‹ Histoire de Napoléon (volume 5)Chapitre 10 sur 33 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

%Vm DB Là CAMPAGKB DE niAKCB. -^ CAPITULATIOIT 01 fARM.

Cependant Napoléon apprend à Châtres que la déroute du corps de Saint-Priest à Reims y et sa propre marche sur Épemay , ont changé en retraite vers Troyes le mouvement général des alliés sur Paris. Une terreur panique a saisi le conseil des rois : cette terreur était si grande ^ qu'Alexandre disait lui-même que la moitié de sa tête en grisonnerait. Macdonald et Oudinot^ qui avaient dû rétrograder de Provins, ont rejoint l'Empereur à Plancy; ils croyaient poursuivre Wittgenstein , et Napoléon croyait manœuvrer sur les flancs de l'ennemi contre un corps isolé. Peu de jours après , une erreur tout-à-fait contraire devait lui être bien fatale !

Le ao , l'Empereur veut traverser Arcis pour remonter jusqu'à Bar-sur- Aube ; mais les reconnais-^ sances qu'il a envoyées sur Troyes ont rencontré l'ennemi. Une affaire sérieuse s'engage avec l'avantgarde. Napoléon s'y porte à la tête de trente mille hommes , afin de balayer sa route. Une armée im- |j mense se développe devant lui ; c'est celle de Sch-

wartzemberg! Fatigué des combats partiels dans

lesquels Napoléon multipliait successivement la victoire contre les corps de la grande armée alliée , ce IV. 8

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généralissime s'était enfin déterminé à mettre un terme à tant de défaites, et, du moment où le prince royal de Suède serait en ligne , à faire simultanément un mouvement général sur Paris. Mais, sollicité de nouveau, l'empereur Alexandre avait décidé de marcher &ans attendre Bernadotte. C'était cette tempête inattendue que Napoléon voyait fondre sur lui à Arcis, le ao mars, jour anniversaire de tant de fortimes diverses dans sa vie.

Napoléon n'a jamais su reculer tant qu'il a pu eombatlre^ et bientôt la bataille l'environne. Cette journée,, ii ne se regarde que comme le premier soldat de la France à qui sa vie appartient tout entière : il l'offre mille fois au fer, au feu de l'ennemi; souvent il est obligé de se servir de son épée pour se dégager des masses qui l'entourent. Un obus tombe à ses pieds ; il y pousse son cheval : la pièce éclate... un nuage de poudre le dérobe tout à coup à ses sol* dats ; mais ni lui ni sou cheval ne sont atteints , et il va, inutilement encore, chercher la mort au milieu de ses batteries. Tant qu'il a l'épée à la main , Arcis est inexpugnable pour l'armée de cent cinquante mille hommes qui l'assiège. La nuit vient : elle ne suspend pas les périls du jour. L'incendie des faubourgs et le feu continuel des deux armées éclairent la défense des Français et les travaux des àssiégeans, dont cette terrible clarté dirige les attaques. Un seul pont reste encore à Napoléon pour se soustraire , lui et ses soldats , à une perte inévitable : il ordonne den jeter nn second, et le ai au matin nous évacuons Arcis. Cependant le combat ne se ralentit pas, et notre brillante retraite devant des masses si supé-

riturts devient tin beaii fait d'armes à àjcMtef k iatkt d'autres. L'ennemi pourrait anéantir Farinée friiH-^ çaise; mais il craint encore, tant elle est menaçaiite, même en recalant. Napoléon se replie dans le plus grand ordre sur Vitry-Ie-Français. Les rôtîtes de hl capitale appartiennent à l'ennemi !

Napoléon passe à Sommepuis la nuit du âi au 29 ; le 23, son quartier-général est à Saint-Dizier , ah le rejoint le duc de Vicence, à neuf heures du soir* Ce ministre écrit à M. de Mettemich, sous la dictée dé Napoléon : « Arrivé cette nuit seulement près de « l'Empereur, Sa Majesté m'a sur-le-champ donné « ses derniers ordres pour la conclusion de la paîxf « elle m'a remis en même temps tous les pouvoir» « nécessaires pour la négocier et la signer. » Cette lettre était terminée , lorsqu'au moment où Napoléon montait à cheval pour se porter sur Doulevent, on lui amena le baron de Weissemberg, ambassadeur autrichien à Londres , qui revenait d'Angleterre : il voulut l'entendre avant le départ de la dépêche de M. de Vicence, que l'on confia au colonel Galbois, de Fétat-major du prince de Neuchâtel. Napoléon près* crivit à M. de Weissemberg de le suivre à Doulevent y où il le chargea d'une communication verbale pour l'empereur d'Autriche , relative à la conclusion de la paix ; mais cette mission ne pouvait être remplie. Par suite d'un mouvement du général Pire à Chaumont, et sur la route Langres , l'empereur d'Autridie s'était vu séparé de l'empereur Alexandre , et forcé d'aller se réfugier à Dijon , accompagné d'un seul offlder. Si ce prince avait été pris dans cette éebauffourée f sa rançon eut été mise sans doute au prix de la paix ^

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et Doulevent eût jugé le procès de ChâtiUoD, de Francfort et de Prague.

Napoléon trouva à Doulevent un avis secret de f honorable comte LavaUette, directeur-général des portes; cet avis portait : a// fijr a pas un moment à perdre si on veut saturer la capitale. » Napoléon savait bien que politiquement Paris c'était la France ; mais j entouré par la grande armée alliée , conmient pouvait-il se faire jour afin de la prévenir à Paris? Le a6, une forte canonnade le rappelle à Saint-Dizier. Attaquée par des forces supérieures, son arrière-garde a évacué cette ville. Milhaud et Sébastiani , accourus avec leur cavalerie, repoussent Fennemi au gué de Valcourt sur la Marne. Chassé de Saint-Dizier, où rentre l'Empereur, l'ennemi fuit dans le plus grand désordre sur les routes de Bar-sur-Ornain etde Vitry. Le 27 au soir, auprès de cette dernière ville. Napoléon apprend que ce n'est point Schwartzemberg qui le poursuit, mais un des lieutenans de Blùcher, Wintzingerode, que l'on a détaché pour masquer le mouvement général des alliés sur Paris. Là , il apprend encore que Bliicher a opéré enfin sa jonction avec Schv^artzemberg, le a3 , dans les plaines de Châlons, après son départ d'Arcis ; et le même jour, une proclamation des alliés , dictée par les émissaires du comité de Paris, annonçait à la France la rupture des négociations et la marche de Schwartzemberg et de Blûcher sur la capitale ! « Les alliés , » dit le général Wilson, témoin oculaire, «se trouvaient dans un cercle « vicieux:, d'où il leur était impossible de se tirer, si <c là défection ne fut venue à leur secours.... Le mouce vement sur Saint-Dizier, qui devait assurer l'em-

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<c pire à Napoléon , lui fit perdre sa couronne. » Cependant il ne désespère pas du salut de Paris; il compte y paraître encore assez tôt pour faire payer cher aux alliés l'erreur qui l'abusait depuis son départ d'Arcis. Il a enjoint à Mafmont et à Mortier de se reployer à la hâte sur Paris, d'en arrêter tous les convois, d'en réunir autour d'eux tous les renforts. Ces deux maréchaux présenteront alors à l'ennemi , devant les barricades des faubourgs, une force intacte qui doit enlever et appeler autour d'elle la population de la capitale. Que fera Schwartzemberg , quand il trouvera sous les murs de Paris la menace d'une bataille d'extermination, dans laquelle un deminaillion de Français combattra pour ses foyers , et quand il sentira peser sur ses derWères Napoléon ^ arrivant à vol d'aigle à la tête de ses trente mille braves , et soutenu par l'insurrection des habitans des Vosges, du Jura, de l'Aube, de la Côte-d'Or, etc.? Si Napoléon pouvait craindre qu'il fut trop tard pour préserver Paris, il exécuterait son premier projet, il irait rallier les garnisons%e la Lorraine , de l'Alsace ; il convoquerait à son ban la généreuse levée en masse des peuples les plus guerriers de la terre natale. D'ailleurs son frère Joseph a l'ordre de résister jusqu'à l'extrémité , de barricader les rues de Paris , de créneler les maisons, de couper les ponts extérieurs , d'enlever les bateaux. Clarke a fait transporter de Cherbourg et du Havre quatre-vingts pièces de gros calibre ; elles devaient être en batterie. Le comité de défense a entouré Paris de redoutes ; vingt mille hommes d'infanterie , établis dans les dépôts voisins, sont prêts à entrer en ligne avec les autres

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forces <le la capitale. Outre la terreur qu'inspire une IHis$i grande cité et le dévouement chaque jour re* oouvelé de sa garde nationale, Paris peut tenir assez long-^temps pour que l'arrivée de Napoléon la dé^ Uvre à l'instant : mais malheureusement il faut compter sur l'intrépidité de Joseph et sur la fidélité de Clarke !

Le a8y au point du jour, Napoléon part de Saint* Dizier à tire d'aile pour la capitale : il croit d'autant plus devancer l'ennemi à Montmartre , que , d'après le rapport de ses counîers , la route de Troyes se trouve libre. Ainsi , la Seine est le Rubicon des deux partis. L'Empereur, qui s'apprête à suivre la rive gauche, envoie k franc étrier le général Dejean an*

noncer son i^etaur aux Parisiens : il fait dans cette

journée quinze grandes lieues avec sa garde, et entre ^ Troyes. De cette ville il eicpédie , avec une pareille mission , Girardin , premier aide*de-camp du majorgénéral. Nous sommes au 29 : dans le même moment ^ un conseil avait lieu aux Tuileries, et, malgré l'opposition de M. de Tallefk*and qui veut la régence et s'oppose chaudement à ce que Marie-Louise et son £ils s'éloignent , cette princesse et le roi de Bom^ partent pour Blois , escortés par deux mille cinq cents hommes de ligne que réclame la défense de Paris. Les grands dignitaires, les ministres, même celui de la guerre, et le roi Joseph, à qui l'Empereur a confié sa capitale, tous se pressent sur les pas de la régente qu'ils viennent de faire abdiquer par son départ. Tat Jeyrand retarde assez le sien pour que la barrière lui $Q\t refusée. Il demeure à Paris afin de juger les évé« Mm^Pf * 1^^ ^niité se rallie autour de lui : la cr^mi^^

DE irAPOlioi>[. li^

l'intérêt, Tambition, tout, excepta le patriotisme, appelle la foule dans son hôtel , devenu tout à coup le centre d'un gouYerneraent inconnu, qui aujour*» d'faui agit et délibère mystérieusement , et demain rendra des oracles!

Le 3o , après quelques heures de repos , Napoléon poursuit sa route. Qu'a-t-il besoin d'arriver avec une armée ? Lui seul est l'armée qui peut sauver Pari». A quelques lieues de Troyes, il se jette dans une car* noie de poste. A chaque relais, il demande où sont l'Impératrice et le roi de Rome. On lui dit que sa femme et son fils ont quitté Paris , qu'on se bat aux portes... il vole... A dix heures du soir, cinq lieues seulement le séparent de Paris..... Dans une heure, il se verra à la tête des braves qui disputent la capitale aux coalisés... Il est trop tard de deux heures... Paris vient de capituler !

Napoléon se trouvait à pied sur la route , au relais de Fromenteau, quand il reçut cette fatale nouvelle du général Belliard , que Paris a vu figurer parmi ses plus illustres défenseurs. Les courriers envoyés à Paris, ainsi qu'à Mortier et Marmont, avaient été pris; ces maréchaux, croyarit que l'Empereur, après la bataille d'Arcis , se reployait sur eux, étaient venus au devant de lui jusqu'à Fère-Champenoise, où, le a 5, attaqués par la grande armée alliée , et par un effroyable ouragan qui battit le front de leurs troupes, ils résistèrent pendant plusieurs heures, et furent obligés de céder au nombre. Les généraux Pacthod et Amey escortaient un convoi avec leurs divisions ; ils avaient en tout six mille soldats , dont les deux tiers , encore en habits dejpaysans , étaient des re-

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crues des départemens de Fouest. Rencontrés par toute l'armée alliée, ils se disposèrent à vendre chèrement leur vie ; les gardes russes , prussiennes , autrichiennes se brisèrent contre ces bataillons rustiques; la mêlée devint affreuse. Les hommes de toutes les nations assaillirent cette poignée de Vendéens qui f la veille du retour des Bourbons , jurèrent de mourir pour Napoléon , refusèrent quartier, et périrent presque tous. Les généraux Pacthod, Amey, Jamin j Delort, Thévenot et Bouté ,* seuls encore debout au milieu de leurs carrés renversés à leurs pieds, tombèrent aux mains de l'ennemi. Ce combat héroïque, dont la fortune rendit l'issue si déplorable pour nous, avait fait éclater un tel acharnement, que les alliés , ne pouvant se reconnaître à cause de la variété des uniformes , se chargèrent entre eux. Le géralissime ordonna en conséquence à toute l'armée d'invasion de porter une écharpe blanche au bras gauche : cet ordre, deux jours après, reçut des conjurés de Paris une perfide interprétation : ils dirent que les ennemis avaient arboré les couleurs de la Maison de Bourbon.

L'armée avait honoré sa retraite sur Paris par de beaux combats à Sézanne . à Chailly , à la Ferté-Gaucher, à Trilport, à Meaux, à Ville-Parisis. Séparés l'un de l'autre à Nangis , Mortier avait marché par Guignes , et Marmont par Melun. Réunis à Brie-Comte- Robert , ils étaient arrivés ensemble à Charenton , où ils disposèrent leurs troupes pour la bataille du lendemain , 3o mars : cette bataille fut celle de Paris. Le ag , les alliés avaient afflué sur Paris par toutes les avenues du nord et de l'est. Cependant, dans cette

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terrible extrémité, les maréchaux parvinrent à réunir à leurs glorieux débris quelques milliers d'hommes des dépôts, dix mille citoyens de la garde nationale parisienne et plusieurs compagnies d'artillerie spontanément formées par les généreux élèves de l'École Polytechnique. A la tête d'environ trente mille hommes , Mortier et Marmont engagèrent le combat à cinq heures du matin. Jamais les Français n'avaient déployé une plus brillante valeur : les villages de Pantin et de Romainville, pris et repris plusieurs fois , étaient demeurés à nos troupes. L'ennemi laissa douze mille tués sous les murs de Paris : la perte des nôtres fiit moins considérable, quoiqu'ils ne se battissent que pour mourir à la vue. de sept à huit cent mille habitans qui ne surent ni soutenir les vivans ni remplacer les morts. Le roi Joseph ni le général Clarke , ministre de la guerre , n'avaient organisé la défense matérielle de la capitale , malgré les moyens sufQsans proposés par le comité. Le ministre avait refusé à vingt mille braves vingt mille fusils renfermés dans l'arsenal. A midi , la grande ville et la petite armée se trouvèrent enveloppées par l'inondation étrangère, à Montmartre, à Charonne, à Vincennes. Alors le roi Joseph, qui, en se demandant : ce Que ferait mon frère à ma place? » devait rester à son poste jusqu'au dernier soupir, ordonna aus» maréchaux de capituler, et se mit en route pour la Loire. Clarke, celui des ministres dont la présence à Paris était de premier devoir; Clarke qui répondait surtout de Paris à l'Empereur, se hâta de suivre le prince fugitif qui n'avait pas senti bouillonner dans ses veines le sang de Napoléon.

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Cependant, tandis que Marmont négociait un ar« mistice, l'ennemi faisait des progrès par le seul dé* ploiement de ses masses : il occupait M ont'^Louis , Belleville, Ménilmontant , la butte Chaumont, la Viliette y et Blûcher menaçait de forcer la barrière de Saint-Denis y quand des deux cotés on suspendit les hostilités. Toutefois Mortier avait devant lui Rleîst y Yorck, Woronzow et lemigré Langeron. Le maré^ chai et Beliiard y son chef d'état-major y ignoraient le départ du roi Joseph. Ils continuèrent y malgré leur faiblesse y d'imposer aux ennemis qui flottaient indécis au pied des hauteurs de Montmartre , lorsque l'aide-de-camp Dejean , expédié de Doulencourt par Napoléon , arriva et prescrivit au maréchal de donner avis au prince de Schwartzemberg des ouvertures de pai^ faites à l'Empereur d'Autriche. Le marédial s'empressa d'obéir ; mais le prince répliqua par la dé^ claration des alliés y après la rupture de Châtillon. Dans l'intervalle de cette communication ^ Mortier^ n'étant pas informé par Marmont de l'ordre de caephtuler y tenait ferme y et répondit à la sommation d'un aide-de-camp de l'empereur Alexandre : «c Les alliés <( pour être au pied de Montmartre ne sont point (c dans Paris; mes soldats et moi , nous périrons plu* ic tôt sous ses ruines que d'accepter une honteuse «c capitulation : au reste ^ quand je ne pourrai plus tt défendre Paris y je sais où et comment effectuer ma « retraite devant vous , et malgré vous. » Cependant Marmont venait de conclure la suspension d'armes, et Mortier y en ayant enfin reçu l'avis y se réunit à son collègue pour traiter. L'armistice ne donnait d'autre ligne aux maréchaux que l'enceinte de Paris. Ainsi

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l'on devait remettre Montmartre aux alliés* L'émigré Langeron eut connaissance de ce traité; mais, impa* (îent de se signaler contre la capitale de son ancienne patrie y il ne voulut pas attendre l'évacuation de Montmartre : il l'attaqua de vive force y et , malgré la suspension d'armes , on se battit encore depuis Montmartre jusqu'à Neuilly. La capitulation fut vivement di&cutée à la Yillette par les maréchaux : on convint que l'armée se retirerait avec son matériel et aurait toute la nuit pour sortir de Paris ; cette convention était verbale. Le conseil chargea Marmont de la rédiger et de la signer au nom de son collègue : les troupes des deux maréchaux se dirigèrent sur Fontainebleau par les barrières du Maine et d'Orléans. Mortier avait évacué Paris le premier; il occupait Yillejuif , au moment où le général Belliard faisait à Napoléon le récit de la prise de Paris. Napoléon l'avait écouté dans le plus grand silence : a £h bien I ce dit-il, allons à Paris; partons. — Mais, Sire, il n'y « a plus de troupes à Paris, lui répondit Belliard. — « N'importe, reprit l'Empereur, j'y trouverai la garde « nationale; mon armée m'y rejoindra demain ou « après, et j'y rétablirai les affaires. Suivez-moi avec « toute votre cavalerie. — Votre Majesté s'expose , « répondit Belliard , à être prise et à faire saccager la a capitale; elle est entourée par cent trente mille « hommes. Je n'en suis sorti que par une convention, « je ne puis y rentrer, ni moi ni mes troupes.» Après ces mots. Napoléon s'achemine vers la maison de poste , ordonne de prendre position , et se résout à à envoyer le duc de Vicence pour traiter. Parvenu , non sans peine , à Bondy , quartier-général de l'em-

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