‹ Histoire de Napoléon (volume 4)Chapitre 25 sur 30 · II · texte numérisé non relu

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« fices qu'elle a voulu nous imposer. Vik de Moite ^ V à laqudle s'attachait pour ainsi dire i'bonneur de « cette guerre , et qui , retenue par l'Angleterne au

«mépris des traités^ en était la première cause, a nous l'aidions cédée. Nous avions consenti à ce qu'à « la possession de Ceyl^n et de l'empire du Mysore m l'Angleterre Joignit celle du cap de BonneEspé-

« ranœ*., »

Il n'est plus permis de douter, après ces deux concessions des deux clauses fondamentales da traité d'Amiens , d'abord que Napoléon n'èiit roula sincèrement la paix , ensuite que cette paix générale n'eût été conclue si Fox avait vécu !

Les grandes situations inspirent les gmndes idées. Ce fut encore de Poscn que le a décembre , Napo* lëon décréta que sur l'emplacement de la Madeleine serait élevé un monument dédié à ses braves , aVee cette . inscription : V Empereur Ntapoléon aux soldats de la Grande Armée. Là devaient être tracés, sur des tables de marbre , les noms de tous les gUer- Hers qui avaient assisté aux batailles d'Ulm , d'AuS»terlitt et d'Iéna, et sur des tables d'or massif les noms de ceux qui étaient morts sur les champs de bataille y etc., etc. Sous une république, l'inscriptîoii eut porté : Aux armées ia Patrie reconnaissante; les noms des braves eussent été gravés sur la pierre, et le monument se serait élevé ; mais le décret: tie la Madeleine fut i^du au milieu de la victoire , dans une capitale de reônemi et le jour anniversaire du couronnement et de la bataille d'Austerlitz. Il devait offrir l'empreinte du génie qui le publiait à une si nïémorable époque , et rencontrer dans la magnifi-

i^ënœ âé ises dispositions , kiéh ihôihs poùHahi que éaîïs les îitïtn^rtses einbarrâ's d'une lutté à Imoft ^ntrë deux gouVertiemenS , dê^ obstacles à son érectton.

Le jour même qiii vit paraîti-e ce célèbre décret , !a foHe vilie de Glogau ouvi'ait ^es portes àii gëiiérai Vandammè , après quelques heures de bômbàrderiiétit.

Cependant le gt-ahd-maréchâl bû'rôc s'était rendu de Poseu à Ostelrodé , pour ïairé ràtiïi'er par le roi de ^fussfe la stispensioh d'armés conclue a ChaHôtlèttibourg. Mais ce priricè lui déclara que , lès Russes occupant le i^este de ses États , il se trouvait dans leur entière dépendance, et ne pouvait récohriaître la suspension d'arrties , faute de moyens pour éh exécuter les conditions.

Là guerre ne faisait point négliger les soins de la Jjôlilique extérieure par le niônarquë erigagé dans une iioiivelle lutte, après la campagne d'Iéna; ja^ mais les liaisons dé la France avec la ÎPortè-dttoïtiahe n'avaient été si étroites. Napoléon n'a pu btlblier le gl'and iiitérët dltî faire tôiîrnér aussi contre là Russie l'amitié qUHl porte au divan. Dans un rapport du prince de fiénévenl, date dé feerlih, ce

faiihistre avait dit à l'Empereur : « Vôtre Majesté

a h'est pas libt'e de suivre les mouvemens dé sa géce hérosité. Le penchant qui la porte à désirer là paix «c lui fait une loi de ne se dessaisir d'aucune de ses « conquêtes, que Tindépendance entière et absolue « dé l'empire ottoman, indépendance qui est le à premier intérêt de la France, ne soit reconnue et « garantie »

Napoléon apprend à ^osen , le 7 décembre , que les hostilités ont éclaté entre les Turcs et les Russes; ceux-ci ont pris dans la Moldavie les villes de Choczimy de Bender et de Jassy. Mais leurs faibles conquêtes, au lieu d'intimider les Ottomans , n'ont fait qu'exciter leur indignation et déterminer le succès complet de la mission du général Sébastiani auprès du sultan Sélim. Le 3o décembre , le cri de guerre a retenti dans toutes les mosquées de Constantinople, et l'invasion du général Michelson dans la Moldavie, jointe aux énergiques conseils de Sébastiani, donne à propos un utile auxiliaire aux Français en occupant au loin une partie des troupes de la Russie.

Cependant l'armée que cette puissance a envoyée en Pologne monte à cent soixante mille hommes; Napoléon, qui ne se laisse jamais surprendre, a jugé la grandeur des préparatifs de la Russie contre lui, et pour pouvoir user s'il le faut de toutes ses forces, il demande de nouveaux sacrifices à la France. En réponse au message impérial , le Sénat a voté la levée de quatre-vingt mille conscrits. Les deux empereurs vont combattre à la tête de masses considérables; d'imposans efforts doivent marquer la lutte qui s'apprête. Ainsi les opérations de la guerre se poursuivent malgré les rigueurs de la saison. Le général fieningsen s'est reporté sur Pultusk, où il a opéré sa jonction avec deux autres corps d'armée, dans l'intention de reprendre l'offensive.

Le 1 1 décembre , se conclut à Posen un traité de paix et d'alliance entre Napoléon et l'électeur de Saxe. Par ce traité, ce prince reçoit le titre de roi, ^

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et entre dans la Confédération du Rhin. Son contingent est de vingt mille hommes. Quelques jours après, les cinq branches de la maison de Saxe sont admises aussi , en vertu d'un traité, à faire partie de la Confédération , avantage immense pour la campagne de Silésie : l'excellente cavalerie saxonne sera nommée par Napoléon bravée et loyale^ jusqu'à la journée de Leipsick, et la richesse des provinces saxonnes offrira de puissantes ressources à ses armées dans les temps difficiles. Napoléon a mis avec plaisir une couronne sur la tête du patriarche des souverains allemands. L'effet moral et politique de cette élévation est d'attirer à son auteur une part du respect dès long-temps attaché aux vertus de ce digne prince. Le système de la Confédération rhénane s'étend aussi à un svstème de Confédération germanique qui rappelle Charlemagne.

Des mouvemens de guerre , plutôt que de véritables opérations, ont lieu entre les Français et les Russes. La fortune s'y déclare constamment pour les premiers : notre armée et la réserve ont passé la Vistule.Les Russes sont placés sur le Bug. Napoléon, parti de Varsovie à une heure du matin, va reconnaître l'Urka et les retranchemens de l'ennemi. Il fait jeter un pont au confluent de cette rivière avec, la Narew; mais au lieu dune grande bataille, à laquelle s'attend Napoléon , l'ennemi se disperse dans quelques combats où il se trouve sans cesse repoussé ou défait. A Biezun,il est culbuté par Bessières; à Czarnowo, Morand attaque de nuit et chasse de leurs batteries quinze mille Russes. A Nasiesk, aux passages de l'Urka et de la Sonna , les Russes sont

encore baUus par Augereau et Murât ; à Soldau , le même sort attend les Prussiens; Ney s'empare de cettfi ville, défendue par huit mille hommes. A Mlawa, le général Marchand ojitient un brillant succès. A ^ultusk, Lanues se piré^nte au déii de Bening^en, à qui le maréchal Kamepskoi, dé&it à Nasiçlsk. Si, remi^ le coinmandemept général. L'action est vive; le^ Ru^es perdent ^ place, six miile hpmm.ei), trois mille blessés,, qu'ils abandounenç dan^ leur fuite,. et se retirent ^ur Qstrpleuk. A ÇoU* niin , Augcii eau atteint fiuxliowden ^ qui se voit enlever ^Çjn artillerie , ses bagages , ^t va rejoindre Bfiningsep. Cei^ deui^ affaires terqiipent I,a campagne de 1 806, , ujçie des plus merveilleuses qui (lo^orent rt^istoire d'aucune nation*

Ççtte ani^iÇe ne pev(t trouvei;* de compai^aison que dans les temps, anciens. Alors le roi de Macédoine, à \a tête ^es phalanges grecques, anéantissait la puissance. ca1,p^al,e, de Darius ; alors une armée roiioaine aU^Ât conquérir de vastesi royaumes en Asie ; mais a\or^ aus^i ^pute la science militaire était du côté, des vainqueurs : une légion grecque oiu Fomaiue sufAs^a^t ppur dissiper pr^que au preinier ch,oc les^ tifpup.es des despotes effénj^ivés du Gange et de l'ï^uphrate. Jadis les Grecs, et les flomaius seuls avaient de riqfauileriç de ligne disciplinée, m^uiœuvrant et biep armée; c'était avec cett^ infanterie qu'ils triompj;iaiça(t di^ l'iunombrable cavalerie de leurs eanemis,. ççmme n.aus\ l'ayons fait dans la campagne^ d'ifigyp.te. Napoléon , au contraire, avait trouvé toute 1^ Crusse levée sur sa^ frontière, non en attitude cle d^tjBçse.^, m^s, çn attitude d'ip^^wv Les^ foyrçes dft

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cette puissance, dont l'inf^nlepîe, la oavalerie et VartiUerie passaient a,lors pour les meilleupes de FEurope continentale , s'élevaient à deux cent cinquante mille hommes; cependant elle fut détruite ea un jour sur son premier champ de bataille, où combattait son souverain entouré des princes de aa maison et des vieux compagnons du grand Frédéric.

L'année i8o5 s'appelkra long-temps encore dans BOtre histoire l'anjuée d'Austerlitz, et Tannée 1806, l'année d'iéna: Arcole, les Pyramides et Marengo^ avaient déjà consacré trois années républicaines. Il Foste encore à FËmpire quatre mémorables époques, dont la dernière, celle de sa chute, n'est pas la oioins glorieuse pour les armes de Napoléon.

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