‹ Histoire de NiceChapitre 11 sur 15 · s4« - ti^ ^^r · texte numérisé non relu

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Utoominée mft la prospérité de leurs sujets ; gloire aux ministres qui secondent ces génér* MQset inclinaiîoiis I !

X'édit de Tannée i6a6 sera k jamais célèbre dans lés annales de l'histoire de ^ice. Cette faeur tewe in^irationdu Pripice attira dans, les porta de Nice et de Villefrmche tous les commerçana de la Méditerranée, changea les vieilles routinei^ aubatitua la ^liberté et les franchises aux entravei^ qui 'gênaient Findostrie maritime y ouvrit enfin une source in^misable aux spéculations ; la soUi«citude de Charles 'Énumuel entoura l'établis-sèment du port-franc de toutes les instituticms qui pouvaient en assurer l'activité et la durée; ainsi tout négociant admis à en jouir , ne pue être recherché pour dettes contractées à l'étranger : il trouva asile et protection pour sa personne et pour ses marchandises ; des galères bien armées pour tenir les corsaires élcMgnés ; des magarâis vastes et commodes pour l'entrepôt; un nouveau magistrat, connu sous le titre de Consulat de mer, pour la prompte décision des contestations dans les transactions , les ventes et les achats ; des courtiers pour les faciliter , soumis à ime exacte surveillance ; une caisse d'emprimt , à un intérêt fixe et modéré ; des

comptoirs établis poiu* opérer 'plus ^cilemené lés échanges des marchandises.; l'aclîvitd dé» communications , moyennant un .coiurs des postesy si nécesssdre pour la rapidité des opérations corn- ' merciales; une taxe pour les transports en transi^ enfin un tarif des monnaieis , calculé sur des bases. équitables^ afin dé faire disparaître les inconvé*. niens de l'agiotage^ '

Ici nous devons entrer, dans quelques > détails sur le: système monétaire adopté dans le coaif merce avant et pendant cette époque intéressante. • Nous avons déjà vu dans là première partie de cet ouvrage y qu'indépendamment .des anciennes monnaies^ adoptées par les Liguriens et par les Marseillais , aun^uelles succédèrent célJe* des Romains , des Goths et des Lombards y le commerce de Nice adopta ensuite ^ à rimiiation des Provençaux, F usage de contracter eu soU Mélgoriens. Cette motmàie tomba presque entièrement en désuétude , vers la moitié du 1 4«"*. siècle ; alors on employa plus communément le florin d'or , ou soit Técu du Soleil , puis les piastres de Florence , les ducatons , les écus de Gènes , ceux de France, et les doubles d# Savoie et d'Espagne. Le cours de toutes ce* monnaies variait continuellement par l'eSet de

fagiôtage des Juifs, à cause de la différence da la valeur réelle et intrinsèque entre le billon ^ l'or et Fargent; CharleS'-Énianuel I.*' par or^ donniance du i5 juillet 1627 mit un terme à cet àbus^/en établissant . un tarif permanent qui ne pouvait varier dans Fétendue du port-franc de Nice et dé ViUefranche^i.

Une autre ordonnance du ig août suivant coitibattit', avec les armes^de la saine raison, les préjugés d'un orgueil infructueux. Le Souverain y déclara en principe que c'est un titre de noblesse d'augmenter les ressources de l'état j que l'indolence et l'oisivité ne sont d'aucuii profit y mais au contraire des charges onéreuses à la société ; qu'on pouvait également acquérir des titres et des privilèges en se livrant au commerce en gros , à la tenue des comptoibs et à la banque, et que l'exercice d'une pro-» f<sssion, qui fut toujours la première source des prospérités publiques , ne pouvait faire déroger au rang et à la naissance *2. Cette

*i Voyez la note (A) à la* fin du Chapitre.

*2 » L' esercizio de' traffichi, negozii ail* ingrosso, » tenuta di banchi e corrispondenza di cambii, non » pregiudicano in modo alcuno alla nobiltà. (Di- » chiarazîone del 19 agosto 1627 ; Biblioth, de 19, \^ vill^ de Nice ) 1^.

gricullure ; ces icrrems ne furent défrichés, qtte lorsque le régime féodal , battu en ruines par Énumuel' Philibert , fit . place ' à la juste répartition de r impôt territorial ; alors les bras des cnltiyateurs se livrèrent avec confiance 'aux soim de la culture , d'autant f)lus qu'ils pouvaient se promettre d'en recueillir les fruits : les fléaux de la peste et les désastres des guerres arrêtèrent trop souvent ces améliorations; mais toutes les lois que les bienfaits de la paix venaient, pour <|uelqae tems, cicatriser ces plaies cruelles > les liabitans s'empressaient, avec une étonnante persévérance , à réparer leurs pertes ; c'est ainsi qu'après le siège de i543 , qui avait entièrement ruiné les campagnes de Nice , nous Jes trouvons , à la distance de trente années, nouvellement repeuplées d'oliviers et d'orangers, fournissant des produits considérables à l'industrie agricole. Nous entendons seulement 'parler àe la petite portion du territoire au voisinage de Nice, jadis, comme aujourd'hui , vantée par la fertilité du sol , les délices de ses jardins , la douceur du climat et la variété de ses productions. Les deux expéditions en Provence parle Duc de Bourbon et par l'Empereur Charles QiUnt en personne, amenèrent. les m^^mes dé-

Ta$tatit]^sf fî'oi^igë ^ une fbis p^És&ycêlte'piviie du tenîtôire se repeupla de nouveau en ârb^d^ . de toute 'espèce , mâi5 toujours- de préfët^i*fe *en oliviers. On était en usage de planter *dé^ 'Vignes conjointement à cdd arbres^ d'apte^ le sage caïcul , que lorsque la' vigne e$t-iArrifv^ à sa décrépitude^ l'oliviet* eflirlé dancî fsfil plUs 'grande actiyit^ productive; voilà comméïit'dti -pteW expliquer l'abondance dè« ' vitis i ^'ï>tf * i*^ •îbliàit autrefois dans le territoire de; Nî^ .fàbéliEi- « dancè qui fit' défendre ^ sotiâi les peines les^ pnïs sévères , l'introduction d^e ce Bqùide vcriàSit -de l'étranger. Charles-ÉfMnÙel I.*', viiùlàttt favori^r cette culture y fixa tes' jofnrhéès âis travailleurs "à gages ; et -par' ordonnance dû ab . février 1668 remit en vîgùeui* les anciehS'bàiis champêtres , portant que les délits ruraux , tels que la maraude , les vols deis' fiints et* dés'' récolies , les doipmages c^u^â .^ jjp^ )ê5, pWj/^s^ «f t les chèvres^ et autres «eciJddbles dagftts.^.scfraient réprimée par la polièe- MOBOÎcipale.' -Qéiitfè Conseillers ^ nommés dans chaque classe du Conseil , exerçaient sur cette matière une espèce de Magistrature suprême , prononçaient les confiscations , les amendes , et même la peine de l'emprisonnement; mais celle-ci ne pouvait 37 roi. IL

é'^ieadrt au-delà de cinq jours , Ans eu dëfe* MT tu tribunal du Préfel- Ds yeillaieut aussi à la odUèervaiion des terreyi^ situées le long dos lOrreos et rivière9 , vuidaut les contestations relatites aux limites des propriétés particulières , hi^ant pourtant aux parties le droit de termina leurs diffërends par veie d'arbitres y nQmmës de gr^ à gvéf%. On voit ainsi que la police rurale dut îl^net!: sur les progrès d4 Tagricul- UU^y et quia snus Texistenee du cl^âteau de HHicùf qui post^irieureui^it en ji^i et 1706., pendant la d^rëe de deut sièges fonestes^ fit essuyer aut campagues les ravages ocoasionn^s pt^r le Béjoup des armées Françaises , les bien- &its des PrinCîes de la Maison dé Savoie avarent procura d'wmeoses amélioratioi^s*

*i Protocole du notaire Marc«Auréliea MUonis. Ces Magistrats 4e police municipale existent encore âe AOS jour3 , arec plusieurs modifications que les i*ms et les cirt>olië€MCe6 ont fait admettre; ils s'ap*

^70 jtâmimstraUQn hUérièurel

Nous ne pouvons ouvrir une seule psge àt nos annales y sans trouver par^tout des preuves incontestables de la sagesse de nos Souverains dans leur administration intérieure. A mesure

que la rouille des siècles faisait place à la rai-? son et à la justice ^ les abus disparaissaient, eC d'utiles institutions suivaient les progrès de la civilisation *i. Un règlement de i6a3 fixa dans

*i En 1627 Charles Emanuel II créa un Magistrat chargé de veiller à la santé publique; une ordon* nance supplémentaire du Gouverneur prescrivit que chaque citoyen serait tenu à nettoyer les rues de^ vant les boutiques et les portes de la maison, de les faire fmver à ses trais , d*enlever les décombres qui obstruaient la libre commiuiicatibn , et de M rien jetter du haut des fenêtres, avec défense, sous les peines les plus sévères, de laisser errer les bes* tîaux dans l'intérieur de la ville, ainsi que cela Sf pratiquait antérieurement. La boucherie, les marchés, les puits publics furent placés sons la surveillance de la Police Municipale; les tonneliers et les tanneurs durent se transporter dans les faubourgs pour éviter le bruit et les exhalaisons fétides provenant du mouit lage des peaux; les saleurs de poissons obtinrent un quartier séparé du côté de la porte Marine; en-

58o îintërét des \fiimiUe6 un* Bouveau mode de constater les décès et les naissances. Des lettrespatentes de la même année assujettirent les apothicaires et les chirurgiens à la stirvcillance du ^Magistrat de ^nté^ et réglèrent le tarif des «médicinaux; ;car -souvent la cupidité ou l'ignorance compromettaientt la fcfkiune et la vie des •citoyens !.■ ; ■•:»'•:= -' "

i. Des abus plos ^ graves s'étaient glissés dans •Fàdbninistratipn des fonds communaux ; Charles- JEtfJiâfizieZL II; |)a]^ ; Uft . décret du mois de juin 1664 en régla la comptabilité, et fonda un système nouveau dans cette branche importante de\ l'àdministraliôu , système dont la durée a .prpuv,é . incontestablement la bonté , ou ^ pour •mieux ' dire , la perfection. Par-tout l'édifice social se releva Sur les bases solides c[ui consti- ^tuent sa véritable prospérité !

fini aux inconvëmèns produits faute de surveillance, succédèrent insensiblement Tordre , la propreté, et la sahibrîté!

Progrès de tesprii militaire.

Les obligations contractée^ par les- bienfaits' sont lés lier(s les' plus doux' ^l 'attachent fès' peuples aux légitimes Souverains! L'ambition dés grandes Puissances ^ qui se dii^utàîeht la pos^' session de " ritàlié- , força ' coilCiiriiellémént' lés Duii^ de Savoie à" "recourir au dévouement de' teùrs sujets.' La . ville et le -GJonlté de Nîcë ré-pondirent dans toutes les cireokistancès importantes à Tappel à% confiance- fait à leur ainour. lie siège de i543 couvrit de gloire utie population g^éreUse ; les victoires mémorables diÉf manuel^PhilWert la récompétisèreht amplement, de ses doul(>ufeux sacrifices! Ce béro$ perfec-: tionna le système militaire , -cihaque citoyen de-* vint soldat pour prendre sa pai^t à la défense du Prince * et de • la patrie I Depuis Charles^ Magne toikt propriétaire de tréïité arpens de terre était tenu* ani service militaire ; ceux -qui en • possédaient mprns^ prenaient entre euit des an^aiigêmens pour/ concduiir '»én proportionnai cette cfaqrge commune. Ged'ôoi^s^aipsirétmi» £>rmèrent d'abord des ^GellàdeÉ « du mot ktiâ< CèUatà, eapoice de ootque^ doi)t les gens 4^ guerre

36 servaient y puis des eompagnies d'armes ^ et plus lard des colonelats. On pouvait nëaniiKHiis se racheter du service, moyennant une redevance pécuniaire > icalculée à raison de dix écos d'or par tête. La même chose se pratiquait i regard des eapalcates, dont Fusage se maintînt en vigueur jusques vers la fin dn 1 5."* siècle. La ville de Nic^ j en vertu de ses anciens privilèges , s'en iticheta par un don gratmt annuel, offert au S<Hiverain ; mais lorsque le Comté de Nice était menacé , tout homme en état de pmter les armes devenait soldat, d'après la loi commune de défendre sa liberté et sa profuriété; ce n'était pas un service mercenaire , mais uno levée libre et sponunée , nécessitée par l'urgence du danget. Voilà Torigine des milices

L'usage des uniformes était encore inconnu ; de simples écharpes de différentes couleurs servaienli à distinguer les combattans. Les lances , les piques, et les coutelas, fureût d'abord les armes dont on se servit plus conununément ; mais après l'invention de la poudre , on leur substitua des arquebuses > à imèche , piûs en i556 les mousquets à batteries ; toutefois les piques con* liùuèrent à être en Us2^e dans la proportion des cinq sixièmes pour l'iu&ntejw ^ et les ca-^

çonseirètent la lanœ ^i. L'emploi dm canon crëa l'art des fortifications modernes. Aiue hautes tours, aux batteries crénelées, mccédà^enl ' les rempiM^ en talus et les rede^tes rayées ; le^ jeu des mines/ Texplosion desbpny^es, nécessi^^ térent des constructions d'm nouineau genre pour s'en garantir. Ainsi les bonHnes- devenus pliif puissaus, sans cesser d'être fiùbles par iMT M» turc y ne firent qu'élerer de nouveaux monument dé destruelion r !

yictùr^Amédée I.*' fui te créateur de 1* milice provinciale et le régënârateur des troupet d'ordonnance. Il fit dresser le tableau général de tous les individus en jétat de pertei" les J^we»; établit un eontrdle général dans chaque régi^ ment de lig^ ; organisa les compagnies de deux» cent hommes composées de la manière suivante^ savoir: quatre-vingt soldats ,<lirmés d'arquebosee^ quarante de mousquets , soitànte de piques eCvingt cuirassiers avec des bàtétfs feHrés, tMûÊaéê'^ Brindestoc^. Lét tjpoupes «omraeçpoérent> à écr^ caseméies en 1639 ; on adopta les' cecârdef ' nationales eu' 1-671; enfiiites cnHlamissarials ém

."^i Comméiitairedu Mon(-Lu€; Brantôme, vie da Duc (l*Àlb'e i Ust: milit. du ^lémont pair le Goinle de Saluces;

• it

584' gw6rrê ieurefit levr naUsanaé en i:673r»]tfQ:Gom(é * d^: IXiçe donna weienneméni.' jsop .4Qm. à: ^a cc^pn^Uaty Qu sqil régiment d'^rdonpi^ce ,-reT.! cmté d»n& le pap . ejt constamment sur pied , en paix cràmie en, guert^. F^ictor'l/ip%é(iée H par • son édit daté de Messine ^ le 7 ! juin 1714^ le mil nur le pted proyinciaL' Malgré .ce changexneoJt nous^ le verrcmsi^ dans la •troisième pariie dç, ,cet . puyrage.,^ ,'%nret avec ' honneur parmi les troupes Piémontaises , donner de 'nouvelles , piM^vés de fidéii!^ ^ djë.bravourey et se montrer digne de son ancienne réputation.

£lhmigev^en$ \ii\tn^uit^ danA ies mœurs , ^ * . les usages et les habitudes.

, A. j^esure que d'étqnnantes découvertes agrandi^ss4ienit> le vaste dqmainé de .r^prijt V^unain , . le;»;) goûts ^ les m<Bvir$ et les usages éprouvaient dç%, çhaQgemei^ rjç^iaiiquables^ La rudesse de •

c^l^t^e céda . inçensiblemept aux lumières de

la* ^civilisation > ;la religion^ ce .gi^ide assuré, pQi>r ^ftMui)ç€i,fefehqSnflje&-en société, à travers le^ écueils des passions^ contribua puissamment

et les sortilèges , qui exerçaient auparay^t taiit ^

d^mpire mt tme aveugle crédulité;» se dissi-^l pèrent à la douce clairté de la faiaoh et de la', saine iiK»'ale ;) il n'en resta ' que quelques traces! dans la science*'' de la médecine^ qui> par sa^' nature^ semble bSHr, un dernier asile aux coii*'jectures les plus . bigarres. Au i S.*"*- riècle ^ôu ■ était à Nice^i^t plus encore dans les montagnes.'; du Comté y danS: Fhabitude de se faiire des in- • <^sions sur le oorps.^ pour se préserver d'une: influence -maligne^ Dans tel village^ un individu attaqué de .la.;fièvrQ se tirait ordinairement àmi sang, et .le faisait boire à son chien, : à sour cpchon*, ou à' son âne> dans là certitude de .se- • guérir en lui cooimuniqiiiant son 4»al. Dans tel^ autre , la morsure, ou la piqûre d'tine. bête veoi*. ; mêusè était réputée incurable, tant qu'on n'était j pus parvenu à la tuer ; ici lès eaux d'une fon^ i taine jouissaient des privilèges de donner la santé;^ là c'était une forêt , une grotte ou une montagne qui pouvaient garantir de là* peste, Ipriki i^éine que la èontagkm avait dé|à'gagné. le corps; ;. enfin quelques.caractèf es informer , 'ti^oés sui^ U^y papier et bi^és avec soin, fUb^taiftnt ides mÊF\[ ladies , |irésaervaieht des mtdificel^ en méjaat leurs ^ ceiMires danstduivia ou du lait,!que:'le' mabfikn iwvait tomme: mkltgmèdi(à.:M9viBé>'^.(kf

les mcBurs s^éfaient g6iéra}enieiit éparëés^ler^ Bbeitinage et la'dâ>auche furent oontenii^ p»^ U religion y par les lois, et par la honte pu^* bliqœ; il y* avait pourtant à Nice des prostt*^ taéea pour astoonr la brutalité des passions 7 1 mais nous tronvcms qu^en i5o8, ces femmes, aa nombre de soixante , furent enfermées par ' les soins dn Consul Honoré LmcaTis y dans' ime maison située près la porte dii Pont, oà' elles TÎvaieot sofos la surveillance de la police ^ munic^Mde ; les marias et les célibataires^ pou^ yaîent les fréquenter' pendant 1^ jour^ à huis clos} la nuit on les enfermait sous le verroo^^ et tonte communication leur ^ait interdite -; ohlt^ gées d'idlleurs à porter un costume particulier^ ' elles expiaient la moindre faute par des cAâtimens sévères y particulièrement celui du fouet en pnbHc.

- Les faabîllemens simples et grossiers se mo* difièrent par Fintroduction des costumes Italiens^ Espagnole ^ ou Français y selon ie plu<$ ou moins > de fréquentation avec ces peuples. Les longues ' bttrfaes lurent supprimées y même dans la' ma;^ ' gistrature ^ et les Ifeoustaches devinrent exdusive^ ' taent la devise des gens de guerre et des mariM.' lies cheveux Aatums ^ dressés» ^n IsMHicies-^ ee^

S87 Béa&nent avec des cordons pour les homme» y et

pom* les femmes se roulèrent sor la téte> en gùise

d'une couronne recouverte d'omemens, selon let-

difiërentes classes ; les toques de velours y lei^

capuchons de drap essuyèrent k même pros^

cription; les chapeaux Français coiffèrent l»

premiers gentilshommes , comme Its prtneîpatls-

bonrgeois ; le has peuple employa des bonnets de

laine de diffi^reatea couleurs *i ; les étoffes da^

prix , les toiles de lin le plus fin ^ les galons $

les dorures , les pierreries ,■ que le eoihmereé '-

apporta du levant^ ou du continent de FAmé^"

rique y couvrirent ensuite les vétemens de in

noblesse , particulièrement les habits de &mmesy

toujours plus avides de nouveautés; alors oit

commença à connaître fat manie de la mode ^

le raffinement des festins , et le luxe des ameiK

blemens; on dut en grande partie ces innovationa

atix noces de la Princesse Béatrix dé PattU^al

avec le Duc de Savoie y célébrées à Nice ei|

i53i ; à k résidence^ pMdant six aùa^ det

Chevaliers de S.t«-Jean de Jérusalem au polt

et ViUefranehe ; au passage des Impérieux lort

âe la seconde expédition en Pvownce en il36|

^i h en existait plusieurs fahri^uei au village âe âaim^Martm Lant^aca.

aux divers voyages de Charles Qidnt , enfin aux cfélèbres conférences de i538 , pendant lesquelles les habitans furent éblouis par la magnificence. des Cours de* Rome ^ de France et d'Espagne... A. force d'assister aux plaisirs des grands y on, voulut à leur exemple se .procurer de nouvelles, jouissances ; il s'en suivit la recherche dans les habits y le raffmement de la table et dans les^ logemens^ et une plus grande fréquentation . qui amena l'urbanité , les fêtes et les réunions ; les désirs des personnes riches y transformés en habitudes ^ devinrent ensuite des besoins! Déjà en i458^ la famille Grimaldi de Bueii ienaiit une cour Brillante , où les principaux seigneurs de Provence étaient reçus avec courtoisie ; les, Lascaris de Tende ne voulaient pas se laissev. écflipser par ce seigneur , et les Doria. de Dolceaqua suivaient les traces fastueuse^ des Gri-. maldi de Monaco ; ainsi nous avons vu qu' en i529, à l'époque du débarquement de l'Empeteur Charles Q^Vi^ au,port de Villefrancbe , Augustin Griniàldi le traita dans, son palais, àveb une/magilificence qui surpassait sa fortunes A^^'miitation de. ces grands seigneurs , lies autres gçntilshonîmçs..se piquaient de tenir une maison puverte pour traiter les étranger^ de distioctioni

Toîlà comment Jean GalUan en i439> logea- *ét traitaf splendidement dans sa maison Jean Doria de GaëtCy envoyé du Vice -Roi de Sicile, et Christophe Salvago , Ambassadem* de la République de Gènes ^' qui paya si mal les soiijis de l'hospitalité. Nous avons trouvé dans v nos documens historiques y que les familles Cais > Badaty Riquiert, Marquesan et autres , recher» chaient toutes les occasions importantes pour afficher un luxe seigneurial ; qu'elles avaient des palais, des châteaux, des jardins délicieux, un nombre considérable de valets, et même des pages et des demoiseiiux. Cependant, où sont de nos jours les traces* de cette antique somptuosité ? Que sont devenus ces palais , ces maisons de plaisance dont on rappelle le souvenir? A la réserve de l'abbaye de S.t-Pon», <le l'église de S.te-Réparate , et du Sanctuaire de Laghety quels autres monumens d'arcfaitec-: -turc, ou même de simple goût, sauf les cons;tructions du commencement du dix-huitième, siècle , s'offrent encore à nos yeux ? Le tems aurait-il , à peu de distance , détruit impitoyable^ ment celles dti moyen âgé, tandis que les ruines de Cimîez offrent encore les traces d'une an-, tique splendeur ! ! Nous croyons pouvoir expli-

^pier cette contrtdkiiîoii , en évaluant au juste

pt qu*on appeUait alors un palaU , un édifice Mmarqnable.

Du sein de Tarchiteeture gothique s'était élevé un genre de constructioii plus simple^ moins compliqué ^ moins imposant à la vue , mais plus analogue anx changemens qui s'étaient opérés dans la société.

lie journalier , Partisan., le marchand , même le. bon bourgeois ) crurent être parvenus àbeau^ coup d'aisance ^ lorsqu'à la place des misérables tngures y ou leurs devanciers étaient accoutumés de vivre entassés avec leurs familles, ib enrent c^ienu des logemens de nouvelle créatioD. n résulte de-Ià que toute maison^ qui dans la suite offrit un pevi plus d'apparence et de ùr çade au dehors, ou d'éteiidue intérieure^ obtint la dénomination d'un palais. Il n'est pas moins vrai, que. d'après les progrès du luxe, si l'on comiMurait aujourd'hui la maison d'un petit bourgeois, k celle qu'habitait alors un Lascaris , un Grimakli ou un Galléan, sans doute la première ehiiendrait la préférence; tout est relatif dans la société > aux tems, aux mœurs et aux usages ; ainsi, par exemple , si l'on voulait encore à présent 43èi9parer l'habitation d'un bon particuUer d-ll*

, de Baicob^ de Venanso&y. on de S*u Daliuas le Sauvage, à celle d'tia pajsan de Nice , ce dernier toit rustique > transporte dani un de <f^ villages, serait regarde comme lun i^difiœ important. Nous savons aussi que lef principales maisons des pltîs riches gentilsilionunes se trouvaient anciennement situées dans Tenceinte intérieure du château de Nice, et qu'elh les furent rasées, en partie lors de Tamplialian de cette forteresse en iSaoei i54o; celles qui restèrent sur pied dans la hauterville, ruinées d'abord par les bombes de i543 , puis par Tet* plosion de 1691 , n'étant plus . habitables , durent successivement être abandonnées par les propriëtaires , à mesure quc^ la ville, s'étendit vers le i^vage de la merl.

D'ailleurs tous ces gentilshommes possédaient des fiefs et des châteaux fortifiés , où ils passaient habituellement une partie de l'anoés ; ces anv tiques demeures offraient des logemens spacteur*, 'que chaque propriétaire modifia à mesure da progrès des arts et de Fintrodaction du luxe ; elles sont tombées de vétusté, mois nous en voyons encore les ruines , particuliâreBaent celles d'Eza-y Gasiellar , Aspremont , Levens , Tourettes , Ghàleameufj; Revctt^ Maisoins y Vilkrs , et tant

d'autres qu'il serait trop long 'de diter. Ainsi ,. sans prolonger une dissertation qui deviendrai &stidieuse , ^ous croyons pouvoir assurer que la ville de Nice^ avant le. iÇ.^isiècll^ n'etaic pas une. misérable bicoque^ comme on pourrait le penser ^ d'après ce qui reste des ancieniies xsonstructions ; mais un séjour qui ne manquak ^as d'agrémens. La fréquentation d'une fouie de Princes et seigneurs ^ et le rôle importait qu'elle a joué pendant cette seconde période , en fournissent la preuve incontestable.

Améliorations dans tordre judiciaire.

. Le perfectionnement progressif dans toutes les branches de l'administration intérieure ^ se fît sentir, avec la même proportion, dans la partie législative.. Les Princes de la maison de Savoie, en respectant les anciennes lois et: les privilèges ;de la ville de Nice, s'attachèrent à faire disparaître, petit-à-petit, les abus qui entra^vaient ;la marche de la justice. -

Le régime des lois Provençales y continua .à être en vigueur , avec la seule différenee, qu& dès l'année 1 559 les.yigueuies du Comté furéat divisées en autant dé Préfectures , ayant cjbacune

«n'Juge-Mâge ' ou" soit Préfet , cWgë d'administrer la justice civile et criminelle. L'appellation des sentences de ces Magistrats était portée en premier ressort devant le Sénat de Turin, et ensuite au Grand-Chancelier dé Savoie, repré-. sentant l'autorité Souveraine; voilà aussi pourquoi les 'vigueries étaient dans l'usage de tenir» un envoyé à la Cour du Prince, remplissant les fonctions d'un Procureur spécial , chargé de veUler aux intérêts publics et particuliers.

Le Préfet avait ordinairement rang' dé Sénateur ; on ne sait comment les habitans de Nice consentirent à se dessaisir de l'ancien privilège d'être administrés par des personnes du pays, puisque nous trouvons que la charge de Préfet fut Souvent gérée par des Magistrats Savoyards et Piémontais *i.

L'étude de la jurisprudence continua à occuper le premier rang parmi les sciences cultivées ; c'était là route la plus sûre pour arriver aux honneurs et aux emplois. Les plus illustres familles la suivirent avec succès, et l'on vit sortir des bancs de l'école des hommes juste-^

^i Le premier Préfet de Nice tiit, en iSSg, Odonel Marcandillo de Castroforte, citoyen d'Asti, Juris« consulte 9 Sénateur de Turin et Conseiller Ducal»

58 VoU IL

ment cëlèlircs par leur profctide émidklon. Nott^f ayons àé\k cite Jacques Dalpotzo , qui obtint ensuite le chapeau de Cardinal; Honoré Dragô^ Sénateur de Turin, jmis Juge-Mage de Nice^ Barthélemi Riquiefiy pra&sseur de jurisprudence à Avignon ; Honoré Grimaldi , professeop du droit public à Toulouse, et nous pouvons leur associer, quoique dans un rang moins élevë, Jjudo{^ic Lapigier, docteur ez^lois, PaïUDaU pozzo Sénateur , Conseiller Ducal , Pierre Blan^ cardi de Sospello , Marc Fabrjr , Honoré Orsiero , Ludos^ic BarraUs , et plusieurs autres qui s'élevèrent par leurs taleos aux hautes charges de la Magistrature.

La création en i6i4 d'un Sénat Souyersin de résidence à Nice, completta la sollicitude bienfaisante de la maison de Savoie. La justice obtint les moyens qui lui manquaient pour activer les jugemens , pour protéger le faible contre le puissant , pour confondre la chicane et la mau-^ vaise foi.

De-là commence une nouvelle époque , où la Magistrature dans le Comté de Nice parvint au rang qu'elle méritait d'occuper , autant par les services " rendus au Prince et à la patrie , que par son instruction et âes sévères yertust

Instruction pubUque»

Depuis le 1 3.°*^ siècle y Famour passionné du sayoir avait succédé à Tignorance généralement enracinée dans la société ; à-peine quelques familles puissantes trouvaient^ dans Fobscurité des Couvens, les moyens de s- instruire dans les premiers élémens des lettrejs; mais que pouvait-on attendre d'un siècle ^ qui n'avait point encore secoué son antique rouille I Les Princes de la maison de Savoie donnèrent^ les premiers^ un noble élan à l'instruction publique en fondant , des collèges ^ où la jeunesse puisa de nouvelles lumières. Leur munificence récompensa les talens utiles y propagea le goût èLe.% connaissances nouvelles, fonda enfin un nouveau système d'éducation. Bientôt les, arts et les belles- lettres fleurirent , malgré une foule de désastres ; mais ^ c'est sur-tout la ]|^*sie et- l'éloquence, qui obtinrent les prequiers suffrages en s'alliant avec l'étude ^ de la jurisprudence.

Il y avait à Nice au i5«^ siècle des pit'bfes* seurs publics , payés par le Souverain , pour enseigner à la jeunesse les Mathématiques, la Philosophie et la science de Cicéron ; nous citerons particulièrement Isnard de Porcellet,

Louis Giauserand , Jean Badat , Honoré Pas* toreUo , et Ludovic RevelU , auxquels nous devons en partie les notions historiques écbâp« pées aux ravages des siècles.

H est à regretter que plusieurs de ces littérateurs y entraînes dans le dédale des dissertations scholastiques , se soient trop souvent livrés à d^nuliles subtilités au préjudice de la véritable science. Peut-être que s^ils avaient vécu à une époque plusr éclairée^ ils nous auraient laissé dès ouvrages d'esprit et de goût , dignes dp siècle de la belle littérature.

Par cette exquisse rapide de la situation sta» tislique de la ville de Nice , pendant la seconde période de son bistoire , nous croyons avoir dér montré, quoique imparfaitement, que sa destinée ne fut pas inférieure à celle des autres peuples de l'Europe. Les notions que nous nous çror posons d'ajouter à la fin de la troisième partie , completteront , avec un intérêt nouveau, le tableau général que nous avons entrepris de inettrç sous les yeux de nos lecteurs,

(A) Tarif des monnaies^ réglé par ordonnance

du 1627.

■te

La double d'Espagne 14 florins.

de Savoie 25 id. 9 solSé de Florence )^ id.

de Gènes !> id.

d'Italie

id. 6 sols.

Écu du Soleil

fr. ou soit liv. de FratiCe

Sequin de Venise

id. 6' sols.

Écu de Hongrie .

id,

Crosat de Gènes

Ducaton

Croson dTspagne

Philippe de Milan

Quart d'un ëcude France 2

7 sols ^ 6 derniers.

Tcston de France

Carlin de S.t-Mâurîce

Carlin du Béat-Amédée

Double florin

8 sols/

Fin du Second Volume^

Sgà!

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