‹ Histoire de Napoléon (volume 5)Chapitre 9 sur 33 · I08 HISTOIRE · texte numérisé non relu

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à cette lettre du duc de Vicence^ et cette réponse donne encore une carte blanche ^ sauf ratification] Napoléon a rejoint la tête de ses colonnes ; elles sont en pleine marche sur Laon : on fait occuper Soissons qui n'est plus une barrière , et à deux lieues de Laon nous, nous voyons arrêtés par l'ennemi, maître d'un défilé au milieu des marais ; il est trop tard pour forcer ce passage. Napoléon rétrograde jusqu'à Chavignon^ où Flahaut vient lui révéler la rup ture des conférences de Lusigny. Le mouvement de Blûcher a rétabli les affaires des alliés , en attirant Napoléon sur ses traces ; ils n'ont plus besoin d'un armistice. Cependant, dans la nuit du 8 au 9, un fait d'armes à la fois heureux et hardi ouvre le défilé au maréchal Ney. Gourgaud , premier officier d'ordonnance de l'Empereur, a surpris les grand'gardes des alliés. L'armée se trouve au pied des hauteurs de Laon. Le 9 , Marmont , Ney et Mortier font leurs dispositions pour aborder, le lendemain , à la pointe du jour, cette forte position : elle est défendue par l'armée de Blûcher , grossie de cette avant-garde qui a pris Soissons sans coup férir : cette armée est deux fois plus nombreuse que la notre. Laon est le centre presque inexpugnable des opérations du général prussien. Mais dans la nuit qui précède l'attaque, Marmont, à son tour, se laisse surprendre, et son corps est dispersé. Fatale représaille du beau £adt d'armes de Gourgaud ! Ainsi se perd tout à coup, pour la seconde fois, et d'une manière irréparable, le friiit d'une marche pénible et savante. La disgrâce de Soissons allait être réparée ; l'audace de Goui^aud avait conduit l'armée sous les remparts de Laon! Une

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grande bataille était près de se donner pour sauver la capitale. Napoléon montait à cheval à quatre heures du matin , pour engager l'action y quand il apprit le désastre de son lieutenant : il dut alors se retirer sur Soissons y dont il confia la garde à Mortier. Ce fut de cette ville qu'il écrivit au prince vice-roi , le 1 2 : « Je « reçois votre lettre et le projet de traité que le roi « de Naples vous a envoyé : vous sentez que cette idée « est une folie ; cependant , envoyez un agent auprès « de ce traître extraordinaire j et faites un traité avec a lui en mon nom... Que ce traité reste secret jusqu'à éi ce qu'on ait chassé les Autrichiens du pays ^ et que « vingt-quatre heures après sa signature , le roi se a déclare et tombe sur les Autrichiens. Vous pouvez a tout faire en ce sens. Rien ne doit être épargné, dans « la situation actuelle y pour ajouter à nos efforts les ce efforts des Napolitains. » Ainsi Napoléon, connaît mieux que personne le péril de sa position , et le besoin qu'il a de conclure la paix à tout prix.

Le i3, l'Empereur s'empare à force ouverte de Reims y dont Corbineau avait été repoussé par un corps russe aux ordres de l'émigré Saint-Priest. Une scène , qui rappelle celle de Victor à Montereau , a lieu le lendemain pour M armont : ce maréchal vient rendre compte du désastre qu'il a essuyé à Laon. Napoléon lui adresse des reproches foudroyans , lui pardonne , et retient à dîner celui qu'il nomme Vun de ses enjansl Dans la même journée, il reçoit six mille hommes que lui amène le fidèle Jansens, général hollandais , commandant dans les Ardennes. L'Empereur n'avait pas négligé de l'informer de sa marche sur l'Aisne. Ce brave arrivait à Beims par la route de

ïlethef : tin rcrifort de six mille hottitae^ est Un ûùtfé d*afmée pour Napoléon, qui combat âvéC tl*énté* cinq mille hommes les forces de tout le Nord de FEufope. Ney s'avance sur Chàloïis.

Pendant les trois jours de repos que Famiéé prehà k Reims, deux événemens de la plus haute grairité se passsaient dans le midi de la France : le 1 2 , le àaC d'AngouJêmê entrait à Bordeaux avec l'armée anglo espagnole; le ï3, Ferdinand VÏI reparaissait en Es^ pagne sous la protection du maréchal Suchct. Au* gereau, à qui Napoléon a donné de Troyes Tordre de! se porter à toute course , avec ses vingt mille holn* mes, sur Vesoul, afin d'y écraser la retraite de Sch* Wart2:emberg , avait désobéi. Ainsi Farmée de Lyon n*est plus cette précieuse réserve qui, conduite paf un vieux capitaine , doit réunir sous son aigle les belliqueux enf ans du Jura et des Vosges, de la Bourgogne, de la Champagne j Augereau, lé soldat Augereati, n*â pas voulu de cette gloire qui sauvait la France ; son armée et lui vont ôesser de Compter dans la défense nationale. Le 21 mars, Lyon ne sera plus à Napoléon, la même semaine aura vu tomber Lyon et Bordeaux : ï une par la défection d'un maréchal, Fâutre par Farrîvée d'un prince de la Maison de Bourbon.

Jamais la guerre ne s'est présentée sous un aspect plus menaçant et plus multiplié. Le cri de la coalition est Paris ! Napoléon à été deux fois à Vienne , à Berlin ; il a été à Moskou : François , Frédéric-Guillaume, Alexandre, ont juré d'aller à ï^arîs J ils y sont attendus : M. de Vitrolies leur en a porté le vœu. Schwartzemberg a sonné le tocsin de FirrUptîôn 6tit î^àrîs. Oudinot et MacdoUald ont évacué Troyes te

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4 mars dêirânt cette gttaàtdè révohè dé kl péur^ Schwarteemberg se dirige sur Nogént; îl n'a plud^ m face M apoléoii et sa troupe sacrée.

Le i6au wrir, Napoléon avait choisi entre Schwartzemberg etBhicher} c'est au généralissime qu'il veut livrer bataille. Le 1 7 , on marche sur l'Aube p» Eperaa;^) le ï8^ Napoléon entre à ^ère-Chatnpe* noise ^ où M. de Kumigny parait encore, venant de Châtillon. A la séance du iS, les plénipotentiaire» alliés ont renfermé lé duc Vicence dans un cercle de vingt-^quatre heures pour dminer son contre-projet. D'après cette résolution ^ leur projet est à peu^ d< chose près leur ultimatum. Le duc de Yioence de« mande un houveau délai; il l'obtient, et^ le i5, jour de la séance décisive, il présente un contre^projet où il ne parle nullement des concessions spécialisées par l'Empereur lui-même le 2 mars ; mais il réclame le grand-duché de Yarsovie pour le roi de Saxe, et les souverainetés dont ils sont titulaires pour la prin^ cesse Ëlisâ^ pour le grand-duc de Berg, pour le prince de Neuchâtel , et enfin pour M. de Talleyrand. Quand le sort de la France est entre ses mains , quand le salut de la patrie devrait être sa seule pensée , ce plénipotentiaire a l'attention de s'occuper même aussi des petits princes allemands, tandis que dans la dé* pêche du 8 , dt)nt M. de Rumigny a été porteur, l'Em* pereur «lit formellement à leur sujet : « // laissera les aiUés faire à leur gré. »

La correspondance et le protocole des séances de Châtillon prouvent que la paix aurait été faite le i3) Is 149 le i5, le 16, le 17 ^ si le duc de Vicence eàt ac^^ cédé aux sacrifices que dans son intime convididii

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FEmpereur ne pouvait éviter. La gloire d'une résolution généreuse autant qu'habile lui restait tout entière ^ et sans aucun péril ^ puisqu'il avait pour appui les ordres du cabinet et la voix de la France.

Le i8, les alliés annoncent à nos plénipotentiaires que les négociations sont terminées par le fait de la France. Cette fatale nouvelle arrive au hameau de Châtres au moment où Napoléon écrivait à Caulaincourt : a // est bien temps de parvenir à savoir quels i< sont les sacrifices que la France ne peut éviter de tf faire pour obtenir la paix. » Le 19^ les alliés rappellent avec dérision au duc de Yicence que , six semaines auparavant , il a offert pour un armistice ce qu'il refuse aujourd'hui pour la paix. Cependant , le même jour, le duc de Vicence leur déclare ^aquil ne peut encore regarder sa mission œmme terminée, quil doit attendre les ordres de sa cour...., » Ce sont les dépêches de Reims du 17. Il quitte le m au matin Châtillon, où restent encore les plénipotentiaires des alliés. Tout nous devient funeste : les dépêches de l'Empereur avaient été confiées à l'auditeur Frochot : l'ennemi le retarde dans sa route ; il n'a pu rejoindre le duc de Vicence que le a i , et il le rencontre à quelques lieues de Châtillon ! Frappé de la teneur de ces dépêches du 1 7 , Caulaincourt s'arrête à Joigny d'où il écrivit à M. de Metternich « que le courrier qu'il vient de receifoir a augmenté ses regrets. Ce quil rna apporté j dit-il , ne me laisse pa^ de doute sur lapos^ sibilité quon aurait eue à s'entendre , même à Chdtillon.y> C'était peut-être le cas d'y retourner; les plénipotentiaires des alliés avaient seuls titre pour recevoir cette confidence.

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