‹ Histoire de Napoléon (volume 5)Chapitre 27 sur 33 · ET CODICILLES · texte numérisé non relu

ET CODICILLES

Cejonrd'hai i5 ^irnliSai , 9 LoD|;^po({, « île de Sainte-Hélène.

Cfci est mon Tesianietit ou acte de ma dernière volonté,

1 <^ Je meurs dans la religion apostolîqne et romaine , |dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans.

2^ Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine , au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé.

5® J'ai toujours eu à me louer de ma très chère épouse Marie-Louîse. Je lui conserve Jusqu'au dernier moment , les plus tendres sentimens : je la prie de veiller pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son enfance.

4^ Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu'il est né prinee français, et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l'Europe. Il ne doit jamais combattre ni nuire en aucuuis manière à la France : il doit adopter ina devise : Tout pour le peuple français.

5^ Je meurs prématurément, assassiné par l'oligarchie anglaise et son sicaire. Le peuple anglais ne tardera pas à me venger.

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34o TESTAMEirr

Marmont) Aagerean, Talleyrand et Laariston. Je leur iMordonne*

Paisse la postérité française lear pardonner comme moi !

7^ Je remercie ma bonne et très excellente mère ; le cardinal ; mes

frères Joseph, Lucien, Jérôme; Pauline, Caroline, Julie, Hortense,

Catlierine , Eugène, de Tintérét qu*i]s m*ont conservé. Je pardonne à

Louis le libelle qu'il a publié en 4820. Il est plein d'assertions fausses

et de pièces falsifiées.

8® Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous

le titre de Maximes, SenteticeSy etc., que l'on s'est plu à publier depuis

six ans : ce ne sont pas là les règles qui ont dirigé ma vie. J'ai feitarrêter

et juger le duc d'Enghien , parce [que cela était nécessaire à la sûreté ,

à rintérétetàl'honneurdu peuple français (4), lorsque entretenait,

de son aveu, soixante assassins à Paris. (Dans de semblables drcon*

stances j'agirais de même.)

i^Je lègue à mon fils les boites, ordres et autres objets, tels que 'argenterie , lit de camp , armes , selles , éperons , vases de ma chapelle , livres, linge qui a senl à mon corps et à mon usage, conformément à l'état annexé, coté A. Je désire que ce faible legs lui soit cher, comme lui retraçant le souvenir d'un père dont l'univers l'entretiendra.

2® Je lègue à Lady Holland le camée antique que le pape Pie YI m'a donné à Tolentino.

5® Je lègue au comte Montholon deux millions de francs, comme une preuve de ma satisfaction des soins filials qu'il m'a rendus depuis

(i) Toat ce qni peat expliquer la pensée , peindre la situation intérienre de Napoléon écrivant son testament , est digne d'intérêt. Or il est aisé de se convaincre , à l'inspection de Toriginal , qu^il a d^abord fini Tarticle I à notre renvoi; car, immédiatement an-dessoas de la ligne, il écrit le nnméro II deTarticle suivant qu^on voit plus bas ; mais trouvant sans doute que sa phrase n'a pas rendu tout ce quHl voulait , il raie ce numéro II et ajoute ce qu'on lit comme complément , explication et justification de ce qui précède. Ce n*est pas tout r vient plus tard, et à tine seconde lecture , à ce qu'il paraîtrait par récriture et par la forme des parenthèses , ce qui termine l'article.

Au surplus, rien n'est plus propre à jeter des lumières sur ce triste sujet, et à faire juger des sentimens qui dirigeaient en ce noment Napoléon , que les détails curieux et les particularités intéressantes consignés à cet égard dam le Mémorial âe Sainte-Hélène , t. vu , a o novembre 1 8 x 6.

six ans, et pour l'indemniser des pertes que son sëjonr à Sainte-Hélène lui a occasionnées,

4^ Je lègue au comte Bertrand cinq cent mille francs.

SP Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent mille francs : les services qu'il ma rendus sont ceux d'un ami : je désire qu'il épouse une veuve, sœur ou fille d'un officîcer ou soldat de ma vieille garde.

6^ Idem à Saint-Denis , cent mille francs.

7® Idem à Navarre, cent mille francs.

8® Idem à Peyron , cent niille francs.

9^* Idem à Archambaud, cinquante mille.

40* Idem à Corsoc, vingt-cinq mille.

41"* Idem à Ghandell , Idem.

42'' A l'abbé Yignali, cent mille francs. Je désire qu'il bâtisse sa maison près de Ponte-Novo de Rostino.

45^ Idem au comte de Las-Cases , cent mille francs.

44® Idem au comte Lavallelte , cent mille francs.

45® Idem au chirurgien en chef Larrey, cent mille francs. C'est l'homme le plus vertueux que j'aie connu (4 ).

46® Idem au général Brayher , cent mille francs.

47® Idem au général Lefèvre-Desnouettes , cent mille francs.

48® Idem au général Drouot, cent mille francs.

49® Idem au général Cambronne, cent mille francs.

20® Idem aux enfans du général Mouton-Duvemet , cent niille francs.

21® Idem aux enfans du brave Labédoyère cent mille francs.

22® Idem aux enfans du général Girard , tué à Ligny , cent mille francs.

25® Idem aux enfans du général Chartrand, cent mille francs.

24® Idem aux enfans du vertueuxgénéralTravost, cent mille francs.

25® Idem au général Lallemand , l'aîné , cent mille francs.

26® Idem au comte Real , cent mille francs.

27® Idem à Costa de Bastilica en Corse , cent mille francs.

{1) On trouve an Mémorial , t. vi, mercredi 3 3 octobre z8x6, la circoB* stance intéressante et cnriense qni a mérité nne si magnifique apoatiUe.

^4^ . fssTAumr

S8^ Idem au général CUiisel , eent mille firaBc^-

29° Idem an baron Menneval , cent mille francs.

50° Idem à Amanlt , auteur de Marins , cent odlle françf .

51° Idem au colonel Marbot , cent mille francs. Je l'engage à Cifitinuer à écrire pour la défense de la gloire des armes françaises, el tii confondre les calomniateurs et les apostats.

52° Idem au baron Bignon, cent mille francs. Je l'engage à écriie riiistoire de la diplomatie française de 4792à 4845.

50° Idem à Poggi , de Talaro , cent mille francs.

54° Idem au chirurgien Emmery, cent mille francs.

55° Ces sonunes seront prises sur les six millions que j'ai^acésea partant de Paris, en 481 5, et sur les intérêts à raison de 5 p. lOOâqiuis juillet 4815 ; les comptes en seront arrêtés avec le banquier, par les comtes Montholon , Bertrand et Marchand.

56. Tout ce que ce placement produira au-delà de la somme de 5,600,000 fr., dont il a été disposé ci-dessus, sera distribué en gratifications aux blessés de Waterloo , et aux officiers et soldats du bataillon de rUe d'Elbe , sur un état arrêté par Montholon , Bertrand, Droaot , Gambronne et le chirurgien Larrey.

57° Ces legs , en cas de mort , seront payés aux veuves et enlams , et , au défaut de ceux-ci , rentreront à la masse.

ni.

4° Mon domaine privé était ma propriété, dont aucfme loi française ne m'a privé , que je sache. Le compte en sera demandé au baron de la Bouillerie, qui en était le trésorier. Il doit se monter à plus de 200,000,000 fr., savoir : 4° le portefeuille contenant les économies que j'ai pendant quatorze ans faites sur ma liste civile, lesquelles se $ont élevées à plus de 42,000,000 par an : j'ai bonne mémoire, 2° le produit de ce portefeuille ; 5° les meubles de mes palais tels qu'ils étalent en 4844. les palais de Rome , Florence , Turioy compris tous ces meubles, ont été achetés des deniers des revenus de la liste civile; 4? la liquidation de mes maisons du royaume d'Italie, tels qu'argent, bijoux, meubles, écuries : les comptes en seront donnés par le prince Eugène et l'intendant de la couronne Gorapagnoni.

2° Je lègue mm domaine privé, moîlié aux efilders et soldais qui

DE ITÀSOLÉOir. 143

MileiU des armées françaises qui ont combattu depuis 1792 jusqu'à 4815, pour la gloireet l'indépendance de la nation (la répartition en sera iute au prorata des appointemens d'actirité) ; moitié aux villes et campagnes d'Alsace , de Lorraine , de Franche-Comté, de Bourgogne, de rSe-de-France , de Champagne, Forez, Dauphiné, qui auraient souffert par l'une ou l'autre invasion. Il sera de cette somme prélevé un million pour la ville de Brîenne , et un million pour la ville de Méry .

J'institue les comtes Montholon , Bertrand et Marchand , mes exécuteurs testamentaires.

€e présent testament, tout écrit de ma propre main, est signé et

scellé de mes armes.

Sig^iè NAPOLÉON.

Etat A joint à mon testament,

V Les vases sacrés qui ont servi à ma chapelle à Longwood.

2<* Je charge l'abbé Yignali de les garder et de les remettre à mon

fils quand il aura seize ans.

\** Mes armes, savoir : mon épée, celle que je portais à Austerlitz, lé sabre de Sobieski , mon poignard, mon glaive , mon couteau de chasse , mes deux paires de pistolets de Versailles.

2® Mon nécessaire d'or, celui qui m'a servi le matin d'Ulm, d'Austerlitz y d'Iéna , d'Eylau , de Friedland, de Fllede Lobau ,de la Moskowa , de Mont^iirail. Sous ce point de vue , je désire qu'il soit précieux à mon fils. (Le comte Bertrand en est dépositaire depuis 48H.)

5^* Je charge le comte Bertrand de soigner et conserver ces objets ; et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.

in.

4® Trois petites caisses d'acajou contenant, la première , trente- trois tabatières ou bonbonnières , la deuxième , douze boîtes aux armes Impériales , deux petites lunettes et quatre boites trouvées sur la table de Louis Xyni, aux Tuileries , le 90 mars 4845; la troisième, trois tabatières ornées de médailles d'argent à l'usage de l'Empereur, et divers effets de toilette conformément aux états numérotés : I , H , m.

344 TESTAMElSrr

2<* Mon lit de camp , dont j'ai fait usage dans tontes mes campagncgj

5^» Ma lunette de guerre.

4<* Mon nécessaire de toilette. Un de diacun de mes nniformesy one douzaine de chemises, et un objet'completde chacun de mes habille* mens, et généralement de tout ce qui sert à ma toilette. *

Si^ Mon lavabo.

G^ Une petite pendule qui est dans ma chambre à coucher deLong^ wood.

7® Mes montres , et la chaîne de cheveux de Tlmpératrice.

8** Je charge Marchand, mon premier valet de chambre , de garder ces objets et de les remettre à mon fils lorsqu'il aura seize ans.

, 4® Monmédailler.j

2® Mon argenterie et ma porcelaine de Sèvres, dont j'ai fait usage à Sainte-Hélène : étaUBetC.

5** Je charge le comte Montholon de garder ces objets et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.

\^ Mes trois selles et brides , mes éperons qui m'ont servi à Sainte- Hélène.

2® Mes fusils de chasse au nombre de cinq.

5** Je charge mon chasseur Noveras de [garder ces objets , et de les remettre à mon fils quand il aura-seize ans.)

4^ Quatre cents volumes choisis dans ma bibliothèque parmi ceux qui ont le plus servi à mon usage.

2** Je charge Saint Denis de les garder et de les remettre à mon fils quand il aura seize ans.

Signé NAPOLÉON.

ÈTAT^A.

4® Il ne sera vendu aucun des effets qui m'ont servi. Le surplus sera partagé entre mes exécuteurs testamentahres et mes frères.

2^ Marchand conservera mes cheveux, et en fera faire un bracdet avec un petit cadenas en or pour être envoyé à l'impératrice Marie-

DE NAPOLiOJY. 345

Louise j à ma mère^ et à chacun de mes frères, sœars , neveux , nièces, au cardinal , et un plus considérable pour mon fils.

5® Une petite paire de boucles en or à jarretières au prince Lucien.

4® Une boucle de col en or au prince Jérôme.

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