‹ Histoire de Nicolet, 1669-1924Chapitre 12 sur 83 · L’ancêtre Joseph Petit dit Bruneau · texte numérisé non relu

L’ancêtre Joseph Petit dit Bruneau

L’un des principaux soldats-colons arrivés à Nicolet avec

Laubia, en 1670, est le sergent Joseph Petit dit Bruneau, ancêtre de Mgr J.-S.-H. Brunault, évêque de Nicolet. Le seigneur Laubia lui assigna une terre de quatre arpents de front sur une profondeur indéterminée (1). Les concessions ordinaires avaient trois arpents de front. On concédait quatre arpents ou davantage aux officiers les plus méritoires. Le pionnier, qui était âgé de vingt-quatre ans et célibataire comme tous ses compagnons, se mit à l’œuvre avec un courage digne d’éloges. Cinq ans après, époque où il vendit cette terre à Louis Lavallée (21 octobre 1674), il avait défriché sept

arpents de terre, bâti une maison confortable de 17x17 pieds, et une grange de 30 x 20 pieds, les deux bâtisses “closes de pieux”, dit l’acte, c’cst-à-dire entourées d’un fort pour sa protection contre les Iroquois, dont les incursions étaient toujours à redouter. Sept arpents défrichés en cinq ans, sur les moyens restreints à sa disposition, constituaient un travail difficile à surpasser en ces temps primitifs. La plupart des autres lots étaient moins avancés.

On ne constate plus la présence du sieur Bruneau à Nicolet après 1674. L’année suivante, il se marie à Trois-Rivières avec M.-Made-

leine Chesnay et tous ses enfants y sont baptisés jusqu’en 1695.

D’après l’histoire des Ursulines des Trois-Rivières (Vol. I, p. 115), il y tenait une maison de commerce en 1678, et, en 1683, on le voit organiser une expédition à la Baie d’Hudson, pour le commerce des fourrures, en société avec MM. de la Chesnaye, Gitton et la dame veuve Sorel (Bulletin des Recherches Historiques, juillet 1919, p. 194).

Il est probable qu’il conserva des relations assez intimes avec ses amis de Nicolet. On voit en effet l’aîné de ses enfants, Joseph, baptisé en 1676, épouser en 1709 M.-Anne Delpé-Sincerny, dont le père, François, a possédé la première terre de l’Ile à la Fourche, sise tout près de la terre Bruneau. Celle-ci aboutissait au S. O. de la pointe de l’île.

Le commerce du sieur Petit-Bruneau dut être prospère, puisqu’il le mit en mesure d’acquérir en deux transactions distinctes la seigneurie de Maskinongé.

Joseph Bruneau, bourgeois des Trois-Rivières, dit Mgr Nap.

(1) .L’acte du 21 octobre 1674 dit: Bornée au N.-E. par le chenail de la rivière de Nicolet, en montant à Jean Joubert, en descendant a André Marsille.” — La terre de Jean Joubert est celle marquée Desmarchès sur la carte cadastrale de Catalogne. François Arnault dit Desmarchès, qui l’avait acquise de madame Des Groseillers, l’avait échangée avec Jean Joubert le 17 mai 1671 pour une terre sise à Mannereuil (Rivière-du-Loup). Dans cet acte d’échange il est dit que le voisin de Desmarchès en descendant est le sieur Joseph Petit dit Bruneau.

Caron (1) acheta de Pierre Le Gardeur une seigneurie d’une lieue et demie de long sur pareille profondeur dans les terres situées dans le lac Saint-Pierre et appelée Maskinongé. Le contrat fut passé à Montréal devant Mtre Cabassier, notaire royal, le 24 septembre 1686.

Le 4 octobre 1700, dit Tanguay (2), il ajouta à cette seigneurie une superficie d’une lieue et quart, à la rivière Maskinongé, qu’il échangea avec le même Pierre Le Gardeur, contre son emplacement à la Basse-Ville de Québec. — Ces deux acquisitions constituent le fief Bruneau, et sont l’origine de sa seigneurie de Maskinongé.

Toute sa vie, le sieur Bruneau se distingua comme excellent citoyen et fervent chrétien. Les Ursulines des Trois-Rivières, qui le désignent sous le nom de sieur de Maskinongé le tenaient en haute estime (3), tant à cause de ses vertus que de son zèle à promouvoir la colonisation. Sa fille aînée, Marie-Madeleine, entra dans cette communauté le 23 juin 1703 et y vécut comme une sainte; les autres enfants firent alliance avec les familles les plus en vue du pays, et 257.

On peut considérer le seigneur Joseph Petit-Bruneau comme le fondateur de la paroisse de Maskinongé, et ce doit être eu son honneur que l’autorité ecclésiastique a mis cette paroisse sous le patronage de saint Joseph. On constate en effet, par les rapports annuels et de visite épiscopale, que la seule fondation de messes existant à Maskinongé consiste en “trois messes basses annuelles à dire dans l’octave de la Toussaint pour les membres décédés de la famille Bruneau, qui a donné le terrain de la fabrique. (Rapports de 1874 et 1878.')

(1) Désaulniers. — Recherches généalogiques, pp. 6

(2) Dict. gén. Vol. I, p. 478.

(3) Histoire des Ursulines des Trois-Rivières, Vol. et 257.

et 60.

I, pp. 115, 236

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