui qin. ttansfaroi^ ks diplomatie britanBriqm fiiî ag^nce^^ ^. Q(HnplotB, .Q||ai alimenta la ten^eor, soukfva la YcHsdée , la chouannerie, ara^ Ik bi^a's>d« c^wapÂfateuJTSf qm diangea eni sicaîres les^ Dralte, les Wic](Am ,. téfl^ Spencer Snith> les- WyndhaiB]!. Lafo^ liine avaifr mai) servit ki^ haine: avei^te de ce miniism fmèV' la Fnaaoe^; loutest ses- entmpriËHBs si dièpendieuses t9iiiinèffen4)à sa ccHi&isibn , sans abattre œtlB opiini&lire^éqftiiéilnit^gmndvmobile dé9onc%rac«èiie: JSXk 9^> 1a l^vée dUi siàge' de Dunkerque par le» ém 4<yQi^ et la neprise de! Touloin ; en^ i-^gS, la^paibrd» Sale e^lUre Ift Prusse: e tt lia; népublique, celle d^e^UbllaiRkdi^iv Ift; cattistarofriae deiQiiibeFani> 1«^ pai» d'ibp
DE JVA.P0L^01V. 347
gne ; en ,1796 , la défaite et .la,aiort de .Charett,e d^^ la Vendée , la paix de la Sardaigne , le ^^pi/este de l'Espagne contre l'Angleteirre , la paix de Napje? , I9. soumission de la Corse ; en 1 7^7 , la paiy de Qii^çr Formio; ^n 1798, révacuation ,<jLe S^t^nt-po^jûngl^ç par les Anglais , la possession ^u Piémont p^r I9 France ; en 1799, la répuJ)Uque f^tJ^ppéennp , \^. capitulation d'Alkmaar par le duc 4'y9'*?^> ^ft défecr tion des Russes à la coalition ^ivjec l'4.^triche ; en 1800, la bataille d'Héliopolis : en 1801, Ip traité i^e Lunéville, ççlui de Saint-Ilclephopse , Jes préliminaires ^e la paix avec la France ;, en i8oa, la p^ii^ d'Amiens j en i8o5, le tri^ité de Presbourg ^t|p 4|Ôtrônemept de^ Bourbon^ de Naples : tels étaient les trophées pQliJtiques et militaires du ipipjstre Pitt. C'étgi): lui aijssi qui, au mépris de la foi jurée, avait rompu le traité d'Aipippis», et çpi] venait encore d-c^ coaliser la Russie, la Suède pt l'Autriche, contre I^^7 poléon. Malheureusement Pjltt ne ipouri^^ pa,s to^Ç entier. Fçx , qui avaif puissamment élevé la voii^ dans le parlement ppur blâmer la i*iip.t;vre du ^r^^é a'Àmiens; Foxdo|ptropin|i9n, à spn rjetp^u^djC Frappe,, avait été l'objet d'une so^^tç d'eiiqu^çte} Fox , noni,^i4 Iç successeur de l^itç , 591? antagoniste , devait fi^rçi présager à Ifapolépn n^n cha^gem^ent to]Çal ^ç système) dans le cabiqet de Saijpt-^aines., çt la pi'.ochftine i;çprise d'une négoçiatipu (jui termifters^itj en^n la, désastreuse rivalité des d^ç.ux govivçrnejnjieus. Fpx s^y^^t^ connu personni^lleçient. le p^'emier. Cçnçîul 2^ Çari? i, il fut alors accueilli dp Bopapartç comme, le preijfjf^^r, orateur et le plus grand homme d'État de l'Angleterre. T^s importantes questions, q^i dixû^j[ent d^
348 UISTOIRV
puis tant d'années l'un et l'autre pays avaient été traitées entre le Consul et lui dans de longs entretiens confidentiels. Le noble caractère de Fox , qui, dès l'origine , défendit contre la politique de Pitt la cause de la liberté française , avait aussi, dès cette époque, été saisi de la haute pensée d'asseoir sur l'identité des principes qui allaient régir l'Angleterre et la France, les bases d'une paix généreuse et durable. En voyant Fox rappelé au ministère si peu de temps après la session du parlement, où il avait hautement dénoncé avec son parti l'iniquité de l'infraction au traité d'Amiens et le méfait de sa rupture , Napoléon dut naturellement espérer de renouer avec l'Angleterre des relations pacifiques. Le ministre Fox s'empressa d'aller au devant de cette espérance. Le ^o février, il écrivit au prince de Bénévent qu'un Français était venu lui offrir d'assassiner l'Empereur : sa
lettre se terminait ainsi : « Nos lois ne nous
a permettent pas de le détenir long-temps ; mais il « ne partira qu'après que vous aureîs eu le temps de « vous mettre en garde contre ses attentats.... A son « premier abord , je lui fis l'honneur de le croire es- « pion. » Le prince de Bénévent répondit le 5 mars à M. Fox , en lui rapportant les propres paroles de TErapereur : « Je me réjouis du nouveau caractère « que, par cette démarche, la guerre a déjà pris, et a qui est le présage de ce que l'on peut attendre d'un <t cabinet dont je me plais à apprécier les principes , a d'après ceux de M. Fox , un des hommes les plus «faits pour sentir en toutes choses ce qui est beau, « ce qui est.vraiment grand. » Ainsi la démarche de M. Fox avait obtenu tout le succès qu'il en devait at-
DE NAPOLiOir. 349
tendre. Une correspondance activç commença entre les deux ministres , elle arrêta les bases d'après lesquelles une négociation pouvait êtr^ entamée. Mais Napoléon ne se borna pas à témoigner à M. Fox, par l'intermédiaire de son ministre , une simple et honorable réciprocité de sentimens et d« procédés , il s'empara de la question , et pour abréger toutes les lenteurs , il fit venir à Paris lord Yarmouth , l'un des plus grands seigneurs de l'Angleterre, alors prisonnier à Verdun. Par une détermination que ses lettres au princfe régent laissaient entrevoir; Napoléon chargea lord Yarmouth d'aller à Londres proposer au ministère ce que nous avions refusé pour le traité d'Amiens : la conservation de l'île de Malte et du Cap de Bonne-Espérance. Cette précipitation manquait de prudence ; elle trahissait trop vivement le besoin de la paix que Napoléon demandait plutôt qu'il ne l'offrait. En effet ce début, tout en remplissant le vœu de M. Fox, fixa particulièrement l'attention du conseil britannique, dont les principes tendaient moins à un arrangement. Cependant, le i5 juin, M. Fox annonça au prince de Bénévent le départ pour Paris du plénipotentiaire que Napoléon semblait avoir choisi. Lord Yarmouth continua avec le gênéralClarke, quireprésentait la France, la négociation si heureusement commencée entre les ministres des ' deux cabinets. Les conférences se suivirent avec la plus grande activité, et leur résultat favorable parut ^ encore plus assuré par le traité que M. d'Oubril signa ' pour la feussie , également avec le général Clarke, le ao juillet.
La France avait fait ce traité de ^i bonne foi que ,
35o HISTOIRE
lé 2ti juillet, lèf midistré dé la marine prescrivit, psur une cirèulki^e? , d'accueillir désormais les vaisseaux russes en amis , artx termes de l'article 2 ; l'article 3 oVligeait'Ie^ Russes, en vert ù de iWt. 4 au traite Je Phesbout'g , à^remettre aux Français les Bouches Ju Cattarb et'là iTalmatie, et, immédiatement après cette rëtnise, là Finance; paf l'article 7*^ devait,' dans i/ntJélat de" trois nioiâ , rappeler toutes ses troupes; l'âHicle 9' reildait uïi' nôu^ëaiï témoignage de la sincérité dè^'déSits ekpriiiiéà' par Napoléon à l'égard de' là- pài'i avec; la Grande-Bretagne. Cet article portait que riBtîi^erèUi*'Nàpoléotf verrait avec plaisir l'èinp'èreut^ Alexandre' etnpl6yer ses Lons^ ofÉces pour faciliter le retottï de' la paix maritime! Au milieu de ceS'négbciatibns ; Tïtipolôori avait conclu , le 12 jùîllëtV lé 'célèbre* tMlté'de' la Cbnredératioii duRhib, qtiî ehléVait à l'femperetit d' AÙtncHe son antique pré^^ rogative, et Frailçois vit passer dans les mains de sé^' Vainqueurs, comtrié une conséquence du traité de ■ Présbourg , la! Confédération" gefmàriîque.' A la tété de cette 'Confédération oh cotnptàit les rois de Bàviëré et de Wurtemberg, les gridrids-diics deBade^ de' Bérg, de Darmstadt; compris dans le même ordre de' choseîi , le prinée primat' déclara sa séparation* à |)erpétuité dii Corpà germanique , sous le protectorat de rémpei^etir des Français. Cette union , que l'ambition de la Russie doit régarder comme une guei^ré terrible, était iiné union ârméè;elle fixait les côntthgerià "rédproq^ues à deux cent mille hoinmes pour la Fraricte i' trente mille poiir la Bavière* douze mille pour le Wurtemberg, huit mille pour le pa^s de'BWèM etWtdut detti ceiit soîxantê-trbïs mafe
DE ICAPOL^ON- 35 1
hommes. Ce traité , notifié à la diète de Ratisbonne , eut pour effet immédiat la renonciation expresse de l'empereur François II au titre et à la dignité d'empereur électif d'Allemagne. Le prince se résigna à s'intituler empereur héréditaire d'Autriche, sous le nom de François P'. Ainsi finit l'empire germanique, établi jpar Charlemagne depuis mille ans, et à qui la diplomatie des siècles passés avait donné le nom si étrange de Saint-Empire romain.
Flir DU LIVRE HUITIÈME.