MAISON MERE DES SS. 1)E L’ASSOMPTION
séminaire, M. l’abbé Isaac Gélinas et M. l’abbé Thomas Caron se dévouèrent dès lors et pendant de longues années à son bien spirituel, le premier comme aumônier, le second comme supérieur.
La maison mère construite en 1888 et la chapelle achevée en 1903 furent complètement détruites par l’incendie du 21 juin 1906, qui réduisit également en cendres l’ancienne cathédrale de Nicole! et une grande partie de la nouvelle alors en construction. Deux ans plus tard, le désastre était réparé : les Sœurs entraient dans leur nouvelle maison mère, plus considérable que la première, puisque l’Ecole normale fondée cette année même (1908) y avait ses cours à côté du pensionnat de plus en plus nombreux.
Cependant, l’insuffisance du local fit songer à une nouvelle construction, et l’Ecole normale devint une institution spéciale, en 1918. Le nouvel édifice, bâti non loin de l’hôtel de ville, subit à son tour l’épreuve du feu. Le 22 mars 1920, l’œuvre qui avait exigé de lourds sacrifices pécunières était ruinée elle aussi, et les élèves devaient revenir à la maison mère reprendre les cours qu’elles occupaient avant 1918. L’Ecole normale a été relevée depuis, mais on n’a pu terminer l’intérieur, à cause de la construction toute récente d’une annexe assez importante à la maison mère actuelle.
La congrégation, qui compte aujourd’hui (1923) soixante-dix ans d’existence, voit s’achever le premier millier de ses membres, dont 791 forment la communauté actuell.e Des 70 établissements où 17,000 enfants environ reçoivent leur éducation, 13 sont maintenant en activité aux Etats-Unis, 6 dans les provinces de l’Ouest, dont 3 chez Jes Indiens, 5 dans la province d’Ontario et 46 dans celle de Québec, parmi lesquelles 28 appartiennent au diocèse de Nicolet.
L’HOTEL-DIEU. — L’Hôtel-Dieu fut fondé le 18 août 1886. Les premières religieuses furent quatre Sœurs venues de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe : les Sœurs Youville, Saint-Jean-de-Dieu, Saint-Eusèbe et du Sacré- Cœur. Les œuvres des religieuses sont le soin des pau-
vres, des malades et des orphelins, la visite et la veille des malades a domicile, dans la ville et dans la paroisse.
L Hôtel-Dieu de Nicolet compte aujourd’hui 196 religieuses professes et une quarantaine de novices et postulantes. Les pauvres sont au nombre d’environ 300, dont 165 orphelins et orphelines. Plus de 3,000 pauvres et orphelins ont trouvé asile dans cette maison depuis la fondation.
En 1893, sept années à peine après la fondation, on taisait appel au dévouement de ce petit groupe de filles de la Vénérable Mère d’Youville, pour aller fonder un hôpital dans l’Alberta, sur une réserve indienne appelée Réserve des Gens du Sang. Quelques années après, deux écoles étaient aussi fondées dans la même province pour donner l’instruction aux enfants sauvages.
L’Institut compte aujourd’hui neuf missions. Outre les trois ci-dessus nommées, ce sont : la Métairie Saint- Joseph, à Nicolet, ferme magnifique dont l’Hôtel-Dieu fit l’acquisition en mai 1895 (1) ; un hospice à Saint Célestin, où les Sœurs ont une chapelle appelée “Tour des Martyrs ”, contenant plus de 7,000 reliques ; un hôpital à Drummondville ; un hôpital et un orphelinat à La Tuque, dans le diocèse d’Haileybury, et enfin la mission de l’évêché à Nicolet.
En 1903, l’Hôtel-Dieu ayant dû s’agrandir de deux nouvelles ailes, une partie de la nouvelle construction, appelée Hospice Notre-Dame, fut aménagée pour recevoir les prêtres malades où retirés du saint ministère.
MONASTERE DU PRECIEUX-SANG.— La communauté des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang a été fondée à Saint-Hyacinthe, en 1861, par Mgr Joseph Larocque et la révérende Mère Catherine-Auréiie du Précieux-Sang (Aurélie Caouette), décédée en 1905. Elle a pour but la vie contemplative.
(1) Le gentil cottage existant sur cette ferme était, en 1921, la propriété du lieutenant Thomas Trigge gendre du seigneur Chandler, qui y passait la belle saison. Après le décès de Chandler, Trigge le vendit au ministre anglican Chamberland et ce dernier le céda quelques années plus tard à M. Francis McCaffrey, qui s’en dessaisit en faveur des Sœurs de l’Hôtel-Dieu, en 1895.