CREATION. ORGANISATION
A l'avénement de Bonaparte au consulat , la garde du Directoire exécutif prit la dénomination de garde des consuls , et son effectif fut porté à 7,266 hommes qui devaient être recrutés parmi les soldats qui s'étaient distingués sur le champ de bataille.
Le décret du 29 juillet 1804 donna à ce corps la qualification de Carde impériale, et il fut spécialement attaché à la personne de l'empereur.
Voici quelle était sa composition à la fin de 1804 :
Ktat-major et administration
Infanterie.
Grenadiers à pied 1 régiment 1,716
Vélites grenadiers 1 bataillon 'Jôô
Chasseurs à pied 1 régiment 1,716
Vélites chasseurs 1 bataillon !I3.>
\ étérans ' compagnie ... 102
Matelots ' bataillons. . . . 806
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SUU I.A C.AKDK I M IM'I! 1 A LE. T
Report (î,25()
Cavalerie.
Grenadiers à che\ al I réginieiit 1,018
Chasseurs à cheval ■• I régiment 1,018
Maniehiks 1 compagnie. . . V2i
Gendarmerie d'éhte 1 batail. 2 escad. 632
trttUerie. I escndrond'arlillerie léiîère, 1 section d'ouvriers,
1 compagnie du train 712
ll6pU<(l dit du Gros-Caillou IS
Total 9,798
La Garde se recrutait dans les autres régiments de Tarmée et parmi les lioinines dont la conduite était irréprochahle. Indépendannnent de la taille, qui variait de cinq pieds deux pouces à cinq pieds cinq pouces, les soldats devaient compter au moins cinq ans de service et deux campagnes avant leur admission dans la Garde.
Le corps des vélites à cheval fut créé par le décret du 17 septeml)re 180.'). .Son eltectif fut fixé à SOO hommes. En guerre ils étaient incorporés dans les compagnies dites d'anciens, et faisaient le service auprès de l'empereur. Plus tard , ils furent placés indistinctement dans les grenadiers et les chasseurs de la Garde, puis dans les dragons de l'impératrice.
L'ne nouvelle organisation de la garde eut lieu par le décret du li avril 180G. Les anciens régiments furent augmentés, et l'on en créa deux nouveaux : les dragons et l'artillerie à cheval. Parce décret, l'effectif fut porté à 1.5,G.>G hommes.
Depuis lors, et jusqu'en 1814 , l'effectif de la Garde impériale fut considérahlement augmenté , soit par l'élévation du nombre des honnnes de chaque corps, soit par la création de nouveaux régiments, tels que Tirailleurs, Voltigeurs, Klanqueurs, Lanciers, Gardes d'honneur.
Ps'ous ne comprenons pas dansée chiffre, les gendarmes dordonuance créés par le décret du 21 septembre 1800 et composés des jeunes gens de famille qui, pour des causes diverses, s'étaient tenus jusqu'alrtrs à l'écart. Ils avaient le droit d'être incorporés dans ce corps, eu versant, à leur arrivée, une somme de 1,800 francs pour l'équipement et le cheval. Il fallait, en outre, que la famille leur assurât une pension annuelle de 600 francs.
Nous mentionnerons maintenant ceux des nouveaux régiments dont la création présente quelque particularité.
Le décret du 2 mars 1807 organisa un régiment de lanciers polonais. Le |iréaml)ulc de ce décret est ainsi couru :
n Chaque Polonais pourra entrer dans ce régiment : le noble, le bourgeois el l'habitant de la campagne y auront un libre accès. Les défauts corporels, le manque d'éducation, les mauvaises mœurs, pourront seuls les en exclure. (;e|)endanl, tout Polonais (pii voudrait entrer dans ce corps devra être, autant que possible, douncilié en Pologne ou avoir un garant de sa moralité et de sa lidélité. ■■
Le premier janvier 1810, création d'un régiment composé des gardes nationaux qui avaient concouru à la défense des côtes de Flandre et de la Manche Ce corps fut organisé à Lille, et reçut le nom de régiment des Gardes nationales de la garde.
Le décret du 30 mars 1811 organisa le régiment des l'upilla de la garde, composé de
556 NOTICE IILSTOKIOIJE
8,000 jeunes gens ayant moins de seize ans. En (813, l'effectif fut réduit à 1,600; le surplus entra dans les tirailleurs grenadiers et les chasseurs voltigeurs.
Le sénatus-consulte du 3 avril 1813 créa quatre régiments de cavalerie qui reçurent le nom de Gardes d'honnein', composés chacun de 2,.')0.) liommes. D'après l'article 14 de ce sénatus-consulte, voici quelles étaient Ifs conditions d'admission dans ces régiments , qui lurent réunis à la garde d'honneur en 1813.
'< Art. 14. Seront admis à faire partie de ces régiments, pourvu qu'ils soient nés Français, qu'ils aient l'âge de dix-neuf à trente ans inclusivement, et qu'ils soient exempts des inlirmités qui les rendraient impro|)res au service :
>■ Les membres de la Légion-d' Honneur, et leurs fils ;
« Les membres de l'ordre impérial de la Réunion , et leurs fds ;
<> Les chevaliers, barons, comtes et ducs de l'Empire, et leurs lils;
« Les membres des collèges électoraux de département et d'arrondissement; des conseils généraux de département et d'arrondissement, et des conseils municipaux des bonnes villes, leurs fds et neveux;
« Les cinq plus imposés des départements, et dans chaque département les cent plus imposés des villes, leurs fils et neveux;
■' Les individus employés dans les diverses régies, et leurs fils ;
« Les militaires qui ont servi dans les armées françaises, et ceux qui ont servi, comme officiers, dans les armées étrangères, et leurs fils. ■>
Les Gardes d'Jioiuieur furent licenciés le 24 juin 1814 , après avoir lait partie trèspeu de temps de la maison militaire du roi.
A l'arrivée des Bourbons , malgré quelques expressions fiatteuses de Louis XVIII en faveur de la Garde impériale, celle-ci ne cacha point sa répulsion pour un ordre de choses qui venait totalement changer ses habitudes guerrières; mais ce qui l'aliéna tout à fait, ce fut la suppression des couleurs nationales. La cocarde tricolore était un symbole pour ces vieux soldats d'.Aboukir, de Marengo, de .Smolensk, de Leipsick ; leur enlever ce symbole, c'était, selon eux, effacer leur gloire, c'est-à-dire leur faire le plus sanglant outrage. Pour obéir, du moins en apparence, les plus résignés placèrent la cocarde de l'Empire sous la cocarde de la Restauration, comme une sorte de purification de ce qu'ils nommaient un chiffon; mais il se trouva des régiments qui préférèrent briller leurs étendards plutôt que de s'en dessaisir.
Enfin, la garde du souverain ayant été confiée à des troupes mercenaires , le mécontentement des f'ieitx grognards ne connut plus de bornes, et ce que l'on crut le plus convenable de faire en cette circonstance , ce fut d'abord de les disséminer sur divers points de la France; puis le T' juillet 1814, les régiments reçurent une nouvelle organisation, ou plutôt il formèrent des corps distincts qui prirent le nom de Corps royal de chasseurs, de grenadiers , de dragons de France, etc.; mais tous avec diminution de solde. L'artillerie de la Garde et les régiments d'infanterie de la jeune Garde furent incorporés dans la ligne.
Le maréchal Oudinot , duc de Reggio, reçut le connnnndement en chef de l'infanterie royale; le maréclial Ney, prince de la Moskowa , fut nommé commandant en chef de la cavalerie royale.
Le renvoi de l'hôtel des Invalides d'environ 2,500 vieux soldats infirmes ou mutilés; les vexations sans nombre dont étaient l'objet les officiers de l'ex-Garde, qui presque tous étaient à la retraite ou à la demi-solde, en exaspérant les esprits, les avaient pour ainsi dire préparés aux événements qui allaient suivre.
Ce fut dans cette situation perplexe qu'on atteignit le 5 mars 1815 ; ce jour, une dépêche télégraphique annonçait le débarquemeut de l'Empereur au golfe Juan , à la tète des
soldats qui l'avaient suivi à l'ile d"F,ll)e, et auxquels il annonçait eu mettant le pied sur le sol français, que tous ils recevraient la décoration de la I.égiou-d'Honneur et Tavancenient du grade supérieur à celui qu'ils avaient.
I.e 21 mars 1815, Napoléon rendit un décret qui rétablissait la Garde impériale dans ses fonctions et prérogatives, et qui portait en outre qu'elle ne pouvait plus être recrutée que parmi les hommes ayant servi dans les armées françaises durant au moins douze années, y compris les campagnes.
A Waterloo, l'effectif de la Garde inq)ériale était d'environ 25,000 lionnnes de toutes armes.
La capitulation de Paris, signée le 3 juillet 1815, contenait ce passage :
" L'ex-Garde impériale se mettra immédiatement en marche pour se retirer derrière la Loire, où elle sera licenciée. Klle emportera avec elle armes et bagages, ennnènera tout son matériel de campagne. Les blessés pourront rester 5 Paris jusqu'cà nouvel ordre ; ils seront sous la protection des généraux anglais et prussiens. Les employés attachés à l'administration militaire de l'ex-Garde, leurs fennnes et leurs enfants, pourront les suivre. Aucun des clie's de corps, généraux, officiers supérieurs, officiers et sous-officiers de l'ex-Garde, qui ont combattu contre les puissances alliées dans les journées des IG, 17 et 18 juin dernier, ne pourra, à l'avenir et à aucun titre, faire partie de la nouvelle armée qui va être organisée ; etc. »
Mais , au mépris de cette capitulation , les proscriptions vinrent décimer les chefs de la Garde , avant même leur arrivée sur les bords de la Loire. A'on-seulement on les traduisait devant des commissions militaires, mais encore on les traquait de toutes parts , de manière à les forcer à quitter une patrie qui se montrait aussi ingrate envers ceux qu'on aurait dd honorer, et que l'on qualifiait de l'épithéte de brigands.
Obligés de chercher une retraite à l'étranger, ils allèrent ; les uns en Turquie, les autres en Grèce , ceux-ci en Amérique , ceux-là dans la province du Texas , à vingt lieues au-dessus de l'embouchure de la Trinité, dans le golfe du Mexique , où le général Lallemand parvint à former une colonie qu'il appela le Champ-d' Asile , et où se trouvèrent réunis, en avril 1818, deux cents hommes de tous grades des débris de l'ex-Garde impériale. Mais les tracasseries du gouvernement mexicain obligèrent bientôt les réfugiés de quitter ce sol inhospitalier ; et , dès le 12 août suivant, ils débarquaient dans l'ile de Galveston , qu'ils avaient déjà habitée une première fois avant leur réunion au Champ-d'Asile.
Après des tortures de tous genres , ne pouvant conserver nul espoir d'un sort meilleur , ils se décidèrent à partir pour la Nouvelle-Orléans, où ils arrivèrent le 20 novembre 1818. Pendant ce temps, des souscriptions s'étaient ouvertes en France pour les exilés du Texas; mais ce ne fut qu'en avril 1820 qu'une somme de 80,000 francs put leur parvenir. Sur les 200 exilés, 47 existaient encore. C'est à la tombe (pi'il faut demander aujourd'hui ce que sont devenus les derniers survivants de ces débris immortalisés par le malheur autant que par la gloire.
Nous terminerons ce chapitre par le relevé de l'effectif de la Garde impériale durant les douze années de son existence.
Kn 1801 9,798 hommes.
558 ^()T1(:E IIISTOIUOUE
1812 r.9,lG9