Histoire de Napoléon
conférences relativement à l'armistice » s'ouvrirent , le 3o mai , à l'abbaye de Waidstadt, entre le duc de Viceiice pour la France, le comte de Lchouwaloff pour la Russie , et M. de Kleist
%l^ônr*j(ç.Pfvs8Ç*;*^^^ à Gebersdorf le 3i
>Bt le V5 jîîûlj'èf •ftirent transportées à Plesswitz. Les prétei^i6fi^.3ês alliés et les résistances de Napoléon qui voulut selon son usage, dominer cette négociation , la rendirent tellement orageuse , qu'elle put lui faire pressentir les difficultés que le congrès lui présenterait. Car ce ne fut qu'après une véritable bataille de six jours, que le 3 juin l'armistice fut signé. Un avantage bien réel pour Napoléon et sur lequel il établirait, en cas de rupture à Prague, une grande combinaison militaire , c'était la prise de Hambourg où entra, le 3i mai, le général Vandamme; mais l'ennemi l'avait prévu , et la neutralisation de Breslau, possession alors bien plus importante que celle de Hambourg, avait été la compensation de cette ville. Cette condition , à elle seule , devait faire rejeter la trêve. Cependant le ag, le Danemarck avait renoué son alliance avec la France , et l'armée danoise, commandée par le comte de Schulembourg , était depuis lors sous les ordres du maréchal prince d'Eckmùhl. C'était une conquête pour Napoléon. Il n'a plus d'autres alliés dans le Nord , que le Danemarck et la Pologne. La Pologne, que l'Autriche a livrée aux Russes , reste représentée auprès de la France par cette petite armée que l'illustre ' Poniatowski vient de soustraire au vasselage de la défection autrichienne. Après avoir du traverser désarmés les provinces de l'empereur d'Autriche, les Polonais ont repris leurs armes en mettant le pied dans la Lusace : ils n'ont plus d'autre patrie que le drapeau français. Aussi Napoléon a décrété le i*^ juin, à Neumark , qu'ils sont tous à la solde de la France.
I^ lendemain de la signature de la convention d'armistice 9 Napoléon a quitté son quartier-général de Neumark;le lo, il occupe à Dresde le palais Mancolini y situé dans Un faubourg ; le même jour ^arrive le baron de Kaas , ministre de l'intérieur de Danemarck , qui fait à l'Empereur d'intéressantes révélations. A Altona les alliés n'ont épargné ni promesses ni mena* ces pour détourner cet ambassadeur d'aller remplir sa mission : ils avaient même été jusqu'à lui offrir d'annuler la cession de la Norwége à la Suède ; mais , sur son refiis , et pour se venger de l'attachement du Danemarck envers la France , le lendemain de la prise de Hambourg , l'apparition de la flotte anglaise était venue dans la rade de Copenhague réveiller un affreux souvenir. Un capitaine de vaisseau n'avait pas craint de sommer le roi de souscrire soi^ quarante-huit heures le traité de la cession spoliatrice qu'une politique sans pudeur^ avait osé lui imposer y de remettre en dépôt la province de Dronthein et de donner vingt-cinq mille hommes à la ligue du Nord. Le roi avait nepoussé avec fierté cette injurieuse sommation 7 et le prince "royal de Danemarck, déguisé en msLtelot, était parvenu k débarquer en Norwége', où il appelait les habitans à la défense nationale. Par le traité que M. de Kaas est venu sti-^ puler à Dresde , son souverain met douze mille hommes à la disposition de Napoléon , et ils pourront étm portés jusqu^à la Fistule. Les instructions données au maréchal; Davoust développent l'intérêt de cette destination. *lL'Empereur lui prescrit, si la guerre recommence, d'être devant Hambourg avec quarante mille hommes. Quatre^vingt mille homme»
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marcheront sur Berlin. L'armée du Nord destinée à Bernadotte sera battue. On se portera de concert sur la Yistule. Dantzick sera débloquée !
L'Empereur reçut aussi M. de Bubna : au lieu d'apporter les réponses aux demandes qu'avait faites le duc de Bassano à Dresde y et qu'il avait renouvelées à LiegnitZy cet envoyé se contenta de notifier au cabinet de France l'acceptation de la méditation autrichienne par les alliés , et d'annoncer la prochaine arrivée de M. de Mettemich pour la même négociation. Cependant il a été autorisé à dire que la mission du baron de Weissemberg à Londres a échoué , et que le cabinet britannique trouve à présent trop fiJUforables encore à la Frunce les bases de IdinéMle! Cette confidence faite par le gouvernement autrichien portait avec elle son commentaire.
La ville de Prague avait été adoptée pour le congrès ; l'empereur d'Autriche ne tarda point à se rendre , avec sa chancellerie et ses ministres , au châde Gittschin y voisin de la capitale de la Bohémei Les souverains alliés s'étaient établis non loin de là , à Trachemberg , sur les bords de l'Oder. Un autre personnage parut aussi à Dresde le même jour que M. de Bubna 9 ce fut le duc j d'Otrante , cet homme qui n'était pas le moins dangereux des amis de Napoléon, et qu'il ne fallait pas laisser à Paris en de telles circonstances ; aussi l'envoyait-on remplacer le comte Bertrand au gouvernement général d'Dlyrie; mais Fouché prit le temps de voir venir Metternich à Dresde. Cependant le mois de juin s'écoulait sans que le congrès pût s'ouvrir , et les délais d'un armistice de quarante jours se consommaient sous les lenteurs du
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cabinet autrichien. D'après le silence de M. de Bubna sur la question de l'alliance qui touchait particulièrement Napoléon , le duc de Bassano avait écrit à M. de Mettemich qu'il avait tous les pouvoirs nécessaires pour traiter et de la médiation et de l'alliance. Le 22 , M. de Metternich annonça qu'il était autorisé à signer une convention pour la médiation , et k convenir de certaines réserves pour l'aDiance. Ce jour même 9 le duc de Bassano répondit : « VEmpe-' reuFy qui ne veut pas rendre son alliance onéreuse à ses amis , nejait aucune difficulté d^j renoncer. » Il n'y avait donc plus à traiter que de la médiation , d'après le généreux désintéressement de Napoléon. Aussi, le 27, M. de Mettemich, débarrassé du fardeau de l'alliance, accourut à Dresde. Le lendemain, ce ministre fut admis à remettre à l'Empereur Napoléon une lettre de son souverain; cette audience devint une longue conférence consacrée à l'exposition des prétentions de l'Autriche : elle demandait la moitié de lltalie, l'Illyrie, le retour du pape à Rome, la Pologne saxonne; l'abandon de la Hollande , celui de l'Espagne , la renonciation au protectorat de Ja Coufédération du Rhin et à la médiation helvétique : (c Cest le partage de V Empire français que vous voulez y » dit Napoléon. Impatient alors de tous ses griefs contre la maison d'Autriche, depuis la négociation du prince de Schwartzemberg à Minsk , il les récapitula avec chaleur; puis, arrivant aux engagemens secrets conclus par cette puissance avec l'Angleterre, la Russie et la Prusse, hors d'état de conserver cette reserve que leur supériorité impose aux souverains : « DiteS'-moiy Metternich ^ combien V Angleterre vous
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a-'i-cUe pwnm pour me faim la guérie? t^ Le silence de M. de Metternich prouva à Napoléon que cette apostrophe lui portait un coup mortel. Cependant elle ne termina point la conférence, et en congédiant le ministre autrichien : « la cession de rillyrie, lui dit-il , n 'est pas mon dernier mot. » Ce fut sous ces auspices que les deux ministres signèrent , le 3o juin , la convention relative à la médiation autrichienne. M. de Metternich repartit pour Gittschin, avec la satisfaction d'avoir servi l'intérêt de sa cour, et avec le ressentiment de son injure. La convention signée ne ressemblait guère à celle que Napoléon avait proposée dans le but d'une paix générale; il y avait compris l'Angleterre , les États-Unis, le roi d'Espagne , la régence de Cadix et toutes les autres puissances des deux masses belligérantes. C'était la paix du monde sur les bases déjà publiées dans le Moniteur du ^4 ^^^^9 cpi'û voulait soumettre à la médiation de l'Autriche. Jamais , sans doute , arbitrage plus honorable n'avait été confié à aucune couronne ; [toutefois le cabinet autrichien s'obstina à retrancher de cette proposition tout ce qu elle contenait de généreux ; il n'y restait que ce dont il avait besoin pour assurer le succès de ses projets hostiles contre la France. Aux termes de la convention du 3o juin , les plénipotentiaires devaient se réunir à Prague le 5 juillet; en conséquence, l'armistice serait prorogé jusqu'au I o août , et le cabinet de Vienne s'était réservé de faire agréer cet engagement par la Russie et la Prusse. Il ne se hâta point de remplir sa promesse , et ce fut le la juillet seulement que M. de Metternich informa le duc de Bassanb de l'assentiment des
cours de Pétersbourg et de Berlin ; mais l'acte résultant de cet assentiment ne fut signé que le 26 juillet à Neuraark par les commissaires français et alliés. Ainsi Napoléon , même sous la garantie de la médiation de TAutriche , venait d'éprouver de la part des alliés une opposition de vingt-six jours pour l'exécution de l'article le plus important du traité.
A Prague, le même système avait accueilli la négociation française. M. de Narbonne, nommé plénipotentiaire avec le duc de Vicence , l'y avait précédé et n'avait pu voir les plénipotentiaires des alliés. M. de Vicence y arriva le 26 juillet. M. de Humboldt était le représentant de la Prusse, et M. d'Anstett, né Français, et par cela seul incapable > aux termes de l'article ao du décret du 26 août 1 8 1 1 , de servir comme plémpotentiaire dans un traité oà devaient être débattus les intérêts de la France y se trouvait le négociateur de la Russie. Toutes ces circonstances, unies au choix de M. d'Anstett , qui avait quelque chose d'inconvenant et d'hostile , ne pouvait que beaucoup déplaire à Napoléon ; mais il dut regretter bien plus vivement encore de s'être engagé dans la carrière des négociations avec des puissances malveillantes et sans foi , quand il apprit que , non contente de s'être liée par des engagemens , à Reichenbach , envers l'Angleterre et les alliés, l'Autriche, le 9 juillet, en avait encore contracté d'autres à Trachemberg , quartier-général de l'empereur Alexandre : l'Angleterre y avait fait la loi à l'Autriche en l'effrayant de son oligarchie, comme elle avait décidé Alexandre en l'effrayant de ses boyards , et Frédéric-Guillaume de son peuple. Les subsides achevèrent ce que les mena-
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naces avaient commencé. Napoléon fut instruit de ce nouveau pacte qui enchaînait tout à coup au serment de sa destruction la Prusse, la Suède , la Russie, et l'Autriche enfin, dix jours après qu'il lavait reconnue médiatrice. U sentit alors, plus que jamais, qu'il devait aussi se préparer à la guerre, sous le voile d'un congrès , et que , ne pouvant augmenter son année, il lui fallait chercher plutôt dans son génie militaire que dans sa politique ou dans l'effectif de ses troupes , les moyens de lutter contre les deux cent mille hommes de l'Autriche , les réserves lusses et prussiennes, et l'armée suédoise, qui allaient doubler les forces dont il venait de triompher. En considérant la défection de Bernadotte , en se rappelant la conduite du roi de Naples pendant la retraite de Russie , peut-être Napoléon aurait-il dû se défier dé ce prince, qui, quoique sous le poids d'un accord secret avec l'Autriche , offrait alors son épée à son beau-frère. Napoléon , qui le savait si brave, ne le croyait peut-être en ce moment pas moins fidèle, et le vit avec plaisir arriver pour prendre comme français sa part de péril et de gloire dans nos derniers combats.
Pendant l'armistice et les longues délibérations qui en remplissent le cours , l'Empereur ne cesse pas un instant de suivre les relations du dehors ; les affaires du dedans, et règle avec une infatigable activité tout ce qui concerne l'armée : à en juger par les détails et l'ensemble de ce qu'il fait sous ce rapport , il semble que ce soit un grand ministre de la guerre consacrant toutes ses facultés à cette seule partie du gouvernement ; convois d'artillerie , troupes en marche ,
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officiers en mission j police des cantonnemens , travaux du génie, situation des arsenaux j constructions de nouvelles places , armement , équipement des soldats , direction des renforts sur les divers corps qui les attendent , arrivée des munitions , transports des approvisionnemens, rien n'échappe à ses regards , à sa vigilance , à son action. Par lui , l'ordre règne au milieu de tant d'élémens de confusion; par lui, la Saxe est préservée des fléaux qui accompagnent ordinairement la présence des armées. En même temps les trésors qu'il a tirés de ses caves du pavillon Marsan acquittent toutes les dépenses et alignent la solde. Ce sont les alliés vaincus à Àusterlitz^ à léna, à Wagram, qui ont fourni eux-mêmes la précieuse réserve que Napoléon emploie aujourd'hui contre eux. Dresde , protégé par les nombreux ouvrages qui s'élèvent, et asile du quartier-général, où abondent luie foule de militaites de tout rang, offre tout à la fois l'aspect sévère d'un camp et le mouvement d'une brillante capitale où les préparatifs même de la guerre communiquent une nouvelle activité à toute la population. Au milieu d'elle, calme et agité, méditant,^ ordonnant et faisant exécuter. Napoléon veille en même temps sur l'Allemagne et sur la France , comme sur l'Italie et sur l'Espagne : les nouvelles de ce dernier pays sont d'une nature fâcheuse.
Enhardi par nos revers , et sans .doute aussi par le défaut d'une direction forte , qui ne se laissait que trop apercevoir sous un prince incapable du rôle politique et militaire qui lui était imposé, Wellington a repris l'offensive le a8 mai, à la tête de soixante-
dix mille hommes, et sa marche a décidé Joseph au parti nécessaire d'évacuer Madrid. L'armée française était parvenue à mettre TEbre entre elle et Welling-ton; mais lorsqu'on apprit que l'ennemi avait passé ce fleuve ; l'alarme se répandit au quartier-général du roi : un conseil de guerre Ait tenu ; le maréchal Jour* dan proposait de descendre l'Ebre et de se retirer sur Saragosse pour y rallier l'armée de Clauzel et communiquer ainsi avec Saint-Sébastien , Bilbao , Pampelune , et avec le corps du général Foy. C'était sur les hauteurs inexpugnables de Salinas et de Mont- Dragon que l'on pourrait arrêter Wellington ; et par les mouvemens simultanés de la retraite du maréchal Suchet, qui venait de sauver Tarragone et de forcer lord Murray à se rembarquer après un échec complet, la barrière des Pyrénées serait nécessairement fermée à l'invasion étrangère. Le conseil se rangea à l'avis du maréchal Jourdan : au contraire , Joseph , saisi mal à propos d'un rêve de gloire, voulut combattre, et l'ordre de la bataille fut donné pour le lendemain, 21 juin, par ordonnance royale. La bravoure française soutint jusqu'au dernier moment sa haute renommée ; nos soldats ne cédèrent qu'à l'immense supériorité du nombre des ennemis : le combat de Vittoria fîit glorieux pour nos armes , et la perte presque égale des deux côtés. Mais l'imprévoyance et l'inhabileté du chef, qui ne savait ni commander ni abdiquer le commandement, l'absence de toute précaution pour assurer la retraite , l'amoncèlement des immenses bagages de cette royauté fugitive, changèrent un revers , facile à réparer peut-être , en un désastre qui nous enlevait l'Espagne sans retour.
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Cent cinquante pièces de canon, quatre cents eais^ »ans y tout le matériel de Farinée , ainsi que tous les bagages des courtisans et des officiers , furent la proie de Tennemi. L'armée éparse se précipita confusément sur la route de Tolosa , où l'illustre général Foy arrêta les vainqueurs, à la tête de seize mille hommes. A la nouvelle de ce fatal événement , qui plaçait tout à coup la France entre deux invasions et qui allait donner à la coalition un crédit tout puis^ sant sur le médiateur et les confédérés du Bhin, Napoléon ordonne au maréchal Soult de voler défendre les barrières méridionales de la patrie : « Je vous « ai nommé, disait Tordre dicté par l'empereur, ce mon lieutenant-général commandant mes armées
« en Espagne et sur les Pyrénées Vous prendrez
(c toutes les mesures pour rétablir mes affaires en « Espagne, et pour conserver Pampelune, Saint- « Sébastien et Pancorbo , et toutes celles que les cir- €c constances demanderont... » Le 12 juillet, le maréchal était à Bayonne ; il organisa l'armée et la divisa en trois corps : lé général Reille eut la droite; le général Drouet d'Erlon , le centre ; le général Clauzel, l'aile gauche; cette armée s'élevait à soixante mille hommes. L'armée anglaise était stationnée à Irun; elle occupait la Basse-Navarre, où elle couvrait les sièges de Pampelune et de Saint-Sébastien ; mais lorsqu'il apprit l'arrivée du duc de Dalmatie , dont il connaissait l'habileté , Wellington reprit son système de circonspection accoutumée.
En Italie , la présence du vice-roi , qui forme trois corps d'armée sur l'Adige, le dévouement des Italiens, profondément convaincus que leur destinée
repose tout entière sur les succès de Napoléon y inspirent de la sécurité. A Munich , un roi loyal et fidèle va porter son armée à quarante mille hommes. Une confiance intime règne entre Napoléon et le roi de Wurtemberg , qui découvre à son grand allié les intri* gués et les trames de l'Autriche. Ces révélations et les nouvelles de Prague avertissent l'Empereur de peu compter sur les négociations , et de se préparer à la guerre. Ainsi donc , bientôt s'ouvrira une seconde campagne. En attendant l'organisation et la disposi* tion définitives de ses corps. d'armée, le vice-roi, plus éloigné, reçoit l'ordre de se tenir prêt. Sa direction est la route de Vienne ; il sera secondé par l'armée bavaroise , le 9*^ corps du duc de Castiglione et la cavalerie du général Milhaud. En Espagne , le maréchal Suchet doit hâter sa retraite vers les Pyrénées , et laisser quelques garnisons sur la route de Barcelone. Quant au maréchal Soult, il est chargé de commencer de vigoureuses opérations pour arrêter Wellington. Elles seront appuyées par trente mille hommes, que l'Empereur a demandés aux départemens du Midi. Les garnisons assiégées reçoivent l'avis de la reprise des hostilités; on leur fait espérer des secours. Napoléon visite en cinq jours les places de l'Elbe , ensuite il va reconnaître dans la Basse-Lusace les positions importantes de Luckau et de Luben. A peine revenu à Dresde , instruit du départ de l'Impératrice qu'il a appelée à Mayence , le a 5 il s'est mis en route pour cette ville. Le 3 août, il doit être de retour à Dresde , afin d'y suivre de plus près la négociation de Prague , et de donner plutôt ses derniers ordres pour une campagne, que sa pénétration et la
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joie de ses ennemis , à la nouvelle du désastre de Vittoria, lui font regarder comme inévitable.
L'on a avancé 9 et je crois avec raison , que si, au lieu de porter ses armes au sein de FAUemagne , Napoléon avait attendu Fennemi sur les barrières du Rhin , il eût conservé sous la protection d'une guerre toute nationale l'intégrité de l'Empire dans les limites que lui avait tracées , si j'ose le dire , la politique naturelle : fort de ses trois victoires , ne pouvait-il pas également profiter de l'armistice pour reployer sur le Rhin et l'armée qui venait de les remporter et les trente mille hommes du maréchal prince d'Eckmûhl, et toutes les garnisons des différentes places de l'Allemagne ? Après avoir déployé toutes les ressources de [son génie dans la création d'une nouvelle armée , il avait assez fait pour sa gloire militaire personnelle en allant battre les alliés , avec des recrues , à deux cents lieues de sa capitale. Cet armistice, qui, signalé dans le cours de sa carrière victorieuse , donnait à la coalition le temps de nouer toutes ses trames et d'agglomérer ses forces, devenait alors un immense bienfait de la fortune ; car Napoléon avait eu tort de croire à la possibilité de la paix , comme à la puissance des souvenirs de Tilsitt et d'Erfîirt , comme à la partialité de François II pour son gendre. Il était condamné par FEurope , et il ne pouvait plus résister à FEurope qu'en se mettant sur le terrain de la patrie , à la tête et au milieu de la nation. Une pareille retraite protégeait mieux la négociation de Prague que les bivouacs de la Saxe et de la Lusace; elle protégeait au moins la patrie. L'Europe, déjà vaincue trois fois dans les plaines de la Saxe , se fut
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arrêtée avec respect devant les remparts de le France, et aurait accepté le généreux ultimatum qui la rendait à son indépendance : toutes les haines j toutes les vengeances, toutes les ambitions étrangères expiraient à l'aspect du colosse de la France armée sur ses frontières , et ofïrant en sacrifice au repos du
monde les fruits de vingt années de gloire et de conquêtes.
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