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La prise de Magdebourg ^t celle de Lubeck terminent la campagne de Prusse, proprement dite, par la possession totale des États héréditaires de la maison de Brandebourg; toutefois la conquête de la monarchie n'est pas complète; il reste à envaiiir la Silésie et la Pologne prussienne. Cette dernière province va devenir le théâtre de la guerre. Le roi a réuni au-delà de la Vistule les débris de son armée. C'esl là aussi que ce prince attend son allié du Nord. La Russie n'a pu croire qu'en six semai nés le royaume tout militaire de la Prusse se verrait entièrement occupé et désarme. Elle pense arriver à temps en montrant ses drapeaux dans les premiers jours de novembre : mais les Français, qu'aïuîun obstacle ne pouvait plus arrêter, continuaient leur marche vie*
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torieusc. Le g novembre, la capitale de la Haute^ilésie, Glogau, investie parle prince Jérôme, traitait pour sa reddition. Le lo, la capitale de la Grande- Pologne , Posen , recevait dans ses murs le maréchal Davoust. Les Russes touchent enfin le terrain que Napoléon , parti des bords du Rhin le !«' octobre, est venu leur préparer sur ceux de la Vistule. L'armée russe , qui forme à elle seule toute la coalition depuis la destruction de son allié et la disparition des troupes suédoises, arrive le ii dans le faubourg de Varsovie , dans ce faubourg de Praga dont les habitans n*ont pas oublié le massacre de toute une population par ces mêmes Russes, qu'ils son Uoiq d'accueillir comme des libérateurs. Le lendemain, le générul Beningsen, dont le nom s'at!ache aussi à un fatal événement , entre à Varsovie , où ses troupes ne doivent pas rester long-temps.
Cependant il venait de résulter des négociatîoDs suivies entre le grand-maréchal Duroc et le marquis ^e Lucchesini une suspension d'armes, par laquelle le roi de Prusse s'engageait à faire remettre aux Français les places non encore soumises. La convention a été signée le l6 à Charlottembourg ; en attendant la ratification de Frédéric , la guerre va forcer d'ouvrir les portes de ces villes abandonnées à elles seules au milieu de l'occupjation française. Le même jour, le général Loison prenait possession , au nom du roi de Hollande, des pays de Munster, d'Osnabruck, de Lingen, de Teckembourg. Le i8, Czenstochau, place forte à l'extrémité de la Pologne prussienne, capitula. Le 19^ le maréchal Mortier prenait: aussi possession de Hambourg pour l'Empereur. C'est la
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guçfre anglai&ç qw'U soutien sur to;it le littoral de la mer du Nord et; de la Çaltiquç, Bréipe , les duchés de Mecklenbourg, 1^ Hs^uovre sqpt occupés. Peu de jours après ^ un embargo gépéral ferme l'Elbe el le Weser, ç^ii^si que ^es ports ci-devant i^uséatiques , au compierce des eupemis de la France. Deux décrets sortis de Berlin les menacent tous à la fois : l'un organise les gardes nationales de France, et appelle à laforma^ipn de ^urs cohortes les citoyens de vingt à ^ojixiinte ^ns * ^ojLt pour le service intérieur,, soit pour Iç service actif; l'autre , du ai novembre, crée lefnçn^çux système continental, qui déclare les Ues Britanniques en ét^t de blqçus, et applique la saisie à toute marchandise anglaise , à tout Anglais , trouy^s sur le territoire de la France, sur celui des pays qu'elle a conquis et de ceux qui reccMiUdissent la domination de ses alliés. Ce décret va remuer le monde : rébranlemei^t qu'il cau^e tout à opup ep Europe est incalculable. On regarde d'abord copfune un gr^i^d acte de viplence , pu çpra.me une grande hérésie politique, ce^te étonnante disposition : mais Napeléon sait qu'il a frappe j^ste. Çn effet, sans la guerre d'Espagne , sans celle de Bnssie , suscitées et ulinieqtées toutes deux par l'Angleterre pour combfiUre ce décret de Berlin, deux années de plus du blocus continental détruisaient la puissance britannique. !Çlle seule en Europe connaît tout son danger, surtout dès qu'elle a vu toutes les villes anséatiques et les fleuves du Nord et de la Baltique au pouvoir des Français. A présent la guerre que la Grande-Bretagne a excitée va peser sur elle; et, pendant buit ^ns, elle subira la rigueur du séquestre européen* ^
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L'occupation de la Prusse continue. Hameln se rend par capitulation avec neuf mille hommes de garnison et des magasins considérables ;Nieuhourg se rend également; la forteresse dq Plaffenbourg, en Franconie, ouvre aussi ses portes. Le aS , Napoléon quiite Berlin pour se porter sur le lieu des nouvelles opérations militaires; le vainqueur d'Austerlitz veut montrer à Alexandre le vainqueur d'Iéna. Le 27, il est à Posen. Le lendemain, le grand-duc de Cerg entre à Varsovie. Le général Beningsen a refusé la bataille qu'on lui présentait, et repassé la Vistule dont il a brûlé lepont derrière lui. Le i* décembre, Napoléon adresse à son armée la proclamation suivante :
« Soldats!
« Il y a aujourd'hui un an , à cette heure même, <c que vous étiez sur le champ mémorable d'Austera litz. Les bataillons russes épouvantés fuyaient en « déroute ou, enveloppés , renflaient les armes à « leurs vainqueurs. Le lendemain, ils firent entendre « des paroles de paix : mais elles étaient trompeuses. « A peine échappés, par Teffet d'une générosité peut- « être condamnable, aux désastres de la troisième « <ioalilion,ilsen ontoiirdi une quatrième. Mais l'allié « sur la tactique duquel ils fondaient leur principale « espérance n'est déjà plus! Ses places fortes, ses capi- « taies, ses magasins, ses arsenaux, deux cent qiiatre- <f vingts drapeaux, sept cents pièces de bataille, cinq « grandes places de guerre, sont en notre pouvoir. « L'Oder, la Wartha , les déserts de la Pologne , les
« mauvais temps de la saison , n*ont pu nous arrêter a un moment. Vous avez tout bravé, tout surmonté; a tout a fui à votre approche.
« C'est en vain que les Russes ont voulu défendre « la capitale de cette ancienne et illustre Pologne : a l'aigle française plane sur la Vistule. Le brave et ce infortuné Polonais, en vous voyant, croit revoir <it les légions de Sobieski de retour de leur mémoracc ble expédition. Soldats! nous ne déposerons point ce les armes que la paix générale n'ait affermi et «c assuré la puissance de nos alliés , n'ait restitué à a notre commerce sa liberté et ses colonies. Nous « avons conquis , sur l'Elbe et l'Oder, Pondichéry , <c nos établissemens des Indes, le cap de Bonne-Es- « pérance, et les colonies espagnoles. Qui donnerait « le droit de faire espérer aux Russes de balancer les « destins? Qui leur donnerait le droit de renverser a de si justes desseins P^Mo: et nous ^ ne sommes-nous a pas les soldats cïjiusterlitz ? »
Cette dernière phrase est sublime de pensée et de sentiment. Napoléon avait au plus haut degré l'éloquence de ses propres actions. Son armée faisait dans ses proclamations un cours de politique assez complet , pour qu'elle pût comprendt'e les causes et le but de la guerre qu'elle soutenait avec tant de valeur. La France était mise également daiîs toute la confidence des griefs de l'Empereur contre ses ennemis.. Ainsi, dans son message du;ii novembre au
Sénat, il avait dit:a Aussi, malgré notre
a situation triomphante, nous n'avons été arrêtés
« dans nos dernières négociations avec l'Angleterre,
« ni par l'arrogance de son langage , ni par les sacri-